La traversée du Nullarbor

La plaine de Nullarbor est une vaste région plate, presque sans arbre, aride ou semi-aride. Le terme de Nullarbor est formé sur les mots latins nullus, « nul », et arbor, « arbre ». Les Aborigènes ont donné à cette région le nom de Oondiri qui signifie « sans eau ». C'est le plus grand ensemble au monde de calcaire d'un seul tenant. Dans sa plus grande largeur, la plaine s'étend sur environ 1 200 kilomètres d'est en ouest entre l'Australie-Méridionale et l'Australie-Occidentale. Le climat de la région est typiquement désertique avec des températures maximales pouvant atteindre 48,5 °C en journée alors qu'il gèle la nuit.

La question est donc : Comment va t-on s’y prendre pour traverser ça ? On a envisagé plusieurs options :

  • A vélos, tout simplement. Totalement exclu, tous les cyclistes que nous avons rencontrés nous en ont dissuadés, car d’ouest en est on aurait le vent (violent) de face en permanence. Il y a des furieux qui y arrivent, mais ce sont des furieux, justement.
  • En avion, comme tout le monde. Exclu aussi, en avion on ne se rend pas compte des distances, on ne voit rien, ça pollue un max, et on n’est pas venus pour aller vite mais pour découvrir.
  • En train, il y a une ligne qui va de Perth à Sydney en « seulement » trois jours, on pourrait prendre le train en route à Kalgoorlie et en descendre à Adélaïde. Sauf que, curieusement, il n’y a pas de place si on part de Kalgoorlie alors qu’il y en a si on part de Perth, c’est assez farfelu.
  • En bus. Bonne idée, sauf que ça fait des années qu’il n’y a plus aucun service de bus pour traverser le Nullarbor.
  • En motor home (camping car) comme on avait fait pour traverser le désert entre Cairns et Darwin quasiment gratuitement. Ce serait bien, mais il n’y a pas d’offre de relocation dans cette région, et il faudrait revenir à Perth, on n’aime pas revenir en arrière.
  • En bateau, comme nous le suggère le plus assidu de nos lecteurs belges, mais pour traverser un désert on a peur que ce ne soit pas vraiment adéquat, une vraie galère (à moins que ne soit une histoire belge…)
  • En camion. Voilà une idée qu’elle est (peut être) bonne. On se place au bord de la route et on fait du stop, tout simplement ; on finira bien par trouver un road train pour nous embarquer… ou pas.

En fait la réponse viendra toute seule, par une heureuse coïncidence. Lorsque nous étions à Denmark, nous avons vu passer un minibus arborant le logo « Nullarbor Travellers », et trainant une grosse remorque. Immédiatement, avec la vivacité d’esprit qui nous est coutumière, on s’est dit que nos vélos iraient bien sur la remorque et nous dans le mininibus.
Sitôt vu, sitôt fait, contact est pris avec le tour operator, on négocie un prix qui va bien et le problème de la traversée du Nullarbor est réglé, ce sera avec un groupe d’une dizaine de personnes partant de Perth, ils nous recupèreront à Esperance au passage. Durée de la traversée : 8 jours, c’est parfait, ça ne va pas trop vite et on aura l’occasion de voir plein de trucs en route (en stop on aurait fait ça en 2 jours seulement, à moins que le chauffeur ait envie de faire du tourisme, ce qui est peu probable).

Mais avant de prendre le départ, revenons un peu à Esperance.

Esperance

Les plages d’Esperance sont réputées pour être les plus belles d’Australie, nous en avions vu de très belles sur la côte Est et encore dans le Nord Ouest, mais ici c’est vrai que c’est un régal pour les yeux, de toute façon on ne se lasse pas des nouvelles vues et des paysages grandioses que nous pouvons découvrir, à chaque fois c’est un enchantement renouvelé. Nous profitons donc de ce décor naturel pour faire nos photos de Noël en costume de bain. Une première pour nous deux d’être au soleil en cette période de l’année. Bien qu’Irène ai un petit pincement au coeur de ne pas être auprès de ses enfants et petits enfants, nous réussissons tout de même à bien profiter de cette période avec une pensée pour nos familles restées sur le vieux continent.

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Nous visitons la ville (13 000 habitants environ) qui finalement n’est pas très grande et mettons à profit notre temps de non-pédalage pour envoyer nos voeux aux familles australiennes qui nous ont accueillis tout au long de notre voyage. Accessoirement, on lit le journal local, c’est instructif :

  • Le « Prince » Leonard, de Hutt river, doit payer ses arriérés d’impôts à l’Australie 2.6 millions de dollars. Il a 91 ans, il doit bien s’en moquer.
  • La scierie de Pemberton ferme définitivement le 31 décembre, comme plusieurs autres avant elle dans la région. Ca va plomber les commerces de cette petite ville que nous avons bien aimée.

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On achète aussi des noodles (nouilles) pour accompagner les couvertures de seconde main, mais patience vous saurez bientôt pourquoi !
Évidemment avec nos vélos « spéciaux » nous ne passons pas inaperçus et sommes hélés par une famille rencontrée 4 mois auparavant, le 25 aout précisément, dans le camping de Milyanna ; nous retrouvons Gordan, Hélène, et leurs filles Nikita et Alexia. Couple d’origine Yougoslave et Sud américaine, cette famille vit à Sydney et parcoure l’Australie pendant une année et ils ont bien raison de prendre du temps pour eux et d’offrir à leurs deux filles ce voyage itinérant  découvrant ce pays si grand, riche d’histoire avec un grand H, d’histoires de vies étonnantes, et d’une nature qui nous gâte tant par sa flore que sa faune ou même de son sol regorgeant d’une quantité incroyable de minéraux.

Loin d’un monde moderne où prédomine la consommation, ils retrouvent les bases essentielles qui soudent la famille et une éducation ouverte sur la nature et sur les autres, loin des technologies addictives. Les enfants des familles que nous avons rencontrées sont étonnamment joyeux, libres de leurs paroles, curieux, à l’aise avec les adultes rencontrés, pondérés dans leurs échanges et surtout à l’aise dès qu’ils arrivent sur un nouveau lieu de campement, loin de toute inhibition ou timidité, ces enfants ne mesurent pas encore la chance qu’ils ont de parcourir ainsi leur pays. Ils en auront des souvenirs enmagasinés et de belles histoires à raconter à leurs petits copains en retrouvant l’école à la rentrée prochaine.

Esperance est un point de chute privilégié le week end pour les habitants des villes minières comme Kalgoorlie-Boulder. C’est également un lieu de vacances prisé par les habitants de Perth ; en ce moment ce sont les vacances scolaires d’été et il y a un peu trop de monde pour nous.

Le Grand National Park

Fort heureusement la ville est bordée par plusieurs parcs nationaux dont celui de Parc Le Grand, c’est là que nous allons nous diriger ;  pas par n’importe laquelle des routes, la Goldfield road s’il vous plaît. Du côté couleur jaune nous sommes gâtés puisque les Munji, ces arbres de Noël sont en fleurs et égayent le paysage de gros bouquets éclatants.

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Les Blue Gums plantés pour la fabrication du papier embaument l’air et nous chatouillent les narines. Vent dans le dos nous avancons rapidement. Quand nous bifurquons sur la Merivale road il nous prend 3/4 droite c’est moins bien par contre quand on se retrouve sur la Cape Le Grand road, rien ne va plus, c’est vent de face et ça mouline fort. Le mont Frenchman Peak se dresse devant nous, la côte et la mer sont donc de l’autre côté.

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Une voiture s’arrête à notre hauteur : « Alors les bretons, vous pédalez toujours ? » Un jeune homme rencontré au parc Parronella sur la côte Ouest il y a sept mois. Le monde est petit dit-on mais d’un autre côté, il y a peu d’habitants en Australie et ceux qui sont sur la route encore moins nombreux, et puis des vélos couchés ça se remarque.

Lucky Bay

Il manque des adjectifs pour décrire tant de beauté de la nature, c’est tout simplement éblouissant, épatant, surprenant, bluffant, incroyablement beau, etc…..d’arriver, après une longue montée, devant Lucky Bay qui se dessine à nos pieds. On s’arrête et on déguste ce qui s’impose à nous, majesteuse côté dessinée aux flancs des falaises, plage de sable blanc éclatante de luminosité sous le soleil. Les vagues déferlent en rouleaux et s’écrasent sur le sable en gerbe d’écume blanche, c’est venté, ca décoiffe, nous sommes sous le charme ! Génial le camping est au bord de la mer qui gronde et qui salue notre arrivée à sa manière. Quelle récompense, le bonheur est si simple finalement. Nous avons bien sur une pensée pour les premiers habitants de ce continent si heureux eux-mêmes vivant en harmonie et en paix.

Oh mais qu’aperçoit on sur un emplacement ? Une tente Hilleberg, la même que la nôtre… ça ne peut être que l’abri de cyclistes ! Bingo voilà Eliane et Laurenze, un couple de Suisses qui sont arrivés la veille et qui ont subi les vents de l’après midi à tel point qu’ils ont dû rester enfermés dans la tente, solide Hilleberg, même pas envolée , alors qu’autour d’eux les tentes s’écroulaient les unes après les autres. Contents de rencontrer des voyageurs à bicyclette, on a plein de choses à partager.

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Ils partiront le lendemain, ils rentrent sur Perth en bus puis traverseront le Nullarbor en avion, regrettant de ne pas avoir su que ça pouvait se faire en minibus, Mais de toute façon il n’y aurait pas eu de place pour quatre vélos sur la remorque. Nous échangeons tomates contre Shellite, c’est quoi ça ? Non pas un dessert ou une boisson énergisante, bien plus simple, c’est un liquide combustible pour notre réchaud, ils ne peuvent pas le transporter dans l’avion, des fois que ça explose !

Que ce soit sur la plage ou près de notre campement, les kangourous sont toujours intéressés et fort curieux :

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Nous partons en randonnée à pieds le lendemain matin, passant de baies en baies, escaladant, grimpant, photographiant, nous régalant de plus belle entre la mer, les landes, les petites fleurs et plantes généreuses et la bonne compagnie de nos compagnons de marche.

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Ah oui, on a oublié de vous dire qu’à partir de maintenant nous ne sommes plus seuls. Un groupe de 11 personnes nous a rejoint hier soir et ils vont devoir nous supporter (et inversement) pendant une semaine.

On vous dit tout :
Les noodles (nouilles), pas en sachet, mais ce qu’on appelle chez nous des frites pour se mettre sous les bras à la piscine. Bon, frites ou nouilles c’est du pareil au même, on se demande bien pourquoi on les a nommées ainsi ? les couvertures vont servir à poser nos vélos sur le toit de la remorque et les nouilles vont être coupées en petits morceaux qui vont protéger les vélos entre eux des secousses de la route. On a déjà essayé le truc quand ils étaient à l’arrière de la voiture entre Katherine et Perth. Objet détourné de son utilisation initiale au profit de la protection vélocypédique.
Voilà donc nos montures qui prennent de la hauteur sur la remorque, bien sanglées on l’espère !

C’est parti pour 7 jours à 12, majoritairement des Européens, allemands, suisses, irlandais, neerlandais, plus notre guide – cuisinière- chauffeur : Annelies.

Re-Esperance

On prend place à bord du petit bus où les places sont déjà bien investies ( 2 sièges pour 1 personne) on n’ose pas trop déranger pour s’intaller confortablement, et du fait ca ne sera pas vraiment le grand confort. Tant pis c’est parti.
Nous revenons sur nos pas jusqu’à Esperance, là où nous avions mis 4 heures à vélos, il ne nous faut que 40 minutes. Notre guide fait les courses pour les jours à venir et le plein de carburant et d’eau. Pendant que le groupe file à la plage, nous on fait nos cartes de voeux dans un petit troquet…. hum voilà déjà qu’on fait bande à part, ça promet !!! Mais bon, on y était déjà allés à cette plage, alors on a une bonne excuse.

Récupérés, nous voguons si on peut dire sur la Esperance Highway jusqu’à un petit village de Salmon Gums écrasé de soleil. On trouve une place de parking pour le lunch time tout le monde s’affaire, enfin presque, pour donner le coup de main. Au menu ce sont des wraps, ces petites galettes que l’ont garnit de légumes, viande, ou de tout ce qu’on veut. Le résultat est dans l’art de plier correctement ces galettes sans s’en coller partout ou les faire exploser à la première bouchée.
Pas le temps de visiter le bourg, pas plus que la ville de Norseman où on fera à nouveau de l’essence, la Eyre Highway nous attend !

Norseman

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Pourtant Norseman, ville de 1 000 habitants, est célèbre ; elle porte le nom du cheval qui a provoqué une ruée vers l’or en faisant jaillir une pépite sous son sabot. La mine est toujours en activité mais la population a sacrément baissé. C’est la dernière ville avant la grande traversée du Nullarbor, presque ville fantôme.

Le chauffeur d’un road train fait lui aussi le plein de son engin, on ne joue pas dans la même cour : 72 litres/100 km, $ 3 000 le plein gloups….
C’est reparti, on roule et on roule rectiligne, circulez y’a rien à voir (ça va trop vite).

Notre campement du soir se fera à Newman Rocks, un endroit où on accède par une piste qui réveille les endormis. C’est joli, des gros blocs de roches au milieu de la végétation. Un troupeau de vaches près du point d’eau se demande qui ose venir troubler leur quiétude.
Anelies nous propose d’aller récolter du bois mort aux alentours pour le feu de camp du soir.
Elle explique que pour aller faire son « business » il faut prendre la pelle et le rouleau de PQ, faire son trou et recouvrir la chose. Suprise pour « certaines » visiblement pas habituées à ce que tout le monde sache qu’elles vont faire leur « business », évidemment la pelle est conséquente, le sol est dur par ici… Méchants, on se marre. Pourtant les buissons aux alentours ont vus des derrières qui ont laissé à la fois les étrons et le papier, pollueurs va qui ne se soucient guère des suivants qui aimeraient bien trouver un spot où ne fleurit pas le PQ !!!

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Le montage des tentes sous le vent est joyeux, certain(e)s ne sont pas bien à l’aise avec la manip, quant à nous ça va : Nous continuons à monter notre tente comme depuis si longtemps, on est plus que rodés.

On ajoute deux nouveaux mots à notre vocabulaire :

  • Tipsy : À moitié pompette
  • Shitfaced (tête de merde) : Complètement bourré.

Ça promet, pensez vous ?!

La ligne de l'Indian Pacific est à notre gauche à 150 km. Elle comporte notamment la plus longue ligne droite de chemin de fer au monde : 479 km ! 
Mais nous allons nous contenter de poursuivre sur la Eyre Highway dont le début de la construction remonte à 1949, mais elle n'a été totalement goudronnée qu'en 1976.

La population aborigène locale était composée des Wangai et des Spinifex (comme la plante qui pique).
A Maralinga les anglais ont procédé à des essais nucléaires dans les année 1950. Les aborigènesétaient supposés quitter la région, cependant il était impossible de les prévenir (pas de téléphone 3G, pas d'internet, juste deux types envoyés dans le bush), alors ils ont subi l'effet des radiations. Ces essais, négociés par Londres et Canberra au plus haut niveau, et sans consultation du Parlement australien, se sont déroulés à l'époque dans la plus parfaite indifférence de l'opinion publique, tenue dans un secret à peu près absolu. Les français n'ont pas le monopole...

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5 heure du matin :  Tout le monde de debout ! La lumière matinale est superbe, en route !

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Mundrabilla. Arrêt à la roadhouse, on discute avec deux backpackers français embauchés pour six mois. La vie ici doit être d’une monotonie impressionnante, mais le gros avantage est qu’is font des économies vu qu’il n’y a aucune opportunité de dépenser son argent au milieu de ce désert.

Le plus grand golf du monde

1 365 km pour les 18 trous réglementaires, qui dit mieux ? Certes, ce n’est pas toujours green et il vaut mieux que le caddie soit résistant, mais pour $ 70 ça vaut le déplacement, non ? Avis aux amateurs que l’on ne citera pas !!!

Eucla, 80 habitants

Bien que ce soit le principal point d’arrêt entre Norseman et Ceduna, la localité est presque une ville fantôme depuis les années 1900, sa principale raison d’être ayant été le relais télégraphique, aujourd’hui en ruines.

Autrefois près de la mer, le village a du être déplacé parce qu’il était envahi par le sable. A cause du vent ? Que nenni, à cause des lapins ! Ces fichus animaux introduits par des colons bien mal inspirés ont tellement déstabilisé la dune qu’elle a fini par se désagréger.

L’Irlandaise Daisy Bates (1859-1951) a vécu avec les Aborigènes de la région, les a aidés,  a dénoncé la cruauté des colons Australiens envers eux, s’est opposée à l’exploitation sexuelles des femmes Aborigènes par les Européens, notamment le long de la construction de la voie de chemin de fer. Elle s’est souvent frittée avec le gouvernement de sa Majesté.

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Ce sera l’occasion d’une baignade pour ceux que le vent n’effraie pas, il a d’ailleurs l’avantage de faire sécher les baigneurs plus rapidement que la meilleure des serviettes.

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Les chameaux

On n’échappe pas à la tradition des photos que tout le monde fait, notamment sous le triple panneau :

A ce sujet, les chameaux intriguent souvent, les gens ne sachant pas qu’il y en a dans ce pays. Ils ont été introduits par les explorateurs qui s’en allaient pour des mois parcourir le désert pour découvrir ce qu’il y avait de l’autre coté (Certains croyaient trouver une mer intérieure, ils ont été bien déçus). Puis ils ont été plus massivement utilisés comme animaux de bât lors de la construction de la ligne de chemin de fer. Les Afghans qui les exploitaient étaient réputés pour leur dureté vis à vis de ces animaux.

Quant leur usage n’a plus été nécessaire, ils ont été relâchés dans la nature (les chameaux, pas les Afghans) et ne se sont pas privés de faire des petits (les Afghans aussi), c’est pourquoi il y en a plus d’un million aujourd’hui et c’est un vrai fléau. Un effet encore visible de l’usage de ces chameaux : La largeur des rues des villes était calculée pour qu’un convoi puisse faire demi-tour, ce qui explique leur largeur démesurée.

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South Australia

On change d’État, c’en est fini du Western Australia où nous avons passé près de cinq mois, bienvenue en South Australia où on ne va rester que quelques jours (vous verrez ça plus tard). Changement d’heure également, et là c’est le bazar : Entre l’heure du Western Australia (WA) et celle du South Australia (SA), qui diffèrent d’une heure et demi, il y a une heure « locale » qui ne diffère que de 45 mn ; ça n’a rien d’officiel, mais ça explique que dans les roadhouses on trouve trois ou quatre horloges côte à côte, c’est un peu compliqué. Surtout que le WA ne change jamais d’heure alors que ses voisins ont un changement entre l’hiver et l’été… Un truc à s’arracher les cheveux !

Après 700 km, arrivée à Koonalda Homestead, ancienne propriété de la famille Gurney qui l’a construite en 1938 et l’a abandonnée en 1988. Elle a été construite principalement avec des restes de traverses de chemin de fer. C’était une escale pour la nourriture et le carburant avant que l’autoroute actuelle soit construite. Il y a dans les environs tout un périmètre de grottes et de cavernes qui assuraient l’eau sur la ferme. Evidement il est déconseillé de s’y aventurer seul si on veut être assurer de revenir.

Un grand feu de camp autour d’un plat de spaghetti, c’est sympa. On ne monte pas la tente, il y a une véranda qui fera un excellent abri. Et il y a des toilettes sèches, c’est nouveau, la fois précédente où Anelies est passée il fallait encore creuser son trou.

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L’endroit est un peu étrange, avec le cimetière de voitures qui propose toutes les teintes de rouille possibles et imaginables. Malheureusement c’est un peu crado aussi, puisque la propriété est maintenant gérée par le Parc National on aimerait qu’elle fasse l’objet d’un minimum d’entretien. Idem pour les bâtiments de la homestead dont la toiture commence à se déglinguer, si le vent s’engouffre là dedans tout va s’envoler et ce sera bien dommage.

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En reprenant la route le lendemain matin nous nous arrêtons admirer les falaises de Bunda Cliff plongeant verticalement dans la mer et qui se laissent admirer de loin.

 

Et on dit qu’il n’y a rien a voir dans la plaine du Nullabor !!! C’est tout simplement GÉANT.

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Au moment du pic nic du midi on s’y met tous, qui du découpage des légumes, des fruits, sortir la vaisselle, la grande glacière, les gamelle, le réchaud à gaz… et c’est parti pour cuisiner tous les légumes et viande hachée restants. Il faut tout manger avant de passer à la douane « quarantaine » où fruits et légumes ne doivent pas passer, si ce n’est dans nos estomacs !

Heads Bight

Un point de vue imbattable pour voir la baleine australe. Entre juin et octobre de chaque année, jusqu'à 100 baleines franches australes fréquentent cette zone du littoral sud-australien pour se reproduire et donner naissance à baleineaux.

Pas de chance, nous sommes en décembre, pas la queue d’une baleine à l’horizon. On mangera autre chose au pic-nic, moment important de la journée s’il en est. La vue sur les falaises de Bunda est spendide ; hautes de 70 m, elles s’étendent sur 200 km.

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Ceduna

La barrière à dingos, longue de 5 320 km, a été érigée vers 1880 pour protéger les élevages de moutons. Evidemment, c’est la plus longue clôture construite au monde, encore un truc de fous.

On découvre ici une jetée très particulière puisqu’elle est arrondie. Ça n’a pas du être facile à construire, et ce n’était pas pour faire joli, mais les fonds sont très peu profonds ici, pas moyen de faire autrement.

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Super dunes

Près de Baird Bay, où passent des dauphins, il y a de super dunes et c’est un régal que de les descendre sur la planche adéquate. Curieusement, c’est comme en vélo : Ça descend hyper vite sans frein, faut se laisser glisser, par contre pour remonter c’est une autre affaire. C’est même pire, le sable est super mou, trois pas en avant, deux pas en arrière et la planche à remonter qui sert de piquet d’appui… de vrais gamins… Joël s’est mangé du sable, a égaré ses lunettes puis couru après la planche qui continuait de glisser sans lui !!!

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Coodlie Park

Nous arrivons à « Anxious Bay » où se trouve le camp de ce soir « Coodlie Park ». C’est le lieu de rendez vous de trois des bus « Adventure tour », dont le nôtre,  qui traversent le Nullarbor. Ca met un peu plus d’animation pour la soirée.

Le BBQ est déjà prêt (c’est l’avantage d’arriver les derniers) les autres ont tout préparé et ça sent bon : des côtelettes de porc, de moutons, des saucisses, des patates, des légumes, c’est l’opulence ce soir, on va se régaler !!!

 

On se fait brieffer par le big boss qui nous explique comment prendre la douche, une nouveauté pour nous. Il faut d’abord remplir un seau d’eau chaude d’environ 10 litres au robinet du camp kitchen puis faire une centaine de mètres avec pour aller jusqu’au baraquement des douches. Ensuite descendre un seau à l’aide d’une corde et d’une poulie jusqu’à un petit support rétractable, remplir le seau d’eau chaude, le relever à l’aide de la corde et de la poulie, coincer la corde au bon crochet selon la hauteur de douche voulue et s’assurer que le seau ne nous tombe pas sur la tête. Enfin pousser le support du seau contre le mur. Il ne reste plus qu’à tourner la manette sous le seau pour que l’eau coule.

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Ce système de seau suspendu à une poulie est vraiment rigolo. Excellent pour les économies d’eau, car il vaut mieux avoir terminé de se rincer avant que le seau ne soit vide. En fait, il s’avère que c’est plus que suffisant, on devrait peut-être installer ça à la maison…

Quant aux cabanes pour dormir, c’est le luxe : Pas besoin d’installer la tente et on est à l’abri, que demande le peuple ?

La chambre à coucher (c’est le bazar la dedans !)

Les Lions

Puisqu’il y a des chameaux, pourquoi pas des lions ? En effet, il y en a plein mais ceux-ci sont maritimes, les sea lions sont nombreux et très joueurs. Il suffit de se mettre à l’eau pour les voir arriver, ils vont à une vitesse impressionnante et s’arrêtent tout aussi vite, semblant très curieux de ces drôles de créatures en tenue de plongée qui viennent leur rendre visite.

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Heureusement, ce n’est pas l’appétit qui les motive car ils ne sont pas nourris pas les hommes, c’est strictement interdit, nous sommes dans un Parc National (Même si on a vu qu’à Monkey Mia il y a une exception pour les dauphins qui font venir les touristes dans le resort).

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A la japonaise

On se fait une journée à la japonaise dans le Coffin Bay National Park, s’arrêtant en plusieurs endroits sympas mais fort peu de temps à chaque fois, le timing est serré. Y’en a une qui fait la tronche…..clic, clac, tout le monde sort en même temps, prend la même photo, remonte dans le bus… jusqu’au prochain point de vue….. re clic, clac……

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Port Lincoln, la capitale du thon

A l’extrême sud de la péninsule d’Eyre, cette ville de 15 000 thons habitants a l’air bien tranquille. La célébrité locale ?Makyba Diva, le cheval qui a gagné la Melbourne Cup plusieurs années de suite. Vu le succès incroyable de cette coupe (on vous en a parlé à Perth), ça a dû rapporter un sacré tas de dollars au propriétaire du canasson. Irène rencontrera une jeune femme qui travaille dans une bijouterie et dont le mari est originaire d’Arcachon. Les français parlent aux français. Devinez qu’est ce qu’il fait ici ? Les meilleurs huitres de toute la région, il parait qu’elles sont délicieuses (parole de Aymeric et Julie, notre petite famille Motte).

Kikéla ? Les koalas !

Au camp de Mikirra il n’y a pas la foule, seulement notre groupe. Par contre, il y a du monde dans les arbres : Les koalas sont là et ça se voit. Et non seulement ça se voit, mais ça s’entend : Au crépuscule ces espèces de peluches émettent de sacrés grognements et cris, tout à fait hors de proportions avec leur taille, on dirait que des monstres rodent dans le coin. Ces animaux là ne sont en apparence pas bien vifs et ne se déplacent que peu (50 m dans la journée, 70 m la nuit, ils ne sont pas prêts pour un marathon) mais ça castagne bien quand les mâles veulent s’approprier les femelles (comme chez les humains) et il n’est pas question qu’un intrus vienne se percher dans un arbre déjà occupé. Ces petites peluches vont animer notre soirée de Noël.

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Au menu de cette soirée de Noël : Brochettes de poulet et de kangourou, légumes et purée maison. Tenues de soirée avec bonnets rouges (comme en Bretagne) et décorations. On n’aura jamais vécu un Noël aussi sobre et si calme, les photos de la galaxie remplacent bien les photos au flash des soirées traditionnelles.

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Il faut lire Noël, c’est pourtant simple non ?

Noël à Whyalla

Léger contretemps dans le programme, une des passagères s’est fait piquer et a la main qui enfle durablement, une consultation à l’hôpital permettra de résoudre le problème. Le remède : Amputation antibiotiques.

Il fait 39°, nous sommes sur le front de mer, l’ombre est bienvenue. Au menu, pour une fois ce ne seront pas des wraps mais du jambon de porc au miel (un délice, comme quoi on peut trouver du bon jambon ici, mais il faut attendre Noël), et au dessert une Pavlova avec crème battue et fruits décongelés. La Pavlova est une espèce de meringue, c’est « traditionnel » et en l’occurence plein d’une quantité impressionnante de trucs chimiques, mais ça se laisse manger (une fois l’an, ça ira) quand en plus la crème est battue à la main, il n’y a rien à redire. Merci Anelise.

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On fait après midi relâche, certains vont faire plouf dans la mer chaude, d’autres vont se prélasser sur les serviettes et parfaire leur bronzage après s’être bien tartiné de crème solaire, d’autres vont jouer aux cartes ou au Rumikub, d’autres encore descendent des bières… on fait quoi nous ? On vous laisse deviner ……

Cape Remarkable

Ce soir le ciel plombé, pas de brise. Nous arrivons dans le parc national de Cape Remarkable un peu tardivement. Tout le monde est un peu amorphe, il fait une chaleur moite, au menu  les bons restes du midi sans la Pavlova, comme il se doit. Pendant la nuit ça commence à pleuvoir, ceux qui n’ont pas installé de double toit de leur tente commencent à pousser des cris d’effroi et le montent en catastrophe, finalement c’est pas la peine il ne tombe que quelques gouttes.

Le lendemain matin on s’offre une heure de rando (seulement) sur le Cape Remarkable (lequel est en effet remarquable), trop brève, nous qui aimons prendre notre temps sommes frustrés. Ce sont clairement les limites du voyage en groupe, quand on a gouté à la liberté on n’aime plus les contraintes, et le timing à respecter, mais on savait en s’inscrivant pour cette traversée que l’on risquait de ne pas y trouver notre compte.

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Le reste de la journée sera consacré à la conduite avec un ou deux arrêts pour le pic-nic et se dégourdir les jambes pour arriver en fin d’après-midi à Adélaïde. Notre guide Anelies déposera chacun à son point de chute respectif et nous serons 5 à se retrouver dans un backpacker que nous reconnaissons immédiatement ; nous y étions venus il y a 12 ans. Rien n’a changé !

Bilan

Bilan de cette traversée : Très heureux de l’avoir fait par voie terrestre, nous avons pu prendre la mesure de la démesure de cette contrée sauvage et désertique. La plaine du Nullabor est envoutante, il faut vraiment avoir un goût prononcé pour la solitude pour rester vivre dans ces petites villes éloignées les unes des autres, presque villes fantômes. Le vent a soufflé fort et nous étions ravis de ne pas être sur nos vélos sur les longues lignes droites avec le vent dans le nez et sous le soleil de plomb. De plus nous avons apprécié ces « presque vacances » puisque n’avions pas à penser aux courses, ni aux spots du soir à trouver, pas de carte à étudier pour l’itinéraire, bref on se l’est coulée douce comme on dit. Le revers de la médaille est la promiscuité avec les compagnons de route que nous n’avons pas choisi. En dehors de 3 personnes, nous n’avons pas réussi à communiquer et échanger sur nos voyages respectifs, nous le regrettons, peut être sommes nous responsables, trop exigeants, trop vieux, la majorité des voyageurs étaient des jeunes de moins de 30 ans.


Clin d’oeil

Comme on n’est pas chiens, on va prendre encore des tas de chouettes photos pour vous :

25 Commentaires judicieux

  1. je vous adore , vous me faites rire …je suis aussi jalouse de votre décor de noel , ce beau ciel de nuit ………MAGIQUE …………….Vous sur vos vélos en habit de noel c’est trop cool ……Vous etes pas vieux au contraire vous etes 100 fois plus jeune que tout ses sois dit jeunes qui trainent la savate devant leur écran ou au bas de leur immeuble en pensant qu’a faire du mal …..Ma fille va partir en cc seule vivre direction l’europe du nord elle laisse son appart fin mars ….Je ferais peu etre un peu de route avec elle dans ses allés et retour ou peu etre pas si elle trouve un chéri , je lui souhaite mais jusqu’a maintennant ceux qu’elle trouvé étaient pas des aventuriers …lolll….Bon assez discutée …….J’attends la suite ……..Bisous Bisous a vous 2 …..Lili

  2. Bravo! Vous êtes incroyables et votre blog est magnifique sur le fond et sur la forme: Merci! Vous lire est un voyage, c’est remarquablement écrit (merci pour le temps que cela prend) et vos photos sont superbes.
    On est avec vous, vous nous faites rêver. Surtout que ça caille ici en ce moment.
    Continuez bien, à voyager et à alimenter le blog.
    De gros bizhous
    Christian

  3. Ah, je suis surpris : normalement les chameaux ont deux bosses, non ?
    Allez, je plaisante… Vos images sont toujours aussi belles et vos aventures croquantes.
    Bon vent et bonne route.
    Amicalement.

  4. A great read. We meet you at Halls Gap Caravan Park in The Grampians. Talking with you in the camp kitchen (until the lights went out) was memorable. Hope you are continuing to enjoy you Aussie travels.

  5. toujours de + en + jeunes – surtout quand les « poils » ont disparus ,la coupe ça vaut le coup…- la verve est toujours au top… , malgré qu’un an de plus approche pour l’un d’entre vous…!!!hi hi ….. mais je constate pas de défaillance, bravo bonne continuation, vous me tenez en éveil…. et j’aime lire…. -des bisous à vs 2.

    • Plus jeune sans les poils, c’est vrai, donc tout le monde va se mettre à se raser les cheveux, les sourcils et les jambes…..60 petits balais sont passés comme une lettre à la poste……avec des grimpettes de côtes au menu du jour J bises à toi la Louise Marie !!!

  6. Ah un peu de chaleur ça fait du bien, car nous avons le ciel bleu, le soleil mais la glace dans le pays rennais !
    Commentaires et photos encore magique pour nous transporter près de vous et admirer cette belle nature. Dommage il y a toujours ces animaux à quatre pattes et à bosse(s) pour vous rappeler de mauvais souvenir.
    Bises à vous deux de Mamie Nicole.

  7. des photos vraiment incroyables ! de paysages grandioses aux fines fleurs et au lézard
    chapeau l’artiste ….. évidemment tout ça dans un écrin de récit de voyage à vous donner l’envie de prendre le premier avion.
    vous dormez tête-bêche ??
    amicalement

    • Alors pas d’hésitation, un billet pour la Tasmanie ça te dirait ? bon c’est vrai quand même que dans ces b&!§ù$@ de côtes pentues on a des fois envie d’un petit moteur sous nos vélos, mais qu’est ce que c’est booooooooooo !
      bien vu, bonne observation, oui on dort tête bêche souvent…parce que l’un des deux a une fâcheuse tendance à ronfler ..heu pardon…respirer fort….dans les oreilles de l’autre…., on ne dira pas pas qui ???

  8. Merci pour tout cela…Ne perdez pas les pellicules, je risque de vous demander une photo pour en faire un agrandissement!!! Je vous embrasse bien fort. Prenez soin de vous!

  9. Merci pour ces superbes photos et votre récit si complet….
    Je vous souhaite une très belle année 2017 et Irène j’ai une pensée particulière pour toi….profite bien de ta journée… mais je ne me fais pas trop de soucis!!!!!

    Grosses bises à tous les 2

    Michelle

  10. Cela doit faire drôle de passer Noël sous un beau ciel bleu et un beau soleil . Ici nous avons -4 et avons eu même -7 et demain peut-être la pluie.
    Les photos sont toujours aussi magnifiques. Bonne journée à Toi Irène.
    Vos aventures nous intéressent toujours autant continuez à nous les raconter.
    A + et bisous à tous les 2.
    Paulette

  11. un peu tard mais nous sommes encore en janvier,alors bon vent pour cette année 2017 et encore des découvertes ,profitez de tous ces moments inoubliables….

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