De Bundy à Rocky

La dernière fois, nous en étions restés à un endormissement dans le train de Bundaberg (Bundy) à Rockhampton (Rocky).

Comme prévu, nous avons été aimablement réveillés peu avant l’arrivée du train en gare et avons pu constater qu’il faisait nuit noire (ce n’est pas vraiment une surprise passé minuit dans un pays où la nuit arrive à 18h), que la gare était immense, et que nous n’avions pas envie de planter la tente à cette heure là en pleine ville même s’il y avait de la pelouse sur le parking. La décision fut vite prise : On s’installe sur un banc avec nos duvets, ça évite de tout déballer pour quelques heures vu que le train du matin va débouler vers six heures. Certes, ça fait un peu SDF mais c’est un peu ce que nous sommes, Sans Domicile Fixe, non ?

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Chris & Gina

Le matin, rendez-vous avec Chris & Gina, nos hôtes Warmshowers qui habitent à une douzaine de kilomètres de là mais aiment venir à Rocky faire leur marché et petit-déjeuner dans un établissement sympa, le Blue Truffle. On arrive avant eux, mais comme ils ont eu la bonne idée de réserver une table on peut s’installer, la boutique étant déjà pleine.

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Chris et Gina sont très différents de nos hôtes précédents, et c’est ce qui fait le charme de ce type de rencontre. Tous deux sont artistes à leur manière, Gina par ses tableaux (elle expose en ville) et Chris fait preuve d’une inventivité foisonnante dans de nombreux domaines, dont la cuisine, la culture potagère, l’élaboration de produits divers et variés (dont le beurre, des boissons plus ou moins alcoolisées), etc.

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Rocky

La ville est agréable à découvrir, larges avenues, architecture des années vingt pour certains monuments.

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Le marché du dimanche matin est très coloré, essentiellement approvisionné par de petits producteurs locaux, voire même des particuliers qui vendent un peu de tout, c’est à mi chemin entre brocante et foire, les prix sont doux, les gens sympas. Ils prennent le temps de répondre à nos questions, notamment sur les fruits que nous ne connaissons pas ou sur les oeufs de canard :

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John le poète

A la sortie du supermarché, nous faisons la connaissance de John qui nous propose de venir dormir chez lui. Pas de chance, on est déjà attendus chez Chris & Gina, mais il les connait bien ! John est un poète qui écrit des odes, cultive un jardin extraordinaire, et est extrêmement drôle. Il nous a confié un de ses écrits spécialement rédigé à l’occasion de l’ANZAC Day de demain.

 

L’ANZAC Day

L’ANZAC est le Corps des troupes Australiennes et Néo-Zélandaises qui ont notamment combattu en Europe lors des deux guerres mondiales.

La commémoration a lieu dans toutes les villes et village d’Australie et de Nouvelle Zélande. C’est pour nous l’occasion de s’instruire un peu sur le passé des corps de l’armée et des volontaires qui se sont engagés aux cotés des troupes anglaises pour venir batailler dans la Somme et sur les côtes Turques.

La bataille de Gallipoli dans les Dardanelles eu lieu le 25 avril 1915. C’est à 4h du matin que les jeunes hommes fougueux se sont lancés à l’assaut des collines de Gallipoli, tombant comme des mouches ; ce fut un vrai fiasco, de la chair à canon que les officiers envoyaient hardiment sous le feu de l’ennemi. 60 000 hommes ne sont pas revenus chez eux.

Ici on met un point d’honneur à ne pas oublier ces jeunes gens qui ont donné leur vie pour la liberté. Nous aurons l’occasion de constater que dans les musées de plusieurs petites villes visitées est retracée l’histoire d’un de ces héros. Les programmes des cérémonies des différents comtés sont distribués dans les commerces, des Tee shirts sont imprimés pour la circonstance, en fait tout un business  lucratif et bien rodé autour de ce jour, bouquins, souvenirs en tous genres (ça nous dérange un peu quand même). On peut se demander à qui ça profite.

Jour important donc pour la population de Gracemere qui se lève, et nous aussi (on ne voulait pas rater ça) à 3h30 du matin. Avec Chris nous rejoignons le lieu de rassemblement et partons tous ensemble en cortège, au son des tambours, vers la place du monument aux morts. Il fait bien nuit, les jeunes scolaires se retrouvent entre eux ainsi que les pompiers et les militaires, anciens combattants. Les parents ont levés les enfants qui sont encore en pyjamas trainant leur doudous. C’est parti pour 2 heures de chants et de discours auxquels on ne comprend rien, s’en suit une énumération de noms des disparus dont chaque famille ou représentant vient déposer au pied du monument des gerbes souvent fabriquées maison et dont le symbole est le coquelicot. La foule est restée debout, les enfants sont assis ou endormis sur des couvertures ou dans leurs poussettes, le lieu est au recueillement. C’est assez impressionnant cette unité nationale au nom du souvenir de plus de 90 ans.

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Lors des combats, le sol des batailles était tellement détruit par les bombes, les mines, les pas et les corps que des coquelicots ont commencé à fleurir. Ils ont aussi fleuri sur les fronts de Belgique et de France, notamment en Flandres où une grande bataille avait eu lieu. C’est pourquoi les coquelicots sont utilisés en commémoration des morts au front pendant la guerre. Voici pourquoi le coquelicot « Red Poppy » est arboré aux revers des vestes des anciens combattants.

Puis quand enfin le jour se lève à 6h, c’est la fin de la cérémonie et place aux réjouissances, aux bavardages, aux rires et à la musique.

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Ceux qui le désirent restent pour un petit déjeuner préparé et distribué par des bénévoles, arborant pour certains d’entre eux les médailles dont leurs ancêtres ont été décorés. On se voit offrir une boisson peu banale si tôt le matin : un verre de lait au rhum en souvenir de ce breuvage servi sur les champs de bataille… ça nous rince les boyaux !!! Vite, vite, les oeufs brouillés, saucisses, steak et tartines beurrées sont les bienvenus pour éponger ce breuvage assassin !

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Trikes

On a oublié de vous dire, mais une fois de plus nous sommes hébergés chez des cyclistes qui ont des vélos couchés, à trois roues en l’occurence. Chris & Gina ont donc des trikes et projettent dans le futur de partir avec pour un long voyage (ça ne vous rappelle pas quelqu’un ?). Ce sera donc l’occasion d’aller faire un tour en échangeant nos montures, et pour Chris de se prendre une belle gamelle sur la pelouse en rentrant chez lui.

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Vin français

En fait ce n’est pas le vin qui est français, mais le cépage. Bradley, un ami de Chris & Gina, a une intéressante expérience de la viticulture, il produit même son propre vin, chez lui à partir de pieds de vigne récupérés par son grand père. Le cépage en question est un Gamay Debouze (quand il le prononce, on entend Jamel Debouzze !), et il est unique en Australie comme en témoignent les recherches ADN que Brad a fait effectuer ; le plus surprenant est que ça pousse dans une région aussi tropicale, en contradiction avec les pronostics des spécialistes. Par contre, ça n’intéresse pas grand monde, Brad risque fort de demeurer un pionnier sans émules.

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On descend quelques verres (enfin pas Joël) de ce liquide qui vous descend joyeusement dans le gosier et Brad, dans sa générosité nous introduit dans son repaire d’où on ressortira avec quelques bouteilles pour la soirée, qui seront du meilleur effet sur le vélo (celui d’Irène, évidemment) :

Cuisine française

Grande innovation, la Quiche Gracemere. Comme beaucoup d’inventions géniales, celle-ci est le fait de circonstances improbables : Après avoir acheté tous les ingrédients pour faire une quiche lorraine, Irène prépare sa pâte et tout ce qui va bien pour la garnir quand, au moment de la mettre au four, il s’avère qu’il n’y a pas de four chez Chris & Gina… Ou du moins qu’il ne fonctionne pas. Après une tentative de cuisson sur le réchaud qui provoque vite une odeur de cramé bien prononcée, l’affaire se termine dans une poêle et dans l’hilarité. Si ça ne ressemblait en rien à une quiche, c’était néanmoins fort bon.

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Au départ, nous envisagions de rester deux nuits car on ne veut pas s’imposer, mais nos hôtes ont insisté pour que nous restions une nuit de plus afin d’avoir le temps d’aller rendre visite au monstre.

Le monstre

Vous ne verrez pas de photo dudit monstre car au moment de notre visite, il était enfermé dans une cage très très robuste et assez éloignée, le temps de changer l’eau de son bassin. En effet, il s’agit d’un énorme crocodile qui jouit d’une telle réputation qu’on n’a pas la moindre envie d’aller le chatouiller. Par contre, le jardin zoologique héberge un de ses petits copains ainsi que nombre d’autres animaux autrement plus sympathiques, même si l’inoffensif wombat est aussi moche que le panda est mignon (la nature est cruelle, n’est-ce pas ? Quoique madame wombat trouve sans doute monsieur wombat très beau, et inversement).

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L’autre monstre

Le système digestif d’Irène semblant héberger une créature aussi indésirable qu’incongrue, on ne peut que constater une fois de plus à quel point ce pays est cosmopolite : Le toubib est indien, le pharmacien est né à Poitiers mais est d’origine Egyptienne, la dame du labo est… australienne. On ne vous cache rien mais attendons de connaître l’identité du monstre en question pour vous narrer une histoire « cocasse ».

Le Tropique du Capricorne

Ce n’est pas tous les jours qu’on en a l’occasion, alors célébrons ce moment : Nous franchissons le tropique du Capricorne, mais ce n’est pas la première fois puisqu’il passe également à Madagascar et en Inde, notamment.

La prochaine fois, ce devrait être sur la côte Ouest, dans l’autre sens. On vous racontera ça le moment venu, on n’en est pas là, il va se passer plein de choses d’ici là.


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5 Commentaires judicieux

  1. Des mots et des chansons résonnent dans ma tête » »j’entends siffler le train » » «  »De ville en ville » »tout le long du chemin » » Des trains pas comme les autres » » nous sommes sur les mêmes rails HI!!par la pensée…..Merci merci Bernard Rochefort/Mer

  2. Un boyaumigrateur clandestin qui s’invite dans le circuit? Attention Irène, aux réactions en chaîne… Ajoutons par là dessus le Gamay Debouze, et pourquoi pas un tord boyau, la crevaison vous guette… (ne pas s’endormir sur les vélos… les bancs, c’est plus prudent)…

    Où sont donc les paparazzi qui encourageaient chaque coup de pédale? Et les curieux qui tournaient autour des vélos à chaque escale? La faible densité de la population y est sans doute pour quelque chose (de plus ce ne sont pas des méditerranéens).

    Heureusement, la SNCF locale « Soignez Nos Cyclomigrateurs Français » semble de la partie, tant mieux (ici, on est dans les grèves….) !

    Bises et bonnes suites

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