Kakadu’s Cockatoos

Comment ça, les titres de nos articles sont de plus en plus bizarres ? C’est phonétique (Caca doux Couca tous) et fait pour les petits enfants de trois à cinq ans, comme Eva, Zoé ou Zélie, qui sont souvent ravis par tous les mots qui contiennent caca (Ils seront ravis quand on sera au Pérou, avec le lac Titicaca, mais d’ici là ils auront passé l’âge du pipi-caca). En tout cas, c’est vrai qu’il y a plein de cacatoès dans le Parc National de Kakadu.

Humpty Doo, le retour

Mais avant d’en arriver là, rappelons qu’on repassait chez Kingsley pour y récupérer le matériel qu’on y avait laissé en dépôt ainsi que nos deux petites chaises merveilleuses qui sont enfin arrivées. A ce sujet, il faut savoir qu’en Australie la poste ne fonctionne pas tout à fait comme chez nous et ce fut une erreur de donner au fournisseur l’adresse physique de Kingsley, vu que dans son coin il n’y a pas de distribution du courrier (pas plus que de ramassage des poubelles,  d’ailleurs). Pour récupérer son courrier il prend son vélo et fait un aller retour à Darwin (80 km) où il a un numéro de boite postale, ceci 3 fois par semaine. Outre les factures, il ramène ses revues de géologie, informatique et cyclisme, ça motive.

Et nos chaises dans tout ça ? Elles sont finalement arrivées à la poste d’Humpty Doo près de chez lui, comme quoi rien ne se perd, il suffit de chercher et comme Kingsley est un bon chercheur, il a trouvé. (Comme disait le Grand Charles « Des chercheurs qui cherchent, on en trouve. Des chercheurs qui trouvent, on en cherche.« ).

Le centre commercial de Humpty Doo, c’est là qu’on va faire notre shopping, notamment deux paires de lunettes pour Joël. Pourquoi deux ? Parce qu’à la vitesse où il les perd ou casse, il faut bien ça pour tenir quelques semaines, heureusement que c’est vendu à vil prix.
Nous remarquons que du côté écologie, même au quotidien il y a beaucoup à faire : Des jeunes qui sortent du supermarché avec leurs achats contenus dans des sacs plastique à usage multiple (classieux les sacs, épais et tout à $ 0,15) n’hésitent pas à les mettre à la poubelle, laquelle poubelle contient de tout car le recyclage fait encore figure d’exception.

Il nous reste un problème à résoudre avant de reprendre la route : Vous n’avez pas oublié la pompe de notre réchaud qui s’est déglinguée ? Il faut changer le joint, lequel est en cuir, ce qui ne se trouve pas chez le plombier du coin., en attendant Joël l’a tartinée d’une noisette de beurre. L’idée est donc d’aller voir à Darwin si une boutique aurait ça, vu que c’est une marque importée en Australie (A Madagascar ça aurait été plus vite réglé, un cordonnier aurait bricolé ça en dix minutes).

Boum !

Pendant qu’Irène reste chez Kingsley à glander faire différents trucs importants, Joël se dévoue pour aller à Darwin faire les boutiques (habituellement c’est le contraire). La suite du paragraphe est écrite à la première personne, pour une fois, puisque nous n’étions pas deux sur ce coup là.  
Je pars avant Kingsley, qui va lui aussi « en ville », car je suis moins rapide que lui, il me rattrapera. Sauf qu’au départ je me plante de route, je ne rejoins l’ancienne voie ferrée transformée en voie cyclable qu’au bout d’un certain nombre de kilomètres, Kingsley est sans doute déjà passé, sinon il ne va pas tarder à me rencontrer. 

En fait, ce n’est pas lui qui me rencontre mais une voiture qui me heurte brutalement alors que je suis en train de traverser une intersection protégée par des feux, lesquels sont rouges, donc je suis sensé pouvoir traverser. Je me retrouve éjecté du vélo avant d’avoir eu le temps de comprendre ce qui m’arrive, la voiture a pilé mais trop tard. Je ne sais pas combien de temps je suis resté par terre à compter les étoiles qui me tournaient autour, probablement peu mais dans ces moments là on n’a plus de repères. Des gens sont arrivés, ils ne voulaient pas que je me relève, mais je ne sentais rien de cassé alors je les ai rassurés ainsi que la conductrice, skotchée à son volant qui avait l’air choquée aussi, toute aussi enceinte jusqu’au yeux qu’elle était. Son bébé était prévu pour dans une  semaine, il est peut être arrivé avant, avec cette histoire. 

Pendant ce temps là un bouchon s’est formé sur la hiway, un conducteur de bus vient me donner son numéro de téléphone en tant que témoin, deux autres personnes aussi, et arrive une ambulance : Comment ont ils pu faire si vite?  En fait ils faisaient le plein (pas de blessés, mais de carburant) à proximité et quelqu’un les a prévenus. A peine dedans, arrive un gros camion rouge de pompiers, bientôt suivi de la police ! Chapeau la rapidité des secours, c’est impressionnant mais ils auraient tout de même pu envoyer l’hélicoptère. Ils me proposent d’aller à l’hôpital mais je refuse, les blessures sont superficielles, c’est juste la peinture qui est partie… Et puis que serait devenu mon vélo, tout seul au bord de la route ? Ils m’ont chouchouté, désinfecté, pommadé, badigeonné…

Une fois assuré que ledit vélo fonctionne bien (C’est sacrément costaud les Azub) et le bonhomme aussi, je poursuis ma route vers Darwin car tout ça ne m’a pas mis en avance et c’est que j’ai un joint de pompe à dégoter,  moi. Une fois en ville, je ne trouve évidemment pas ce fichu joint mais retrouve Kingsley à la boulangerie, il se demandait ce que j’avais bien pu fabriquer. 

Le Non-State Day

Chaque État Australien a ses propres fêtes, liées à son histoire, même si on a parfois du mal à en saisir la logique, par exemple pourquoi l’anniversaire de la Reine n’est pas fêté aux mêmes dates partout dans le pays (Peut-être ne connait-elle pas sa date de naissance…).
Dans le Territoire du Nord, le 1° juillet correspond au State Day et est fêté par des feux d’artifice. Sauf que, comme ce n’est pas un État, et qu’il fallait bien trouver une date, ils commémorent le 1er juillet 1978, lorsque le gouvernement local a été déclaré autonome. Même s’il n’est pas autonome mais dépend du gouvernement fédéral, c’est loin d’être simple.

Les feux d’artifice font objet d’un commerce intensif dans les semaines qui précèdent ce jour unique où il est permis de les tirer. Car chacun a à coeur de tirer son propre feu d’artifice dans son coin, c’est assez surprenant, peut-être une manifestation de l’individualisme anglo-saxon. Nous qui nous croyions isolés chez Kingsley, on s’aperçoit que ça pétarade dans tous les coins, les chiens aboient, les kangourous ont dû prendre la fuite avec tout ce bazar….

Et Boris dans tout ça, le pauvre doit être complètement paniqué ! Boris c’est le cheval du voisin qu’Irène a adopté ou inversement, en tout cas ces deux là s’entendent bien, elle l’appelle, il arrive des fins fonds de sa prairie, faut dire qu’il aime les herbes fraiches ainsi que les trognons de salades, les peaux de kiwis, les carottes bien entendu et les peaux de clémentines. Irène lui cause franglais, il lui montre sa dentition à la Fernandel, il est content, il en redemande.

Kakadu, nous voilà

Trois nuits chez Kingsley cette fois çi, on se tape l’incruste, mais faut dire que nous étions si bien accueillis, et puis on vit quand même au ralenti avec cette chaleur, quand on est enfin prêts à affronter le fameux Kakadu National Park. Un dernier repas préparé par Irène au grand ravissement de Kingsley (et de Joël) on ne met pas les petits plats dans les grands mais presque !

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Notre hôte n’a sans doute pas envie qu’on se quitte parce qu’il va se lever tôt lui aussi et nous accompagner sur 20 km, nous avons déjà chaud, lui il est freezing, la température matinale ne lui convient pas… nous elle nous ravit ! Nous n’aimons vraiment pas les adieux, aussi on va les écourter pour ne pas être tentés de rester encore un peu.

Jabiru à 200 km. Ils n’écrivent pas le nom des villes, pas la peine, il y en a tellement peu…

La Hiway n’est pas vraiment ce qu’on préfère , elle est assez rectiligne, la circulation commence vers 9h notamment les p&!§&s de caravanes qui ne savent pas prendre de distance et nous frôlent parfois d’un peu trop près et nous font des frayeurs, on va finir par prendre une décision draconienne : Quand on voit une voiture arriver en face de nous on regarde aussitôt dans notre rétroviseur et si c’est une caravane qui nous suit, alors on prend notre place pour qu’elle ne puisse nous doubler le temps que le croisement avec le véhicule d’en face soit terminé, non mais… Nous aussi on existe sur nos « pouche bykes ». Par contre pas de problèmes avec les road-trains qui doublent toujours au large, ce sont des professionnels et ça se sent.

Le paysage se révèle surprenant, la forêt sèche laisse place aux wetlands, ces zones humides survolées par de nombreux oiseaux, c’est vert, notre horizon s’élargit. Nous traversons l’Adélaïde River sur un large pont, l’eau boueuse couleur marron ne donne pas envie d’aller s’y rafraichir. Kingsley nous a prévenu de la présence de nombreux crocs, nous n’irons pas vérifier.

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Et nous voici dans le Mary River National Park, ça fait 40 km que nous roulons avec un petit vent qui commence a vouloir nous donner du fil à retordre car les 20 km suivants seront bien éprouvants, nous obligeant parfois à stopper sous les rafales, ça décoiffe dur…

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Puisque c’est comme ça on va s’arrête à Corroboree Tavern Park , un camping-station-service-resto  qui nous voit arriver à midi, le côté gauche du visage rougi par le soleil, les bras gauches et les genoux idem, on ne s’est pas méfiés du soleil surtout quand il fait du vent, nous sommes légèrement cramés, on nous regarde comme si nous arrivions de la lune.

Le lieu est propice au repos, avec une bouffe de pub bien classique mais correcte et un camping qui n’a rien à envier à beaucoup d’autres, avec évidemment une piscine. Le lendemain, l’étape sera très modeste, seulement une trentaine de kilomètres mais on ne maitrise pas la répartition des endroits où on peut s’arrêter sinon on en mettrait tous les soixante kilomètres.

Bark Hut

En voilà un endroit qu’il est bien : Comme c’est dimanche, et qu’on est à vélos, le camping sera gratuit. Le lieu est historique et est resté comme à l’époque, l’électricité en plus. La déco est très Western, on s’attendrait presque à voir arriver John Wayne sur son cheval.

Une fresque en l’honneur des hommes et des femmes du nord, premiers pionniers de l’industrie du boeuf en Australie, ne dépare pas même si elle est manifestement récente puisque les propriétaires actuels y figurent.

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Pour compléter le tableau, on découvre que le cuisinier est chanteur et musicien, et il se débrouille plutôt bien dans un répertoire folk où il est parfois rejoint par une serveuse qui a une voix intéressante.

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On se boulotte un énorme hamburger de buffle, c’est quand même autre chose qu’au Mc DO même si la viande est trop cuite. Et puis au dodo comme les poules, dès que le soleil est couché car demain on se lève à 3h30. En effet, l’étape fait 100 km, il n’y a strictement rien entre les deux lieux à part du bush, du bush et aussi du bush.

On envisage néanmoins de s’arrêter au besoin sur une aire de repos pour poids-lourds, il nous faut donc de l’eau pour deux jours, on remplit les vaches à eau de 10 litres, en plus des bouteilles et bidons. Finalement, ça s’avèrera inutile, comme vous allez le voir.

Même si un peu monotone, la route n’est pas désagréable avec de belles termitières, de jolis rochers ronds, des kangourous qui bondissent, d’autres qui ne bondissent plus car ils sont morts suite à une collision aussi malencontreuse que fatale avec un véhicule.

Pchhhhhhhht !

Au début, naturellement, nous ne voyons rien de tout ça car on roule de nuit et c’est bien agréable, la température est clémente, la route est bonne, il n’y a aucune circulation. Au bout de deux heures, le jour est levé et on peut voir le compteur qui confirme le ressenti : On se traine anormalement à une moyenne de 13 km/h. Que se passe-t-il donc ? Eh bien c’est le pneu arrière du vélo d’Irène qui a perdu sa pression, elle roule presque à plat mais dans le noir ça ne se voyait pas, d’autant que les pneus super costauds qu’on a ne se déforment quasiment pas malgré la charge. (de sacoches, pas d’Irène….)

Damned ! Des pneus qui n’ont parcouru « que » 12 000 km dans une douzaine de pays, et voilà une première crevaison, c’est un scandaaale ! Bon, regonflage du machin, ça tient bon au fil des kilomètres, on verra ça à l’arrivée.

 

Au fil du temps la chaleur augmente, les ombres se rétrécissent, voyons un peu si on peut se poser sur un arrêt à road trains. Mauvaise pioche : C’est sale, poussiéreux et pas du tout adapté.

On tape dans le stock de fruits secs et gâteaux, à 10h30 il y a 70 km de parcourus, autant poursuivre pour les 30 derniers, ça va le faire. En effet, nous arrivons à South Alligator à midi, bien contents.

Ce paragraphe aura sans doute fait sourire nombre de cyclo-voyageurs pour lesquels une centaine de kilomètres est le lot quotidien, voire plus, mais pas nous. Nous sommes satisfaits avec une quatrevingtaine de kilomètres, aller plus loin ne nous intéresse guère vu que nous aimons prendre notre temps. Mais parfois, quand il faut il faut…

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C’est malin, on a trimballé des tas de litres d’eau pour rien, elle servira à arroser les plantes. Et ça ne nous empêchera pas de se faire un petit pic-nic, monter la tente vite fait (depuis le temps on a l’habitude), filer à la douche et faire une petite sieste. Aaaaaah, ça fait du bien. Réparer la crevaison ensuite n’est qu’une formalité, si ce n’est que l’origine n’en est pas nette, aucune trace de piqure dans le pneu, c’est louche.

Ah oui, aussi, une petite formalité : Acheter les Park Pass pour pouvoir circuler dans Kakadu, dont le prix a subitement augmenté de $25 à $40 cette année ; ça râle pas mal chez les touristes, à juste titre car l’augmentation est conséquente. On se rend compte que ce n’est valable que sept jours, ce qui doit être plus que suffisant pour la plupart des visiteurs, mais pas pour nous ; heureusement on pourra les faire étendre par la suite, sans supplément.

Kakadu National Park

Des mines d’uranium à ciel ouvert dans un parc national, c’est tout simplement confondant.
Bien que l’uranium ait été découvert en 1956, il n’a commencé à être exploité qu’en petites quantités. Et ce n’est que vers les années 1970 quand d’autres gisements ont vu le jour que l’exploitation à grande échelle s’est poursuivie à destination des centrales nucléaires.

Nous apprenons que les droits fondamentaux des populations aborigènes présentes sur Kakadu ont été plus ou moins bafoués, des promesses d’argent auprès de Jeffrey Lee, le principal propriétaire du clan Djok par la société française AREVA ont été refusées par celui ci au nom de la protection des populations. AREVA a dû renoncer à son projet d’exploitation. Les populations aborigènes soutenues par des blancs ont manifesté pacifiquement afin de stopper cet engrenage.

Les trois plus grands gisements se trouvent à Ranger, Nabarlek, Koongarra tout proche du site d’art Aborigène de Nourlangie.

La polémique porte surtout sur la qualité des traitements des eaux et des boues contaminées. Toutes les mines d’exploitation ont des histoires de fuites, de déversements et d’accidents. Des enquêtes ont mis en avant l’absence de données fiables sur l’ampleur de la contamination et pointé du doit des dommages graves ou irréversibles sur l’environnement et sur la santé.

Mais bien évidemment quand les intérêts financiers gigantesques sont ici en jeu, que représente un parc naturel avec quelques centaines d’aborigènes ?

Pourtant l’ ACF (Australian Conservation Fondation) a fait et continue de faire campagne pour l’arrêt de l’exploitation de l’uranium dans ce parc classé au patrimoine mondial de l’humanité pour son importance environnementale et culturelle, mais malgré ce classement l’exploitation continue.

Ça c’est pour vous poser le décor mais fort heureusement il y a d’autres facettes à ce parc, le plus grand d’Australie (20 000 km2), que nous allons vous faire découvrir.

Jabiru

Avant d’arriver à Jabiru, à la limite des Territoires du Nord et de la Terre D’Arnhem, nous avons encore quelques kilomètre à avaler avec d’heureux arrêts comme celui dans les Wetlands de Mamukala où l’on découvre un observatoire à oiseaux hyper bien aménagé au dessus du marais. Nous y arrivons au petit jour, un couple est déjà là avec leurs « binoculars ».

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Une multitude d’oies d’espèces différentes font un boucan d’enfer, il y a des poussins que nous montrent ce couple d’australiens, ornithologues sans doute, ils prennent en tout cas des notes dans un petit calepin. Il parait que la meilleur période est de septembre à octobre …heu, nous reviendrons ? Pour l’instant on reprend la route. Car, contrairement à un autre observatoire à oiseaux où nous avions dormi en Croatie (ce fut d’ailleurs une nuit épique), ici il n’en est pas question par crainte des rangers et surtout des moustiques qui sont archi féroces, on n’a pas envie d’une nuit qui pique.

 

Jabiru, c’est le nom de cet oiseau mais sur la carte ce semble aussi être une grande ville, elle l’est sans doute par sa superficie, par contre ce n’est que 1 130 habitants au coeur du parc de Kakadu, plantée là au milieu de nulle part et sans charme aucun. Quand on sait que la mine Ranger en emploie 500 (dont 18% d’aborigènes) on se dit que si elle venait à fermer, ce sont 500 personnes et leurs proches qui devraient partir ailleurs, méchant dilemme tout de même parce que Jabiru ne doit son existence qu’à la mine, c’est tout simplement terrible. En dehors de 2 campings, l’hôtel Mercure (avec son architecture en forme de crocodile, ce qui en fait « le plus grand crocodile au monde », record stupide), une boulangerie, un centre médical, une banque, un supermarché et un golf tout de même, il n’y a rien d’autre autour, c’est la forêt sur des centaines de kilomètres.

On va poser notre tente au Kakadu Lodge, un immense camping pas très ombragé, mais on va y trouver un petit coin herbeux entre deux caravanes et abrité tout de même par un arbre aux branches feuillues et généreuses, ça compte beaucoup quand il s’agit de se protéger du soleil. Le pauvre Joël ne pourra pas profiter de la piscine à cause de ses blessures qui font de grosses croutes…

A Jabiru il y a un terrain d’aviation, et qui dit avion dit envie d’aller survoler le fameux parc, il faudra qu’on revienne. Mais l’idée pour le moment est d’aller au site remarquable d’Ubirr.

Déjà, ça commence bien, la route est ravissante, les paysages grandioses, ça change de la monotonie des jours précédents.

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Contrairement à Kingsley, nous ne sommes pas géologues, mais tout de même épatés par les amas rocheux qu’on découvre ça et là, comme si quelque géant les avait semés au gré de ses envies.

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Ubirr

Un des joyaux de Kakadu, incontournable pour y découvrir de superbes peintures rupestres et assister à un mythique coucher de soleil. DSC01526
Vous pensez peut être, à raison, qu’un coucher de soleil est identique qu’on le regarde d’un endroit ou d’un autre, dès l’instant où la vue est dégagée. Eh bien non, pas toujours, notamment ici car en grimpant sur les rochers on découvre un spectacle surprenant : Alors qu’on était dans le bush avec  sa végétation caractéristique desséchée par le soleil, on se retrouve soudainement à dominer une immense savane, au sein de laquelle on ne serait guère étonnés de voir évoluer éléphants et girafes ! C’est vert à perte de vue, à l’exception de massifs de grès qui émergent et accentuent encore la beauté des lieux.

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C’est en haut d’un de ces massifs que tout le monde se retrouve pour admirer ce fameux coucher de soleil qui est, en effet, comme nulle part ailleurs, enflamant les barrières rocheuses. L’inconvénient inévitable est qu’il y a beaucoup de monde, les bus ont déversés leurs touristes pour la durée réglementaire, c’est un peu le Mont St Michel local mais sans la Mère Poulard, d’ailleurs il n’y a rien à vendre ici, et il y a largement assez de place pour tous.

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Si le soir est idéal pour assister au coucher de soleil (le midi c’est moins spectaculaire…), c’est moins bien pour observer les peintures, c’est pourquoi nous décidons de revenir le matin. Nous ne campons pas bien loin, au campground de Merl, lequel est plutôt rustique avec pour tout équipement un bloc sanitaire.

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Nous dormons donc au milieu des bois, avec les hurlements des dingos pour mettre de l’ambiance. Et comme le ranger est très sympa,  il nous fait payer les places à moitié prix parce qu’il trouve anormal qu’on paie le même prix que les gens qui arrivent avec d’énormes caravanes. Il a bien raison, c’est pas nous qui allons le contredire, dommage que ce raisonnement soit si rare.

Le lendemain, un atelier peinture organisé par les rangers avec les aborigènes nous donne l’occasion de faire connaissance avec Valérie, Elouen et Moya qui vivent en Nouvelle Calédonie et font un long trajet en Australie (les enfants sont scolarisés au Cned). Alors qu’enfants et adultes s’efforcent avec plus ou moins de bonheur d’appliquer les techniques montrées par les peintres aborigènes, Moya se distingue pour la qualité de sa peinture au doigt. Ce n’est que la première rencontre avec cette famille, comme vous le verrez plus tard.

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Randos

Là où les Tour Operators ne prévoient que quelques heures à Ubirr, nous prendrons au moins deux jours pour sillonner et visiter les environs. C’est l’avantage d’avoir du temps, de savoir prendre son temps.

On va faire de la rando, ça va nous changer n’est ce pas ? Peut-être une reco pour le club de la Musaraigne d’Acigné ?
Le sentier de Manngarre walk, le long de l’East Alligator River fait partie du patrimoine des sites sacrés des aborigènes. Selon la tradition, une partie n’est accessible qu’aux femmes ; évidemment rien n’empêcherait des hommes d’y aller mais des panneaux invitent à regarder, écouter, respecter. Et il nous semble que le respect est bien le moins que l’on puisse observer quand on est en présence d’une civilisation si ancienne dont les croyances et coutumes sont toujours vivantes.

 

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Les kukabura se chamaillent bruyamment, des chauves souris énormes qui vont se coucher se déplacent comme des petits singes, c’est assez drôle à observer.

Bardedjilidji : C’est une autre promenade autour des marais, entre les prolongements de grès érodés de la terre d’Arnhem. C’est absolument magnifique, les sentiers serpentent autour des rochers, il n’y a quasiment personne, un lieu enchanteur.

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On dirait des pancakes empilés, par endroit on se demande comment ça tient :

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Chasseurs-cueilleurs, les aborigènes ne construisaient pas et pourtant on croirait par endroits distinguer d’anciennes forteresses. Les Cathares seraient-ils venus pas là ?

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La frontière

Il n’y a pas de douaniers, néanmoins l’East Alligator River forme une frontière naturelle entre le Northern Territory et la Terre d’Arnhem, ainsi qu’une frontière administrative car il faut un permis pour se rendre dans cette région appartenant aux aborigènes.

Comme un symbole, la route goudronnée se transforme en piste de terre rouge dès qu’on entre en terre aborigène, en direction d’Oenpelli, la prochaine ville.

Nous rencontrons là une femme aborigène et ses 3 enfants, ils nous montrent un crocodile qu’on aurait bien pris pour un bout de bois flottant. Son mari, artiste peintre, est en tournée à Cuba, puis Londres et Paris.

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Tout près de là se trouve l’unique commerce à des tas de kilomètres à la ronde, d’ailleurs le lieu se nomme Border Store. Ce fut longtemps une ancienne taverne des éleveurs de buffles de la région, il s’agit aujourd’hui d’un café-resto thaïlandais (ce qui n’est pas sans nous surprendre) et la cuisine y est délicieuse. Ça change agréablement de la cuisine habituelle.

Ocre et sang

Nous profitons des heures où la luminosité s’y prête le mieux pour aller observer les Peintures qui ornent nombre de rochers abrités des intempéries. C’est émouvant de penser à toutes ces générations qui se sont succédées, utilisant l’ocre et le sang d’animaux pour transmettre leur culture jusqu’à nos jours.

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Les aborigènes pensent que les plus anciennes peintures sur la roche sont dues aux esprits « Mimi » de leurs ancêtres et relient de ce fait le peuple aux légendes de la création et à ses coutumes.Ils ont tous un lien avec le Rainbow Serpent, qu’ils craignent.

La légende du Rainbow Serpent

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Un bébé dans un village pleurait parce qu’il voulait de la Sweet Lily Root (une racine sucrée comestible de nénuphar). Mais les adultes se sont trompés et lui ont donné à sucer des racines amères d’un autre nénuphar, alors évidemment il a continué à pleurer toute la nuit. Le Rainbow serpent qui vivait pas loin l’a entendu et, énervé par ses cris, a emporté tout le village. Damned !

Aujourd’hui il est rare de rencontrer chez les tribus aborigènes des enfants qui pleurent sans que des adultes ne viennent les consoler. Ben tiens, ils n’ont pas envie de se faire embarquer…


 

Il y a encore tant à découvrir qu’on s’en retourne à Jaribu, on bouge tellement qu’on ne risque pas de prendre racine.

On aura encore plein de choses à vous raconter, plein d’images à vous montrer, mais ce sera pour la prochaine fois si vous êtes sages (Sinon, gare au Rainbow Serpent).

9 Commentaires judicieux

  1. Bonjour Toujours » la nature avec un zest d’aventure . »..ça nous donne soif d’autres épisodes que nous consommerons sans modération!!hi
    see you soon
    Bernard

  2. bonjour a vous, je viens yeu »tè un coup d oeil a votre periple
    Superbe photos !! avec la description de votre aventure parfaite
    Continuez ainsi !
    TO BE CONTINUED

  3. Joël, tu étais jaloux d’Irène??? elle seule pour l’instant avait visité les toubibs et les hôpitaux !!! C’est pas booooo la jalousie! (hi hi) Quelles belles photos et toujours des infos super intéressantes! on voyage avec vous.. bonne suite et promis on va être sages pour avoir droit à la suite des récits!!!!!

  4. Bonjour les amis,
    Content de vous retrouver, pleins d’énergie positive issue de ces régions mythiques et de leur vieille et traditionnelle population aborigène. vos reportages sont superbes et très intéressants.
    Bonne continuation et suite de croûtes pour Joël.
    Amitiés

  5. Salut depuis le Portugal, où on a pensé à vous hier quand on visitait un site archéologique avec des peintures rupestres, et dont le musée montrait une cartes des principaux sites avec peintures rupestres classés au patrimoine mondial par l’UNESCO. On a bien retenu le nom de « Kakadu » (on se demande pourquoi, c’est un des seuls qu’on a retenu parmi tous les noms de sites indiqués sur la planisphère…) et on s’est dit que vous ne deviez pas en être loin et que vous alliez sûrement y poser les roues… Bingo !

  6. Vous nous faites rêver! Vos récits votre humour,vos images nous emmènent sur les mêmes chemins que vous et en dépit de la distance vous êtes dans nos cœurs!
    Merci

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