D’Hobart à Hobart, via (Carla) Bruny

Si vous ne l’avez pas encore compris, la Tasmanie nous plait bien. C’est sans doute pour ça qu’on a tellement à coeur de vous la raconter et la montrer (177 photos dans cet article !). Si avec ça vous n’avez pas envie d’y venir…


On redémarre un peu trop tard de Richmond et on se retrouve sur une route désagréable, très busy comme ils disent. On est vendredi fin d’après midi, ça circule pas mal. Bas-cotés inexistants, pas facile pour deux voitures de se croiser quand deux vélocouchistes s’en mêlent. Alors on appuye un peu plus sur les pédales pour en finir avec les 25 km nous séparant de Hobart qui se termineront sur la 4 voies avec tout de même un espace pour les véhicules lents que nous sommes. Franchement ça n’est pas la route la plus sympa pour arriver en ville, un peu stressant de se retrouver dans un flot de circulation aussi dense.

Rive Est : Alex & Catherine

C’est bien heureux et entiers que nous arrivons à l’est de la ville dans le quartier de Rose Bay, juste aux pieds du Tasman Bridge, imposant, seul lien entre les deux parties de la ville, l’autre pont étant à 10 km.

Nous sommes ce soir et pour deux nuits chez Catherine et Alex (Précédemment rencontrés à Scottsdale, vous vous souvenez ?). D’origine irlandaise ils se sont expatriés en Australie il y a une trentaine d’années et vivent dans une belle maison avec une vue plongeante sur la Derwent River et sur le pont qui l’enjambe, entourée d’un grand jardin d’où on accède directement à la piste cyclable en contrebas, c’est un endroit ravissant.

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La vue sur l’autre rive est on ne peut plus agréable. Nous allons retrouver leurs deux amis Dorothy et Greg accompagnés d’un couple de jeunes cyclistes qu’ils hébergent ce soir et que nous avons croisé il y a quelques jours. Le monde est petit et ça n’est pas fini….
Soirée fort sympathique avec des hôtes joyeux aux petits soins pour nous, dîner délicieux, on est aux anges. La vue est splendide, c’est bien vrai que la rive Est est la plus chouette !

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« Il suffit de passer le pont, courons, guillerets, guillerettes… « 
Le lendemain, il nous faut le traverser ce fameux pont pour nous rendre au MONA. Un grand moment de frissons garantis, il monte tout en douceur pour arriver à son point culmuninant à 45 mètres de haut et redescend vers l’autre rive tranquillement. Protégés par un parapet, piétons et cyclistes peuvent l’emprunter en toute sécurité. Pourtant on ne peut pas se croiser sans descendre de son vélo, le passage y est trop étroit.

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Ce pont a une histoire tragique : En 1975 il s'est partiellement effondré à cause d'un bateau de minerai qui a heurté un pilier. 12 victimes dont 4 sont morts dans les voitures qui ont plongé dans l'eau. S'ensuivit un gros problème pour les habitants, le trajet pour rejoindre l'autre berge est passé de 3 mn à 90 mn, 4 ans de travaux ont été nécessaires pour relier à nouveau les deux parties de la ville.

Le MONA

Le Museum of Old and New Art ne fait pas l’unanimité à Hobart mais il est devenu une attraction majeure puisque des touristes et des passionnés d’art du monde entier font le déplacement pour venir admirer cet incroyable musée privé de David Walsh. Nous y arrivons après 12 km le long d’une ancienne voie ferrée et entrons directement par la propriété viticole.

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Le musée est souterrain sur trois niveaux à l’architecture intérieure étonnante. On n’en attendait pas moins de ce milliardaire collectionneur, matheux qui a fait fortune grâce à une martingale au black-jack et courses de chevaux.

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Oeuvres troublantes, dérangeantes, ou bluffantes. Comme par exemple les 70 moulages de sexes féminins exposés sur toute un parcours dont les volontaires sont de toutes confessions, races et âges. On ne pensait pas qu’il pouvait y avoir autant de différences chez les femmes !

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Un karaoké filmé de Madonna (c’est peut-être ce qu’il y a de plus insupportable), un Rodin, des horreurs d’intérieur humain ou animaux comme un cheval mort suspendu à une corde parfaitement impressionnant d’horreur. Une bibliothèque où tous les ouvrages sont blancs, rien n’y est imprimé, des salles d’effets spéciaux à en attraper le tournis, etc.

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On y passe toute la journée et on ne s’y ennuie pas un instant, loin d’avoir tout vu.

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Rive Ouest

Comment allons nous pouvoir changer de rive avec les vélos chargés, donc trop larges selon Alex pour passer sur le pont avec ses portiques étroits ? Pas de souci, Catherine nous emmène en voiture avec nos sacoches pour un petit dej’ chez d’autres immigrés irlandais et allemands, style auberge espagnole, ambiance très agréable. Ils se rencontrent  quelques fois dans l’année, on passe un très bon moment, Dorothy et Greg sont là aussi, ils récupèrent nos sacoches. Super organisés, les Tasmaniens !


Retour chez Catherine en voiture, on repasse le pont à vélos jusqu’au centre ville, on commence à avoir l’habitude.

The Wooden Boat Festival

Pour une fois, on arrive à être au bon endroit au bon moment. Ce festival des bateaux en bois, où Alex est volontaire, attire beaucoup de monde à juste titre.

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On se régale à flâner auprès de ces beaux navires de toutes tailles, dans une foule enthousiaste et bon enfant, c’est vraiment plaisant.

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C’est aussi l’occasion de croiser de drôles de spécimens, d’aller trainer au célèbre marché Salamanca, la journée passe fort vite.

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Greg & Dorothy

C’est après avoir parcouru les rues de Hobart, puis un joli sentier dans un parc longeant une ancienne tannerie, que nous arrivons chez nos nouveaux hôtes Greg et Dorothy (Egalement rencontrés à Scottsdale). Greg est d’origine polonaise, Dorothy irlandaise et écossaise, visiblement c’est compatible. Dans leur grande maison victorienne, le chien Matilda veille à la porte du studio que nous aurons la chance d’occuper aussi longtemps que nécessaire. En plus, les effets qu’on leur avait confiés sont là, ce sera l’occasion de voir ce qu’on garde, ce qu’on renvoie en France et ce qu’on donne sur place.

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Les hauteurs de Hobart ont brûlé il y a 5 ans, on voit encore les arbres secs malgré la repousse de la végétation.
Ces incendies sont fréquents et font d’énormes ravages. Ici chacun sait qu’il faut s’attendre à fuir avec son barda de papiers et sa caisse de survie en cas de pépin, car la maison risque de partir en fumée à tout moment. Nous allons ensemble et en voiture sur le mont Wellington à 1267 m, il ne fait que 2 degrés ce matin et il y a un vent à décorner les bœufs. Du coup, nous ne verrons pas les tuyaux d’orgue célèbres en pierre de dolérite sur ce mont qui surplombe la ville. Mais quelle vue magnifique sur la ville !

Vue sur Hobart du belvédère de Kunanyi- Mt Welington

 

Dans le cadre de la double dénomination en langue locale par les descendants Palawas

C’est bien vrai que la rive Ouest est la plus chouette ! (on ne veut vexer personne)

La boucle

Ça y est, nous somme en plein dedans, les jours sont comptés, c’est le rush et il y a encore tellement à découvrir, nous n’aurons pas le temps de tout voir ça qu’on voudrait voir, finalement il nous faudrait encore beaucoup de temps pour explorer cette île, ô frustration quand tu nous tiens !

Alors un choix s’impose pour aller un peu plus vite et surtout plus loin en peu de temps : 4 roues sous la forme d’une voiture que nous allons louer pour 5 jours afin de descendre vers le sud de l’ile et ses montagnes. Nous reviendrons à Hobart chez Dorothy et Greg au retour, super !

(Carla) Bruny

Nous voilà de nouveau au volant d’une petite voiture (Toyota Corolla) en direction de Bruny Island au sud-est de Hobart ; c’est là que se trouve le mémorial de Truganinny considérée comme la dernière femme aborigène de Tasmanie de race pure. L’île tient son nom de nom de l’explorateur français Bruni d’Entrecasteaux, lequel n’a rien à voir avec une certaine Carla.

Nous rejoignons au plus vite le charmant petit port d’embarquement de Kettering. En 20 minutes de traversée nous arrivons à Robert Point sur la côte Ouest de l’ile Nord. En effet Bruny Island est composée de deux iles séparées par l’isthme de St Aignan appelé également The Neck.


Roulons sur une petite route pas bien large, juste de quoi se croiser qui sillonne une campagne aux collines à la fois jaunies par le soleil et bordées par des bois de sapins ou d’eucalyptus. Nous logeons la Great Bay sur la côte ouest de l’ile qui aujourd’hui a revêtu sa tenue couleur verte, le ciel n’étant pas vraiment bleu, serions nous sur la Côte d’Emeraude ?

Découverte de Adventure Bay sous la grisaille par le littoral sinueux avec des bas cotés instables ou inexistants plongeant directement dans la mer juste en dessous, ne pas rater un virage surtout ! Les montagnes sont sombres sous le ciel chargé dégageant une atmosphère mystérieuse puissante, nous laissant humbles et si petits devant tant de beauté.

La baie de l’Aventure ainsi nommée par Tobias Furneaux en 1773, un navigateur anglais qui lui donna le nom de son vaisseau L’Adventure. La plage ici est intacte, magnifique de sable blanc, « pristine » « gorgeous » sont les qualificatifs favoris des locaux pour décrire ces petits paradis épargnés.

Le Capitaine Cook n’est pas en reste puisque lui aussi a débarqué ici en 1977 et a laissé son nom au village de  Cookville. Nous allons marcher nous aussi sur les traces des ancêtres en allant faire une rando la  Walk loop dans les bois longeant la mer. Nous passons sur d’anciennes traces de stations baleinières.

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Les chasseurs de baleines avaient parfois des heurts avec les aborigènes dont ils enlevaient les femmes, certains se sont mariés et ont fondé une famille, mais hélas les morts ont été bien plus nombreux.

Nous ne restons pas à Cookville pour la nuit sur le camp payant, lui préférant celui près du Neck à $10. La soirée est humide pourtant nous irons marcher sur la plage en imaginant la vie des premiers habitants quand ils vivaient libres et heureux dans cette contrée avant que leur existence soit bouleversée par l’arrivée des colons.

Sur une plage, des toilettes avec vue sur mer, sympa :

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Le lendemain matin le soleil est au rendez vous et nous partons vers l’ouest de l’ile à travers une route  forestière  vers les villages de Alonnah et Lunawanna. C’est dans ce dernier qu’est née Truganinny. Bien sûr, les paysages aquatiques sont spectaculaires et on ne peu plus beaux les uns que les autres.

Le phare blanc de lighthouse bay (ils ne se cassaient pas la tête à l’époque pour nommer les lieux) dans le South Bruny National Park a été allumé en mars 1838 et a été désarmé le 6 août 1996 par une arrière petite fille du dernier des gardiens.  Il est le résultat du travail des condamnés qui ont découpé à la main la dolérite présente dans les carrières et en sont venus à bout en 18 mois. Il culmine seulement à 14 mètres de haut, taille ridicule comparée à nos phares bretons. Endroit sauvage et isolé perché sur un promontoire avec une vue époustouflante sur Cloudy Bay (en effet il y a des nuages) et Pyramid Bay. Le gardien qui vivait là avec sa femme et ses 12 enfants avait une vie rude, condamné à l’isolement de fait, mais quelle vue sur l’océan austral !!! Quoique les jours de tempête ça doit déménager dans le secteur !

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Nous arpentons les lieux encore et encore puis remontons vers l’ile nord avec un arrêt à l’entrée du Neck. Un escalier en bois nous mène vers le mémorial de Truganini. Ses cendres ont été dispersées ici, dans la mer d’Entrecasteaux.

Encore une histoire sombre :

Cent ans après sa mort, les Palawas, les Tasmaniens autochtones modernes, réussirent à récupérer ses restes. Le 30 avril 1976, ils ont été incinérés au crématoire de la baie Cornelian où Rosalind Langford, ancienne secrétaire du Service d'information autochtone de Tasmanie, a prononcé le discours. Le lendemain matin, à peine sept jours du centenaire de sa mort, les cendres de Truganinyi ont été dispersées dans la Manche d'Entrecasteaux, près de son lieu de naissance et de sa patrie.

Du point de vue de ses croyances et de sa spiritualité autochtone, Truganinyi craignait qu'à son décès, son corps soit coupé en morceaux à des fins scientifiques ou pseudo-scientifiques, comme cela avait déjà été le cas d'un autre Tasmanien autochtone William Lenne en 1869. Elle craignait aussi que ses restes soient exposés dans un musée pour le public. Elle a plaidé auprès des autorités coloniales de l'époque pour une inhumation respectueuse. Malgré ses supplications, son corps a été emmené au Musée de Hobart et exposé jusqu'en 1947, date à laquelle, après des manifestations publiques et indigènes, il a été enfermé dans les magasins du Musée, lequel refusa de le restituer durant trente ans encore.

De là haut nous avons une vue incroyable sur la Mer de Tasman à l’ouest et le canal d’Entrecasteau à l’est. Au loin les monts couverts de forêts d’eucalyptus et les plages qui n’en finissent pas. Nous nous retirons doucement, le coeur serré, laissant Truganini reposer en paix pour l’éternité, son esprit nous aura accompagné tout au long de notre séjour sur son ile.

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Avant de reprendre le ferry nous allons explorer la partie Nord et c’et un vrai régal bien qu’elle soit bien moins visitée.

Elle est plus agricole, beaucoup de pâturages, les collines sont plus en rondeurs. Son littoral sinueux se laisse admirer du haut de ses collines ou au plus près de l’eau. Ses plages y sont plus petites, l’habitat y est un peu plus dense du fait de l’accessibilité routière, des portions de routes restent non goudronnées.

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On aimerait prolonger notre séjour, aïe, que de choix cornéliens nous devons faire ; c’est avec un grand regret que nous allons quitter Bruny en nous promettant d’y revenir un jour, restons optimistes, nous n’avons que 60 balais, toute la vie devant nous non ?

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La Huon River

Gordon, juste en face de Bruny est un endroit paisible et agréable. L’aire de camping au bord de l’eau est d’un prix modique, bien. Ce n’est que le lendemain matin qu’on découvre qu’il y a un barbecue, c’est ballot, on a cuit nos saucisses à la poêle.

On s’y prendra mieux le lendemain pour faire griller notre saumon, de Tasmanie évidemment.

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A ce sujet, l’élevage de saumons est une industrie prospère en Tasmanie, mais qui ne va pas sans poser problème. En effet, la pollution des eaux et des fonds marins ne plait pas à tout le monde, c’est bien beau d’afficher à tout va des logos verts et de parler de ressources durables, il faudrait être sûr que c’est vraiment compatible avec ce type de fermes.

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L’embouchure de la Huon River est pleine de charme, les gens qui vivent là ont fait le bon choix, loin de l’agitation et auprès de la nature. Le village de Cygnet est mignon avec ses maisons victoriennes et anciennes boutiques.

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On bulle à Hospital Bay, un endroit fort joli pour notre pique nique. Les mouettes gourmandes viennent quémander quelques miettes que nous leur donnons de bon coeur. Décor de carte postale avec en face de nous Port Huon. Maisonnettes entourées d’agapanthes, on se croirait sur l’ile de Bréhat… Ô ma chère Bretagne (:(((

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La baie de Glaziers est joliment découpée, nous l’a découvrons en sillonnent les hautes terres. Le bleu turquoise tranche sur les patchworks dorés des pâturages, on emprunte toutes les petites routes possibles, on profite de la facilité, pas besoin d’économiser son énergie, y’a juste une pédale de frein et d’accélérateur (et nous, quand y’a deux pédales ça nous va bien)

HUON

Nous voici maintenant à Huonville qui tient son nom d’un breton ; ah nos ancêtres sont passés par là ! Huon de Kermadec Jean Michel, issu de la noblesse bretonne est né à Bohars dans le Finistère. C’est le 23 avril 1792 qu’il débarque ici  sur la frégate « l’Espérance » avec Bruny d’Entrecasteaux qui commande celle de  « la Recherche ». Tous deux étaient partis en mission d’exploration pour tenter de retrouver  Monsieur de la Pérouse sur son navire l’Astrolabe dont on était sans nouvelle, disparu en mer. Nous sommes assez fiers de savoir que nos ancêtres les gaulois étaient assez hardis pour venir se perdre jusqu’à l’autre bout du monde, mais surtout qu’ils ont fraternisé avec les autochtones sans les massacrer, eux :

"L'expédition française atteint la baie de la Recherche le 23 avril 1792 et y établit un camp ; un observatoire botanique et scientifique est construit à proximité de la baie. Les Français y séjournent 26 jours, puis à nouveau en  pour 24 jours. Ces escales étaient avant tout destinées à réapprovisionner les navires en vivres et en eau douce, à reposer les équipages et à permettre aux scientifiques de l'expédition d'effectuer leurs recherches. Les botanistes Jacques Labillardière, Claude Riche et Étienne Pierre Ventenat, assistés de Félix Delahaye, collectèrent et cataloguèrent près de 5 000 spécimens parmi lesquels l'Eucalyptus globulus) qui deviendra plus tard l'emblème floral de la Tasmanie. L'expédition établit des contacts pacifiques avec les aborigènes tasmans en 1793".

On va profiter de faire quelques courses dans cette ville pas très peuplée au final : 2 000 habitants. Traversée par la Huon River

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Lav’tout

Un concept intéressant : En un seul endroit on peut laver les voitures, le linge, les chiens et même les gens. Super pratique, même si on n’a rien à laver d’autre que nous mêmes, la douche est bienvenue.

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Surtout qu’au camping de Franklin il n’y a que des toilettes en face de la Huon River. Le ciel va devenir bleu gris couleur ardoise, plombé d’énormes nuages. Des rafales de vent vont soulever nos assiettes et on va rattraper au vol notre souper, faut pas exagérer quand même !!!! Nous n’avions encore jamais vu d’aussi impressionnantes couleurs, la nature s’est transformée en une palette fantastique en peu de temps. L’occasion de faire plein de photos.

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South Port, c’est le nom de ce village au bout du monde, au bout de l’ile de Tasmanie, comme en Inde. Ensuite c’est l’océan, l’infini, étrange sentiment d’être arrivés si loin.

Crayfish Party

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Les crayfish, ça fait longtemps qu’on en entend parler, mais pas moyen d’y goûter. Comme ces langoustes sont très appréciées des asiatiques, toute la pêche part en Asie et on n’en trouve pas ici, un comble.

Après avoir arpenté la plage de Dover à la recherche de petits coquillages à ramasser, on se retrouve sur le petit port. Quelques bateaux viennent d’arriver. Les pêcheurs transbahutent les casiers qui passent sur la balance ; qu’est-ce qu’il y a la dedans ? On s’approche des deux femmes qui contrôlent les opérations et demandons la permission de prendre des photos. Ouh là là, les belles langoustes, mazette comme elles sont belles ! Enormes, bien vivantes. rouges. Une des dames est la propriétaire du bateau, son mari arrive de deux  semaines de pêche au large et visiblement c’est un succès. On reste discuter avec elle pendant le déchargement. Elle nous parle de la vie de pêcheur de langoustes, des fermes d’élevage de saumons dans le secteur et surtout que ses pauvres bêtes vont voyager maintenant en avion pour s’en aller dans les estomacs des chinois. Les affaires marchent bien. Sans que nous n’ayons rien demandé elle nous glisse un sac en plastique dans la main « si on vous demande quelque chose, vous l’avez pêchée vous même » Une langouste qui se trémousse encore.

(Ames sensibles ne lisez pas la suite)

Son mari va lui tordre le cou, lui arracher quelques pattes inutiles, la voilà prête à passer à la casserole. On est encore tout ébahis et vachement contents, une langouste toue fraiche à boulotter, on va s’empresser d’aller allumer le BBQ en face de la mer un peu plus loin et faire honneur à l’animal qui s’est retrouvée perdant définitivement la vie et grillée à point dans des estomacs français pour une fois !

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Ses copines langoustes partent en camion réfrigéré jusqu’à Devonport, puis voyagent en ferry jusqu’à Melbourne où elles embarqueront dans un avion vers la Chine ou les environs pour y être vendues fort cher. Tout ceci vivantes, bien entendu, pas question de surgélation dans ce circuit « touristique » à écrevisses.

Pommes pommes pommes

La Huon vallée que nous empruntons à nouveau pour le retour vers Hobart est célèbre pour ses vergers de pommes mais les cerisiers, et la culture des baies rouges et noires a pris le pas sur les pommes et les fermes sont prospères. C’est un endroit fréquenté par les jeunes au visa « travelling-holliday » qui viennent faire leur 3 mois de travail en ferme obligatoire s’ils veulent rester une année supplémentaire.

La Tasmanie est connue pour sa production de pommes depuis 1850, ça ne date donc pas d’hier. Nous achetons ainsi dans une ferme 1 kg de myrtilles pour $ 12 au lieu de $ 32 en supermarché. La saison est finissante, ce seront les pommes qui vont bientôt occuper les backpackers.
Les vergers protégés par d’immenses filets, les oiseaux n’ont qu’à aller picorer ailleurs.

 

Retour par les sentiers de montagne sur routes forestières de la Hartz Mountain, heureusement qu’Europcar ne voit pas où on emmène leur voiture !

Au passage, petite visite au cimetière de l’église anglicane, pour une fois qu’il n’est pas isolé à des kilomètres de la bourgade.

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Petit coin pour dîner, un sacré coup de vent, tout s’envole de la table encore une fois, une assiette se casse : C’est bien la première fois qu’on brise de la vaisselle, comme quoi les scènes de ménage ne sont pas dans nos habitudes.

Mures mûres

Bel exemple d’idée dans anglais colonisateurs : Comme ils avaient le mal du pays, ils ont fait venir des tas d’animaux qui ont ensuite proliféré au détriment des espèces locales (Chats, chiens, renards, moineaux (quelle idée de faire venir des moineaux quand on a des cacatoès et des perroquets de toutes les couleurs !)) ainsi que des végétaux. Parmi lesquels les muriers, lesquels sont toujours là. Alors profitons-en, elles sont excellentes :

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Encore un Wooden Boat Festival

Un son de cornemuse au bord de la rivière, ça ne peut qu’éveiller la curiosité, n’est ce pas ? Et de jolis petits bateaux qui paradent, ça rappelle quelque chose. Coup de bol, on tombe encore sur un festival des bateaux en bois, d’une taille bien plus modeste qu’à Hobart mais bien sympathique tout de même.

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On suit la vingtaine de bateaux jusqu’à Franklin, la commune suivante, en encourageant bruyamment celui qui arbore un drapeau français ; en fait les deux équipiers n’ont rien de français, c’est un drapeau qu’ils ont pris au hasard !

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À l’arrivée les joeurs de cornemuse ss produisent encore pour notre plus grand plaisir. L’ancien toubib de Franklin nous prend en photo, on a peur qu’il fasse tomber l’appareil car il a l’air un peu bancale (le toubib, pas l’appareil) mais une femme avisée l’assiste.

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Hobart, le retour

Entre temps, Greg et Dorothy ont hébergé un autre cycliste, un coréen. Tiens donc, serait ce Jason qu’on avait rencontré à Freycinet ? Eh oui, on se retrouve autour d’une paella yummy (délicieuse) préparée par nos hôtes.
On retrouve aussi notre studio et ce qu’on avait laissé dedans, si ce n’est que le chien Matilda a emporté la tête desséchée de wallaby (il n’y avait pourtant rien à roucher dessus) qu’Irène avait préparée dans un emballage pour l’envoyer en France.

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Puisque nous sommes samedi à Hobart, on se refait une visite au Salamanca market, où on dévore des galettes de blé noir cuisinées par une française formée à Rennes, son compagnon est pêcheur d’ormeaux. Quand on voit la taille des ormeaux ici, c’est un business qui doit bien rapporter.

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Bien qu’il y ait moins de monde que le week-end précédent, le festival étant terminé, le marché a toujours beaucoup de succès même (et peut-être surtout) s’il y a énormément de stands destinés aux touristes. Ce n’est pas l’endroit idéal pour acheter ses poireaux et sa dorade, mais il y a un autre marché pour ça (quoique les dorades y sont peut-être rares).

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Visite de galeries d’art et du quartier ancien, Brook St Pier. Sympa. Ce n’est pas Versailles, mais il y a de chouettes maisons et assez peu de bâtiments laids.

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Et le soir, on s’en va tous à vélos à une vingtaine de km de là assister à un concert en plein air « Symphony under the Stars ». La foule est installée sur l’herbe, beaucoup on apporté tout leur barda : Sièges pliants, panier ic-nic, doudounes car il fait frais, la totale. Le concert est très agréable, ça fait un peu penser aux concertes du Triangle à Rennes, sauf que c’est autrement plus conséquent (Normal, nous sommes en Australie)
Au retour, sur la cycleway on chante la Marseillaise, du coup Greg a une crevaison. « Entendez vous dans nos campagnes rugir le bruit de l’air qui s’en va… ». Plus prévoyant que nous, il trimballe son kit de réparation.

Dernier musée avant le retour

L’Art Museum est passionnant. Notamment une belle section consacrée à la vie et l’art aborigène et une expo de colliers de coquillages réalisés selon les techniques ancestrales.

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Également une salle retraçant les terribles incendies de 1967, qui ont énormément marqué la région : 62 morts, 1000 blessés, 1 300 maisons détruites.

Le tigre

On va enfin vous en parler, de ce fameux tigre. Même si personne n’a remarqué que l’article précédent était titré « Diables et tigres » et qu’on n’y parlait aucunement de tigre (Comme quoi il n’y en pas beaucoup qui suivent…).

Victime d’une impitoyable chasse menée par les colons anglais persuadés que l’animal était dangereux pour leurs troupeaux, le thylacine – plus connu sous le nom de tigre de Tasmanie à cause de ses rayures, ou loup marsupial – s’est éteint dans les années 1930.
Malgré sa ressemblance avec un gros chien, le thylacine était en fait un marsupial, il avait une poche abdominale, comme les kangourous. En fait, il ne s’attaquait qu’à des animaux plus petits que les moutons, contrairement aux chiens sauvages qui tuaient allègrement ces derniers.
Mais l’ignorance crasse et la stupidité ont, une fois de plus, eu le dessus et le gouvernement a été jusqu’à offrir des primes pour l’abattage des « tigres ». Objectif atteint, extinction de l’espèce, bravo ! Mais de la part de gens qui ont massacré tous les aborigènes de l’île, on pouvait s’attendre à tout…

Quelques copains du « tigre » sont également exposés, dont le célèbre « diable » que vous connaissez bien maintenant et ce fichu platypus qu’on n’a jamais réussi à voir pour de vrai :

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Bye bye Hobart !

C’est décidé, on abandonne le panneau solaire et la batterie, après les avoir trimballés depuis trois ans et presque pas utilisés (Ce n’est pourtant pas le soleil qui a manqué en Australie). Trop lourds !

On laisse les coordonnées de Greg à Nicolas et Juliette (Les Vainquilos), puisqu’ils sont derrière nous. Nous apprendrons plus tard qu’ils sont effectivement venus occuper « notre » studio, ils ont dû aussi bien apprécier l’accueil remarquable de Dorothy et Greg, des hôtes *****

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Ça y est cette fois nous tournons le dos à Hobart pour de bon, mais avec une furieuse envie de revenir trainer nos guêtres par ici. Dorothy nous accompagne une quinzaine de kilomètres. Aimant voyager à vélo, elle aimerait bien nous retrouver un jour dans un autre pays. Pourquoi pas ?

11 Commentaires judicieux

  1. Ca tombe bien tout ca, on a aussi fort envie de retourner en tasmanie…dites nous quand vous y etes et on passera vous voir 😉

    Bonne continuation en NZ et bises des Motte

  2. Toujours autant de plaisir à vous lire et vous suivre ,la préretraite semble bien se passee et la vie de cyclonomade vous apporte chaque jour de nouvelles découvertes et rencontres et en tant que Bretons l’océan n’est jamais très loin .. Combien de temps vous pensez passer en NZ
    Et après.. Bonne route

  3. Coucou les voyageurs …….
    Que de beaux paysages ….Et maintenant ? vous etes en Nouvelle-Zélande ? ma fille y a passée 1 an en van , elle a adorée ce pays et les gens ……Comme d’hab j’attends la suite ….lollll…facile sur mon canapé …….enfin pas tout le temps …ouffff
    Bisous …Lili

  4. Ah, bonjour les amis ! C’est toujours avec délice que nous suivons vos aventures. Là vous avez fait fort avec cette pluie de photos. Quel voyage nous faisons en votre compagnie !
    Vous avez même réussi a exciter nos papilles, non avec la galette mais avec cette belle langouste grillée. Quel plaisir !
    On a hâte de vous retrouver en NZ. Alors bon voyage et à bientôt.
    Amicalement

  5. Quel plaisir de découvrir le monde grâce à vous! des photos magnifiques, des commentaires
    agréables.. Bref je suis de plus en plus admiratif devant vos aventures !!! BRAVO

  6. L’aventure, le rêve continus grâce à vous ! Comme Agnès, je vois bien un petit « triskell » à l’envers » dans la grosse roue…
    Bonne route.

  7. Compte-tenu du nombre de photos jointes, on peut comprendre facilement que cela vous a bien plus. Cela donne envie d’y aller et cela a l’air bien sympa.
    Philippe

  8. On pourrait dire ou chanter « Il y a toujours un coin qui me rappelle’ La Bretagne…des paysages ,des Bretons et des galettes de blé noir!!!kenavo

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