La Slovaquie

Rumen est toujours là, un bivouac du tonnerre, on tombe sous le charme.

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Départ de bon matin, après avoir dormi dans les wagons des trains bulgares, slovaques ou hongrois ; en effet, nous avions choisi un endroit discret pour le bivouac, mais la ligne de chemin de fer toute proche était une véritable autoroute, on aurait cru que les trains passaient au milieu de la tente !

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Nous laissons lâchement Rumen dormir dans son sac de couchage,  il ne réagit pas aux toussotements et autre barouf que nous faisons, mais nous avons à peine fait 100m que le voilà qui arrive ! (Il met moins de temps que nous pour lever le camp).

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L’entrée en Slovaquie n’est pas idéale, on commence par un bout de trajet sur une digue dont le revêtement est inexistant,  ce qui est pour le moins inconfortable. Au bout d’un temps qui nous paraît long, nous optons pour la route et c’est très différent mais pas franchement confortable non plus : si la chaussée est magnifique et inclut une large bande pour les cyclistes,  le trafic est pénible,  notamment à cause des camions,  et c’est d’une platitude et rectitude lassantes ( on n’est jamais contents, penserez vous ). Au bout d’une quarantaine de kilomètres à ce régime,  pause méridienne à une terrasse de café où nous resterons 3 heures. Que fait Rumen pendant ce temps là,  vu qu’il refuse nos invitations ? Il va s’installer dans un coin et nous rejoint à l’heure  convenue.

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Changement de tactique, on prend de petites routes pour revenir vers le Danube. C’est plus plaisant, mais le vent d’ouest toujours de face et de plus en plus fort nous ralentit péniblement, on va se prendre un sacré grain, le ciel s’assombrit. Progressivement,  on découvre une immense digue qui, de loin, ressemble à une falaise  et c’est à Hornibar, petit bourg au pied de la digue, que nous décidons de trouver un endroit ou piquer la tente (ou le duvet pour Rumen). Nous grimpons sur la fameuse digue après avoir traversé une passerelle pourrie et branlante,  et là c’est la surprise : le Danube coule là haut, canalisé, à une hauteur d’au moins 15 mètres au dessus du village et de toute la plaine environnante. On se prend à penser que si la digue venait à céder, nous serions engloutis.

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Du coup, nous décidons de nous éloigner d’ici et retournons au terrain de foot repéré précédemment. Nous demandons l’autorisation au café des footeux, leur QG, accordée bien volontiers et commençons à prendre possession des lieux, procédant aux tâches habituelles,  c’est à dire corvée de bois (ne vous imaginez pas qu’il nous faille une stère de bois, notre réchaud est minuscule, quelques branches suffisent), montage de la tente, feu, popotte.

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L’orage éclate enfin mais il n’est pas aussi puissant que les vents annonciateurs. D’ailleurs Joël est frustré il voulait prendre sa douche sous la pluie, juste un bon arrosage de jardin et du terrain de foot !
Nous partageons nos nouilles et notre soupe « maison » avec Rumen,  on se demande bien ce qu’il aurait mangé sinon : pain sec et prunes probablement.
Ce soir nous ne pouvons pas aller à la source,  le Danube est bien trop haut, alors on s’en va quémander le précieux liquide au bar et on se fait une tite toilette bassine sous la cabane buvette que nous avons investie (pas Rumen il n’aime sans doute pas l’eau).
Après ce royal repas, nous décidons de nous faire une petite sortie en ville, c’est à dire aller boire un coup avec nos hôtes d’un soir. Puisque nous avons fait notre toilette, nous,  c’est en pyjama que nous débarquons au café,  et c’est probablement la première fois que des clients du bar arrivent dans cette tenue.

Au début de la nuit, notre tente s’est effondrée à cause du vent qui est devenu terrible et sous une pluie diluvienne. Comme c’était Joël qui s’était chargé de monter la tente, c’est bien sûr lui qui est sorti sous la pluie et le vent, en tenue d’Adam, pas vraiment ravi quand même. Malgré les nombreux flash qui zébraient le ciel, vous n’aurez pas de photos de cet épisode (censure d’Irène).

Le samedi 11 août, après cette nuit orageuse, avons quitté Hornibar pour Bratislava, tout d’abord par de petites routes car on ne voulait pas prendre le risque de passer par la passerelle pourrie avec les vélos. Visite d’une jolie petite chapelle centenaire,

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près de la petite ville de Samorin où nous faisons quelques courses,

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puis retrouvons la digue accessible enfin pour les 35 derniers kilomètres, le revêtement est confortable mais le vent toujours gênant.

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L’entrée dans Bratislava est un peu délicate, il nous faut trouver le centre ville et c’est à ce moment là qu’on perd Rumen, lui qui était toujours dans nos roues a subitement disparu. Le discret Rumen s’est envolé comme un papillon, sans bruit, sans un au revoir,  bon vent à toi Rumen et bon voyage. Il file sur Vienne et y sera avant nous. Quand le reverrons nous, peut être pas si tard que ça…

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Ayant besoin de trouver un logement (car nous sommes devenus champions de l’improvisation), nous filons à l’office du tourisme qui se trouve au coeur du centre historique et nous donne des adresses d’auberges de jeunesse. Hélas, tout est complet parce que c’est le week end et il y a du monde à visiter Bratislava ; nous avons rencontré 4 jeunes bretons venus y passer le week end, les vols low cost amènent beaucoup de visiteurs.

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Retour à l’office du tourisme, l’hôtesse charmante nous trouve une chambre d’hôtes. Mais nous ne savons pas ce qui nous attend… Le proprio vient nous chercher avec sa moto, parce que ce n’est pas tout près ni tout plat : la route pour arriver chez lui est si pentue que même en poussant les vélos c’est exténuant. Heureusement, le lendemain matin ça va descendre à toute allure. Pension Vilò, adresse à retenir,  très bonne prestation.
Nous partons à la recherche d’un coiffeur, que nous ne trouverons pas car les petits commerçants ne travaillent pas le samedi,  pourtant nous  en avons bien besoin !

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A cette occasion, nous parcourons la ville et c’est le coup de coeur. Bratislava est une capitale à dimension humaine, il est très aisé d’y déambuler le nez en l’air,  beaucoup de beaux bâtiments,  musées, les vieux et nouveaux trams se croisent sans cesse, on laisse nos pas décider pour nous et c’est ainsi que nous arrivons en plein concert de rue avec scène au milieu de l’esplanade,  le batteur est très, très beau (Joël trouve pas !).

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Après avoir commenté la tactique de joueurs d’échecs géants (les échecs, pas les joueurs, quoique c’eût été encore plus intéressant).
Notre soirée se terminera par un bon repas de spécialités slovaques au Flag Ship rue Postova dans un décor de théâtre, encore une bonne adresse à retenir, pas dans le quartier des restaus à touristes !

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Au grand dam du proprio, nous quittons de bonne heure les lieux, il a enfermé nos chevaux dans son garage et a dû se lever tôt pour les sortir.
Pas de difficulté particulière sauf un bout de bretelle à l’envers,  mais bon… c’est la blonde du vélo qui a enduit Joël avec de l’erreur !
Peu avant la frontière autrichienne,  nous rencontrons Patrick et Arlette, partis de St Nazaire pour Bucarest en 5 semaines.

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Patrick n’ayant plus l’usage de ses jambes depuis un accident de cheval, ce sont ses bras qui le propulsent, ces deux là ont une pêche d’enfer et relativisent sur beaucoup de petits soucis, notamment les problèmes d’accessibilité lors de leurs étapes.  Ils connaissent les Joelettes, ils sont du département de la Haute Saône et roulent pour Handisport. Bravo à eux, nous sommes baba devant tant de détermination et de courage.  Bonne route à vous deux et vos accompagnants qui vous attendent au terme de chaque étape.

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Les slovaques nous ont parus accueillants et sympathiques,  et leur pays a l’avantage de pratiquer des prix raisonnables,  contrairement à l’Autriche voisine. Petite déception toutefois, il n’y a pas de monnaie locale, ici c’est l’euro et c’est bien dommage,  finies les liasses de billets sur lesquels on doit compter les zéros,  on n’a plus l’impression d’être riches.

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1° jour : de Komarom à Hornibar.  84 km, moyenne 15.8 km/h
2° jour : de Hornibar à Bratislava.  52 km, moyenne 12.9 km/h

8 Commentaires judicieux

  1. l’europe de l’est ne va plus avoir de secret pour vous! Noyal se rapproche a la vitesse grand V elo encore quelques tours de roues.
    Bon courage

  2. encore de belle histoire, on voit en image, ce que vous nous avez raconté la dernière foi par la web cam, mais on veut voir les photo de joel sous l’orage!!! (heureusement pour joel qu’il n’y avait pas de grêle)!!!
    pleins de bisous, et de courage!!!!!!

  3. désolée, mes propos précédents sont nuls et non avenus,c’était simplement une réaction et sujétion humoristique à la page blanche émise ce jour là, loin de penser qu’il pouvait s’agir d’une panne « d’informaticien ». Bien le rattrapage du texte ci-dessus. Sans rancune, passons « HORNI BAR » qui mal y pense !!. Merci pour la pensée du 14.8. le smack apprécié reste collé sur ma joue. A propos du batteur,avis idem « beau » , (vs êtes quittes ts les 2, lui jaloux ne le trouve pas beau et toi tu ne veux pas nous donner sa photo nu comme un ver….. pas comme la définition du mot…)
    bonne continuation , j’attends chaque jour avec impatience la suite … BZZZ. LM

  4. Bon, je vois que le batteur fait débat….(débattre du batteur, il faut le faire!). Sinon, Bratislava a l’air plutôt pas mal. Joël et Irène, Avez-vous pris des contacts pour un jumelage? Bonne route…
    Mimi & GG

  5. Bratislava a l’air d’être une belle ville. Le batteur aussi n’en déplaise à Joël.
    Vous faites aussi de belles rencontres. A part Rumen qui paraissait être vraiment un SDF. Mais ne jugeons pas il a le mérite de pédaler.
    A bientôt pour la suite.
    Bises Paulette.

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