Les Quatre Rivières

La Corée du Sud a aménagé une piste cyclo-touristique de 1 757 kilomètres en bord de quatre fleuves, quelle merveille ! Nous allons nous contenter de parcourir les 600 km de la section qui va de Busan, la seconde ville du pays, dans le sud-est, à Séoul, la capitale, dans le nord ouest. Pour le reste, il faudra revenir.

 

Prologue

A priori, c’est plus que séduisant, cette idée de suivre un itinéraire cyclable le long de fleuves, un peu comme l’Eurovélo 6 en Europe. Sauf que rien n’est jamais idéal, et si on se contente de rester sur ce parcours on va manquer quelques sites incontournables et ce serait bien dommage. Un peu comme la Gibb River Road, en Australie, qui permet de traverser le Kimberley sur 600 km aussi, mais si on reste dessus on rate l’essentiel, c’est pourquoi nous avions renoncé à la faire à vélos (la comparaison s’arrête là, parce que si la Gibb River Road c’est l’enfer à vélos, les Quatre Rivières c’est plutôt le paradis). Ici nous allons à plusieurs reprises nous éloigner allègrement de l’itinéraire officiel, ce qui va nous faire rater des tampons, mais voir de sacrés beaux endroits.

Les tampons, on s’en tamponne un peu

Quest-ce donc que cette histoire de tampons ? Vous vous souvenez, dans l’article précédent nous vous avons relaté l’achat des « passeports vélos » ; eh bien on est censés les tamponner régulièrement, à chaque fois qu’on passe devant un Certification Center. Et quand on a plein de beaux tampons qui témoignent de l’accomplissement d’un parcours complet, on a droit à un bel autocollant brillant à coller dans le passeport, et si on fait tous les parcours on gagne une médaille, le summum !

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Mais avec nos écarts on va rater des étapes, donc des tampons, donc pas de récompense en vue, snif ! Mais même sans ça, on va réussir à rater des Certification Centers alors qu’on a passera à proximité, mais sous ce terme pompeux se cachent de simples cabines téléphoniques réformées qui renferment le précieux tampon et son encreur, parfois tout sec ou au contraire dégoulinant.
Pas grave, on ne roule pas pour la gloire. Par contre, nous allons rencontrer un vieux cycliste qui est heureux de nous montrer ses deux passeports remplis, avec les autocollants-récompenses et même ses deux médailles. Il a 77 ans, le monsieur, et roule toujours. Quand on vous dit que le vélo ça conserve…

Fleuve ou rivière ? Le titre de cet article parle des "quatre rivières", or nous longeons des fleuves, pourquoi donc ces deux termes ? En coréen comme en anglais la nuance n'existe pas, et en français nous avons souvent une idée fausse de ce qu'est un fleuve, imaginant que c'est une très grosse rivière. Que nenni, la différence est que seuls les fleuves se déversent en mer. Une rivière est un affluent d'un fleuve, il n'est pas question de taille ou débit là dedans. Ainsi la Marne n'est pas un fleuve puisqu'elle se jette dans la Seine, par contre la Penfeld est un fleuve qui se jette dans la mer à Brest. Ainsi en France, il existe plus d'une cinquantaine de fleuves. En Corée on ne sait pas...

C’est parti !

Au début, c’est facile, on suit les flèches et on croise un certain nombre d’autres cyclistes. Quand il y a des travaux, les Coréens ne se contentent pas, comme dans d’autres pays que nous ne citerons pas, de dévier les cyclistes sur la route. Que nenni, il n’y a plus de pont, on va en faire un flottant pour que les vélos puissent passer tout de même. Par contre, savoir lire le coréen peut s’avérer utile pour éviter d’aller se fourrer dans des endroits où il ne fallait pas mettre ses roues, c’était écrit, ça fera l’objet d’un demi-tour imprévu.

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Par contre, dès qu’on quitte les bords du fleuve, les aménagements cyclables disparaissent, on se retrouve à traverser des agglomérations importantes, rouler sur des routes à quatre voies, on a connu plus agréable mais ça se fait quand même.

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Pour le bivouac, un arrêt dans le petit patelin de Yongyeongyo à l’écart de la grosse route bruyante, comme d’habitude on trouve des endroits improbables mais tout à fait corrects. Un tout nouvel espace communal en bordure de rivière avec une scène extérieure, des toilettes neuves, des gens qui viennent discuter avec nous, tout ce qu’on aime quoi !

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Miam !

Depuis le temps, on sait quels plats on préfère dans la cuisine coréenne, et lesquels on aborde avec la plus grande prudence afin d’éviter de rechercher l’extincteur dès la première bouchée. Les petits restos ne sont pas chers et c’est très bon, du coup on ne cuisine pas beaucoup sur notre réchaud.

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Pour les fruits et légumes, le mieux est de s’adresser aux marchandes sur les trottoirs parce qu’en magasin c’est plutôt cher et tout emballé sous plastique, et puis on aime bien les petits commerces de rues, la rencontre avec les productrices (souvent des petites grand mères). Elles sont tellement charmantes qu’elles nous gratifient de fruits supplémentaires quand ça n’est pas carrément gratuit.

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Notre passage à travers la campagne permet de découvrir comment on prépare les rizières, pour la plus grande joie des oiseaux qui passent derrière le tracteur, tout comme chez nous sauf qu’ici c’est plutôt aquatique comme façon de procéder.

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Les bosses de Gyeongju

Mais que sont donc ces jolies bosses qui modèlent le paysage, sortes de mini-collines dont on se doute qu’elles ne sont pas naturelles ? Et pour cause, ce sont des tombes royales. C’est assez encombrant comme sépulture, mais au moins ça ne se dégrade pas avec le temps, il suffit de les tondre. Joël y aurait bien passé plus de temps à rêvasser sur les rondeurs suggestives de ces sépultures !

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C’est une journée bien chaude aussi quand nous arrivons à Gyeonju nous cherchons un peu de fraicheur. Ce sera sous le couvert des arbres après avoir passé une superbe porte, celle qui nous nous mène au site des tombes royales. Pas grand monde par ici, les visiteurs se comptent sur la main et c’est bien, on peut photographier les lieux sans attendre que la série de selfies habituelle soit terminée.

Nous nous laissons aspirer par la tranquillité des lieux traversés comme le village de Gyochon Hanok et son école d’enseignement du Confucianisme. Les loueurs de vélos ne font pas le plein et ouvrent de grands yeux en nous voyant ; hélas nous ne ferons pas affaire !

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On découvre une ville dont les maisons traditionnelles (les Hanoks) ont les toits avec les angles recourbés, proches de l’architecture japonaise. Les structures en bois, les murs de pierres, terre et tuiles sont du plus bel effet. Une visite au palais des princes Donggunggwa Wolji, un ensemble de jolis bâtiments en sortie de ville, entourrés de bassins aux nynphas. Le site est charmant, petit et vite visité.

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Le Bois du Coq

Situé sur une colline en surplomb de l’observatoire de Cheomseongdae, le Bois de Gyerim  ou « bois du coq » sera notre lieu de bivouac pour ce soir. On en fait le tour à vélo à la recherche d’un endroit discret où planter la tente. Un lieu de promenade avec plusieurs petits chemins qui nous mènent sous le couvert des saules. Une pagode nous fait de l’oeil, pas très loin d’un lieu de fouilles, mais ce soir il n’y aura plus personne. Juste au dessus de la plaine se trouve un tumulus avec une entrée de pierres, il s’agit d’un ancien lieu de stockage de glace le Gyeongju Seokbinggo. Les avantages thermiques de ce genre de construction sont vraiment surprenants, on ne peut pas y entrer mais quand on se présente à l’entrée on sent tout de suite la différence de température.

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Nous allons ensuite « redescendre » vers le parc de Daereungwon qui se trouve près du centre ville. Il abrite 23 tombes royales (reines et rois) ainsi que des nobles sous la période Silla. (Elles datent de la période des Trois Royaumes, avant la réunification de la Corée par la dynastie Silla). Certaines ont été pillées sous l’occupation japonaise….gloups….néanmoins de belles reliques sont aujourd’hui conservées dans les musées coréens. Nous allons arpenter les allées de ce grand parc absolument superbe et nous délecter avec amusement de scènes de la vie des jeunes coréens et coréennes, dont certaines ont revêtu le Hanbok traditionnel pour faire honneur aux lieux royaux.

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Observatoire de Cheomseongdae

Classé à l’Unesco (comme pas mal de sites dans cette ville)  l’observatoire de Cheomseongdae est un observatoire astronomique. En Coréen  Cheomseongdae signifie « la tour d’où on observe les étoiles ». Originellement il était situé dans des bâtiments religieux bouddhiques. De prime abord il ressemble à un tas de pierres empilées les unes sur les autres mais c’est en réalité un fleuron de la connaissance en matière d’astronomie sous l’époque Silla. 27 marches de 30 cm de haut composent cette structure sur laquelle reposent 362 pierres, comme les 362 jours de l’année lunaire, contenant chacune une gravure symbolique. Il parait que c’est un génie de construction pour l’époque. Néanmoins nous ne sommes pas assez calés pour apprécier l’exploit.

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Aujourd’hui exposé sur une plaine il se laisse admirer sous un jeu de lumières la nuit tombée. Et comme nous ne sommes pas pressés d’aller nous coucher on se laisse envouter par le chant et la musique traditionnels des artistes locaux qui se produisent tout simplement sous un arbre, dans un petit square proche de l’observatoire. On va en profiter pour faire un brin de toilette dans les sanitaires « royaux » tout proches.

Bivouac relax

Cette nuit, même pas besoin de tente : Il fait doux, alors on déplie nos matelas et duvets sous la pagode repérée plus tôt, bien tranquille à la nuit tombée. Sur les sentiers quelques noctambules profitent de la douceur printanière pour prolonger la soirée et profiter des lumières de la ville en contrebas. C’est vraiment facile de se trouver un coin pour dormir dans ce pays.

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Au petit matin nous serons réveillés à la fois par les pigeons qui roucoulent (et qui s’aiment d’amour tendre…), d’autres zosiaux inconnus, mais aussi le jour qui se pointe dès 5h00. Aussitôt on aperçoit déjà des marcheurs qui font leurs exercices quotidiens. Un monsieur viendra sous la pagode faire les siens ; c’est sans doute son lieu de prédilection pour se mettre en forme aux aurores. Preuve que nous n’avions pas choisi un si mauvais endroit après tout, la vue sur les bois est délicieuse !

Le petit pont de bois

Gyeongju se laisse découvrir, un musée à ciel ouvert avec des monuments répartis sur l’ensemble de la ville. Des sites archéologiques et des fouilles permanentes occupent les passionnés d’histoire. Il faut dire que cette cité fut la capitale de la Corée durant 1 000 ans sous le règne de Silla. Nous découvrons avec plaisir le « petit » pont Woljeonggyo qui date de 760 qui enjambe une petite rivière. Il est en fort bel état et a dû certainement bénéficier d’une sacrée rénovation.

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Arrêtés par la police

On n’avait aucune idée de l’attitude de la police en Corée, peut-être moins bienveillante qu’à Taiwan où ce sont de vrais anges gardiens. C’est pourquoi quand une voiture de police nous a demandés de nous arrêter, on se demandait bien pourquoi, c’était simplement pour discuter, savoir si on n’avait besoin de rien, et ça c’est terminé par un essai des vélos et l’inévitable photo de groupe. Mais c’était la police touristique, c’est pour ça qu’ils sont sympas.

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Daegu express

Maintenant qu’on a visité et aimé Gyeongju, on va s’en retourner vers notre fleuve mais ce sont 80 kilomètres de routes à forte circulation et la pluie menace pour la journée alors nous allons prendre le car. Autant éviter cette section inintéressante pour mieux profiter du reste. D’ailleurs nous ne regrettons pas notre décision parce que la pluie va se déchainer pendant la durée du trajet et comme par enchantement va cesser à notre arrivée à Daegu. Le temps de trouver l’hôtel ce sera à nouveau un bon coup de rinçage !

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Une chouette chambre à l’hôtel Piano (où il n’y a d’ailleurs pas de piano) et un saut à l’épicerie du coin où il y a, miracle, des biscuits français : Les galettes St Michel sont en promo, deux paquets pour le prix d’un ; certes les paquets sont minuscules mais quand même, qu’est-ce que c’est bon !

La rivière encore

Les cieux sont à nouveau cléments ce matin pour notre sortie de ville un peu barbants sur les boulevards à 4 voies. L’architecture de ces grands ensembles d’habitation continue de nous étonner. Nous n’aimerions vraiment pas habiter dans l’un de ces immeubles de 30 étages.

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On retrouve finalement les rives de la rivière Nakdong avec plaisir et les cyclistes du dimanche, dont un trike, mais il file à vive allure et ne s’arrête pas malgré nos appels… On avale nous aussi les kilomètres en passant barrages et pointage de passeports. La piste s’écarte de temps à autres des rives pour filer vers les abords de villages ruraux. Ici nous sommes en pleine période de la récolte des melons coréens, cultivés sous serres.

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Nous roulons maintenant sur les petites routes de campagnes dans une vallée, on peut le dire, dénaturée par le plastique. Des kilomètres de serres. Nous l’avons surnommée la « vallée des cerfs serres »  avec en ligne de mire les montagnes aux sommets ronds et boisés.

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La pagode inutile

Comment  trouver un coin pour piquer la tente dans un environnement de tunnels en plastique ? C’est à l’entrée d’un petit village, ce lui de Ocheon-Ri que l’on va trouver notre bonheur ; une pagode nous tend les bras. Certes elle est un peu crado, mais il y a un robinet et même un balai à proximité, un grand lessivage la rend bien vite propre, on va être bien là pour la nuit.

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La voisine d’en face à qui on a demandé si ça ne gênait pas de s’installer là, a la gentillesse de nous apporter du café et des jus de fruits : que demande le peuple ?
Une visite dans le village nous montre un coté très rural de la Corée, bien loin des foules qui vivent en ville et des autoroutes tentaculaires. Ici la modernité n’a pas suivi, les méthodes ancestrales de travail perdurent. Le sarclage à la main, les plantations à la main, les dos courbés. Bien sur les tracteurs et autres machines à semer sont présentes, on ne verra rien du ramassage des melons, on espère qu’il se fait aux heures moins chaudes de la journée, parce que ce soit être une fournaise sous les cerfs serres !

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Kidnaping

Mais ça ne va pas se passer comme prévu : Un monsieur qui passe par là décide que nous devrions aller dans un autre endroit que la pagode, il va faire froid et il va y avoir du vent ! Après avoir négocié au téléphone avec on ne sait qui, il décide que l’on doit le suivre. Puis il revient avec son PCB (Petit Camion Bleu), il commence à charger notre bazar pêle mêle dans la benne et nous le suivons à vélos jusqu’à ce qu’on avait cru être la mairie.

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Car lors de notre visite du village, nous avions repéré ce bâtiment officiel et même discuté avec deux mémés qui étaient venues aux nouvelles, mais on n’avait rien compris. Vous vous imaginez pas comment du occidentaux peuvent animer un bord en 2 minutes, nous sommes vite repérés. Du coté apprentissage du coréen, on en est toujours à Ga Bu Meu Zo, et personne ne parle anglais dans le patelin ; on se comprend quand même et les sourires font le reste.

Le gang des mémés

En fait, il s’agit d’un centre communautaire dans lequel les femmes viennent passer la journée et même la soirée. Elles dinent ensemble puis elles rentrent dormir chez elles. Aussitôt arrivés, nous voici « à table », elles nous incitent expressément à nous installer et à manger les pâtes qui sont servies. Il n’y ait ni table ni chaise, notre repas fumant nous attend posé sur un plateau sur le sol. Les petites mémés nos observent et rigolent bien de nous voir nous contorsionner : vont-ils savoir se servir des baguettes ? Mais oui mesdames ça fait plusieurs mois qu’on pratique, elles sont rassurées ! Pour le reste le smartphone et les photos que nous leur montrons sur le mac fait que nous allons passer un moment fort joyeux ponctué de hung, hong, hooo, et de rires, surtout de rires….

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Ensuite de quoi tout le monde s’en va, nous laissant la clé de la boutique pour qu’on s’enferme, comme si on avait peur des voleurs. On regrette un peu notre pagode qu’on a lavée pour rien et d’où le paysage était sympa, mais il faut reconnaître que cet accueil si gentil est vraiment trop plaisant.

L’autre Petit Camion Bleu

On n’en a pas fini avec les Petits Camions Bleus, car dès le lendemain on va se retrouver une fois de plus transportés à l’insu de notre plein gré. Nous avons décidé de quitter encore l’itinéraire cyclable pour aller découvrir le fameux temple Haeinsa.

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A priori pas de problème, c’est de la route à voitures mais ça roule bien, jusqu’à ce qu’on arrive au pied d’une côte assez délirante qui grimpe pendant vingt kilomètres. Comme le soir même il faudra revenir par la même route, on se dit qu’on pourrait prendre un bus ou faire du stop, inutile de passer des heures à pousser les vélos, au détriment de la visite à venir.
Arrêtés tout essoufflés devant un restaurant, le propriétaire Han Ok Guy nous propose de stocker les vélos dans sa cour puis nous invite à un petit déjeuner délicieux et mémorable préparé par son épouse Chol Youn Hwa qui tient le restaurant, alors que lui est éleveur de bovins et de porcs.

Les sauterelles

Tellement mémorable, ce repas, que c’est la première fois que nous mangeons des insectes, à l’insu de notre plein gré. Mais en fait c’est bon, croustillant et sucré, et elles ne sautaient pas dans l’assiette alors ça va.

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Mais leur obligeance ne s’arrête pas là, il finit par aller chercher son camion, on charge tout dedans, vélos y compris, et nous emmène jusqu’au temple (du moins c’est ce qu’on croyait).

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Quand on voit la route prise, on est bien contents d’être trimballés, ça grimpe super dur. Sur place, on cherche vainement le temple, pour finalement comprendre qu’il faut monter encore, ce qu’on fait à pieds mais même comme ça c’est exténuant. Finalement, ledit temple est fort joli mais pas au point d’être exceptionnel, on se demande pourquoi il est si célèbre. A part nous, il n’y a d’ailleurs aucun visiteur.

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Par contre, un moine y officie et c’est un ravissement, ces gens là savent chanter. C’est lui que vous entendez depuis que vous lisez cet article :

 

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Ce n’est qu’au moment de quitter les dieux lieux qu’on se rend compte que nous sommes au temple Simwosa, et non à celui qui était prévu (celui de Haeinsa). Et là ça se corse parce que ce dernier est à 20 kilomètres, dans une autre vallée, on a comme un problème. Vite on redescend à pieds la route pentue (ça va un peu plus vite qu’à la montée, mais pas tant que ça car c’est éprouvant pour les genoux. A vélo on n’a pas ce problème, on descend à fond…) et on a la chance de rencontrer un type qui comprend ce qu’on veut et appelle un taxi, lequel nous fera parcourir une longue route de montagne qui nous aurait été inaccessible autrement.

LE temple

Le temple Haeinsa est un des trois temples-joyaux de Corée, bâti en 1802. Il est merveilleux ! Les décorations en vue de Buddhamas (allusion à Christmas, mais pour l’anniversaire de Bouddha) sont fort nombreuses, toujours ces ribambelles de lanternes colorées.

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Même au niveau des détails, c’est remarquable en tous points, partout où se pose le regard c’est un ravissement, on s’extasie à tout bout de champ.

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Par chance il n’y a que très peu de visiteurs, on peut déambuler tout notre saoul entre les différents édifices. Par contre on ne peut pas prendre de photos de certains intérieurs, il faudra se contenter de nos souvenirs.

Ici est conservé le Tripitaka, l’ensemble des écritures bouddhistes gravées sur 81 258 tablettes d’imprimerie en bois (Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO). C’est un peu comme si la Bible des chrétiens était archivée en un endroit que tout un chacun peut visiter.
Il est surprenant de voir que toutes ces tablettes sont conservées par des moyens très avancés pour l’époque mais toujours d’actualité : Un projet récent de les stocker dans un bâtiment en béton avec une atmosphère contrôlée a rapidement échoué, des moisissures sont apparues, alors que dans l’édifice d’origine elles demeurent intactes grâce à des courants d’air naturels soigneusement étudiés et une hydrométrie régulée par les matériaux naturels.

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Le retour du sauveur

Pour dormir le soir, on se rend au seul camping mentionné dans le parc national de Gayasan mais il est fermé ! Heureusement, des employés sont encore là et appellent un responsable qui viendra finalement ouvrir l’accès puis le refermer derrière nous ; au moins on ne sera pas gênés par les voisins, mais d’avantage par la douche qui est froide alors que le prix du camping est plutôt salé.

Le lendemain matin, alors que s’annonce la grande et belle descente de retour (montée en camion la veille), problème : La commande du Rohloff (la boite de vitesses) du vélo d’Irène se bloque, un câble est très endommagé, plus moyen de passer les vitesses. Pour descendre, ce n’est pas un problème, mais il faudra trouver une boutique de vélos au plus vite et il semble qu’il n’y en ait guère dans cette région.
Evidemment, on repasse devant le restaurant de la veille, mais cette fois à toute allure, on n’a pas le temps de manger des sauterelles, surtout au petit déjeuner. Ce n’est qu’un peu plus loin, alors que nous arrivons sur le plat qu’on croise Han Ok Guy sur son scooter ; il s’enquiert de nos problèmes et nous dit que le prochain vélociste est à Seongju, c’est loin. Nous voici partis sur une grosse route sous la chaleur (30°) lorsque le fameux Petit Camion Bleu nous rattrape, Han vient nous chercher pour nous emmener jusqu’au magasin ! Il n’est pas question de refuser, il fait trop chaud nous dit-il… Irène est bien d’accord avec lui, elle n’est pas vraiment ravie de pédaler avec une seule vitesse !

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Il va nous déposer 20 km plus loin dans la  ville de Seongju. Sur place, le mécano ne pipe pas un mot d’anglais alors on va communiquer avec le smartphone.

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Dans la boutique les clients se succèdent, l’un pour changer les pneus usés, l’autre pour faire réparer une crevaison. A chaque fois, ils s’installent dans les fauteuils défoncés pour papoter avec madame ou regarder la télé en attendant que la réparation soit terminée. C’est un vrai foutoir là dedans mais un foutoir fort sympathique d’au moins cinquante ans. Bien que le proprio ne soit pas bien bavard, ni son épouse non plus, au moment de partir, nous sommes restés au moins deux bonnes heures, (Joël a dû batailler dur avec ce foutu Rohloff) il ne veut pas qu’on le paye. Bon, c’est vrai qu’il n’a pas été d’un grand secours en dehors du fait d’avoir mis à disposition ses outils et l’ombre de sa boutique. Ils sont ravis de nous avoir eu dans leur atelier. Madame va nous offrir des boissons avant de repartir (il fait un cagnard à rester à l’ombre), ces gens là sont d’une gentillesse extrême, comme le sont souvent les Coréens. Alors Irène leur sort une petite tour Eiffel du fond de ses sacoches, ils sont heureux comme tout. S’ensuit une série de photos sur le pas de la porte de la boutique, même les ouvriers qui bossent sur la rue sont mis à contribution, échange de manches de pelles contre téléphone portable, se qu’ils font en rigolant et en posant plein de questions, on comprend qu’ils se demandaient ce que faisaient nos sacoches sur le trottoir.

The river again

Nous retrouvons le circuit des Rivières, longeant tranquillement les cours d’eau, passant parfois dessus par des barrages ou des ponts. Coup de tampons au barrage de Chilgork, on repart sur la piste de Nakdonggang jusqu’à atteindre la grande ville de Gumi tout en restant sur les piste au bord de la rivière. Nous bivouaquons tranquillement près du club de tennis où les joueurs nous proposent de venir faire le plein d’eau potable. La routine, quoi… Mais plaisante, la routine, puisqu’elle n’est pas routinière. Des cyclistes viennent papoter avec nous et toujours nous demandent « how old are you ? » ….ah, ah, le vélo ça conserve !!!

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Sauf qu’Irène a tiré la langue pendant 25 bornes, n’arrivant pas à dépasser les 10 à l’heure. Elle souffre de la chaleur, mais c’est bizarre, elle ne se sent pas vraiment mal… Quest-ce qui se passe ? En fait un patin de frein de la roue arrière est bloqué….. s’en apercevoir 25 kms plus tard c’est vraiment ballot hein ! Surtout quand on monte les côtes. Déblocage effectué, elle file comme un lapin, elle râle après qui ? Vous aurez deviné  !!!

A bientôt pour la suite du parcours, on n’en a pas fini avec les tampons.

6 Commentaires judicieux

  1. Super, comme toujours!
    Intéressés d’autant plus que nous débarquons mercredi 6 juin à Séoul avec nos Brompton.
    Avec l’intention de tester un mini hamburger composé d’insectes frits entre deux galettes Saint-Michel. 🤔
    Au cas où vous y seriez encore, je vous envoie un mail…
    Caro et Christian

  2. Coucou mes voyageurs
    je vous abandonne pas , je vous lis …….je vous suis toujours pas de soucie ….
    Alors ses sauterelles ça vaut nos escargots …..hi hi …
    En ce moment c’est les cerises chez nous, les burlats sont déja passés trop vite a cause de ce temps pourri car que des orages ….mais il y en a d’autres qui arrivent j’adore les cerises ….
    Vous me faites rire , vous me changés les idées en ce moment j’en ai bien besoin ….
    Bon après la corée c’est quoi ??? retour ..non je pense pas encore quoique en france il y a de beau endroit j’habite pas loin de la  » viarhôna  » une piste qui va de Genève au sud …..
    Bon je vais me reposée pour etre en forme demain matin tôt car je fais un vide grenier ….
    Bisous a vous 2 Lili

  3. Bonsoir… y a toujours un coin qui me rappelle !!qu’il y a toujours un endroit sympa pour dormir ou pour rencontrer « lHumainité »!
    Aussi les « vélo-couché » s’avèrent un bon passeport§
    Intéressant aussi la Corée ..certainement encore méconnue ,par rapport au Vietnam,Cambodge et Thaîlande! etc..
    Au plaisir
    Bernard .
    .

  4. J adore , ça fait du bien de vous lire je vais montrer les photos à Leo ce soir et lui raconter le gang des mémés 😉😁 gros bisous à vous prenez bien de vous

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