De Vicensa à Venise

Une histoire de chats, un saut dans l’époque médiévale, des hôtes merveilleux, une visite surprise, un départ pour Venise…

P1010351Quitter Vincenza n’est pas possible avant d’être passé par la case du Palais Olimpico : Statues, histoire antique, cour ombragée et nous retrouvons une piste fléchée vélos par l’itinéraire I1 et I2 qui nous permet de passer dans les village et nous évite quand même le peu de circulation dominicale. Bien nous en a pris parce que lorsque nous arrivons au village de Cervarese Santa Croce.

C’est carrément la fête,  et pas n’importe laquelle,  une fête médiévale autour d’un vieux château, avec tout plein d’animations moyenâgeuses comme l’atelier du forgeron, la cartomancienne, la préparation du cochon grillé aux serments de vigne, la cuisson de petits pains au four à bois, les fauconniers, cracheurs de feu,  jongleurs et autres ménestrels (dont 3 sont venus au festival de Lorient l’année passée), les chevaliers sur leurs montures, y avait même le bourreau avec la tête patibulaire qui va bien. Pour un peu on se serait cru à la fête des remparts de Dinan.

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Toujours est il que nous faisions tâche avec nos tenues de cyclos. Pourtant il a été facile de bavarder avec les uns et les autres parce que nous nous sommes laissé aborder.  En fait ça commence souvent par les mêmes questions :

  • Vous venez d’où ?
  • Vous allez ou, vous faites le giro d’Italie ?
    Certains n’ ont pas vu la petite info sur l’arrière de nos sacs qui dit que nous sommes en route pour un tour du monde entre 2014 et 2017. Lorsqu’ils nous interrogent un peu plus loin, c’est carrément le délire,  on récite la liste des pays à traverser,  on recueille les expériences des uns et des autres, on les rassure en leur disant que non ce n’est pas difficile (enfin pas trop) de monter les côtes de la montagna!
  • Vous dormez où ?

On vous fera une liste de toutes les questions que se posent tous ceux qui ne font pas d’itinérance à vélo.
N’empêche que les italiens et les italiennes s’exclament le plus souvent « Che bella bicicletta » !

En attendant il y a des petits malins comme Alberto,  qui nous a tiré le portrait à l’insu de notre plein gré,  et on a eu l’agréable surprise de trouver les photos le soir même sur notre site. Chapeau et merci Alberto.

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Padoue

Après ce petit intermède nous filons à fond de train, si on peut dire, chez Anna et Francesco qui nous attendent à Padova. Nous sommes reçus comme des amis, avec un enthousiasme et une générosité débordants.  On remercie au passage Frère Tommaso qui nous a auparavant introduit auprès de cette famille charmante. Ils ne font pas partie du réseau warmshowers mais en ont toutes les qualités, voire même au delà.  Nous passons une très agréable soirée en leur compagnie, ils sont Padouans et nous communiquent avec passion l’histoire de leur ville.

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Comme ils ne font pas les choses qu’à moitié ils vont nous fournir guide et carte de Padoue, en français s’il vous plaît, et nous faire tout un tas de suggestions de visites forts appropriées. Nous avons adoré cette ville et avons déjà envie d’y revenir et de la découvrir plus avant, tellement elle regorge d’histoire et de monuments fabuleusement beaux comme la cour suspendue du palais de l’université où sont figés à même la pierre les blasons des armoiries de nobles de la ville, la basilique St Augustina, celle de St Antoine de Padoue, en passant par les célèbres places aux herbes et aux fruits près desquelles se dresse le palais de la Ragione. On se régale et on se donne rendez vous ici dans ??? ans.

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Nous retrouvons Anna, Francesco et Tommaso, leur fils, après avoir traversé la très célèbre Patro della Valle où se dressent les statues des anciens Padouans.
Lestés de 2 pots de confitures maison, nous faisons nos adieux en espérant qu’un jour, qui sait, nos chemins se croiseront à nouveau ?
Le trajet, fort plat, est agrémenté par la présence de quelques grosses collines aux pentes fort abruptes que la route, dans sa sa sagesse, contourne opportunément.
La région au sud de Padoue est connue pour ses stations thermales, nous traverserons les petites villes d’Albano Terme, Montegrotto Terme en empruntant la voie cyclable qui longe le canal parallèle au Bacchiglione. On se serait bien offert un bain de boue relaxant,  bon pour tout ce qu’on a sûrement,  mais renseignements pris il faut une visite médicale dans un endroit, prendre rendez vous pour le lendemain dans l’autre, alors tant pis on file jusqu’à Battaglia Terme où on a rendez vous avec 40 chats !

Les 40 chats

C’est quoi cette histoire de « gatto » italien ? On vous explique.
On commence à chercher un bivouac et on s’apprête à demander à un fermier si on peut planter quand on avise un type qui glane de la paille pour mettre aux pieds de ses légumes dans son jardin (vous avez tous les détails).
Il n’est pas le propriétaire du champ mais connaît un endroit sympa où on pourrait s’installer,  le problème c’est qu’on se trouve à la sortie d’une piste cyclable près de la rivière,  lui est en voiture, pas de problème il va nous donner des rendez vous réguliers aux croisements suivants jusqu’à ce qu’on arrive enfin à destination. Nous découvrons encore une fois la serviabilité spontanée italienne. Il nous quitte en s’assurant qu’il y ait bien un  point d’eau et l’espace (qui est public).

Le glaneur
Le glaneur

C’est très gentil, on a de l’eau mais le lieu est situé près d’un rond-point sur lequel ça circule pas mal, et jonché de détritus ; on a déjà connu mieux, mais sommes prêts à dormir là faute de mieux. Sauf que la fée Gépéesse va venir à notre secours en nous susurrant à l’oreille qu’à quelques centaines de mètres de là il y a d’autres lieux de pic-nic. En effet, en grimpant un sentier bien pentu on s’éloigne rapidement du bruit urbain pour arriver en un lieu charmant, une ancienne carrière, où nous attendent à la fois une zone herbeuse bien plate (toujours très important, la platitude du lieu) et deux tables de pic-nic (il nous faut bien ça, vu le bazar qu’on étale là dessus). On voit bien quelques chats qui rodent dans le coin, mais surtout quelques cabanes bien aménagées et des gamelles ayant contenu des croquettes.

Bivouac confort
Bivouac confort
Passager clandestin
Passager clandestin

Ce n’est que le lendemain, après une nuit ponctuée d’éclairs mais sans pluie, qu’on apprendra qu’il y a là quarante chats qui sont nourris par une dame hollandaise qui recueille les matous perdus et les amène là après les avoir fait passer par la case stérilisation (sans les faire bouillir 3 mn, toutefois). Nous étions dans une sorte de refuge S.P.A. improvisé depuis vingt ans, vu que la municipalité ne s’occupe pas de ces animaux sans maîtres. Leur compagnie ne nous a pas posé de problème, par contre il y a pléthore de sangliers dans cette zone et nous sommes bien aises de ne pas avoir fait leur connaissance.

La dame aux 40 chats
La dame aux 40 chats

Les cousins inconnus

Florella et Francesco étaient pour nous jusqu’ici des inconnus, juste entendu parler d’eux par la soeur d’Irène qui est mariée avec un Italien d’origine en Bretagne et dont le reste de la famille vit à Solezino tout près de Pozonovo.

Puisque soeur Yvette a des cousins italiens par alliance dans le coin, c’est un peu aussi les nôtres non ? Alors on se dit qu’aller leur faire un petit coucou de la part de ceux qui sont restés en Bretagne ça serait sympa. 20 km plus tard, la campagne est avalée en passant par la charmante ville de Montceliste que nous ne manquons pas de visiter sur les conseils d’un monsieur qui nous garantit que de la haut la vue est bella ; oui en effet sauf qu’en vélo c’est pentu, et même doublement sur les ruelles pavées !!!

Nous n’avons pas leur adresse précise, mais St Antoine a mis sur notre route une dame qui nous dit « c’est là juste la seconde maison sur la droite ». Nous sommes via San Antonio avec la statue de St Antoine de Padoue sous un arbre, et nous ne sommes même pas perdus !

La surprise est totale quand Florella découvre ces deux cyclistes débarqués dont ne sait ou et qui sonnent au portail de sa maison. Elle découvre deux bretons qui lui causent de Gino, de Tartinio, de la sorela de Yvette (prononcez Yvetté), nous n’avons pas eu la présence d’esprit de filmer la scène à ce moment là mais ça valait vraiment le coup, la bouche grande ouverte, les yeux ronds d’étonnement, les « mama mia » de stupéfaction, tout y est pour une scène de franche rigolade.

En allant dire à son portail de bien vouloir s’ouvrir elle en profite pour réveiller son mari Franscesco qui fait la sieste et nous voilà faisant connaissance autour de l’album photo qui voyage dans nos sacoches et les leurs où l’on découvre le village d’Irène et sa frangine il y a 25 à 30 ans en arrière….Comme ces deux là sont franchement super ils nous proposent boissons, café et la douche avant de repartir (Venise est à 90 km, nous y sommes attendus demain soir, on voudrait bien s’en approcher encore un peu)

C’est la première fois qu’Irène voit Joël boire du café (il n’aime pas ça)….mais un café italien si gentiment offert ne se refuse pas et tant qu’à faire Irène s’y met aussi !

Finalement on se demande encore comment, voilà qu’on parle de barbecue, de rester dormir içi. Florella est en vacances, alors on se laisse tenter en promettant de se lever très tôt le lendemain matin. Pourtant on ne va pas se coucher tôt, la mama Odile et Nicoletta vont venir voir les bretons que nous sommes et prendre un peu d’air iodé qu’il nous reste encore en cherchant bien. Puis quand enfin repus de délicieuse carne on va se coucher, on est précipitamment invités à se relever pour assister à un feu d’artifice au village voisin dont on va profiter du balcon. On peut dire que les cousins italiens savent recevoir. Grazie mille à vous. Le rendez vous est pris pour dans 3 ans pour la fête du retour, pari tenu,. Tchao.

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On s’est laissés inviter (il n’a pas fallu insister beaucoup), mais nous voici loin de Venise où nous sommes attendus. Alors réveil à 7h, départ à 7h30, on n’aura jamais fait si tôt. 93 km sont prévus, mais c’est plat alors ça devrait le faire à l’aise. Pourtant ça ne va pas être aussi simple que ça, nous le verrons dans le prochain épisode…

9 Commentaires judicieux

  1. Vous au moins vous avez pleins de choses a raconter , il s’en passe des choses sur ses routes d’italie , j’adore ….. un bon moment a vous lire Bisous Lili

  2. Bonsoir super ces rencontres spontanées..c’est très riche sur tous les plans..vivement le prochain article..Bernard Rochefort-sur-Mer

  3. Hi les cyclistes! J’adore la tête d’Irène sur la photo avec le glaneur!!! Avec vous deux on ne peut être que accueillants et gentils car vous transportez la joie et le bonheur sur votre visage et de cela, le monde actuel en a besoin!!
    Pour les fêtes médiévales il y en aura une a Saillon (eh oui vous êtes passe par la il y a …..déjà longtemps!) du 9 au 13 septembre 2015….
    Merci de si bien nous faire partager vos aventures!
    Kenavo!

  4. josseline et guy
    il va vous falloir au moins 3 ans pour nous raconter tout ce que vous avez vu quand vous rentrerez nous esperons etre là ( finalement on y sera ) nous partons le 11 en voyage de noce au canada et usa , en attendant bon voyage et merçi de vos commentaires tres instructif

  5. Après les bras levés à tout ce qui passe, les photos (superbes) prises « à la volée », vous arrivez encore à parler Italien « avec les gestes »?
    Bravissimo! Qui a dit que le vélo ça ne faisait travailler que les jambes?

    A part les intermittents qui font du spectacle de rue gratis, le photographe qui fait cadeau de ses photos, le glaneur qui fait le guide bénévole, les 40 griffons qui se font entretenir par une maîtresse-chat, ils vivent de quoi les Italiens?

    Je comprends qu’avec votre contrat de trois ans d’itinérant-permanent du spectacle et un commencement de carrière internationale,ils sont impressionnés!

    Prochain épisode: les « fluos jaunes sur leurs drôles de machines » au pays du Carnaval!? Super!
    On attend avec impatience

    Merci pour toutes ces anecdotes succulentes et chaleureuses

    Bises

  6. Bonjour à vous,

    Cela fait une semaine que nous sommes en Italie pour un périple des grands lacs italiens … mais c’est plus facile en fourgon aménagé avec confort surtout ces jours ci, un temps breton avec pluie, orages et vents
    Passage par le lac Magiorre, le lac de Como et aujourd’hui le lac d’Iseo avant le lac de Garde
    Le camping est sympa avec vue sur le lac un peu mouvementé
    Je vous laisse, car je dois préparer le lapin pour le repas du midi
    Bisous à vous Serge et Marie-Christine de JoAilettes35

    • Quoi, du lapin ?
      Est ce qu’on cuisine des trucs comme ça, nous ?
      Pouvez pas manger des pâtes midi et soir comme nous ? C’est plus simple et une seule gamelle suffit.
      Bon appétit !

  7. Ah l’Italie, ça n’a pas été facile pour nous entre Rome et Formia puis la mentalité change en entrant des les terres, malheureusement les détritus gâchent un peu le paysage pourtant si joli.
    Bisous de nous 4

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