Cape Leveque

Un escalier vers la lune, une baignoire improbable, une pêche pas miraculeuse, etc.


Depuis Broome, nous roulons en compagnie de François, Julia et Momo.

Cékiceula ?

Nous avions eu un contact avec François juste avant notre départ de St Erblon, il y a maintenant deux ans et demi. Lui aussi s’apprêtait à partir à vélo (couché évidemment) et depuis ce temps là chacun a fait sa route. Et puis voilà qu’on se retrouve à Broome, bien qu’étant arrivés en Australie par des chemins bien différents. François a rencontré Julia en Mongolie, elle voyageait à pieds, sac à dos, transports locaux et François l’a convaincue de se mettre aux deux roues, l’alchimie entre ces deux là a bien fonctionné et l’amour a fait le reste. Ils ont pédalé ensemble jusqu’au moment de quitter l’Asie où Julia a revendu son vélo. Arrivés en Australie, Momo s’est joint à eux : En effet, en bons backpackers qu’ils sont, ils ont acheté un vieux véhicule aménagé, qu’ils ont bien fignolé y apportant des modifications confortables, et dans lequel ils dorment et qu’ils ont baptisé Momo. C’est donc leur maison roulante, qu’ils soient en train de travailler dans une ferme ou de se déplacer pour découvrir le pays.
Et le vélo couché dans tout ça ? Eh bien, comme les nôtres, il est à l’arrière de la voiture en attendant de reprendre du service. Il est presque en pièces détachées parce que leur Momo n’est pas extensible tout de même !

La déchetterie

Située à un endroit très curieux, à l’entrée de la route sableuse qui mène à Cape Leveque (car on se demande bien qui peut venir jusqu’ici pour vider ses poubelles) se trouve une sorte de déchetterie. Ce n’est pas le truc super organisé comme chez nous, ce qui ne servirait d’ailleurs à rien puisqu’ici on ne recycle rien, simplement une benne pour les gros trucs et des poubelles en plastique pour le reste.
Et dans la benne on va trouver notre bonheur :

  • Un grand parapluie pour se faire de l’ombre (en réalité on ne s’en servira pas, on le jettera dans la même benne au retour)
  • Deux bidons en plastique de 20 litres, très costauds, pour remplacer nos bidons à usage unique qu’on conservait mais qui sont fini par percer.
  • Une grande housse de protection de swag presque pas abimée, qui permet de ranger trois sacoches et la tente et rentre pile poil à l’arrière de la voiture, ce sera plus costaud que nos habituels sacs poubelle et surtout ça protège bien de la poussière de la route.
  • Une vieille jante de voiture, qui sera idéale pour faire du feu. Et comme dit Irène  » ça peut toujours servir ! »

Elle est pas belle, la vie ? Nantis de tout ce fourbi on peut affronter toutes les vicissitudes de la route. c’est parti pour 100 bornes de piste sableuse après dégonflé comme il se doit les 4 pneus de notre voiture qui n’a pas été baptisée, elle.

Beagle Bay

Le petit patelin Aborigène de 500 âmes qui sommeille au milieu de la péninsule est bien modeste, mais il possède une église remarquable toute blanche. Au lieu d’une espèce de hangar en tôle ondulée comme ailleurs, c’est un beau bâtiment construit en dur (sur le modèle d’une église allemande) et décoré de nacre.

Mais qu’est-ce qu’une église allemande vient faire ici ? L’histoire commence vers 1890, lorsque des moines trappistes français s’installent dans l’intention de convertir les peuples autochtones (sans grand succès), puis partent à Broome. En 1901 ce sont des prêtres allemands qui reprennent la mission, et finalement construisent cette église qui ouvrira en 1918. Elle a connu quelques vicissitudes, notamment dues au fait qu’ils n’avaient pas de ciment et ont utilisé de la chaux et des coquillages broyés, le clocher s’est effondré mais a été reconstruit de manière plus solide.

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L’intérieur de l’église est sobre, le plus surprenant est l’autel incrusté de nacre des huitres perlières sauvages de l’époque. De belles incrustations illustrent le chemin de croix, c’est magnifique.

L’école du village est tout près et accueille une centaine d’enfants qui viennent aussi des villages voisins. A part ça, pas grand chose, la boulangerie ne vend pas de pain mais des pies, des saucisses et des plats frits ; ça ne nous surprend même plus…pourtant une baguette bien fraiche !!! En rêve seulement…..

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Pour la première nuit commune, nous dénichons avec peine un coin pour bivouaquer. Ce n’était pas simple parce qu’à part du sable, des arbustes qui piquent et des buissons qui piquent aussi, il n’y a pas grand chose dans le coin ; c’est désertique et la végétation est fournie sur un sol meuble. On fera notre feu de camp dans la jante, François nous cuisinera un riz façon bush….et on ne mettra pas le feu dans le bush.

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Pender Bay

Si la route qui mène à Cape Leveque était rigolote, toute sablonneuse avec ses bords incurvés, celle qui bifurque vers la côte est carrément loufoque : Plutôt étroite, elle est plate mais bosselée, parfois on a l’impression d’être dans des montagnes russes, en plus ça dérape et ça patine, on ne sait pas bien où ça va, un vrai régal ! (A vélo on aurait moins rigolé…)

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Après quelques hésitations, tâtonnements et demi-tours, nous voici au curieux camping de Pender Bay, accueillis par Andrew et son fils Poncho

Curieux parce que les emplacements sont loin (voire même très loin) des sanitaires, il vaut mieux ne pas avoir une envie pressante. Par contre, la côte est absolument magnifique, bordée d’une falaise qui surplombe une plage de rêve, avec un sable très intéressant à observer de près :

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La vue sur la baie de Curlew à main droite et Palumbo Anchorage à main gauche depuis notre tente est plutôt sympa, on a connu pire :

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Quant à la séance de pêche nocturne, faute de donner de grands résultats (les poissons sont partis se coucher ?), elle permet de faire quelques photos sympas et de délirer un peu avec les longs temps d’expo photos :

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Gumbanan

Un autre camp site  bien sympa sur cette péninsule de Dampierre, tout au nord, avec de belles mangroves et une étonnante étendue de cailloux qui semblent flotter dans la baie. Vérification faite, à marée haute on ne les voit plus, donc ils ne flottent pas, dommage. Couleurs du couchant rouge virant à l’orange puis au rose, une palette de couleurs enchanteresses quand en plus les arbres dessinent des ombres chinoises, c’est de bouches bées que nous restons.

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Il y a deux petites vaches qui s’intéressent à notre campement, peut-être de beaux steaks  pour le dîner de ce soir…

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La pêche pas miraculeuse

En fait non, on ne va pas boulotter les vaches, elles sont trop mignonnes. Mieux vaut pêcher de grands et délicieux poissons.

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Irène, Julia et François vont s’adonner à la pêche à la ligne une grande partie de la matinée. Le succès n’étant pas plus au rendez-vous qu’à Pender Bay, on se rabattra sur du thon en boite (la honte !).

Les escaliers de la lune

C’est un truc incroyable, on en avait entendu parler mais on se figurait que c’était un piège à touristes, joli sur les photos et c’est tout. Ce phénomène ne se produit que trois jours (ou plus exactement trois nuits) par mois, et même pas toute l’année, seulement de mars à octobre au moment des grosses marées.

Nous avons donc la chance d’être au bon endroit au bon moment, pour une fois. On vous passera l’explication scientifique du truc, il suffit de regarder et de rester scotché (évidemment, et comme d’habitude, sur une petite photo on ne peut se rendre compte de ce que ça donne « pour de vrai ») :

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Quelques perles au passage

N’oublions pas que Broome s’enorgueillit de sa culture des perles, il y a justement une ferme à perles dans le coin, celle de Cygnet Bay. Si la visite ne permet pas d’emporter un perle à la fin, c’est intéressant de voir comment les huitres sont ensemencées puis « élevées » jusqu’au moment de la récolte.

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Autrefois les huitres sauvages étaient récoltées à la main par des plongeurs aborigènes et asiatiques faisant de nombreuses victimes par noyade. Puis vient le temps où il était plus rentable et sans doute moins risqué de faire « pousser » les huitres à l’aide de l’intervention humaine. Cette ferme date de 1946, c’est la première ferme australienne cultivant des perles de culture. Notre guide nous fait passer des tas de perles dans les mains, à différents stades de production, avec ou sans défaut, mais pas moyen d’en retenir une, elle a l’oeil !!!

Cape Leveque

Eh oui, il y a un cap alors allons y faire un tour. En fait, ça ne va pas durer très longtemps parce que le lieu est privé, même le phare historique !

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Il y a bien un camping, mais c’est super cher, ce n’est pas le genre d’endroit où l’on se sent le mieux, nous décidons à l’unanimité de retourner à notre endroit préféré après avoir fait une séries de photos et bouloté une glace.

Pender Bay, le retour

Andrew est content de nous revoir et nous propose un emplacement très particulier pour nous installer, nous sommes chanceux car le lendemain arrive un couple qui l’a réservé pour trois semaines.

Enfin du poisson

Le gars François est ravi, on aura un gros poisson à boulotter ce midi, en papillote il sera délicieux. De quoi nourrir au moins 8 personnes, il y aura de bons restes….Yum, yum.

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La baignoire improbable

Sur cet emplacement au sommet de la falaise se trouve une baignoire. Une vraie, avec un robinet pour la remplir et une bonde pour la vider. Prendre un bain dans ces conditions, on n’en aurait même pas rêvé, un vrai délire !

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Accessoirement, ladite baignoire joue aussi le rôle d’une excellente machine à laver, comme en témoigne la couleur de l’eau. Avec Julia et François nous partageons ce spot absolument fabuleux. D’ailleurs on lavera notre linge sale en famille !!!

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Les grottes secrètes

Andrew nous gâte en nous indiquant l’emplacement de grottes à marée basse et comme on est en période de forte amplitude il suffit de longer la falaise vers la gauche et on les verra, nous dit-il. Ce qu’on n’avait pas bien perçu, c’est la distance et la difficulté d’accès ; au début ça va tout seul, il suffit de marcher sur la plage, mais quand le sable laisse place à des amoncellements de cailloux qui ne sont même pas bien rangés, de rochers recouverts de coquillages près à vous laisser des éraflures sur vos mains et vos mollets, c’est autre chose. Surtout quand on passe son temps à s’émerveiller des couleurs, des coquillages, des crabes, ça n’avance guère.

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On arrive finalement au site des grottes, c’est d’une beauté magique. Avec le soleil couchant sur les roches, les couleurs sont sublimes, on se croirait dans un documentaire de National Geographic. Seuls à profiter de ce lieu, on a envie de prolonger le moment tellement c’est beau mais la mer va remonter, on ne voudrait pas rester coincés sous une des grottes encerclés par la mer et boulotés par les crabes.

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Pour rentrer à notre campement, par contre, il ne faut plus musarder en route, la nuit tombe et elle est même carrément tombée quand on arrive enfin sur le sable, au point qu’on rate le chemin escarpé qui grimpe sur la falaise et on fait un grand détour.

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De retour sur notre perchoir, on retrouve François qui a allumé un feu dantesque, peut-être en espérant nous guider. Et on dîne sous la lune et dans la salle de bains, le luxe suprême, merci Dame nature de nous gâter à ce point !

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Les escaliers, bis

Pour la seconde nuit, nous allons assister à l’apparition des Moon Staircases, cette fois-ci depuis le haut de la falaise de Pender bay, c’est pas mal non plus, un peu différent car cette fois-ci c’est sur la mer que se dessine le reflet, du coup les bords sont moins nets mais l’effet d’escalier est accentué.

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Le lendemain nous mangerons des boulots pêchés par Andrew et Poncho sous leur véranda en prolongeant nos adieux. Les opercules de ces gros coquillages sont très durs et très jolis, rien à voir avec ceux de nos bigorneaux bretons qui vous collent aux doigts ; ceux ci on les garde précieusement.

Willie Creek

De retour à Broome (encore !) nous nous faisons un petit restau, on l’a bien mérité histoire de sceller notre amitié et de se faire nos adieux ou au revoir. Il y a bien une troisième séance de Moon Staircases, la dernière, mais on joue les blasés, il est déjà très tard alors nous décidons d’aller passer la nuit dans un freecamp que Julia et François connaissent, ils sont spécialistes des bons plans pour ne pas dépenser trop de dollars. Sauf que ça va être bien plus long que prévu, car la route qui mène à ce petit camp informel le long de la côte s’avère être fermée, il faut faire un grand détour. Et pourquoi est-elle fermée ? Justement à cause des Moon Staircases, ou plus exactement de la grande marée qui descend bien bas mais monte bien haut aussi et inonde là où c’est sec d’habitude. De Willie Creek nous ne verrons donc rien puisqu’il fait nuit…et que la voiture dérape pas mal….

C’est à Broome que nous allons de nouveau retrouver une petite famille rencontrée sur la Gibb River Road : Julia, Aymeric, Joséphine, Chloé et Zélie. De sacrés phénomènes de voyageurs ceux là aussi avec leurs trois loupiottes !!!


 

C’est ainsi que nous terminons notre périple dans le Kimberley, c’était vraiment une région magnifique qui nous procuré des sensations très fortes. Ça fait dix ans que nous avions envie de la découvrir, ça valait largement la peine d’attendre. Ce n’est pas une région facile, disons qu’elle se mérite si on veut aller au fond des choses, (il faudrait y revenir) mais elle nous laissera des souvenirs inoubliables.

La prochaine fois, on vous emmène dans le Pilbara, mais entre les deux il y a un « petit » obstacle…

13 Commentaires judicieux

  1. Bonjour, je suis à Acigné chez Martine et Bernard Serru, je suis leur neveu de La Réunion et je découvre Julia sur vos images, c’est incroyable !!!! Si vous la croiser, passez lui le bonjour d’Adrien !!!! Très beau voyage !

  2. Merci pour votre petit bonjour, en effet le monde nous réserve des surprises, grâce à la photo de Julia que vous avez postée notre neveu a reconnu une amie qu’il avait perdu de vue.
    Vos commentaires sont suivis car on voyage avec vous.
    A bientot
    Martine et Bernard

  3. Je reste bouche bée, les yeux écarquillés devant ces magnifiques paysages. un rêve pour moi, une belle réalité pour vous… J’en prends plein les « mirettes »
    J’adore votre « salle de bain » et la vue est magnifique. Dommage pour la perle de culture!!!
    A bientôt de vous lire.

  4. Irène et Joël, c’est pas possible, vous crevez le plafond : prendre son bain, comme cela, en plein ciel, c’est du délire !
    Que de magnifiques images…

    Amitiés

  5. Il faut s’appeler Irène et Joël pour oser une si grande aventure ! C’est merveilleux, continuez à profiter de notre belle planète.
    Grosses bises
    Mie Foise et André, les (Le) bretons

  6. Salut les amis, comme d’hab: Génial! On va peut être se faire larguer en Australie en passant au dessus de vos têtes qui sait?
    En attendant nous sommes reçus chez le warmshower chez qui vous étiez a Sydney: Grant.

    Bises

    Les p’tits vélos

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