Au revoir la France

Un dernier petit bout de route avant de quitter la France pour quelques années.
La pluie s’invite à la dernière journée, mais juste avant la frontière Suisse nous trouverons un réconfort inattendu.

L’histoire se passe à Sainf Gingolf, village unique en France puisqu’il est à cheval sur une frontière, celle de la Suisse en l’occurrence. Mais il a une autre particularité autrement plus exceptionnelle encore, c’est là qu’on a été hébergés par deux WarmShowers qui ne le sont pas encore…

En fait, il s’agit de « WarmShoweuses » qui ne sont pas inscrites sur le site et qui avaient néanmoins prévu de recevoir un couple de cyclotouristes bretons, mais ce n’était pas nous.
Comment ça,  ce n’est pas clair ? Attendez la suite, c’est encore pire, vous allez entrer dans la cinquième dimension !  On va essayer de conter cette incroyable histoire de manière chronologique (si tant est que la logique ait une place là dedans, ce qui reste à démontrer),  le premier qui a compris explique aux autres, d’accord ?
Depuis Evian, ville d’eau comme chacun le sait, il pleut. Pas une grosse pluie, mais bien insistante tout de même, de quoi gâcher la vue sur le lac et mouiller les cyclistes que nous sommes.
C’est un peu contrariant, car la veille nous avions eu une journée enchanteresse avec, notamment, une belle soirée dans la petite ville médiévale d’Yvoire.

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Mais pour le moment il pleut, et avec le lac à notre gauche et la montagne à notre droite, nous n’avons d’autre alternative que d’aller de l’avant, kilomètre après kilomètre. Tant et si bien que lorsque nous arrivons enfin dans ce qui ressemble enfin à une ville, le fameux Saint Gingolf, Joël s’arrête devant l’unique hôtel pour demander si on peut y trouver un abri pour nous et nos vélos ; pas de chance, l’hôtel est fermé,  mauvaise pioche. Avec notre tente rangée mouillée le matin et cette flotte qui persiste, un endroit sec eut été le bienvenu, tant pis. Pendant ce temps, stoïque, Irène attend de l’autre côté de la rue, et ne comprend pas pourquoi son mari se met à parler avec le ciel au dessus de sa tête. C’est que du haut du balcon qui surplombe Irène une jeune femme s’adresse au dit mari à travers le brouhaha de la circulation : « D’où venez vous ? Où allez vous ? Montez prendre un café ». Vu les conditions météo,  et comme il n’est pas bien tard, on s’engouffre avec nos vélos dans l’immeuble et nous voici chaleureusement accueillis par Kriss, infirmière et bretonne de Saint Brieuc. Ce sont nos Gwenn ha Du qui l’ont interpellée,  comme quoi on a bien raison d’arborer ces petits drapeaux sans lesquels certaines rencontres n’auraient pas eu lieu (même si, en fait, Kriss aurait peut être réservé le même accueil à des normands). De son côté,  Sandrine est en train de rentrer du boulot, elle va arriver dans quelques minutes.

Mais alors, vous demandez vous, quand entre t-on dans la cinquième dimension, dans cette histoire ? Eh bien, justement, maintenant.

Kriss nous explique qu’elle avait prévu de recevoir ce soir même un couple de bretons, mais qu’ils avaient estimé que c’était trop loin pour eux, donc étaient allés chez d’autres WarmShowers de l’autre côté du lac. Là on commence à flairer la coïncidence bizarre (avec l’expérience on a acquis du flair pour ce genre de situation improbable). Ceux d’entre vous qui ont bien lu les épisodes précédents en arrivent peut-être aussi à deviner de quoi il retourne. Surtout si on vous dit que le trajet était trop long pour eux à cause d’une suite de tendinite… Eh oui, c’est bien de Marie et David qu’il s’agit, les mêmes qu’on a retrouvé dans une gare à Lyon il y a une dizaine de jours. Et les mêmes à qui nous avions envoyés des SMS dans la journée pour leut dire qu’on les voyait pédaler sur l’autre rive, ce qui était vachement invraisemblable vu la largeur du lac et surtout la météo bouchée.
Mais comment avaient ils pu contacter Kriss sans la connaître ? Tout simplement en faisant une demande sur le site WarmShowers où une copine de Kriss est inscrite, laquelle n’était pas disponible mais a cherché a relayer la demande.

Pendant ce temps là, Sandrine est arrivée dans le hall de l’immeuble et se trouve bien surprise de voir les vélos des bretons qui ne sont pas sensés être là. Elle n’y comprend rien, mais quelques minutes avant nous non plus, alors quand elle entre dans l’appartement c’est une avalanche d’explications toutes plus confuses les unes que les autres, des quiproquos surréalistes, un vrai régal. Même la copine se trouve mêlée à ces échanges farfelus par SMS interposés.

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Après cette fort agréable soirée, arrosée d’un bon vin blanc pour accompagner un plat de pâtes au gratin nous dormons comme des marmottes et sommes prêts le lendemain à passer la frontière qui est tout de même à 50 m…


Petit bilan France :

  • 1 850 km parcourus à vélo (les km en train, ça ne compte pas)
  • 50 km en moyenne par jour de déplacement
  • 59 jours depuis le départ
  • 23 jours de repos (dont une semaine à l’hôpital)
  • Une demi journée de pluie seulement
  • Aucune crevaison
  • Matériel :
    • Casse de la liseuse (écran brisé), remplacée par deux énormes bouquins
    • Changement des lampes frontales pour de plus légères rechargeables en USB
    • Achat d’assiettes plastique, gobelets rétractables et une touille en bois
    • Changement de la béquille du vélo de Joël, bêtement cassée en Bretagne et remplacée en Haute Savoie
    • Electrification du vélo d’Irène, avec la très efficace aide à distance de Philippe, de Vélofasto

Cet article est publié alors que nous sommes passés par la Suisse et sommes maintenant en Italie… On n’est pas en avance du coté rédaction et on n’a pas souvent accès à internet, mais c’est toujours mieux que « dans le temps » où tout se passait par courrier, n’est-ce pas ?

3 Commentaires judicieux

  1. On a bien ri en lisant votre article!! C est avec grand intérêt qu on vous suit depuis le départ!!! Nous sommes les parents de Marie et elle nous donne régulièrement de vos nouvelles ! Incroyable ces coïncidences de se retrouver ainsi. Quand vous vous croiserez très bientôt faites leur des gros bisous de notre part ! Car vous n’êtes pas très loin… Profitez bien du soleil italien, en bretagne le soleil s est installé aussi. On vous regardera sur France 2 promis ! Bonne continuation et continuez avec Marie et David a nous faire partager cette aventure. Amitiés.
    Guylaine et Jean (papa et maman de Marie)

  2. Je suis peut-être efficace pour aider à l’électrification du vélo d’Irène, mais vous l’êtes au centuple quand vous racontez de manière finalement intelligible les situations les plus improbables !!!

    Et puis ce qui va être le plus efficace, j’espère, c’est l’assistance électrique elle-même, pour aider Irène à grimper les côtes comme un cabri, en préservant sa santé pour la suite.

  3. Bonjour les fous du voyage…

    Vous êtes connus maintenant que vous êtes passés à la télé … Bande « deux » voyous….
    Malheureusement nous n’avons pas pu voir votre exploit !!!! Nous allons rechercher…

    Irène, est-ce que ça va mieux ? … ça roule tout seul maintenant…

    Joël, c’est mieux avec les nouvelles béquilles, ??? Tu marches mieux ?!? (LOL)

    (ancien article) Elle a coûté combien l’à Mende ? … douce.

    Les jeunes femmes étaient gentilles ??? Retour en Bretagne, le bon vieux temps !!!

    Bonne chance pour le langage !!!
    Vous avez mangez des petits Suisses en Suisse ??? Il est bon le p’tit suisse ?
    La Suisse a quel goût ?

    Bonne suite de séjour
    Si vous mangez tous les p’tits suisses, la Suisse va disparaître.

    Les p’tits curieux et non les p’tits suisses…

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