Les Cyclo…moteurs

On passe au moteur

A partir de maintenant, c’en est fini du vélo : On va voyager en engins motorisés, car figurez-vous que sinon on n’aura « pas le temps » de faire tout le tour de l’île de Taiwan à ce rythme là (600 km en 27 jours, record de lenteur), ou alors il faudrait qu’on reste plus de six semaines et là ça coincerait pour les pays suivants. On a beau ne pas être très organisés, il faut bien qu’on tienne compte des saisons.
Et puis d’abord on n’a pas besoin d’excuses, on fait comme on veut.

Fangliao, première

Donc après l’Ile Verte on file sur la côte Ouest en prenant un car jusqu’à Fangliao. Arrivés sur place, la question quotidienne : Où va-t-on passer la nuit ? On repère un joli temple auquel on s’adresse, espérant y être hébergés mais le gars nous envoie vers une espèce d’annexe, un vague terrain avec une « chapelle », on pourra aller aux toilettes au temple et se laver.  Bon, ce sera donc là, on commence à s’installer quand une voiture de police arrive : « Vous ne pouvez pas vous installer ici, il y a des SDF, ce n’est pas un endroit sûr, suivez-nous ». Mais nous aussi nous sommes des SDF non ?

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Nous on trouvait que notre spot en valait bien un autre, on avait bien remarqué la meute de chiens et leurs gamelles et aussi un tas de fourbi, on se disait qu’on n’allait pas être tous seuls ! Bon, on suit la voiture jusqu’au poste de police, les gars discutent entre eux du meilleur endroit pour nous, nous proposent de faire le plein d’eau, d’aller aux toilettes (même si on n’a pas envie !!!) puis nous demandent de les suivre à nouveau. On ne va pas bien loin avec cette escorte un peu voyante, tout simplement devant la gare. Jamais on n’aurait osé camper sur ce mini bout de pelouse en plein coeur de ville, mais puisque c’est la police qui nous y mène, c’est bon. Et au moins on n’est pas loin des restos et notamment de l’excellent Sunshine Breakfast où on se régalera le lendemain matin. Le patron, efficace et souriant nous offrira une omelette et des sandwichs pour la route.

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Commence ensuite la mission impossible : Trouver un scooter de location pour descendre jusqu’au sud de Taiwan. Dans ce pays où ces engins pullulent ce devrait être facile, eh bien non, comme ce n’est pas une ville touristique il n’y a pas l’ombre d’un loueur. Qu’à cela ne tienne, on va prendre le car, mais que faire des vélos avec tout leur chargement ? Pas de problème, on va les laisser dans la rue à proximité du poste de police, on verra bien si on retrouve le tout dans 48 heures. On prend nos sacs à dos, un slip, un T shirt chacun, nos brosses à dents et on file en mode ultra light en laissant tout notre barda aux soin des caméras.

« Paix éternelle » en scooter


C’est juché sur cet engin aussi rapide que rapidement inconfortable que nous sillonnons les petites routes du parc national de Kenting qui s’étend sur 33 000 hectares. Il faut bien se représenter qu’un parc national ici, ce n’est pas comme chez nous, ça ne protège pas grand chose ; on ne voit pas de grande différence avec les autres régions, il y a même une centrale nucléaire jouxtant une plage.
De plus, alors que le climat est censé être tropical (c’est la « Côte d’Azur » taïwanaise), et c’est ce qui attire les gens, nous « bénéficions » d’un temps couvert et pas bien chaud, un comble. La chaleur ne reviendra que dans deux jours, lorsque nous serons remontés vers le nord.

Au début c’est Irène qui pilote le scooter, mais comme celui-ci est petit et que Joël a les pattes qui pendent de chaque coté, les rôles sont bientôt inversés (il n’arrête pas de se plaindre) ! Ce que vous ne savez pas c’est que ni l’un , ni l’autre n’avons jamais piloté ce genre de petit engin, Irène soupçonne Joël de « serrer les fesses » d’où son inconfort !

Nous allons visiter à pied la partie  « parc forestier » et pour un parc naturel, la main de l’homme y est sacrément présente. Les allées forestières sont en bois ou bien bitumées, tout y est bien balisé et on ne risque pas de se prendre une racine. Un magnifique et gigantesque bâtiment accueille le « visitor center » et un restaurant boutique. Il n’y a personne, on dérange visiblement le gars de l’accueil qui a le nez dans son bouquin. Qu’à cela ne tienne ça  ne nous empêche pas d’admirer de belles sculptures faites dans des troncs de bois massif, mais pas suffisamment mises en valeur.

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Nous poursuivons notre cheminement sous les allées ombragées franchissant petits ponts, descendant des marches ornées de céramiques peintes. Comme il s’agit d’un ancien récif corallien remonté du fond des mers depuis 120.000 ans, la roche est spectaculaire et les grottes tout autant. On va se faire de belles descentes dans des grottes aux noms enchanteurs :  « One line Sky » « Stalagmite cave » « Fairy cave ». Découverte superbe du travail des années sur les roches aux formes et couleurs toutes aussi surprenantes les unes que les autres.

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C’est fabuleusement beau. On y traine volontiers admirant cette nature incroyable notamment dans la fôret dense aux multiples banyans étrangleurs et autres essences de palmiers. Elle pousse sur ce plateau corallien à la roche noire qui du coup nous offre des vallées, canyons, grottes, des butes comme on n’en a jamais vu. On s’y perdrait volontiers et on y glane des tas de photos.

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Les papillons ne tiennent pas en place, les singes non plus, ils s’enfuient à notre approche. Bien que les distances ne soient pas très importantes on a l’impression qu’on pourrait passer la journée à arpenter cette forêt mystérieuse.

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Nous sommes à la pointe sud de la presqu’île de Hengchun qui signifie « paix éternelle ». Les plages y sont de sable blanc, petites mais paisibles, quoiqu’on suppose que la semaine passée les vacanciers on dû les prendre d’assaut compte tenu des conditions d’ensoleillement que nous avons eues. Entourées de massif corallien aux formes étranges elles laissent place à l’imagination comme ce gros rocher représentant soi disant la tête de Nixon.

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Nous ne trainerons pas dans la ville même de Kenting, pas bien jolie et qui se résume en une rue principale bordée d’hôtels de toutes sortes, de restaurants et boutiques, tous à la gloire du tourisme. Ville artificielle où se côtoient de bien surprenantes créations allant de façades blanches et bleues comme celles des îles grecques, aux plus farfelues imitant les grottes de Cappadoce. Il en faut pour tous les goûts….

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Une visite nous est suggérée d’aller voir le coucher de soleil en hauteur depuis un site célèbre, il parait que c’est un des plus beaux du monde (évidemment !). En fait, nous ne le verrons pas parce que l’accès est payant et on n’est pas du tout d’accord pour ce genre de pratique, « le soleil est à tout le monde » oppose Irène, depuis quand doit-on payer pour admirer mère nature ?
Néanmoins, le temple « Fuan » d’à coté se révèle intéressant. La table des offrandes est bien remplie, par contre personne n’a envie de tester la chaise à clous, on se demande bien pourquoi. Le gardien nous offre des bouteilles d’eau du temple (bénie ?) et de petits gâteaux qui ne sont pas bons du tout (à notre goût) mais font partie des offrandes alors ça ne se refuse pas.

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Alors que les loueurs de scooters donnent à tous une carte sommaire avec une boucle de quelques dizaines de kilomètres, on a fait le choix d’aller beaucoup plus loin, tant qu’à faire avoir un moteur autant en profiter. C’est parti pour 80 bornes ! Ça nous donne l’occasion de rencontrer un groupe de cyclistes qui fait ce même circuit, ils ne sont pas tout jeunes et ont du mérite, mais moins que nous quand on est à vélo car ils ne trimballent rien. Trop gentils ces taïwanais, ce sont eux qui nous offrent des oranges et bananes alors que nous sommes motorisés !  Un très bon repas aussi dans un petit resto de campagne et qui ne paye pas de mine, comme quoi il ne faut pas se fier aux apparences. Et de toute manière il n’y en avait aucun autre à des kilomètres à la ronde.

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Le village de Shimen s’avère très particulier, c’est le lieu d’une communauté aborigène dans laquelle toutes les maisons sont similaires et dont les bas de murs extérieurs sont très joliment décorés de scènes de vie rurale, ça change agréablement de l’urbanisme qu’on trouve habituellement.

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Alors que nous terminons notre boucle scootérique, nous traversons une région où la culture d’oignons est omniprésente, notamment dans le village de Henchun. Des installations temporaires sur le bord de la route ont pour but de préparer la récolte à la distribution après calibrage, pesage et mise en sacs. Travail intense, ça ne traine pas, chacun son rôle. Travail manuel harassant en plein soleil, tri à la main des oignons, portage également à bout de bras. Ici on est loin des études de poste afin d’éviter les TMS….. Les femmes sont courbées sur la chaine d’oignons le visage caché sous leur grand chapeau qui les protège de la morsure du soleil, les jeunes transpirent sous le poids des sacs… Derrière nous, au balcon d’une maison, un homme surveille l’équipe, est-ce le boss ?

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Nous rendons notre engin à son propriétaire sans avoir eu une seule égratignure, et nous non plus. Pourtant ça n’était pas un scooter super confortable, bien au contraire quand on a vu les autres modèles plus récents on s’est dit que le loueur avait sans doute des réticences à confier un bel engin à ces deux vieux hésitants !!! On est contents comme deux gamins ayant fait un sacré tour de manège …. et quel tour !!!

Fangliao, le retour

De retour à Fangliao en car, nous retrouvons nos vélos auxquels personne n’a touché, incroyable ! Ils étaient sous bonne garde car l’un des policiers vient nous voir pour nous demander si tout est Ok. Il nous montre la photo des cyclomigrateurs qu’il a publié sur sa page face de bouc ! Nous retournons camper devant la gare comme ça on sera aux premières loges pour prendre le train le lendemain.

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Comme d’habitude, dans les gares le personnel est aux petits soins pour nous aider à déplacer les vélos. Et le train comporte un fourgon à bagages, cette invention si pratique que la SNCF a envoyée aux oubliettes puisqu’elle ne souhaite pas que les cyclistes prennent le train (Et ça ne va pas en s’arrangeant, un article traite bien ce sujet). Nicola Hulot tu fais quoi là sur le sujet ? Les déplacements verts ne sont plus dans ton programme ?

C’est parti pour 2h30 de trajet. Notre train va longer en quittant la ville, des kilomètres de bassins aquacoles, nous sommes en plein coeur de la production taïwanaise dans ces plaines de Tainan. Quels poissons vivent la dedans ? Des crevettes et autres anguilles dont les japonais sont friands. Tout ce qu’on sait c’est qu’il y a des problèmes environnementaux liés aux pratiques d’élevage en eaux douces.

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Au dessus de chaque bassin des petits moulins brassent l’eau pour l’oxygéner. De temps à autres, entre une série de bassins nous avons droit à un carré de verger de manguiers dont les fruits sont emballés avant d’arriver à maturité ; on dirait des sapins de Noël.

Tainan, la Kyoto taïwanaise

Cette ville de deux millions d’habitants fut la capitale de l’île de 1683 à 1887, pendant la dynastie Qing. Son histoire est riche, elle comporte une multitude temples, il y en aurait plus d’un millier ! Vous vous doutez qu’on ne va pas tous les visiter, il y aurait vite overdose, mais on va tout de même en découvrir de bien intéressants.

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Etonnamment sobre par rapport aux autres, le temple dédié à Confucius était un lieu d’enseignement, il est propice à la méditation. Situé dans un joli parc on en profite à l’ombre des grands arbres parce que le soleil cogne un peu trop et on se traine.

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Il existe une drôle de maison complètement enfouie sous la végétation. Les banians qui n’arrêtent pas de grandir ont pris possession des lieux, entourant de leurs racines aériennes et tentaculaires tous les murs ou toits traversant les espaces entre les briques. Mieux vaut y réfléchir à deux fois avant de planter un banian près de chez soi…Ici la nature reprend ses droits dès qu’on lui fiche la paix.

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En dehors de ces lieux particuliers, Tainan est une grande ville fort animée avec ses embouteillages, ses scooters omniprésents sur lesquels les adultes portent tous le casque mais « généralement », « souvent » (on n’est pas d’accord sur ce que l’on voit ! ) pas les enfants, et même de drôles d’automates de chantier qui agitent leurs bras mécaniques (Au Japon ils auraient employé des Playmobil).

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Notre hôte nous a recommandé un cinéma un peu particulier, où les affiches sont peintes à la main, heureusement que le programme ne change pas toutes les semaines. Un peu compliqué de prendre nos billets, la dame est cachée derrière un guichet, on ne lui voit que les mains, elle va finir par sortir de là et venir avec nous sur le trottoir essayer de nous expliquer en chinois comment ça se passe. Heureusement il n’y a pas la queue puisque nous sommes les seuls ! Un gentil monsieur qui parle anglais vient à notre secours et nous fait bénéficier de sa carte de réduction, c’est sympa. Quand on est dans la salle (vieillotte et immense), on peut rester pour le film suivant si on veut, c’est sans supplément. Sauf qu’on a vu « The commuter » (le passager) un film pas terrible en V.O. sous-titré en mandarin, pas envie de poursuivre avec « Jumanji ». Une expérience de salle obscure qui en vaut une autre.

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Nous avions vu passer, venant du port, des camions transportant ce qui semblaient être des huitres agglomérées entre elles. En effet, nous tombons plus tard devant un abri de fortune sous lequel des femmes ouvrent les huitres et c’est loin d’être un travail facile : Comme elles sont en vrac et ne sont pas lavées (les huitres, pas les femmes), et qu’elle sont stockées au soleil dans de grands paniers ça dégage une odeur épouvantable. Ça ne donne nullement envie de manger l’omelette aux huitres, une spécialité de la ville, quand on a vu comment elles sont préparées.

Les femmes (souvent âgées) sont assises sur des petits tabourets ; une toile tirée leur fait de l’ombre à la porte d’une boutique. Elles sont gantées et ouvrent les huitres sans discontinuer. Ca n’est pas simple déjà d’ouvrir une huitre, alors on vous dit pas quand elles en tiennent un paquet !!! Les « mollusques » tombent dans des bassines en plastique et passent ensuite à une autre dame (une laveuse) qui se charge de les laver dans plusieurs bassines jusqu’à ce qu’elles arrivent enfin à être propres et sont stockées dans autre une bassine contenant des glaçons cette fois. Les pauvres huitres font la tronche dévêtues de leur coquille. Elles arriveront ainsi dénudées dans les échoppes auprès des vendeurs de street-food et finiront dans les omelettes ce soir au night-market. Ni l’un, ni l’autre n’allons y gouter… on se demande bien pourquoi ? « Moi, c’est la coquille qui me manque ! » dit Irène « moi c’est l’odeur et la vue de ces trucs mous qui me dérangent » dit Joël !!!

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Autre activité artisanale autrement plus séduisante : la broderie. Dans de nombreux ateliers dans lesquels les artisans (souvent en famille) s’activent jusque tard dans la soirée, ils font un travail remarquable pour des tapisseries destinées aux temples. Un travail long et minutieux qui demande d’avoir une bonne vue ou de bonnes lunettes. Il y a à Taiwan toute une économie importante autour des croyances et des rites religieux comme nous le découvrons à travers les boutiques dans tout le pays.

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C’est une ville agréable à parcourir et pleine de surprises, comme ces écureuils fort mignons, les « stations-services » à eau (l’eau du robinet n’est pas potable), les magasins à fourbi, les endroits où se reposer, etc.

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Après trois jours, nous repartons de Tainan comme nous y sommes arrivés, en train. Direction le nord, on s’en retourne vers Taipei pour boucler notre tour. Mais on va encore musarder un peu en route, vous lirez ça dans le prochain (et dernier) épisode taïwanais.

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9 Commentaires judicieux

  1. Bonjour
    Une revenante
    Qui vous suit toujours
    Mais qui était dans un ailleurs que nul ne peut imaginer
    Bonne continuation superbe voyage
    Amitiés
    Françoise

  2. ouais bof le scooter…autant repasser tout de suite au nissan navarra, ca avait de l’allure ca au moins 😉

    en meme temps j’aurais bien voulu voir ca, avec Joel qui boude a l’arriere pour pouvoir avoir son tour!

    Bises et bonne continuation!

  3. bon il reste quoi? le pousse pousse? On reparle pas du truc a bosse, ah si : le skateboard !! sisisisisi pas encore fait! les rollers tiens tant qu’on y est 🙂 avec les sac Ortlieb sur le dos (ils ont une « extension » qui transforme les fontes en sacs à dos) ca doit pouvoir se faire 🙂

  4. Bonsoir
    Très beau reportage « As Usual »..C’est aussi une nouvelle émission »On a tout essayé à deux roues »
    Super…Merci ..kenavo

  5. Belle découverte de cette région de Taiwan.
    Quant au scooter, on est un peu surpris, mais l’essentiel est de rester en selle, pas vrai ?
    Encore de beaux jours à venir.
    Soyez fous
    Bises

  6. Hi welcom to Taiwan
    Im girl who live in Taipei
    i just saw your blog on other Bloger who meet you in Sun Moon lake.
    I just want to tell you I greatly admire you for such a brave adventure.
    Hope i can do this in the future!

    Again, welcome to Taiwan, hope you enjoy!

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