De Sibiu à Brezoi

Première vraie journée de vélo: route infernale, sieste pourrie, chute et crevaison, mais bivouac super.

Pour traverser les Carpates, deux choix possibles: Du nord au sud, ou d’est en ouest. La première option nous parait inadaptée pour deux débutants sans entraînement (nous n’avons jamais pédalé en montagne), alors nous choisissons la seconde. Pour être tout à fait exact, il faut préciser qu’il y avait une autre possibilité, à savoir faire le tour du massif montagneux au lieu de passer à travers, mais on ne va pas se laisser tenter par la facilité, tout de méme.

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Départ sur une route tranquille vers Cisnadie puis Sidu, ça roule tranquillement, si ce n’est que Irène a laissé son pied gauche accroché à la pédale lors d’un arrêt et a chuté, fort heureusement dans l’herbe avec d’énormes escargots.
Mais c’est ensuite que ça se gâte car nous arrivons sur une route nationale très fréquentée qui longe la rivière Olt (route interdite aux vélos, mais il n’y en pas d’autre, et puis les interdictions ici…). Et là, ce fut pire que tout ce qu’on appréhendait avec un trafic infernal. Rendons hommage aux chauffeurs de camions : Si leur manette de clignotants est pleine de toiles d’araignées, celle du klaxon ne risque pas de rouiller… quand certains doublent, on a la désagréable impression que leur rétroviseur va nous arracher une oreille, heureusement qu’il passe au dessus de notre tête. Ceci ajouté aux 200 décibels du klaxon, ça tient bien éveillé. Ils semblent bien contents de nous voir pédaler, leurs démonstrations, bien que bruyantes, sont des signes d’encouragement.

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Quant aux automobilistes, à part les décibels, ce n’est guère mieux, certains doublent alors que nous sommes face à eux, de préférence en franchissant la ligne blanche dans un virage. Avec le téléphone collé à l’oreille, c’est bien aussi.
Au bord de cette merveilleuse route on croise des piétons (des survivants ?) et même des enfants qui courent à nos côtés. En début d’après midi, sonnés par le stress, le bruit et le soleil de plomb, nous cherchons l’ombre et nous arrêtons pour une sieste; et là on a fait fort: au lieu de choisir le joli petit village tranquille qui nous tendait les bras et son monastère si calme, nous avons poursuivi sur la route de l’enfer jusqu’à échouer aux portes d’un établissement situé en bordure de route. Acceuil par deux molosses, un type en uniforme vient voir ce qu’ont fait là et nous autorise à nous installer. Mais il ne nous propose pas d’entrer dans la propriété, nous comprendrons plus tard pourquoi. Embryon de sieste, bercés par le doux son des camions qui passent à quelques mètres, interrompu par le hurlement d’une sirène de pompiers dont le camion vient intervenir justement là où nous sommes. Et comme ça ne suffisait pas, un second camion rouge clignotant et bruyant vient rejoindre son fàcheux confrère. Fin de la sieste, si on peut appeler ça comme ça. L’établissement en question appartient au Ministère de l’intérieur, « direction des problèmes spéciaux »… Tout s’explique.
On reprend la route, le trafic s’est un peu calmé, et on arrive même à doubler des camions (Vengeance, gniark gniark!) mais c’est parce que l’un d’eux a éclaté un pneu sur sa remorque et roule comme ça jusqu’à trouver un endroit pour s’arrêter.
Arrivés à Brezoi, fin du bruit et du stress, petite route qui mène à la montagne. C’est là que nous rencontrerons Edouardo et la première crevaison pour Joël à 3 km du bivouac (dans cet ordre là, mais aucun rapport de cause à effet). Edouardo est extrêmement serviable, il se décarcasse pour nous trouver un endroit où bivouaquer et nous accompagne sur 3 km avec son vieux vélo pour s’assurer que nous serons bien installés. Les dialogues en français et anglais, qu’il ne parle pas, et en roumain et italien, que nous ne parlons pas, étaient un peu surréalistes mais nous nous sommes fort bien compris.

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Le lieu de bivouac était superbe, au bord d’une petite rivière qui fut bienvenue notamment pour les ablutions au clair de lune. Seul petit désagrément, mais ici il est commun, trois chiens prirent l’initiative de monter la garde autour de notre tente, avec aboiements à la clé. On aurait préféré qu’ils ne fassent pas fuir les chevaux et vaches qui paissaient là, au moins ces animaux là sont silencieux. Sur le même terrain, un groupe de colons allemands et deux encadrants roumains nous ont fait cadeau d’une énorme pastèque, dont nous ne prélèverons qu’une infime partie, l’objet se révélant bien trop lourd pour être emmené (et pourtant il nous manquera bien durant les heures chaudes).

21 Commentaires judicieux

    • j’espère que c’est pas trop grave ta chute Irène vous faite un très beau voyage je vous souhaitent d’arrivés au bout bon courage et gros bisous

  1. Salut les jeunes !
    On vous souhaite des routes un peu plus cool pour la suite !
    Irène a un petit air de Rambo avec le bandeau rouge en train de faire le feu…
    JoCo, tu peux fabriquer un écarteur de danger avec un tronc d’arbre pour avoir plus de place sur la route.
    Plein de bisous de la Fameuhly

    • On retient l’idée pour le tronc d’arbre, tu nous montrera et après on fera. Il y plein de bûcherons ici, et jai ma petite scie (Si, si !)
      Quant à Rambo, elle transpire tellement que le bandeau n’est pas uniquement pour la déco.
      il faut dire que monter la tente, faire du feu, cuisiner, faire la lessive, ça l’occupe. ?.
      Moi je prends les photos.

  2. grande joie de vous entendre au tel hier!!! 🙂 pas mal de péripéties… et ce n’est que le début, pleins de gros bisous et d’encouragement du val froment!!!!!!!

  3. bonjour les courageux,
    c’est sûr, les klaxons roumains, ça vaut pas la bombarde! mais …même si c’est dur parfois , c’est toujours mieux que d’aller au boulot!!!!
    pédalez bien en pensant à nous….nous on pense à vous
    bisous de michel et moi

  4. C’est très sympa de vous suivre sur les routes roumaines! Nous qui connaissons quelques unes de leurs habitudes aux roumains, nous pouvons les apprécier de loin certes mais aussi à leur vraie valeur…Bon courage à vous deux! Mimi et GG

  5. pauvres escargots !!!! il ne dois pas en rester grand choses!!mdr
    blagues a part rien de grave ! !
    j’ espere que la suite du voyage va etre plus guai!!!
    nous pensons trés fort a vous
    courage
    bisous

  6. Coucou les jeunes !
    C’est trop fort, j’étais en plein dépannage de mon imprimante et je pensais justement à Joël en me disant que j’aurais bien aimé avoir un regard avisé et pro sur la question. Et, j’ouvre ma boite mail et j’ai des news de vous. C’est un signe ! Bon, Joël je te pose donc ma question les feuilles ne sont plus entraînées … cela patine dans le vide,… quand les feuilles sortent elles sont barbouillées de noir, dans le fond y a un bain d’encre noire … c’est quoi le problème ? Je dois faire quoi ? ….
    Bon je blague c’était pour vous rappeler le bon vieux temps !

    Vous êtes partis pour le bagne ou pour des vacances ?
    Prenez soin de vous.
    Bizh Breizh Nanou

  7. Faite gaffe quand même à ce que les escargots ne se vengent pas et s’attaquent à vos sacoches, j’en connais qui on eu les leurs grignotaient par des écureuils. J’me marre.
    A bientôt.
    Aldo

  8. Je vous lis avec grand plaisir car je vois que vous vous éclatez…mais, moi, il faudrait me payer (et cher en plus)pour faire un tour pareil en vélo!! le plan galère! Profitez bien de votre super plan. Je ne vous plaint même pas, c’est vous qui avez choisi!
    en tous cas, je veux voir les photos(chutes, chiens autour de la tente, molosse en uniforme, crevaisons et tout ce qui va avec les vacances rêvées, quoi!)
    Je vous embrasse bien fort.
    Sandrine L.

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