Australie / Northern Territory : Le bilan

Après une présentation du Territoire, y compris d’endroits où nous ne sommes pas allés mettre les roues, nous vous proposons un petit bilan de ces deux mois.

Avec une superficie de 1 300 000 km2 (comparable à la Mongolie ou le Pérou, plus du double de la France), le Territoire du Nord compte moins de 250 000 « territoriaux » (contre 67 millions de Français). Darwin et Palmerston sa banlieue forment  l’agglomération la plus importante, hébergeant plus de la moitié de cette population, environ 111 300 habitants autant dire que le reste du territoire est surtout plein de vide, on ne risque pas de se marcher sur les pieds.

En effet Alice Springs se situe à 1500 km de là au sud avec une population  de 23 900 habitants et Katherine à 350 kms au sud-est avec seulement 8 200 habitants.

Mais d’ailleurs, pourquoi parle t-on de « territoire » ? Tout simplement parce que ce n’est pas un état, contrairement à ses voisins que sont le Queensland à l’est, l’Australie Occidentale à l’ouest et l’Australie Méridionale au sud. Pour d’obscures raisons historiques, le Territoire a été administré de loin par ses voisins du sud puis par le gouvernement fédéral à Canberra,  mais il a raté sa chance de devenir un état à part entière lors d’un référendum en 1998. Ce statut particulier est une sorte de Canada Dry de démocratie : Le parlement local vote des lois, mais si elles ne plaisent pas aux grands pontes de Camberra, ils les annulent… D’un autre côté, avoir un parlement, un gouvernement et tout ce qui va avec pour une population équivalente à celle d’une ville moyenne en France, c’est un peu démesuré (Comme tout dans ce pays).

Le parlement à Darwin (avec des clowns devant)
Le parlement à Darwin (avec des clowns devant)

Une particularité propre au nord du Territoire, les difficultés de transport et de communications durant le Wet, la saison humide : 1,57 mètres de pluie de novembre à avril. Les routes sont fréquemment coupées à cause des inondations, vu qu’il n’y a pas de ponts, dès que les rivières débordent et les gens se retrouvent complètement isolés. Certes, ils sont habitués et ont des réserves alimentaires en conséquence, mais ce n’est tout de même pas simple. En cas de cyclone (ce n’est pas rare), les supermarchés sont complètement vides (ça doit être pratique pour faire la poussière sur les étagères) et il suffit pour ça qu’une hiway soit coupée, sachant qu’il n’y en a que deux qui relient le nord au reste du pays, quelques milliers de kilomètres plus loin.

Au sud (le sud du Territoire du Nord, vous suivez ?), c’est différent car il ne pleut quasiment pas (moins de 250 mm par an).  Il n’y a aucun marchand de parapluies, pas plus que de chauffagiste, ils ont tous fait faillite ! D’une manière générale, il n’y a d’ailleurs guère de marchands de quoi que ce soit, c’est un immense désert avec une seule ville, Alice Springs.

Côté déserts, justement, il y en deux balaises : le Tanami avec 184 500 km2 et le Simpson avec 176 500 km2. Ça peut paraître impressionnant,  et ça l’est, mais ici on compte couramment en milliers d’hectares (1 km2 = 100 ha), un terrain plus petit ferait ridicule. Les fermes font même souvent des centaines de milliers d’hectares… Et une même famille peut posséder en plusieurs. Quoique la tendance soit plutôt au rachat par les chinois qui mettent des millions sur la table (et combien en dessous ?) pour acquérir de nombreuses fermes.

Deux formations rocheuses naturelles sont considérées comme sacrées par le peuple Aborigène : Le célébrissime ULURU (Ayer’s Rock) et KATA TJUTA (Les Monts Olga), superbes également. Nous n’y sommes pas allés cette fois-ci, il fallait choisir entre faire le tour du pays ou passer par le centre, ah que la vie est cruelle !

 

Et pour finir une petite lecture à propos du drapeau local (photo en tête de cet article), on aime bien savoir comment ils ont été créés,  à partir de quels symboles et leurs significations. Sur la gauche figure la constellation de la croix du Sud, sur la droite c’est une rose du désert de Sturt (comme la fleur « Sturt’s Desert Pea »), les 7 pétales symbolisent les 6 états de l’Australie et le Territoire du Nord.

Sturt’s Desert Pea

 

Bilan

C’était drôlement bien ! Et même vachement super bien, ça déchire grave, on a kiffé.

En quelques chiffres :

  • 56 jours
  • 1 451 km à vélos
  • 57 km/jour en moyenne
  • 41 nuits sous la tente (ou même sans tente)
  • 15 nuits dans un lit
  • 1,5 crevaison
  • 1 collision avec une voiture
  • 2 paires de lunettes perdues

Darwin, les parcs de Litchfield et de Kakadu, Katherine, rien que de bons souvenirs. Des rencontres spontanées, des gens sympas, des paysages superbes, des routes généralement bonnes et pas trop pentues (sauf à Litchfield), que demande le peuple ?

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Nous n’avons qu’un regret, c’est de n’être pas allés en Terre d’Arnhem, ce grand territoire de terre rouge réservé aux aborigènes et qui leur a été rendu en 1976  et pour lequel il faut un permis d’entrer. Cette terre ancestrale accueille le plus grand groupe aborigène d’Australie, les Yolgu. Nous aurions aussi aimé voir où se situe Bodeïdeï Camp qui fut tenu par un français que nous avons eu l’occasion de rencontrer à Paris et à Nantes, François Giner, mais bon on ne peut pas tout faire, il faudrait plusieurs vies pour tout connaître de ce pays.

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5 Commentaires judicieux

  1. Coucou les voyageurs
    Quand on voit les distances entre chaque villes et le peu d’habitants ……. Il y a interet de pas oublié de faire le plein ( de tout ) ni d’avoir besoin en urgence d’un medecin …… Faites attention a vous quand même , avec les kangourous , j’ai pas envie qu’ Irène finisse dans la poche d’un …………….lolllllllllllllllllllllllllll
    Allez vite la suite , car je sais que vous avez beaucoup avancé ……. Et nous pas du tout , bon assise sur mon canapé j’avance pas trop …..lol …….Bisous Bisous Lili

  2. Merci pour ces commentaires concis et bien sentis. Cela donne une idée sur la question reste difficile à se représenter.
    Je me disais il y a quelque temps puisque c’est la rentrée avec les demandes de cours de yoga qui fusent de partout, que la difficulté du citoyen lambda est de ne pas avoir le temps de se poser le popotin et de constater que malgré tout rien ne bouge! C’est aussi mon cas, ce qui explique que je n’alimente plus beaucoup la chronique.
    Quand je pense à vous, qui êtes aux antipodes, je me dis que vous en êtes en même temps l’antithèse.
    Lorsque vous posez le cul (sur la selle), tout bouge et change en permanence ; et lorsque vous vous levez, tout s’arrête…
    Disposer de tout son temps pour cuire les nouilles « al dente » alors que nous on les mange ramollo avec l’eau qui se sauve peut en faire rêver plus d’un!
    Bien sûr, on n’a pas à surveiller les crocodiles embusqués, les Kokoburra chipeurs, les kangourous grignoteurs, les insectes piqueurs…. Mais cette vie là, il faut aussi la mériter!
    Bises à tous le deux et bonne route!

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