Anbangbang, Nabulwinjbulwinj & Gunwarddehwarde

Exercice n°1: Prononcer ces trois noms correctement, sachant qu’évidemment ça ne se prononce pas comme ça s’écrit, ce serait trop facile.

Exercice n°2 : Trouver dans le récit ci-dessous à quoi ils correspondent.

On relève les copies dans 30 mn. Défense de copier sur son voisin ou de chercher sur Gougoule.


 

Vous savez que nous ne sommes pas des fans du demi-tour, mais parfois il n’y a pas le choix. Ainsi, Ubirr étant au bout de la route, il fallait donc bien parcourir les 50 km en sens inverse pour revenir à Jabiru et poursuivre notre découverte de Kakadu. D’un sens, c’est bien aussi car nous avons re-parcouru cette route fort jolie avec la lumière du matin, le soleil dans le dos, et on y a à nouveau pris plaisir ; les couleurs et les paysages n’avaient plus les mêmes couleurs.

Naïvement, nous sommes contents de voir de nombreux mimosas, c’est joli et ça sent bon. Sauf qu’on apprendra plus tard que ce sont des indésirables qui prennent la place des plantes endémiques, si on les laissait proliférer ce serait une catastrophe.

Très curieusement, alors que nous sommes à des centaines de kilomètres dans les terres, un panneau vient nous informer que dans ce pays on roule à gauche ! Si les gens ne s’en sont pas rendus compte avant, ils ne doivent de toute façon plus être vivants, un road train leur aura fait passer l’envie de rouler à droite.

Conduisez à gauche !

 

Le Bowali Visitors Center

Un centre pour visiteurs ? Bof, ça doit être un truc rasoir attrape-touristes. Eh bien non, pas celui-ci : Il est d’une architecture superbe et les expositions sont passionnantes. Nous assistons à deux projections sur la vie des rangers, l’art rupestre, la sauvegarde d’espèces menacées, la gestion des forêts, et ça donnerait presque envie de revenir durant le Wet (la saison humide) afin de voir ces paysages complètement transformés, noyés sous des trombes d’eau, avec des orages spectaculaires. Peut-être pourrait-on rester dans le coin jusqu’à Noël ? Ah ben non, nos visas ne sont pas éternels, dommage. Sinon, on aurait pu envisager un engin comme ça pour camper plus confortablement :

Un étage chacun, la classe !
Un étage chacun, la classe !

Les Cyclomigrateurs s’envoient en l’air

Oui, on vous a déjà fait le coup mais cette fois ci ce n’est pas en parapente comme à Genève, ni en montgolfière comme en Cappadoce, mais tout simplement en avion. Un tour d’une heure avant le coucher du soleil, sur une suggestion de Kingsley. En effet, on ne pourra pas aller voir les célèbres Jimjim Falls ni Twin Falls car à vélo c’est impossible, la piste est très longue et ouverte uniquement aux 4×4, donc on pourrait les voir d’en haut, il paraît que c’est spectaculaire. En fait, on ne les verra pas du tout et tant mieux car il n’y a plus guère qu’un filet d’eau, apprendra-t-on plus tard.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Judicieusement, le trajet en avion passe au dessus de Rangers Mine, l’East Aligator River, les Wetlands permanents, l’Archway, la Dinosaur Valley avec ses formations rocheuses impénétrables et ses canyons.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

C’est magnifique et impressionnant, ces immensités complètement inaccessibles par voie terrestre, au relief si tourmenté qu’un kangourou n’y retrouverait pas ses petits (mauvais exemple, ils sont dans la poche).
Il ne faudrait pas que le moteur tombe en panne, ce serait plutôt délicat d’atterrir dans ce fourbi.

Le cours de la rivière est incroyablement tortueux, suivant des méandres qui changent au fil des saisons car il n’y a quasiment aucune pente jusqu’à la mer.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Ici aussi les incendies contrôlés permettent à la forêt de se régénérer, et évitent les accumulations de broussailles qui pourraient conduire à de grands incendies, non maîtrisés ceux là. Mais alors, comment font-ils pour allumer ces incendies, si ces zones sont impénétrables ? Tout simplement en jetant des amorces enflammées depuis des hélicoptères, le genre de pratique qui n’est pas très courante dans nos contrées.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Comme sur le prospectus, le coucher de soleil est flamboyant. On ne va pas vous dire que c’est superbe, magnifique, le stock de superlatifs n’est pas suffisant. Voyez par vous même, et si vous ne nous croyez pas, venez !

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Le lendemain matin, départ de nuit sur la Arnhem Hiway en direction de Nourlangie, car nous tenons à arriver sur le site dès son ouverture à huit heures, afin de profiter de la belle lumière du matin.

Bonne idée, c’est en effet un site incontournable qui mérite une visite prolongée et c’est bien agréable de la faire avant le déferlement de voitures et de bus qui envahit les parkings au moment où on s’en va. Cette énorme masse de grès rouge, parcourue de marbrures rouges, blanches et noires, émerge des forêts environnantes et s’achève par des falaises escarpées.

Le site est étonnamment beau, les peintures rupestres (sans doute plus récentes que celles d’Ubirr) racontent des scènes de danse, de pêche et de chasse.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Comme dans un musée, on peut se contenter d’aller d’un « tableau » à l’autre mais on peut aussi parcourir les deux kilomètres de circuit pédestre qui permettent de parcourir l’envers du décor ; le chemin est un peu tortueux, ça grimpe et ça descend dans les rochers, mais c’est praticable si on n’est pas en tongs et ça vaut largement le détour.

Au passage, on découvre un immense abri naturel sous d’énormes blocs rocheux, l’Anbangbang, utilisé depuis 20 000 ans comme refuge et support de peintures. La galerie représente des personnages du Temps du Rêve, repeints dans les années soixante. Notamment un charmant personnage, le Nabulwinjbulwinj qui dévore les femmes après les avoir assommées avec un ignam (tortue à long cou).

Ce diaporama nécessite JavaScript.

En bout de parcours, le Gunwarddehwarde lookout donne un point de vue superbe sur l’escarpement de la terre d’Arhnem et ses forêts vertes à perte de vue. Les oiseaux sont au petit déjeuner, le bec dans le calice des fleurs, on repère les lorikeet, ces jolis petits perroquets de toutes les couleurs.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Comme il n’y a pas de camping ici, on file au Muirella Park. Une promenade de 5 km, le Bubba Wetland Walk, s’avère très agréable : Entre marais et savane, on surprend des cochons sauvages, un serpent (c’est lui qui nous surprend) et plein d’oiseaux mais pas de buffles (seulement les bouses). Comme d’autres espèces introduites par les colons, les buffles en question sont un fléau pour l’environnement, les rangers les abattent.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Ça se termine par un joli coucher de soleil, quelle belle journée !

Sur la route du lendemain se trouve le Warradjan Aboriginal Center, très bien fait (sauf qu’il manque des ampoules, par endroit on n’y voit goutte, et on n’a pas le droit de photographier) sur la religion, les coutumes, les langues des clans, les règles pour se marier (auxquelles on ne comprend pas grand chose, si ce n’est qu’on ne choisit pas celui/celle qu’on veut sans s’assurer de son pedigree au préalable).

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Tourist City

Cooinda est un grand complexe touristique avec piscine, restau et camping. Il y a un monde fou là dedans, on visite le camping puis décide d’aller ailleurs car il est très cher et sans grand intérêt. La piscine, par contre, est bienvenue car elle très grande et permet de se rafraichir agréablement. Les cyclistes se passent tous le mot : Il y a là moyen de prendre une douche gratuitement.
Le restau est intéressant aussi avec sa formule buffet ; comme il n’est pas encore ouvert, on reluque avec envie les légumes verts, les salades et les fruits frais et dès que ça ouvre on s’y engouffre. C’est bon, d’ailleurs on y retourne prendre une seconde assiette, les événements ultérieurs nous donneront raison.

A table, un jeune portugais s’excuse pour hier, sur le coup on ne comprend pas : Il parlait de l’Euro gagnée par le Portugal.

Back to the bush

Pas très loin de l’agitation de Cooinda se trouve le Buscamp de Mardugal, à peu près aussi rustique que celui de Merl. Les gouttes tombent, la tente est montée juste à temps, c’est la première fois qu’on a de la pluie dans le Territoire du Nord et il paraît qu’en cette saison ce n’est pas normal. Les rangers passent tout de même nous faire payer $20, ils font de l’excès de zèle, et pas question de réduction pour les cyclistes cette fois-ci. Cette pluie est si bienvenue qu’on reste dehors pour en profiter, on joue au Rummikube (les pièces sont en plastique, ça les lave) puis on file se coucher sans manger, on a tellement bien profité du buffet le midi qu’on n’a pas faim.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

A titre de précaution, on filtre l’eau car elle est soi-disant contaminée, de toute manière on trimballe un filtre alors autant qu’il serve et le lendemain matin on repart avec les poches à eau pleines car le prochain camp, Gungurul, n’a pas d’eau. La température a beaucoup descendu, ce qui n’est pas pour nous déplaire mais c’est bien la première fois dans cette région qu’on doit se couvrir un peu pour rouler.

 

Deux Tchèques en vue

De loin, on voit arriver deux cyclistes qui ont l’air bien chargés, des « vrais » : Ce sont deux cyclos tchèques, Marie & Pavel, mêmes âges que nous, ils sont en Australie pour six mois et sont arrivés en même temps que nous à Sydney. Ils sont passés par la côte sud sud puis plein nord, tout à vélo, pas comme y’en a des qui prennent le train, le bus ou même un motor home (on ne citera personne). Question fourbi, ils en trimballent autant que nous, plus tout un stock de bouffe : Ce ne sont pas des tchèques sans provisions… (Oui, elle est facile, mais comment ne pas la faire ?).

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Question langue, ils ont bien du mal avec l’anglais et nos connaissances du tchèque sont pour le moins limitées, mais on se comprend quand même. Enfin, c’est ce qu’on croyait, on s’en rendra compte bien vite.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Le campground d’où ils viennent, et donc où on va puisque nous nous sommes croisés (ça va, vous suivez ?), ressemble plutôt à une aire de pic-nic. On ne paye pas, pour la peine. On est censés mettre les sous dans une boite et un reçu sur notre tente, mais on a préparé une excuse bien bidon : « On n’a qu’un billet de $50, pas de monnaie ». En fait aucun ranger ne viendra réclamer son dû, même pas drôle.

Pas d’eau, pas de crocos

Comme Marie et Pavel nous ont dit qu’on pouvait se baigner sans craindre les crocos, on file à la rivière avec maillots et serviettes. En effet, il n’y a pas de crocos car il n’y a pas d’eau ! La rivière étant à sec, la baignade tombe à l’eau, on a l’air fins, heureusement qu’il n’y a personne.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Par contre, le chemin de rando qui atteint la crête est intéressant car de là haut on a un magnifique point de vue, y compris sur notre tente qu’on peut surveiller de loin (quoique si quelqu’un avait la mauvaise idée d’y pénétrer pour nous piquer nos affaires, le temps qu’on redescende de notre crête il serait sans doute bien loin).

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Comme un peu partout, on rencontre des français, cinq d’un coup, dont trois bretons. Comme les autres, ils font un an ou deux en Australie, alternant travail et vacances, comme la plupart ils n’ont guère envie de rentrer, surtout avec l’atmosphère qui règne en Europe actuellement.

Bien loin de ces préoccupations, on repart dans la fraicheur et une magnifique lumière du matin. Une fois de plus, la route est très agréable et les paysages variés, vallonnée avec de belles termitières et des traces fraiches du passage de chevaux ou ânes sauvages, mais on n’en verra tout de même pas la queue d’un.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Malgré le pneu arrière du vélo d’Irène qui s’est à nouveau dégonflé, on avance bien.

On se fait un pic-nic à la station des rangers, par contre le centre d’information est à l’abandon, c’est bien dommage. Il y a là un hommage à trois aborigènes qui ont mené le combat pour protéger leurs terres lors de l’installation des mines, jusqu’à 13 dans la région.

Mary River Roadhouse.

Cette roadhouse se situe à la limite du parc de Kakadu, et elle est bienvenue car on a bien roulé aujourd’hui. Et pour réparer une crevaison, quoi de mieux qu’une piscine ? En fait, c’est bien la même que la crevaison précédente, le tout petit bout de métal qui était resté fiché dans le pneu était extrêmement difficile à voir, et à enlever aussi.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Le patron est très gentil, les lieux sont propres, c’est encore un endroit à recommander. Et à mémoriser pour la prochaine fois où on passera par là (???).

Ce diaporama nécessite JavaScript.

8 Commentaires judicieux

  1. Hi les cyclos!! je constate que vous vous embourgeoisez!!! moitié de vos nuits dans des lits, moitié de jours de voyages SANS vélos…..
    bon je plaisante car moi je ne quitte guère mon fauteuil! continuez ainsi, on aime….

  2. Air- Terre- Mer…c’est bien de tout essayer …à mon avis…on s’aperçoit aussi que beaucoup de voyageurs se « recycle » en Australie ..c’est bon pour le moral et le mental…
    a bientôt..Bernard à Rochefort sur mer

  3. Expliquez moi, il y a une chose que je n’ai pas compris, les Chèques ont des provisions et sont maigres comme des coucous ?
    Peut-être qu’en Australie les réactions du métabolisme sont différentes ?
    Si oui (à confirmer) je monte une agence de régime de voyage.
    Bon mes questions sont peut-être un peu lourdes, mais ça me parait une bonne observation scientifique, ou alors il n’y a pas que des vêtements dans vos sacoches.
    Pédalez bien et évidemment, préservez-vous des chauffards(es)
    Michel

  4. Belle promenade que vous nous proposez, avec ces magnifiques photos qui font rêver…
    On vous sent serin là-bas. C’est un plaisir. Profitez en bien.
    Bonne continuation.
    Amitiés

Laissez nous un commentaire (on aime bien !)