De Petrosani à Targu Jiu, puis le Danube !

Un train, une sacrée plâtrée de pâtes et un bivouac de rêve, suivi d’un autre moins idyllique et d’un jeûne involontaire.

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L’inconvénient de l’hôtel est qu’on ne peut partir vraiment tôt, de ce fait le trajet possible s’en trouve très raccourci. Nous comptions rejoindre Targu Jiu, au sud, en une seule étape mais des cyclistes nous ont indiqué que la route est très pentue, ça ne va pas être faisable. On envisage de contourner par le nord-ouest, mais il n’y a pas de train avant le soir et les bus refusent de nous prendre ; on s’apprête donc à partir en vélo vers le nord quand un type nous interpelle et se lance dans de grandes explications à propos de ce qu’on devra visiter en route, avec force croquis. Ça prend un temps fou, mais il est si gentil qu’on n’ose l’interrompre. Finalement, la seule information qu’on va exploiter est le chemin de la gare, où il s’avère qu’il y a un train pour Targu Jiu le midi.

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Le train est très moderne, heureuse surprise, car des cyclistes nous ont parlé de trains horribles et fort malhodorants. Par contre, le contrôleur nous saute dessus quand il voit qu’on a monté nos vélos à bord ; il veut nous éjecter « une bicycletta ça a deux roues! » mais y renonce quand il a fini de compter les roues. Il nous fait seulement changer de voiture pour les mettre à un endroit adapté.
Nous avons une vue sur la cabine du conducteur et surtout, ce qui est impressionnant, un frisson quand nous entrons dans les tunnels ; le gentil contrôleur (car maintenant il est devenu gentil), après s’être enquis de notre nationalité, nous prie d’entrer dans la cabine, c’est comme si nous étions aux commandes, la ligne surplombe le vide du canyon où coule la rivière et serpente la route. Le contrôleur est très fier des nombreux tunnels construits sous Ceaucescu, il y a des nostalgiques. Par contre, tout ceci est dans un tel état que le train roule souvent à 15 km/h. Notre contrôleur est tellement content qu’on aime la Roumanie qu’il nous trace sur la carte un parcours pour 2014 jusqu’en Moldavie du nord, incluant des villes qu’on a déjà visitées, mais on n’aura pas envie de le contredire.

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Matériel ferroviaire dernier cri

Arrivés à Targu Jiu, la chaleur nous impose une pause, nous nous retrouvons chez Jacqueline, un restaurant sans prétention qui a l’attrait d’avoir une terrasse ombragée ; les parts de pâtes bolognaises qui nous sont servies sont de nature à rassasier des ogres, on ne laisse rien. La température atteint 42° (Au soleil, mais on n’a rien à faire de la température à l’ombre puisqu’on est toujours au soleil). Nous filons plein ouest, à grand peine, jusqu’à être attirés par un village qui semble joli : Rachi?i. Il est en effet très agréable, tout en longueur avec de belles maisons et une ambiance chaleureuse.

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C’est au bout de cette petite route qui s’enfonce dans la montagne, au cours d’un superbe défilé, que nous trouvons le plus beau lieu de bivouac qui soit (et pourtant on commence à savoir trouver de chouettes endroits).
Entre deux parois rocheuses extrêmement escarpées, au bord d’une rivière glougloutante, nous montons le camp et allumons un feu de bois pour ne pas faire cuire le repas; en effet, nous nous contentons de myrtilles et de mures achetées sur place à une cueilleuse providentielle (la plâtrée de pâtes valait bien 2 repas !)

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Moments précieux que ces fins de soirée auprès du feu, sous la voûte étoilée. Le temps semble s’arrêter, les périls disparaissent, la sérénité et le partage règnent en maîtres. Ce qui était compliqué devient simple, la beauté des lieux et la frugalité invitent à revenir à l’essentiel.
Après une excellente nuit, sans insecte ni chien, reprise de la progression vers l’ouest. On ne s’y attendait pas trop, mais le relief s’accentue, les côtes deviennent dures à monter, mais ça se fait bien, peut être un début d’entraînement. Par contre, la chaleur étouffante imposant aux feignasses que nous sommes une sieste quotidienne, nous dégottons une petite prairie au bord de quoi ? Bien ! Ceux qui suivent ont trouvé, au bord d’une rivière.
Ensuite de quoi, nous reprenons la route afin de bien progresser avant le lendemain.

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Précision importante, et exceptionnelle, à propos de cette route : Elle n’a pas de trous ! Et est très peu fréquentée, ce qui nous plait bien. Par contre, qu’est ce qu’elle est raide…
Finalement, à la nuit tombante, nous choisissons un lieu de bivouac à priori sympa, une prairie toute jolie avec une meule de foin et une vue splendide sur les monts que nous venons de gravir. Le seul défaut, mais nous ne pouvions pas le deviner, c’est qu’il y a une fête au village en contrebas et qu’on entend la musique comme si on était au milieu de la place. Autre « petit » problème, on ne peut pas utiliser notre réchaud à bois dans cet environnement plein de paille, et cette ¥&$@# de bouteille de gaz Primus achetée en Roumanie ne veut pas s’adapter sur notre brûleur Camping Gaz acheté en Australie !!! (On n’a pas idée non plus de faire des trucs comme ça). Du coup, le repas est involontairement frugal, c’est le moins que l’on puisse dire (pain confiture miel, fruits secs et prunes prélevées autour de nous).

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Au matin avons eu droit au reveil des faneurs à 5h30, ils s’en allaient fourches en bois sur l’épaule dans les prairies pentues retourner le foin avant que le soleil ne leur tape sur la tête.
Nous disons « larevede » (cherchez la traduction, on ne va pas tout vous mâcher) aux gens qui nous ont accueillis dans leur champ, je remercie la bounica (ré vérifiez) avec une paire de chaussettes achetées à Viscri, la ville où nous avons étés reçus chez le prince Charles !
Soyez pas jaloux, 5 d’entre nous, en ont profité quand nous n’étions pas encore sur nos vélos !

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Pour nous, départ le ventre vide, et même pas moyen de faire les courses chez les fêtards du village, celui ci n’est pas sur notre route. Plus tard, après une bonne montée, un café nous permettra de boulotter une polenta-fromage-oeuf qui aura le mérite de nous nourrir faute de nous régaler.

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Superbe, longue et très méritée descente à travers le parc naturel Cerna Domogled vers Baile Herculane, espèce de station thermale où il y a LE camping de la région, et tous les magasins à touristes. Nous y déjeunons, la polenta ayant cessé ses effets bénéfiques, mais ne nous régalons pas non plus, c’est de la cuisine de cafétéria.
Pour la sieste des feignasses, on fait dans l’inédit : un endroit près de la rivière (jusque là ça va) mais où ça sent horriblement les égouts; comme ambiance romantique, il y a mieux. N’empêche, lessive, toilette, shampooing.
Le soleil tape moins fort nous repartons « à la fraîche » si on peut dire sous 31 degrés, vers la ville d Orsova où on dégotte une cazare au bord du Danube enfin retrouvé.
Confort, belle prestation, jardin, chaises longues, pontons, baignade nocturne, popote nouilles chinoises, grand lit !!! On a l’adresse pour celles et ceux que ça intéresse.

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26 Commentaires judicieux

  1. merci , agréable de vous suivre, félicitations pour le vélo bien sûr, la chaleur, oh la la…. les dénivelés et les photos et commentaires que vous prenez le temps de faire si agréablement
    la revedere……bon souvenir de Viscri…..

  2. Bonjour,

    J’ai peu de vacances cette année mais le plaisir de vous lire m’apporte beaucoup d’évasion.
    Félicitation pour la qualité de vos récits les détails de votre aventure et la qualité des photos.
    Bravo pour votre jeunesse… Bon voyage…. j’ai hâte de lire la suite.

    Reynald

  3. Les photos sont superbes et vous ne manquez pas de courage !
    Pour le matériel, comme le répète le ministre du redressement productif, rien ne vaut « le made in France ».
    Ce périple estival va vous procurer un bon entraînement pour votre long voyage en 2014.
    On part en vacances demain en camping-car car on tient à notre confort mais on ne manquera pas de vous suivre via ce blog.
    Bisous
    Philippe

  4. merci pour toute ces belles histoire !!on s’y croirait !! trés belles photos !!
    bravo au photographe .
    méfiéz vous des deux jeunes gamins en chariot !!! ils vont vous depasser
    bisous a vous deux
    et surtout continuez de nous faire voyager

  5. Quel régal de vous suivre dans votre périple à 2 roues ! Si « feignasses » vous êtes !!! …il faut savoir ménager ses mollets ! Alors continuez à prendre bien soin de vous et à nous donner très envie de retourner en Roumanie.

  6. multsumesk mult pour les photos et infos je vous lis actuellement avec Fanny et papa. Moi ça me redonne envie d’y aller…Profitez bien même si la chaleur et écrasante et souvent pire en août. Je vous embrasse.

  7. J’aime bien la 4eme photos les oiseau son mimi !!!! Vous avez du courage pour faire le tour du monde moi je n aurais meme pas le courage de traverser la bretagne en vélo !!!
    Bisous

  8. Poloch et repoloch comme disent les joueurs de cartes. A propos de cartes, on vous suit vraiment à la trace. C’est super, Bravo pour les textes et photos. C’est chaud…
    Bisous

  9. Bravo pour vos commentaires, qui vont sûrement en décider quelques un(e) à lâcher la voiture pour le vélo.
    Je pars (à vélo) demain à ND des Landes, où des animations sont prévues.
    Enjoy yourself
    Michel

  10. Ca fait du bien de vous lire, nous qui nous partageons entre la Bretagne et la Lorraine en train, pas en vélo (nos mères respectives vieillisses…)
    Pensons bien à vous, bon courage… Amitiés

  11. Que de chemin parcouru depuis votre départ de Seica Mare le 22 juillet.
    C’est avec plaisir que nous lisons vos aventures (et mésaventures).Super photos. Comme vous l’évoquez dans vos récits et nous l’avions remarqué, les chiens errants sont très présents (plus que les ours heureusement)
    Bon courage et bonne continuation
    Amitiés

    Béatrice et Robert

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