Histoires d’eaux

Salée, douce ou saumâtre, l’eau est présente partout dans le Kerala. Et on ne va pas se priver d’en profiter.

Mais il y aura aussi de bonnes surprises non aquatiques, très hautes en couleurs, ce que vous découvrirez si vous lisez jusqu’au bout.
Ce sera notre dernier article sur l’Inde, à l’exception d’un petit bilan à paraître prochainement.

La mer

Rien de bien original, penserez vous, la mer on connaît. Sauf que ça nous change pas mal de nos côtes bretonnes, lesquelles sont superbes, soit dit en passant.

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Nous découvrons des plages « paradisiaques mais presque », où se baigner est d’une facilité déconcertante : Il n’y a quasiment personne dans l’eau (un des rares endroits en Inde où il n’y ait pas foule) et ceux qui se baignent sont habillés. Surtout les femmes, évidemment, avec leurs tuniques et bijoux, d’ailleurs elles ne font que se tremper les pieds. La température de l’eau est si élevée qu’y entrer ne risque pas de faire frissonner (une pensée pour Nicole) elle est même trop chaude, une vraie soupe. Les rouleaux s’écrasent à grand fracas sur le sable blond, les palmiers bordent la plage, on a connu pire comme endroit.

En fait, on ne vous l’avait pas dit, mais on a déjà goûté aux joies de la plage avant de descendre au « bout du bout ». Nous avons passé quelques jours à Kovalam, la plage prisée au sud de Trivandrum. Certes, c’est un repaire à touristes avec moult boutiques, restaurants, hôtels et pensions en tous genres, un « La Baule » keralais en plus petit, mais en cette saison il n’y a pas grand monde, on ne risque pas de se bousculer, par contre on est tout de suite repérés par les marchands ambulants et ils sont un peu collants, cependant dès le second jour ils nous reconnaissent et la plupart se contentent d’un bonjour, sans essayer de nous faire l’article. Peu de clients, d’où la facilité à trouver un bon hébergement, nous aurons même une piscine devant notre chambre, et on l’apprécie (d’autant plus que ce sera la première et dernière fois en Inde).

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Ce qui va aussi beaucoup nous plaire, c’est la balade au village d’à côté, trois kilomètres plus loin, Vizhinjam. Après être passés près du phare, presque breton, le chemin côtier pour s’y rendre est pittoresque, et ce qu’on découvre ne l’est pas moins.

Tout d’abord la partie musulmane, avec ses trois belles mosquées dont une magnifique couleur de vert dégradé pistache. Il faut reconnaître que c’est bien crado, des déchets partout, des demeures qu’on qualifierait chez nous de taudis, ça ne respire pas la prospérité ; ce n’est pas une réelle découverte, on ne voit presque personne, les hommes sont probablement au travail et les femmes à l’intérieur. On aperçoit de temps en temps une tête dans l’entrebaillement d’un rideau.

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Puis on arrive à la partie chrétienne, surplombée d’une grande église, après avoir traversé une sorte de ‘no mans land’ où trône un grand baraquement du poste de police. Cette séparation fait suite à un conflit sanglant entre les pêcheurs des deux communautés en 1995. Le gouvernement a décidé de les séparer physiquement.

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C’est alors qu’on avise un attroupement au bord de l’eau, c’est le marché aux poissons qui se déroule sur le sable, c’est impressionnant. Nous arrivons à l’heure du retour des bateaux et, après une nuit de pêche au large, ils sont des centaines, voire plus, à se masser dans cette petite baie. Au centre, les bateaux déjà amarrés sont alignés. Sur le bord, une effervescence incroyable. Tous les bateaux sont bord à bord, dès que l’un s’en va après avoir débarqué son chargement, un autre prend la place. Les hommes s’affairent, trient les poissons, certains atterrissent sur le sable. Aussitôt arrivent les acheteurs, un type lance les enchères à toute allure, quelques gestes et les porteurs emmènent caisses et paniers vers les tuktuk camionnettes qui attendent à proximité. Les billets changent de mains, parfois le ton monte, chacun joue son rôle, on essaie de deviner les règles du jeu.
Sur la plage, les femmes préparent les poissons et les vendent au détail.

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Subjugués par cette ambiance, nous revenons le surlendemain mais il n’y a pas de marché aux poissons, c’est dimanche, on entend la messe diffusée par les haut-parleurs de l’église.

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Les pêcheurs qui n’ont pu aller à l’office en profitent tout en vacant au nettoyage de leurs bateaux ou à la réparation des filets. La communauté musulmane en profite également, mais vendredi c’était le contraire, les haut-parleurs de la mosquée arrosent bien les environs. Ce soir, ce sera reparti pour une nuit de pêche, on verra à nouveau la mer décorée d’une ribambelle de lucioles, les lampes utilisées pour attirer les poissons.

Une autre forme de pêche nous intrigue. De prime abord, on voit de nombreux hommes sur la plage en file indienne et qui tirent une corde. Tout d’abord on ne comprend pas bien, jusqu’à ce qu’on voie à l’autre bout de la plage un autre groupe d’hommes qui font la même chose. En regardant bien on voit sur la mer des flotteurs de couleur blanche qui permettent de suivre le filet. Pendant deux heures ils vont s’échiner à ramener vers eux une longeur de corde d’un peu moins d’un kilomètre. Petit à petit ils se rapprochent, les plus anciens restent à l’arrière et prennent soin de poser les cordes en tas réguliers. Au fur et à mesure de l’effort chaque homme se retrouve à l’avant au plus près de la mer et recule, c’est un ballet incessant de déplacements.

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Quand le filet est enfin en vue, l’un d’entre eux se jette à la mer et va au plus loin à l’arrière de celui ci, les deux groupes d’hommes se rapprochent de plus en plus (d’où peut être l’expression à propos du filet qui se resserre). A ce moment on voit des jeunes gens qui nagent aussi vers le milieu du filet et qui frappent l’eau de toutes leurs forces, ils repoussent les poissons qui voudraient s’échapper. Petit à petit les voix s’élèvent, un chant à hisser, encourageant les derniers efforts, répété par ces 45 hommes en choeur, c’est beau, c’est tellement émouvant, il ne faut pas lâcher prise, c’est difficile, les muscles des jambes et des bras sont tendus sous l’effort. Joël ne résiste pas à l’envie de donner le coup de main, incité d’un geste de la tête par un des pêcheurs.

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Deux fois de suite nous suivons le ramassage du filet. La première fois il n’y avait presque rien, même pas un poisson par homme. Les visages étaient fermés, tout ce temps et ces efforts pour rien ; ce sera mieux demain, nous dit un optimiste souriant malgré tout. La seconde fois ce fut plus heureux, on a vu tout de suite que les poissons étaient nombreux, les jeunes gens qui frappaient l’eau se démenaient à tours de bras et quand le filet est enfin arrivé sur le sable ça frétillait, pauvres poissons sortis de leur élément vital devenus vitaux pour ces hommes.
Alors que certains commencent à s’activer pour sortir les poissons de là, d’autres apportent caisses et les sacs en plastique, deux ou trois acheteurs sont présents. Les poissons sont triés par catégorie, des thons, des poissons beurre, des sardines et d’autres dont on n’a pas retenu le nom. Les enchères peuvent commencer, c’est rapide, le ton monte à un moment entre un des pêcheurs et un acheteur qui se voit prélever d’office un thon de sa caisse. L’argent passe dans les mains du crieur qui à son tour va le donner à un pêcheur. Celui qui n’était pas content nous dit que ce matin ils ont fait une pêche de mille roupies, on calcule vite fait que cette somme partagée par 45 bonhommes ça fait pas lourd chacun, faites le calcul (1000 roupies = 15 €).
Rien n’est perdu, les anciens et les enfants ramassent la friture du fond du filet, les uns directement dans leur mundu (le tissu qui entoure leurs hanches) les autres dans leurs sacs en plastique et filent vers le village à flanc de la plage les remettre aux femmes qui attendent.

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Ce n’est pas fini, pendant la vente un groupe de pêcheurs a commencé à remettre avec soin le filet au fond du bateau pour partir le tendre à nouveau. C’est ainsi chaque jour que Dieu fait, comme on dit. Nous sommes subjugués et étonnés par ces hommes de peu de moyens qui unissent leurs efforts au quotidien pour ramener de quoi subsister et faire vivre leur famille. Ils sont beaux, fiers, travailleurs. Leur vie n’est sans aucun doute pas facile, on mesure la chance que l’on sans se soucier trop si on a assez d’argent pour manger. Ceux là bataillent au quotidien et doivent également faire face aux aléas des saisons, qu’en est il en période de mousson ? Nous sommes là en tant que touristes, ils partagent volontiers avec nous en échangeant quelques mots, nous allons partir, ils vont rester…..

Autruchien
Autruchien

Une autre plage plus au nord, à Varkala, est également assez prisée et on ne vas regretter d’y être allés. L’arrivée sur place n’aura pourtant pas été simple car un orage monumental a déversé des trombes d’eau dans la région, provoquant des dégâts et évidemment des coupures de courant. Le bus que nous avons pris dans la capitale, à Trivendrum, à eu bien du mal à arriver jusqu’ici. Des embouteillages monstres, des rues inondées, les gens à pieds avec de l’eau jusqu’aux genoux, et les rues en pente ressemblant à des rivières. Le ciel se déverse sur nous, difficile de rouler dans ces conditions. Finalement au bout de deux bonnes heures pour faire une trentaine de kilomètres, le bus nous dépose dans une rue sombre, l’obscurité complète, coupure de courant générale, seule une bougie éclaire faiblement un petit restaurant judicieusement installé là devant notre arrêt. Bon, qu’est ce qu’on fait maintenant ? Il pleut toujours, il est tard, on n’a rien réservé, comme d’habitude et on n’y voit goute !!! Un chauffeur de tuktuk va nous aider en nous déposant devant un hôtel à 200 m de la plage. Certes, il abuse un peu de la situation en nous demandant 50 roupies alors qu’on ne parcours que 300 m, mais à sa place nous en aurions peut être fait autant. Et l’adresse est bonne, ce n’est sans doute pas l’hôtel le plus chouette mais il est de dimension humaine, les types sont très sympas. L’arrivée dans la chambre, au premier étage ( avec les lampes électriques) cocasse, elle est inondée à cause de l’orage et les gars vont se démener pour évacuer toute cette eau qui est passée par le balcon et ouf!,  la fée électricité revient par intermittence.

Notre petit hôtel sympa
Notre petit hôtel sympa

Bon avec toute cette pluie on n’a rien mangé depuis ce matin, le petit déjeuner est loin, nos hôtes nous indiquent un petit resto  » fast food » traditionnel et nous y allons avec lampe frontale et parapluie. Le plus drôle c’est le resto qui avait une bougie, maintenant il y a de la lumière et le patron qui nous reconnaît nous sert un « massala dosai » bien délicieux.

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Très différente, la plage que nous découvrons le lendemain matin est tranquille, à part une poignée de restaurants directement sur le front de mer, pieds dans le sable, il n’y a pas de commerce. Par contre, elle est fréquentée par les indiens dans un but tout autre que les loisirs : c’est un endroit sacré, comme toute la ville d’ailleurs, et des prêtres tiennent des sortes de stands assis sur des tas de sable rectangulaires, c’est assez curieux à observer. Moyennant roupies sonnantes et trébuchantes, les fidèles peuvent obtenir des bénédictions en suivant tout un rituel : incantations, gestes, offrandes, et surtout immersion dans la mer (pour les hommes, car les femmes se contentent de s’asperger la tête et de tremper les pieds). On apprend qu’ils honorent leurs morts et l’eau a un caractère sacré dans les religions indiennes. D’ailleurs près des temples se trouvent très souvent des bassins appelés  » sarovar » où viennent s’y baigner les indiens à l’occasion de leurs dévotions.
Nous viendrons prendre nos petits déjeuners pendant 3 jours dans le resto  » Marina bay » et y dinerons de poisson frais. On y passera également beaucoup de temps consacré à l’écriture du blog (ce qui explique notamment la longueur de nos articles).

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On aura le loisir d’observer le balai ballet, au sens figuré comme au sens propre, des femmes qui nettoyent la plage. Elles sont 4 tous les matins avec leur balai et leur sac en toile à balayer et récupérer toute sorte de détritus quelles plongent dans leur sac et qu’elles vont vider, on vous le donne en mille……. dans les rochers que surplombe la falaise. Au prochain gros orage, ou à la mousson, tous ces jolis détritus vont revenir vers la plage et dans la mer…

Coup de balai
Coup de balai

Pourtant nous avons croisé tous les matins un camion benne à ordures qui descendait la ruelle vers la plage et, à l’intérieur de la benne, des hommes à mains nues et en sandales qui avaient ramassé les ordures de la rue devant les commerces et ici chacun balaye devant sa porte.
Nous quittons le « Lanzy Plaza » et nos deux hôtes si agréables à qui nous laissons un billet de 5 euros pour leur collection. Cette adresse mérite d’être connue des voyageurs, propre, pas chère, bien placée dans la rue qui descend vers la plage. Seul inconvénient : les coups de pétards émanant du temple un peu plus haut. Quand on demande à nos hôtes pourquoi, ils nous répondent qu’à chaque offrande de fidèles ils tirent un gros pétard, eh bien il y en a beaucoup d’offrandes et même qu’elles débutent à 5h du matin !!!

Les Backwaters

Non, ce ne sont pas les « WC de derrière », mais de grandes zones humides sur la bande côtière. Une entremêlement de lacs, de marigots et de canaux à l’eau tantôt salée, tantôt douce en fonction de la saison et des marées, ceci sur des centaines de kilomètres. C’est ce qui attire, à juste titre, le plus grand nombre de touristes dans le Kerala. Nous aimons ces endroits et allons à plusieurs reprises en sillonner les lacs et canaux, mais toujours en embarcations sans moteur. En effet, il y a un nombre très élevé de House boats qui transportent et hébergent les touristes pour une ou plusieurs nuits, mais ces engins posent un problème croissant de pollution ; outre les nuisances sonores, les gaz d’échappement et autres rejets, il nous semble bien peu judicieux de déplacer un gros bateau climatisé pour seulement deux personnes, ce serait un peu comme utiliser un jet privé pour partir en week end.

Les fameux Houseboats, qu'on évitera
Les fameux Houseboats, qu’on évitera

Kollam

Cette fois-ci, le Lonely Planet avait bien raison, la Villa Ashtamu et un lieu de résidence extrêmement agréable, nous bénéficions d’une chambre superbe (le lit est assez grand pour quatre) dans un petit parc au bord du lac, l’endroit est calme et confortable, l’accueil parfait, on n’a jamais eu aussi bien. D’autant plus qu’un guide, Francis, va nous faire passer d’excellents moments. C’est curieux, ils ont des prénoms français par ici : Francis a épousé Jacqueline, ils ont une petite fille Olive, et notre hôte est Joseph.
Nous avons de la chance, c’est ce soir là, le dernier jour du festival Patham Uohayam, qui a lieu le 10° lever de soleil suivant la fête de Vishnu (comme chacun sait…) et pour cette occasion les indiens ont sorti le grand jeu. Sans Francis, nous aurions raté ça, quel dommage car c’est un spectacle inouï, on n’imaginait pas que de telles choses pouvaient exister.

Pour commencer, nous nous rendons avec son rickshaw dans un temple devant lequel se déroulent des cérémonies religieuses particulières. Un homme, représentant Vishnu (ou un autre dieu, désolé mais on s’y perd un peu) reçoit les fidèles qui lui passent autour du cou des colliers de fleurs, au bout d’un temps il en a tellement qu’il faut lui en enlever sinon on ne verrait plus le bonhomme. Ceci au son des tambours, trompettes et cymbales.

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Les musiciens font preuve d’une dextérité impressionnante, surtout les percussionnistes. Mais ce serait trop simple s’il n’y avait « que ça », pendant ce temps des groupes tournent autour du temple (dans le bon sens, bien sûr en tournant vers la gauche) avec leurs instruments de musique et les costumes qui vont avec. Ce qui pourrait ressembler à une cacophonie est en fait un kaléidoscope de sons et rythmes complémentaires, il suffit de tourner les yeux (et les oreilles, mais en général elles suivent le mouvement) pour se focaliser sur l’un ou l’autre des endroits où il se passe quelque chose. Une grosse averse vient doucher tout le monde, mais ce n’est pas grave, la foule s’abrite et la fête continue.

Chaussure esseulée après orage
Chaussure esseulée après l’orage

Mais il est temps de se rendre à un autre temple, un coup de tuktuk et nous voici dans une autre foule. Les défilés de chars sont déjà un spectacle en soi, ils rivalisent d’éclairages, d’animations invraisemblables, de décors kitchs à souhait, de musique à fond, et surtout d’enthousiasme. Certains sont sur des plateformes de camions, d’autres tirés à la main, montés sur leur roues en bois toutes bancales. Entre chaque char, des musiciens, surtout des percussionnistes, c’est à qui fera le plus de bruit, c’est à la limite de la transe.

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Mais l’apothéose, c’est en arrivant devant le temple, là où convergent toutes les animations, on voudrait avoir des yeux tout autour de la tête pour réussir à tout voir (comme Brama ou Vishnu qui ont bien 4 bras eux !) car il n’y a aucun problème pour déambuler au milieu de ce grand bazar, on va où on veut, tout se mélange, c’est la fête. Ce qui nous impressionne le plus, et de loin, est une espèce de grande tour (10 m de hauteur, plus ?) qu’on voit s’approcher cahin caha, car oui ! Elle bouge, et en plus elle n’a pas de roues, elle est portée par une ribambelle d’hommes sous quatre brancards qui changent régulièrement d’épaule dans un geste parfaitement synchronisé. Tout autour, c’est une débauche de néons clignotants, d’immenses représentations lumineuses, une espèce de foire joyeuse et fantastique, les gens sont ravis, c’est super. Un éléphant tout caparaçonné attend patiemment de sortir pour faire sa parade, lui aussi.
Les cinq sens sont mis à contribution, tout est nouveau pour nous, déconcertant et enthousiasmant, c’est une immersion dans un monde inconnu, une autre planète, on se laisse gagner par l’enchantement présent.

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Et dire que le lendemain tout ceci sera démonté, l’emplacement redeviendra calme jusqu’à l’année suivante… D’ailleurs, nous aussi allons passer au calme puisque nous allons parcourir les backwaters sur le petit bateau de Vishnu (Pas le Dieu lui-même, c’est le prénom de notre guide) qui nous emmène découvrir les petits canaux de l’île Monroe.

Les gens vivent là en auto-suffisance, produisant de nombreuses variétés agricoles, mais aussi des crevettes renommées, que l’on verra plus tard en vente sur un marché pour seulement quelques roupies le kilo, ce ne sont pas les producteurs qui gagnent le plus dans cette affaire quand on voit le prix des crevettes dans les restaurants.

Amritapuri

C’est bien l’Inde, ça, on peut passer subitement d’un extrême à l’autre. En l’occurence, nous quittons en bateau la très confortable Villa Ashtamu pour le spartiate ashram Amritapuri, ceci en moins de trois heures à travers les Backwaters, parcours d’ailleurs fort agréable.

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Comment décrire l’endroit ? Pas facile, tellement c’est surprenant. Géographiquement, déjà, c’est curieux puisqu’il se situe sur une étroite bande de terre entre la mer d’Arabie et le long canal qui va de Kollam à Allepey. Imaginez : vous êtes sur le canal, à votre gauche la bande de terre en question, si étroite qu’on voit la mer derrière, et à droite quelques habitations de temps à autre, ceci sur des kilomètres. Et bien entendu des palmiers partout, comme s’il en pleuvait. Et puis, au loin, comme incongrus, apparaissent des immeubles très hauts de couleur rose orangée qui surplombent cette étendue végétale et aquatique.  Un superbe pont au dessus du canal, un minuscule ponton, c’est là qu’on débarque pour un autre monde, celui d’Amma (mère en Hindi).

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Initialement, nous pensions rester sur le bateau jusqu’à Allepey (le trajet dure huit heures), mais quand nous avons appris que cet ashram est sur la route (ou plutôt sur le canal), nous avons décidé de nous y arrêter pour voir de quoi il retourne.
C’est vraiment un endroit particulier, une sorte de «  » »monastère » » » (c’est exprès qu’il y a plein de guillemets) ouvert à tous, dans lequel vivent 3 000 personnes de toutes nationalités et religions. Sans compter les 15 000 visiteurs chaque année, dont nombre de français. Les gens résident ici quelques semaines, mois ou même années pour les retraités. Le prix de l’hébergement est très bas, la nourriture est gratuite, les soins médicaux aussi, en échange d’une à deux heures chaque jour de services rendus à la communauté.  Les oeuvres humanitaires accomplies et en cours sont impressionnantes (en Inde mais partout dans le monde, y compris en France), Amma jouit d’une réputation mondiale pour tous ces bienfaits. Elle a fondé l’ONG à but humanitaire et écologiste : « Embracing the world » et elle est connue pour ses « darshan », étreintes pour lesquels des milliers de personnes viennent la voir.

Amma
Amma

Chants, méditation, mantras, yoga, tout se prête à la relaxation, le seul aspect qui nous gêne est la vénération pour Amma ; un petit temple lui est consacré, et son portrait est vénéré par tous, comme une déesse vivante. Et encore, nous n’avons pas pu assister à la cérémonie au cours de laquelle elle embrasse les gens, ça doit être quelque chose…

Lieu de rencontres, nous y faisons la connaissance de Zuriko, un Arménien qui travaille en Russie mais ne peut plus se passer de l’Inde ; après avoir été victime d’une affection invalidante qui devait entrainer une opération risquée, il a été guéri par le Dr Glisson qui a développé une méthode de kinésithérapie visant à traiter les causes et non les conséquences. Depuis, il a suivi une formation et exerce en tant que thérapeute. Cette discussion a été très intéressante, elle souligne l’intérêt d’être à l’écoute de son corps, de faire de bons gestes (ce qui n’est pas toujours le cas, même dans le yoga) ; l’inactivité prolongée (télé, ordinateur) a des effets délétères, c’est connu, mais ce qui l’est moins est que bien des problèmes (perte de la vision, de la mémoire, hypertension) peuvent trouver leur origine au niveau des sept vertèbres qui supportent la tête, et qu’une méthode simple peut permettre d’y remédier rapidement.

En dehors de l’enceinte même de l’ashram,  se dresse donc ce pont qui le relie au village de pêcheurs d’Amritapuri. Il fut construit après le tsunami, cette zone fut inondée mais il n’y eu pas de morts ni de disparus. Les habitants furent coincés entre l’océan et le canal. Bien sûr c’est Amma qui a été à l’initiative de cet ouvrage qui permet aujourd’hui d’évacuer jusqu’à 15 000 personnes.

De l’autre coté du canal, un hôpital et une université avec 1 800 étudiants émergent également de la forêt de palmiers. Un village, aussi, lequel contraste singulièrement avec l’ashram : Dans celui-ci, tous les déchets sont triés et recyclés, les abords sont très propres, alors que dans le village c’est comme ailleurs en Inde, le canal sert de décharge, les égouts sont à ciel ouvert. Nul n’est prophète en son pays…

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Nous sommes partis à la découverte de ce petit village et y avons trouvé une ambiance très colorée autour du marché.  Outre des stands de fruits et légumes, se distingue sous une petite halle le marché aux poissons. Par l’odeur, alléchés, ou plutôt par les cris attirés, nous profitons des échanges mercantiles du lieu. On aimerait bien acheter ce kilo de tigers prawns (énormes crevettes)  si peu chères,  mais on ne cuisine pas, on a bien regardé s’il y avait un petit resto qui nous ferait griller ces bestioles,  mais non… tant pis.
Ici le poids est approximatif,  on évalue à la louche, ou à la pogne si on veut. Les acheteurs qui discutent un peu se trouvent gratifiés de quelques petits poissons en sus. Les vendeurs plongent les mains dans la réserve, avec glacons quand même, ressortent les bébêtes fraichement pêchées et les déposent sur une caisse en  bois recouverte d’un plastique avant d’annoncer un prix et bazarder le lot dans le sac plastique de la ménagère ; les billets échangés ici doivent avoir une sacrée odeur de poisson au fond des poches !

Allepey

Nous quittons un peu à regret cet endroit reculé au milieu des eaux et prenons un bus qui va nous conduire jusqu’à Allepey en longeant la mer par une route sinueuse qui traverse des petis villages bâtis presque les pieds dans l’eau. Tire-t-on les leçons içi des catastrophes naturelles précédentes ? On se pose la question mais de toute façon où peuvent donc aller ces habitants qui pour la plupart sont nés ici et ne possèdent rien d’autre que leur petit lopin de terre et leur bateau.
Nous arrivons sous la chaleur à la « Matthew Palmy Residency », une petite pension un peu en retrait de l’agitation urbaine qui règne aux abords du canal. Le temps de prendre une douche et c’est l’orage qui éclate, encore un ! Quand on quittera ce lieu pour aller manger on pataugera dans les mares d’eau,  c’est pas vraiment un problème, on est comme les gamins qui aiment sauter dans les flaques.

Le bateau bus
Le bateau bus

Le lendemain nous ferons connaissance avec Jose et Rose, « nous n’avons qu’une lettre de différence » nous dit Jose.
Ce couple habite sur une langue de terre au milieu du lac dans les backwaters. Jose gagne sa vie en emmenant les promeneurs dans sa barque, à la rame, pour visiter cet endroit si particulier. Nous avons privilégié ce mode de transport, sans moteur, donc sans pollution, afin d’encourager les initiatives locales qui promeuvent ce type de transport même s’il est plus lent et plus physique pour les bateliers.
Pour arriver jusqu’à la maison de Jose il nous faut tout de même prendre un ferry qui fait du cabotage d’un bout à l’autre du lac Vattakkaayal, ca prend du temps mais ça nous permet d’observer la vie au bord de l’eau. Nous croisons les premiers houseboats chargés de famille ou seulement de couples. C’est vrai que ces bateaux maison ont de l’allure.  Pourtant ce qui nous chagrine c’est qu’ils transportent pour la plupart groupes électrogènes et des climatisations. On a lu que ces bateaux sont de plus en plus nombreux, vu que le tourisme ici se développe de plus en plus, et qu’ils génèrent une pollution grandissante. L’état a mis en place une charte encourageant la collecte des déchets, l’installation de panneaux solaires, mais peu s’y engagent, trop cher peut être ou trop contraignant.
Après avoir rencontré Rose qui nous sert un bon petit massala maison accompagné de délicieux idlis de bananes, d’ananas et d’un tchai, on fait connaissance de leurs deux jeunes garçons, neveux et nièces, toute une ribambelle de joyeux gamins contents de rencontrer des nouvelles têtes. Ah, ce qu’on ne vous a pas dit c’est que nous sommes accompagné aussi de Xavier,  il est parisien et loge dans la même pension que nous, il voyage 15 jours en Inde, il solde ses congés de l’année passée,  le pauvre (on ne sait plus ce que c’est,  mais on compatit).

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Jose et Rose sont en train de construire une maison d’hôte, comme le terrain entre les eaux n’est que d’environ une vingtaine de mètres,  ils ont démoli une partie de leur actuelle maison et vivent dans deux pièces.  Nous prenons notre petit déjeuner en plein milieu du chantier, ce qui compte c’est l’accueil chaleureux et sympathique de cette famille.
Repus, Jose embarque ses trois touristes sur son petit bateau construit en bois de jaquier et en corde de fibres de coco, fort heureusement pour nous, nous sommes abrités sous un toit tressés en …..feuilles de cocotier (la coco ici est très précieuse,  lait, huile, cordage, etc…) parce que le soleil est au rendez vous.
Nous filons doucement au ras de l’eau avec comme seul bruit celui de la rame. Nous empruntons tout un dédale de canaux et à notre tour nous prenons les rames pour aider Jose à nous frayer un chemin à travers les plantes aquatiques qui ont envahi certains passages ; d’ailleurs les femmes qui font leur lessive les pieds dans l’eau, sont obligées de les pousser pour pouvoir travailler à leur aise. Ces plantes vont disparaître avec l’arrivée de l’eau douce pendant la mousson, en attendant on se croirait sur un gisgantesque plateau de verdure. Ce ne sont pas les lentilles du marais Poitevin pour lequel nous avons une tendre pensée.

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Toutes ces étendues d’eau sont bordées de digues permettant de cheminer et d’aller d’un hameau à l’autre.  C’est ainsi que nous voyons des femmes en saris très beaux, les bras couverts de bracelets se diriger vers un lieu où se déroule la cérémonie d’un mariage, un long défilé de couleurs chatoyantes, elles sont belles, les hommes sont en groupes et cheminent vêtus de leur mundus blancs. A un autre moment Jose nous montre une maison où il y a un attroupement et des chants de femmes. Ici c’est une dame de 85 ans qui est décédée. Nous ne savons pas si elle va être enterrée près de sa maison, sur cette petite bande de terre, si elle va aller au cimetière d’Alappey ou si elle va être incinérée sur un bûcher.
D’autres scènes de vie lacustre s’offrent à nous,  le quotidien de la vaisselle, la toilette, la lessive, que nous reconnaissons maintenant au bruit caractérisque et cadencé que fait le linge quand il est frappé avec force sur la pierre, nettoyage du poisson. L’eau est omniprésente, elle est essentielle, elle est la vie, l’avenir de ces populations qui vivent loin de l’agitation de la grande ville d’à côté. Ils s’y rendent à la force des bras pour la plupart, pour y vendre leur maigres récoltes et leur pêche par les voies navigables.

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Sur le chemin du retour Jose nous propose une pause dans un centre de massage ayurvédique réputé du kerala. La maison est très jolie toute en bois de teck, une ancienne demeure très bien conservée. Nous n’avions pas prévu de nous faire masser, pourtant tous les trois nous craquons et c’est parti pour une bonne dose d’huile et de mains expertes pendant une heure, une première pour Joël qui était septique sur les bienfaits de ce type de soin. Finalement il en ressort complètement regaillardi, le massage des mollets lui a causé quelques grimaces et le massage du postérieur l’a un peu déconcerté !!!
Un autre petit arrêt à la boutique « lacustre » pour siroter une noix de coco avant de rentrer retrouver Rose qui nous attend pour le déjeuner (il est tout de même 15h) mais les horaires fixes on a oublié ce que c’était dans ce pays, il n’est plus question des 7h, 12h et 20h… à taaaaable !!!
Rose nous a préparé du riz, incontournable, du poisson en curry, des pomme de terre, une fleur de banane cuisinée aux oignons (une première) et des petits légumes, ananas frais… On se régale, on insiste un peu pour que Jose, (qui s’était éloigné pour nous laisser manger seuls) vienne se joindre à nous et ça c’est formidable parce qu’il continue à partager ses connaissances et ses projets d’accueil. Il a besoin des touristes pour pouvoir acheter les matériaux de construction et faire venir les ouvriers. L’année prochaine si tout va bien ce seront trois chambres d’hôtes qui attendront les voyageurs en quête de silence dans ce petit bout du monde, et une famille mieux logée.

A retenir pour tout futur voyageur ce nom : Jose & Rose KAINAKARI , en passant par le site paddylandtours.com. Guide « vert » super intéressant et très souriant.

Fort Cochin

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Cochin, cité portuaire où les anglais, portugais et hollandais ont laissé des traces, est une ville avec de nombreux ponts. Pour aller à Fort Cochin à quelques encablures de là, il nous faut d’abord faire la queue pour acheter un ticket de bateau car le bus nous a déposés à Trivandrum, ce que nous n’avions pas compris au départ. Un écriteau devant le guichet nous prévient qu’on ne peut acheter plus de trois tickets par personne (ça tombe bien nous sommes deux). On va vite comprendre le sens de ce message. Le guichet n’est ouvert que peu de temps avant le départ du ferry, la queue se forme et s’allonge de plus en plus, ce qui fait que des personnes viennent voir les premiers leur tendant le prix du billet et leur demandant de l’acheter pour eux, certains acceptent d’autres non. C’est en effet dommageable pour ceux qui sont en bout de queue parce que quand le bateau est plein, le guichet ferme et il faut attendre une demi-heure qu’il ouvre à nouveau. Irène (qui avait accepté de prendre le billet pour une dame) s’est vue fermer le guichet juste sous son nez alors quelle poireautait depuis plus d’une demi-heure. De rage elle quitte sa place et c’est Joël qui a dû à nouveau faire la queue et il a refusé d’acheter pour ceux qui étaient derrière lui. Comme la queue des hommes est distincte de celle des femmes, et qu’elle est plus longue, il faudra attendre le second départ pour enfin embarquer avec cette foule bigarrée.

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Nous trouvons une chambre au « Dream Catcher », nous sommes les seuls clients, du coup nos hôtes nous chouchoutent. On aura des petits déjeuners différents chaque matin et la terrasse sur le toit pour nous seuls, sauf que le soir ces saletés de moustiques ne nous laissent pas de repos, repli stratégique dans la chambre, laquelle est un peu petite !

Un soir, en passant dans notre rue nous voyons une fête dans une salle communale, le temps de jeter un oeil et nous sommes happés par la famille qui organise la communion de la petiote ; une sacrée fiesta dont nous ressortirons avec une glace et l’impression que l’accueil ici est super facile.

Souriez !

Nous avons pris goût aux Backwaters et dès le lendemain matin nous revoilà partis pour un nouvel endroit à 40 km au sud de Fort Cochin. Cette fois ci nous sommes une dizaine sur un grand bateau en bois poussé par deux hommes qui s’aident de perches en bambou d’environ 8 mètres, des petits maigres mais costauds !

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Archana nous accompagne, elle est guide, absolument adorable on dirait une ado mais en fait elle a 21 ans. Elle va nous apprendre encore tout plein de petites choses sur les mangroves de par ici. C’est ainsi qu’il ne faut pas confondre les mangues et le « pong pong » ou « othalanga », non bande d’ignares, ce ne sont pas des jeux de dés ou de cartes, c’est juste un fruit issu de l’arbre du suicide… Charmant, oui vraiment, les fleurs blanches à cinq pétales de cet arbuste qui pousse de façon désordonnée dans le Kerala en zone humides sont d’une odeur exquise rappelant celle du jasmin. C’est bien là le seul attrait de cette fleur parce qu’après vient un gros fruit de la taille d’une petite mangue ou d’un avocat, de la même couleur verte, ce fruit renferme une graine noire qui est mortelle. Elle est utilisée par les candidats au suicide ou pour les homicides… avec la particularité de provoquer un arrêt cardiaque , quand on vous dit charmant… !

Bye bye !
Bye bye !

 

incredible-india

Incredible India

Les métiers

On n’imagine même pas à quel point les indiens sont débrouillards et travailleurs, ça bosse partout, tout le temps, c’est comme une ruche sans cesse en activité dans laquelle chacun sait ce qu’il a à faire et le fait consciencieusement.

Regardez bien, il y a des métiers auxquels vous n’auriez sûrement pas pensé (des fois que ça suscite des vocations) :

Vendeur de fleurs à dindigul
Vendeur de fleurs à Dindigul
Vendeuse de fleurs gare de Dindigul
Vendeuse de fleurs gare de Dindigul

Vendeur de fleurs ne semble pas être l’apanage à l’un ou l’autre des deux sexes, par exemple les vendeurs (ses) de couronnes destinées  aux offrandes aux divinités des temples ou aux cheveux des femmes. Les fleurs sont assemblées deux par deux sur un fil, tricoté avec une dextérité aussi surprenante par les femmes ou par les hommes.

Ces chapelets de fleurs sont vendus ensuite selon la longueur voulue par l’acheteur.

fabricant de dosai à Dindigul
fabricant de dosai à Dindigul

Par contre nous n’avons pas vu de femmes derrière les « fourneaux » de fabricants de dosais. Ces petites galettes sont préparées avec de la farine de blé, de l’eau et du sel, mise en petites boules après avoir été étalées à la main en galettes ultra fines, travaillée un peu comme la pâte à pizza et rassemblée en un petit tas en attendant leur cuisson, sans matière grasse, sur des plaques chauffées au gaz.

Ramasseur de bois à Kodaikanal
Ramasseur de bois à Kodaikanal

Hommes ou femmes ramassent le bois n’importe où le long des chemins et selon les opportunités,

porteuse de bois

le livrent en parcourant parfois des kilomètres à pied

Livreur de bois

 

Vendeuse de maïs grillé
Vendeuse de maïs grillé

Une simple boite à conserve sur laquelle est posée une grille et du charbon de bois. Un souffleur enfoncé dans la partie inférieure de la boite assure une bonne combustion au moment de faire griller les épis de maïs assaisonnés de piments en poudre

Vendeur de maïs grillé

 

Conducteur de bus
Conducteur de bus

Pas vu de conductrices de bus mais des « vendeuses de tickets » oui, et à l’intérieur des bus quand il y a foule, ça n’est pas une mince affaire de repérer qui monte et qui descend et surtout de se faufiler pour réclamer le prix du billet et délivrer celui ci, enregistreuse en main. Un vrai savoir faire…..et pour une femme savoir se faire respecter des machos indiens à la main un peu trop baladeuse parfois.

Cuisine de rue Oignons et bananes en beignets
Cuisine de rue Oignons et bananes en beignets

Pour les cuisines de rue genre « fritures » hommes et femmes sont au fourneau, avec toutefois une grande majorité d’hommes. Les femmes à l’encaissement.

Vendeur de légume sur vélo
Vendeur de légume sur vélo

Traverser la ville sur son vélo à la fraiche, donc à la tombée de la nuit, pour y vendre sa production d’herbes vertes accrochées au porte bagage, ne pas oublier l’indispensable balance à petits poids ! Homme seulement, les femmes portent leur paniers sur la tête.

Eboueurs "à la main" à Pondichery
Eboueurs « à la main » à Pondichery

Ici égalité des sexes, les mains dans le cambouis sauf qu’il s’agit des poubelles de la ville de Pondicherry. A mains nues on remplit les sacs et bassines qui sont ensuite déversées à même la benne du camion. Un tri y est fait directement de fruits ou légumes pouvant être consommés…travail réservé aux basses castes….

Tissage corde de coco
Tissage corde de coco

La noix de coco sous toutes ses fibres, on de gâche rien, la coque, débarrassée de son eau et de sa pulpe sera mise à sécher pendant plusieurs semaines au soleil, épluchée par les hommes ou par les femmes, mise en tas, aérée et tissée pour en faire des cordages vendus au marché.

Préparation de fibres de coco
Préparation de fibres de coco

C’est du solide on en trouve dans la construction des bateaux, des maisons, des paniers ……..

Cordonnier
Cordonnier

Chaque jour cet homme vient s’asseoir sur ce bout de trottoir, enfin, sur ce bout de rue, les passants lui laissent leur chaussure à réparer, parfois ils attendent le temps de la réparation en se taillant une bavette à défaut de cuir. Quand on connaît le prix d’une paire de sandales en Inde on imagine combien de chaussures ce cordonnier doit réparer pour avoir de quoi faire les courses en fin (faim) de journée !

Pas vu de « cordonnières » mais des couturiers et couturières oui et des repasseurs de vêtements oui !

Confection de chapatis
Confection de chapatis

Hommes et femmes peuvent le faire sans problème, n’avons pas pris la variante masculine.

Poissonnier
Poissonnier

Pas de distinction de sexe pour vendre le poisson, une mention particulière pour les vendeuses qui savent « brailler » et réclamer leur dû quand besoin s’en fait ressentir, mais ceci dit les hommes ne sont pas en reste et peuvent se servir de leur poings.

Vendeuses de poisson sur la plage de Vizhinjam
Vendeuses de poisson sur la plage de Vizhinjam

 

artiste art keralais tiges de riz
artiste art keralais tiges de riz

Les femmes étaient absentes lors de notre rencontre. Un travail qui demande précision et imagination pour un résultat absolument remarquable.

Munro Island Kollam ceuilleur de coco
Munro Island Kollam ceuilleur de coco
Munro Island Kollam ramasseur de coco tombée à l'eau
Munro Island Kollam ramasseur de coco tombée à l’eau

Les hommes ont sans doute plus de facilité à grimper sur les cocotiers vus qu’ils ne portent pas le sari, néanmoins ils sont franchement aussi agiles que les singes (pas d’interprétation malencontreuse).

Eboueuse sur la plage de Varkala
Eboueuse sur la plage de Varkala

Pas vu d’hommes le balai à la main….désolés

Vendeur de gamelles
Vendeur de gamelles

Qu’ils soient à pied, à vélo ou à moto, les vendeurs font preuve d’ingéniosité pour faire tenir en équilibre leurs précieux chargement… parfois ça déborde de tous côtés à tel point qu’on se demande qui est en dessous !

 

Fabricant de parotas
Fabricant de parotas
Cuisine de rue oignons et bananes en beignets
Cuisine de rue : oignons et bananes en beignets
Restaurant de rue fabrication de dosai
Restaurant de rue : fabrication de dosai
Cuisinier dans une gargotte
Cuisinier dans une gargotte

Plus de cuisiniers que de cuisinières, sans doute cuisinent-elles à la maison.

Ramasseur de fleurs d'ibiscus
Ramasseur de fleurs d’ibiscus

Au petit matin cet homme ramassait des fleurs fraîches pour le temple d’à côté, hibiscus et autres fleurs….

Menuisier
Menuisier

Travail tout à la main pour ce menuisier qui taille des tenons et mortaises pour des assemblages, chez nous ça va plus vite avec des machines… quoique….

Vendeuse de noix de coco
Vendeuse de noix de coco

Hommes et femmes autour des lieux de culte. Une noix coupée en deux reçoit des fleurs ou des fruits et est offerte à l’intérieur du temple.

 

Vendeur de torchons
Vendeur de torchons

Pas de stand en bonne et due forme pour ce vendeur de torchons, sa caisse retournée fait très bien l’affaire.

Vendeur d'épingles à nourrice
Vendeur d’épingles à nourrice

Du jamais vu : un vendeur d’épingles à nourrice et de toutes les tailles s’il vous plait !

Vendeur de carottes à Trichy
Vendeur de carottes à Trichy

Sur un bord de trottoir, au coin d’une rue, hommes et femmes vendent leur petites productions de légumes fraichement cueillis.

Vendeur de cacahuetes à Trichy
Vendeur de cacahuetes à Trichy

Combien de kilos de cacahuètes faut-il vendre pour gagner sa vie ?

Nettoyeur de pierres
Nettoyeur de pierres

Des femmes aussi travaillent sur les chantiers mais une certaine pudeur nous a empêché de faire des photos.

Enfant nettoyeur de joints de pierres
Enfant nettoyeur de joints de pierres

Cet enfant aussi est embauché pour nettoyer les joints dans un temple en travaux. Combien d’autres enfants travaillent cachés dans les usines de confection sur des vêtements coûteux qui seront vendus en Europe ou ailleurs ? (le parlement indien vient de voter une loi qui étend encore le travail des enfants, y compris dans les mines !)

Vendeur d'oranges vertes
Vendeur d’oranges vertes

Quand on a la chance d’avoir un bout de terrain où faire pousser quelques légumes et quelques fruits on a  l’opportunité de vendre sa production. Les autres achèteront aux grossistes et y perdront parfois si tout n’est pas écoulé à la fin de la journée.

Vendeuse de fruits et légumes
Vendeuse de fruits et légumes

 

Conducteur de tuktuk
Conducteur de tuktuk

Le prix d’un tuktuk neuf est de 2500 euros, il coûte deux fois plus cher avec les intérêts bancaires. Pas étonnant que les conducteurs essayent de doubler les tarifs avec les « blancs » (ils ont bien raison). Une seule femme conductrice aperçue à Trivandrum.

 

Nettoyeur de climatiseurs
Nettoyeur de climatiseurs

Ce nettoyeur de climatisation n’a rien a envier aux cueilleurs de noix de coco, on lui demande juste de ne pas s’écraser au sol… au quatrième étage sans bretelles, ni ceinture.

Pêcheurs réparant leurs filets
Pêcheurs réparant leurs filets

Travail apparemment réservé aux hommes, aucune femme en vue….

Crieur, encaisseur...
Crieur, encaisseur…

Travail d’homme, on crie, on monte les enchères, on adjuge, on encaisse, on paye, tout ça dans un temps record.

 

Et nous, pendant ce temps là… On observe, on cogite, on s’interroge, on a de la chance…


Fin du continent Indien (jusqu’à la prochaine fois !)

C’est en effet ici que se termine notre séjour en Inde, il ne nous reste plus qu’à rejoindre Bombay pour nous envoler vers notre nouvelle destination. On l’aurait bien fait en train, pour le fun, mais ça aurait pris un temps certain (voire même un certain temps) et on n’en a pas envie, passons directement à l’étape suivante.

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Se rendre à Bombay n’est qu’une procédure, que nous allons toutefois réussir à pimenter en ratant notre avion ! C’est un peu à cause de la compagnie aérienne, qui a supprimé le vol du début d’après-midi et nous a reportés sur celui du soir, ce qui ne nous arrangeait pas trop ; et aussi à cause du bus pour aller à l’aéroport, qui nous a embarqués avec plus d’une demi heure de retard, puis s’est englué dans des bouchons à n’en plus finir. A priori, on avait deux heures de marge, au final nous sommes arrivés à l’aéroport alors que l’avion s’apprêtait à décoller… Mais la compagnie a été sympa, ils nous ont trouvé une place sur le vol du lendemain, sans supplément, on a trouvé un hôtel miteux pas trop loin des pistes et puis voila. Tant pis pour la visite de Bombay, ce sera pour une autre fois, Madagascar nous attend !!!

Oui, notre destination est donc bien Madagascar, comme l’ont deviné certains d’entre vous (trop rares, d’ailleurs, où sont donc passés nos commentateurs ?). D’ailleurs, au moment où nous publions cet article nous y sommes depuis plus de deux semaines et on peut déjà, sans déflorer le sujet, affirmer que ça décoiffe…

9 Commentaires judicieux

  1. Vous etes des vrais voyageurs , un coup par ici et hop maintenant dans une ile , l’ile rouge je crois ! J’ai un pote qui y va souvent ….. Alors j’attends on attends pleins de photos ……………….. Bisous Lili

  2. Bonjour à tous
    On ne se lasse pas des reportages bien « achalandés »… L’inde avec ses multiples facettes et un peu » Hors du temps » de notre vie « dite moderne »!!Elle nous enveloppe par son ambiance magique .et mystique.
    On a déjà soif de vos nouvelles aventures.
    Bon Vent sur Mada ..
    Bernard
    f6bcc
    Rochefort-sur-Mer

  3. Bonsoir les amis,
    Content de vous lire, enfin. Cela faisait longtemps.
    Inde « merveilleuse » que vous nous faites si joliment partager. Merci à vous pour ces contes des mille et unes couleurs. On s’y croirait…
    Mais Mada vous réserve (pardon, nous réserve) surement bien des surprises !

    Bon séjour là-bas. Envoyez-nous de belles images.
    Amitiés

  4. Si, si, on est toujours là ! Mais on était dans le jardin à semer, planter et préparer nos futures récoltes ! Ca sent bon les épices et c’est sympa de vous suivre ! Ca prend le temps d’une bonne tasse de thé ! Du coup, je bois thaï en lien avec vous ! Et oui, le temps, le temps serait le maître mot du voyage …Et l’Inde , outre ses contrastes, reflète le temps et l’intériorité souvent mise de côté en Occident…mais n’est-ce pas le message des voyages, de se se relier à soi-même à travers les autres ? Bon, bin, vous m’inspirez des méditations, dîtes-donc ! Merci pour ces écritures !
    Bonne continuation ! Je vous embrasse !
    Marie

  5. Hello les piétons migrateurs!!! oui nous sommes toujours aux aguets et prêts à lire votre prose! merci de nous faire voyager par vos photos magnifiques! vous ne pouvez pas trouver un petit truc pour que nous ayons aussi les odeurs???
    Savez-vous que Amma est venue en Suisse il y a deux ans! ma prof de yoga va régulièrement dans son ashram! c’est vrai que c’est quelque chose de particulier ces embrassades et elle a un regard incroyable!
    Bon séjour a Madagascar et à bientôt
    amitié

  6. Hé, on avait du retard sur vos articles, et il en reste encore un à lire, mais ce sera pour plus tard car il faut mieux avoir du temps devant soi pour lire vos récits! Les notres sont de plus en plus longs aussi mais l’élève n’a pas encore dépassé le maître! lol. Ceci dit, vos articles sont toujours très riches et pleins d’anecdotes instructives!
    La famille est arrivée aujourd’hui en terre mongole pour des retrouvailles tant attendues! Demain nous partons en famille à la découverte de ce beau pays!
    On vous fait des bisous et on hâte de connaître vos aventures à Madagascar!!
    David & Marie.

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