Des Bidochon aux Simpsons

Avez-vous remarqué que pour une fois nous n’avons pas publié d’article bidon pour le 1° avril ? Plusieurs raisons à cela :

  • La dernière fois ça avait tellement bien marché qu’on en aurait presque culpabilisé
  • On n’avait pas de connexion internet ce jour là
  • Et il ne faudrait pas que ça devienne une habitude.

Les Bidochon

Vous attendiez avec impatience qu’on vous en parle, de ceux là, alors voilà : Arrivée à Blacksmith, c’est le week-end de Pâques, super important en Australie, apparemment autant que Noël, c’est tout dire. Peut-être pas pour des raisons religieuses, mais un week-end de quatre jours, ça ne se refuse pas (dès le vendredi plein d’établissements sont fermés). Du coup, tout le monde file là où c’est beau, et les hébergements sont complets. Et nous, comme on ne réserve jamais rien, on risque de se retrouver à la rue.

Bon, à Blacksmith ça va, il restait deux places au camping près de la plage, dont une près de poubelles (on a l’autre, ouf !). Et c’est là qu’on peut observer nos voisins, ce qui ne manque pas de nous impressionner. Certains Australiens ont besoin pour camper d’un fourbi invraisemblable, on dirait qu’ils déménagent ; ceci explique les véhicules énormes, ou au moins les remorques conséquentes, car il faut bien trimballer le fourbi, lequel inclut, en vrac, le barbecue, le réchaud (énormes, évidemment), la grosse bouteille de gaz pour alimenter ça, le frigo ou au moins la grosse glacière, les fauteuils, table et nappe, les guirlandes lumineuses de toutes les couleurs, la télé, des tapis, une batterie de cuisine digne d’un grand restaurant, tout le matos pour la plage, et plus encore.
Et là où ça fait irrésistiblement penser aux Bidochon, c’est quand on voit ce petit monde s’activer. Ou plutôt ne pas s’activer : Certains ont pour principale occupation de déplacer leur fauteuil au fil de la progression du soleil, afin que la bouteille de bière (toujours à portée de main) reste à l’ombre. D’autres, à l’air plutôt ahuri, passent leur temps devant leur caravane à en écluser en série, des bières. Mais les plus forts sont ceux qui ont installé un très grand écran devant leur caravane, un vidéoprojecteur sur une table, et regardent à longueur de temps des matchs. Leur truc est bien organisé car il y a un auvent pour garder l’écran à l’ombre, et de temps en temps ils collent les gamins devant un dessin animé, comme ça ils sont tranquilles. D’un sens, ils sont généreux car tout le voisinage en profite, mais c’est tout de même assez curieux de se déplacer et installer tout ça pour faire exactement comme à la maison. Un autre pays, d’autres cultures.
Mais bon rassurez vous, ceci n’est qu’une caricature fort heureusement beaucoup d’entre eux aiment aussi le camping dans ce qu’il a de plus proche avec la nature et le minimalisme.

Newcastle

La piste cyclable pour arriver à Newcastle est une vraie merveille ( la Fernleigh Track) c’est une ancienne ligne de chemin de fer qui sinue allègrement dans une région boisée sur à peu près 25 km, on retrouve les anciennes stations  Red Head (Tête Rouge) ou encore  White bridge (Pont Blanc)… imagination… Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?

Les aménagements sont remarquables (il y a des toilettes, des fontaines, etc.) et on arrive en ville sans avoir été en contact avec les voitures. Par contre, accessoirement, on a été en contact avec un charmant animal dont la taille a eu l’air de surprendre même les Australiens, qui en ont pourtant vu d’autres :

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L’engin mesure environ deux mètres, par contre on n’a pas réussi à comprendre son nom (ce n’est pas lui qui nous l’a dit, c’est un autre cycliste, mais avec un accent à couper au couteau) et on ne l’a pas retrouvé sur les nomenclatures des serpents du pays, lequel en comporte pourtant un sacré paquet et des vachement dangereux, même mortels ou pire.

Les Simpson

Sachant que c’est toujours Pâques, que les auberges de jeunesse sont blindées, on s’arrête dans un motel qui a la bonne idée de se trouver sur notre chemin. Vu de l’extérieur, l’établissement paraît normal, c’est quand on entre dans les détails que ça se gâte. Le type de la réception, qui soit dit en passant est extrêmement gentil, est tout fier ne nous présenter une chambre plutôt heu… douteuse, ça ne nous emballe pas plus que ça mais on prend après avoir fait baisser le prix à $100 (ce qui est bien plus que ça ne vaut, mais peu importe, vous verrez plus tard pourquoi).

C’est là qu’on a l’impression d’être plongés dans un épisode des Simpson : Tout est de guingois là dedans, les meubles sont tout déglingués, la poussière a pris ses aises, on dirait que chaque occupant a emménagé la chambre à sa façon, laquelle tient plus du bricolage de fortune qu’autre chose. Les occupants, parlons-en : Il y a dans la cour des tas de gamins qui courent, jouent, font du vélo et s’amusent pendant que des adultes s’apostrophent, et pour certains semblent passablement éméchés (à moins que ce ne soit leur état normal) ça cause très fort ou ça crie. Certains ont vraiment des trognes patibulaires, pas de dents ou chicots noirs, la cigarette au coin de la bouche. Dans la cour retentissent des rôts à en faire vibrer les vitres, ambiance… En fait de motel, ça semble être un hébergement permanent pour des gens qui n’ont pas de logement, et c’est plutôt la zone. On a accès à la cuisine, mais tout est si gras et crado qu’on n’ose à peine toucher aux boutons de la cuisinière et on file boulotter notre pitance dans la cour, entre deux trottinettes laissées par les enfants. Au fait, ici les trottinettes sont nommées scooter, et des scooter comme chez nous (ceux qui font de la fumée et du bruit), on n’en a pas vu un seul.

Satisfaits ou remboursés

En France, ça ne marche jamais, ce truc là. Eh bien en Australie, si ! Notre chambre miteuse nous a été intégralement remboursée, jusqu’au dernier dollar. D’une drôle de manière certes, mais le résultat est là et c’est le principal.

Explication : Joël s’en va faire quelques courses au supermarché du coin (lequel est d’ailleurs assez loin, car le motel est évidemment dans un quartier où il n’y a rien) et s’apprête à retirer de l’argent à un distributeur mais il y a déjà quelqu’un. Peu importe, le temps de mettre l’antivol sur le vélo, le type s’en va. Et deux billets de $50 sortent du distributeur ! Le type est parti sans ses sous, ou alors il en a oublié une partie, il monte dans sa voiture et s’en va, les billets n’ont évidemment pas été perdus pour tout le monde… Voilà comment on se fait rembourser une chambre dont on n’est pas contents.

A ceux qui objecteraient que même si on avait choisi de dormir dans un endroit plus convenable on aurait tout de même bénéficié de ces $100, rappelons que dans ce cas on ne serait pas allés à ce distributeur à ce moment précis, donc c’est bien la chambre pourrie qui a été remboursée. CQFD.

Newcastle, suite

Cette ville a l’air agréable, c’est toujours Pâques (on dirait que ce week-end n’en finira jamais) mais on finit par dégotter un backpacker sympa même s’il n’est pas en centre ville et on s’y installe allègrement. Une fois les vélos déchargés, on dirait qu’ils sont tout légers et c’est un excellent moyen de partir à la découverte des environs. Bien nous en a pris, il n’y a presque pas de circulation (où sont donc tous les gens ? dans les hôtels et campings, lesquels sont saturés ?) et c’est agréable de déambuler sur les quais et un peu partout tant que ça ne grimpe pas trop (certaines rues font un peu penser à San Francisco, on les évite).

Ils aiment bien les vieilles voitures ici, mais rassurez-vous, il n’y a pas que ça, on n’est pas à Cuba.

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Il y a comme une ambiance de belle endormie, rien à voir avec Sydney, même si Newcastle est la deuxième ville de l’État après Sydney et avant Port Macquarie. Beaucoup de bâtiments anciens, certains très modernes mais jamais prétentieux, des sculptures, de beaux espaces pour les piétons, on est bien ici.

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Cette ville respire la décontraction et la création permettant aux artistes de s’exprimer, au fil de nos pédalages, nez au vent, nous découvrons des petits bijoux de réalisations aussi étonnantes les unes que les autres recouvrant parfois des pans de murs entiers et saisissantes de réalité ; c’est aussi beau que dans un musée.

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Et puis, c’est surprenant, la réserve naturelle de Blackbutt qui est accolée à la ville, et même entourée par elle, au sein de laquelle on se croirait à des tas de kilomètres, en pleine nature. Le lieu est, comme généralement ici, très bien équipé et propre. Il y a un circuit de découverte des animaux, au début on se dit avec appréhension que c’est un zoo, mais c’est drôlement bien fait et le parcours (gratuit) est fort intéressant. Voici un échantillon des bestioles qu’on a eu l’occasion d’observer, seul le wombat manque à l’appel car ce gros fainéant faisait la sieste dans un tuyau, à l’abri des regards.

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Finalement, on restera une nuit de plus dans ce Backpacker, de toute façon maintenant que Pâques est passé c’est le désert partout, on n’a plus à s’en faire jusqu’à Noël…

Un petit mot sur les Backpackers, car nous vous en parlerons souvent : Ce sont des hébergements pour les baroudeurs, un peu similaires aux auberges de jeunesse mais de taille plus modeste. Ça peut être un peu folklo comme lieu, parfois assez sommaire, mais c’est sympa et bon enfant, on aime bien.

BBQ++

Au début ça surprend, puis on s’y fait et finalement on apprécie bien : L’Australie est le pays des barbecues, il y en a partout, le moindre endroit public en comporte plusieurs, c’est une véritable institution. Il suffit de glisser une pièce dans le machin pour qu’il chauffe une vingtaine de minutes (souvent c’est même gratuit), le succès est garanti. Il faut avoir bien sûr ses accessoires tels que la raclette et le papier ou l’éponge pour laisser propre après utilisation, l’aérosol d’huile pour bien graisser le machin et les aliments à cuire (on est un peu dubitatif sur les huiles en aérosol mais on s’aperçoit que c’est pratique à trimbaler et ça ne coule pas dans la sacoche). L’huile vierge en bouteille de verre ça sera pour notre retour.

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Un coin d’Asie

Sur les quais, en face de Carigton une population pour la plupart d’origine asiatique est rassemblée avec tout l’attirail de parfaits pêcheurs ; attention les cannes sont de sortie. Des familles entières sont installées sur couvertures avec le pic nic et les jouets pour les gamins. Les enfants apprennent à accrocher les appâts aux hameçons , tous fiers de nous faire admirer leur pêche. Combien de personnes ici ? Des centaines c’est impressionnant on se croirait en Asie assurément. Grands parents sont là aussi et tout le monde s’active soit à vider et nettoyer les poissons ou fiche une torgnole au sale gamin qui n’obéit pas à l’ancien, soit à préparer les en-cas qui sont dévorés dans une ambiance presque de kermesse. Bien sûr, toilettes et points d’eau à proximité, rien ne traine, tout est clean……

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Nobby’s Head

On  pousse jusqu’au bout de la jetée où se trouve le plus vieux phare de la ville sur un petit promontoire, le Nobby’s Lighthouse. Ce sont les « convicts » prisonniers, arrivés au bagne qui était alors leur destination finale sur cette terre australienne, qui ont construit la jetée; il leur a fallu plus de vingt ans pour relier cet îlot à la terre après bien des pertes humaines car la mer déchainée emportait régulièrement les pauvres hommes qui n’avaient la plupart du temps réalisé que de petits larcins et se retrouvaient ici vivre dans des conditions inhumaines. La couronne d’Angleterre n’était pas tendre avec son « petit peuple ». Aujourd’hui cette jetée est un but de promenade idyllique où nos yeux sont subjugués  par le bleu de l’océan et à la fois par la couleur de miel des plages de sable fin où quelques surfeurs se préparent à affronter les vagues majestueuses. C’est beau, c’est pas mal ici, on s’y fait très vite croyez nous !

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Provoc’

Sale bête !
Sale bête !

18 Commentaires judicieux

  1. Coucou les aventuriers de l’extreme …
    Déja je vous sens en pleine forme , je vous rassure des chambres crade , ma fille en a eu aussi dans ce pays comme quoi tout n’est pas parfait …..lol …… Mais que viens faire cet bestoile a bosse la , elle te poursuis …sale bête …..lol …….Pas encore vu de kangourou ? Vous me faites rire , vos histoires sont toujours bien racontées on s’y croirais ……… La suite je l’attends avec délice …… Bisous a vous 2 …..Lili…………….( Bonne fête Irène )

  2. J’adore votre description des cyborgs des antipodes sous « les Bidochon ». Tout comme les anciens voisins dont je vous est brièvement parlée.
    le serpent rencontré en allant sur « Newcastle » c’est un « Carpet Snake » ou python, voir https://en.wikipedia.org/wiki/Morelia_spilota.
    oui, les 100 dollars c’était votre récompense de l’univers.
    je vous suis dans la pensée; un très beau couple que vous faites.
    une autre visite et chez moi = chez vous.
    A votre prochain ‘update’, bises.

  3. Ah! AH ! votre description de certaines coutumes locales en matière de camping m’ont rappelé les Antilles : a Pâques , ça campe aussi avec THE MATOS – vous ajoutez a votre description le Rhum , le matete ( préparation a base de crabe de terre ) et vous enlevez l’écran géant … et quand tout le monde a décampé, vous y ajoutez … des tonnes de déchets … on est pas en Australie !
    Pédalez bien ! non Irene tu ne monteras pas sur la bestiole a 4 pattes avec une bosse et dont nous tairons le nom .. elle pourrait s’animer rien que pour toi .—))))

  4. Salut à vous, nous sommes en ce moment à Nice, mais vous nous faites encore rêver. Pas trop pour le soleil assez généreux ici, mais pour l’exotisme. (les serpents ne traversent plus les routes)On se contente des quelques hérissons ou crapauds qui survivent…..
    Bon voyage
    Michel

  5. Belles photos et commentaires toujours aussi agréables à lire. On voyage par procuration….contente de voir que les kangourous ou autres bestioles vous laissent tranquilles! Je vois que les australiens ont rendus les dromadaires inoffensifs …
    Amusez vous bien et on attend la suite…
    Plein de bisous de bretagne

  6. Belles photos et commentaires toujours aussi agréables à lire. On voyage avec vous …
    Contente de voir que les australiens ont du rendre les dromadaires inoffensifs..ils savaient que tu venais???
    Içi averses de grêle, 5 degrés le matin…les giboulées d’avril…juste pour que vous appréciez encore un peu plus (si c’est possible)
    Amusez vous bien et on attend la suite bien sûr
    Plein de bisous de bretagne

  7. Trop drôle le « dro… » , personne ne les avait prévenu de votre passage pourtant !
    Merci pour toutes ces belles photos, ces beaux et bons commentaires, mais je ne vous envie pas pour vos rencontres avec les rampants, surtout les « carpet snacke » : sale bête.
    Suis en Sologne et au porte du Berry en ce moment, je suis à l’abri d’une telle rencontre et les températures n’insistent pas les rampants d’ici, à sortir !

    A bientôt de vous lire

    Mamie Nicole

  8. hello, une façon de vivre votre aventure à travers vos récits, quel bonheur!!!!

    je serai un peu comme ces AUSTRALIENS qui s’en vont camper ma valise serait encore bien difficile à fermer

    à de nouvelles aventures (sans ce gros reptile)

  9. Très drôle le dromadaire totémisé …. L’apparence grossièrement artificielle, je suppose que c’est pour éviter que les bidaustrochons ne le découpent pour en faire des barbecues?
    Bon, comme il n’y en a pas (normalement) en Australie, sans doute la tentation de l’enfourcher à nouveau, de même que le plaisir d’essayer d’en écraser un lorsqu’il traversera la route ne se représenteront pas…

    Quand aux serpents, il resterait les totémiser comme l’a fait Moïse au désert afin de guérir le peuple hébreu des morsures au talon…. Mais c’est une autre histoire…

    Merci pour les anecdotes et votre regard amusé. ça se lit comme un roman!

    On attend la suite, c’est pour quand les gourous?

  10. Super récit très vivant ! Splendides photos des animaux certes plus exotiques que les nôtres (les hirondelles sont de retour, les lézards paressent au soleil, et les coucous se font déjà entendre) mais bien moins dangereux, même nos rampants ! Pas de grosse bête à bosse non plus… On est bien dans notre belle Bretagne, surtout quand les amis nous font agréablement profiter de leur voyage ! Bises à tous les deux.

  11. Salut de Basse Californie où il y a autant de vent qu’en Australie (d’après nos souvenirs), où il n’y a pas de BBQ publics, ni de campings bien organisés, et heureusement pas trop de campeurs car tous les déchets restent le long des routes et sur les parkings. Mais les petits hôtels ne sont pas à 100 $.
    On pédale, ici, ailleurs et la bas par procuration

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