L’Uttar Pradesh

Dans ce nouvel épisode des aventures des Cyclomigrateurs sans vélos, vous découvrirez le Taj Mahal, Saint Graal pour les millions de visiteurs qui viennent l’admirer chaque année, mais aussi le Fort Rouge d’Agra et d’autres endroits moins connus.
Vous apprendrez également plein de choses qui pourront vous surprendre si vous n’avez pas eu l’occasion de séjourner dans ce pays incroyable.

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Pour ceux qui auraient ratés les épisodes précédents, rappelons que nous nous déplaçons en voiture, notre chauffeur s’appelle Billus (prononcer Bilou, c’est pratique). Pourquoi un chauffeur ? Parce que conduire ici soi-même relèverait de l’inconscience, il faut être né dans ce pays pour savoir comment s’y prendre, sur la route comme dans tout le reste d’ailleurs ; s’il y a des règles de conduite, elles ne semblent pas connues des conducteurs. C’est donc avec un chauffeur hors pair que nous allons parcourir un certain nombre de villes et de sites, nous verrons bien si ça vaut le déplacement.

Commençons par Agra, 200 km au sud de Delhi. La route est inintéressante à souhait, on dirait qu’on est dans une agglomération ininterrompue, vivement qu’on s’arrête. En attendant on ouvre grands les yeux, on s’imprègne.

Le tombeau d’Akbar

Waouh, ça commence bien ! On ne va pas vous expliquer qui est Akbar (ni les autres personnages illustres qui seront à l’origine des autres monuments qu’on va rencontrer, vous en perdriez votre latin), sachez seulement que c’est un descendant Moghol  ( Turcs musulmans) et qu’il était descendant de Gengis Khan ; mais il n’avait pas fait dans la demi-mesure, c’est d’une beauté impressionnante. Le site est calme, propre et très bien entretenu (ça mérite d’être souligné), la visite est agréable. Le jour venu, Joël veut un mausolée comme ça « En mémoire de son Altesse JoCo I° ».

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Le Taj Mahal, c’est pas mal

Dès le petit matin, la queue est longue pour pouvoir franchir les contrôles de sécurité et enfin approcher de ce lieu mythique, mais ça valait la peine de se lever de bonne heure : la lumière du soleil levant sur le marbre blanc donne un rendu superbe. Bien que d’une taille conséquente, ce qui impressionne le plus dans ce monument est la finesse des sculptures, l’élégance des décors, la perfection des proportions.
Ce chef d’oeuvre est un régal pour le regard, la lumière épouse chaque détail, et comme il est parfaitement symétrique on peut l’apprécier sous différents angles d’éclairage.
Bref, ça vaut le détour, même si le prix demandé est plutôt salé : 25 fois plus cher pour les étrangers que pour les indiens, pour les européens de l’ouest ça passe mais pour les visiteurs de pays à moindre pouvoir d’achat ça doit faire ma(ha)l. Néanmoins on trouve tout à fait normal que les locaux puissent avoir aisément accès à leur patrimoine.

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Par contre, la magnificence supposée du coucher de soleil sur le Taj, vue de l’autre coté de la rivière, nous a laissé sur notre faim. Bien que le soleil soit bien rouge, il ne donne aucune lumière chaude, le crépuscule se déroule en cinquante nuances de gris, sans intérêt. C’était sans doute pas le jour. Par contre nous avons assisté à une séance de photos d’un jeune couple de mariés dans leurs beaux atours.

Le Fort Rouge,

Eh oui, il n’y a pas qu’à Delhi qu’il y a un Fort de grès Rouge. Mais celui d’Agra nous séduit beaucoup plus. Non seulement il est fort bien entretenu, mais semble avoir été moins endommagé par les anglais, on a moins l’impression qu’il manque des bâtiments. La finesse des décorations est épatante, les multiples coins et recoins invitent à la découverte, c’est un fort bel endroit, on le recommande vivement.

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Chini-ka-Rauza (le tombeau d’Afzal Khan)

C’est un endroit où les touristes ne vont quasiment pas, d’ailleurs l’accès en est assez tortueux, et pourtant on avait bien envie de le voir. Certes, le mausolée est en piteux état mais on peut imaginer sa splendeur à l’époque où il était entièrement recouvert de céramiques bleues. Bien que l’intérieur souffre de manque d’entretien et de mise en valeur (pas de lumière), nous le trouvons remarquable, cet endroit nous parle, il est vraiment dommage que ses fresques ne soient pas mieux protégées, les fientes de pigeons vont en venir à bout ! Le pauvre Afzal Khan doit se retourner dans son tombeau, lui qui fut le conseiller d’Akbar dont on vous a parlé plus haut. Sa vie a été abrégée par le propre fils d’Akbar justement, qui lui même fut emprisonné par ce même fils charmant qui avait hâte de s’asseoir sur le trône …vous suivez ? Nous ça commence à rentrer, forcément ils ont laissé une telle empreinte ces empereurs Moghols.

Juste de l’autre coté du mur, au bord de la rivière Yamuna, les buffles ruminent tranquillement après avoir fait trempette dans leur Yamuna préférée, (ils adorent l’eau ces bêtes là) pendant que les cochons fouillent dans les ordures (Irene les appelle les nettoyeurs). Les enfants ramassent les bouses pour les mélanger à du foin (rien ne se perd, tout est recyclé) et en faire des « galettes » qui sont mises à sécher au soleil, cela servira de combustible. Tout près de là se tient ce qui semble être une fête populaire, il y a un podium avec des musiciens et les gens sont assis devant ; on aimerait y aller pour savoir de quoi il s’agit mais notre chauffeur nous attend (déjà qu’il ne comprend pas pourquoi on a voulu venir ici), nous ne sommes pas aussi libres qu’on l’aimerait.

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Le Mausolée d’Itimâd-ud-Daulâ, ou « Petit Taj Mahal »

Oui, c’est encore un mausolée, mais ils sont tellement beaux qu’on ne regrette nullement d’y être allés. Tous les murs sont recouverts de marbre blanc et incrustés de décors très fins d’oiseaux, d’arbres, de fleurs de pierres semi-précieuses comme des topazes et des lapis lazuli. Un ravissement, un tel travail de finesse nous laisse pantois.

S’il est souvent considéré comme un « brouillon » du Taj Mahal, l’ambiance y est bien différente, c’est plus paisible, plus chaleureux (quoique l’adjectif chaleureux puisse paraître curieux pour qualifier un tombeau).

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C’est sans regret que nous quittons notre hôtel, le Taj Resiedency, il était plutôt calamiteux, même la chasse d’eau ne fonctionnait pas. Vous allez penser que depuis que nous nous sommes embourgeoisés, on devient exigeants… Mais est-ce une exigence démesurée qu’espérer au moins avoir des draps propres ? Heureusement, nous trimballons nos « sacs à viande », ça s’avère être une précaution utile.

Direction Sawai Madhopur où de grosses bébêtes nous attendent. Mais au passage on va s’arrêter dans un endroit fort intéressant :

Fathepur Sikri, la cité moghole

Encore une idée d’Akbar (celui du mausolée, plus haut, vous vous souvenez ?), créer ici une capitale, rien que ça. Et il n’a pas fait les choses à moitié, le gaillard. D’ailleurs, en parlant de moitié, il avait trois épouses : une musulmane, une hindoue et une chrétienne. Comme il avait les moyens, il a fait construire un palais à chacune, comme ça pas de jalouse.

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Evidemment, il fallait une mosquée gigantesque, ce fut fait. Il y a bien du monde à venir ici, c’est une mosquée en pleine activité, et il y a notamment les gamins à l’entrée qui se proposent de garder nos chaussures moyennant quelques roupies qu’ils s’empressent d’aller remettre au petit caïd qui règne sur les lieux ; ça laisse une drôle d’impression, on suppose que les gamins ne reçoivent que des miettes et que l’argent s’en va dans les poches de ceux qui ne font rien.

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Finalement, ça n’a pas si bien marché que ça, cette idée de capitale car il n’y avait pas assez de place pour étendre la ville et il y avait des problèmes d’approvisionnement en eau. Akbar a du en être mortifié, on ne peut pas être génial en tout.

 


 

Et voilà, nous quittons l’Uttar Pradesh pour le Rajasthan, c’est là que nous allons rencontrer les grosses bébêtes alors vous devrez patienter jusqu’au prochain article pour savoir de quoi il s’agit. Suspense…

 

BONUS

 

De l’autre côté de l’objectif

Au début ça surprend, puis on finit par s’y faire, c’est comme ça ici : les indiens aiment bien nous prendre en photo, particulièrement en posant avec eux ; nous devons figurer dans nombre d’albums photos, et encore, ce n’est qu’un début : Qu’est-ce que ce sera lorsqu’ils nous verront arriver sur nos vélos bizarres…ils ont bien raison d’en profiter parce qu’ils ne sont pas nombreux à venir voir comment vivent les européens, alors quand ceux ci viennent à eux, ils n’ont de cesse que de les observer, ça nous fait bizarre mais on s’y prête volontiers quand en plus c’est demandé gentiment !
Certains, plutôt certaines viennent à nous et nous demande de les photographier, on c’est fait avoir au début parce qu’au bout du compte on nous réclame des roupies en retour…mais le plus souvent quand on demande avec sourire et politesse l’échange n’est pas mercantile.

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Le paan, chewing-gum indien

Ca aussi ça surprend au début, mais on n’arrive pas à s’y faire : Les indiens crachent à tout bout de champ ! Non seulement on s’efforce de marcher en évitant les bouses de vaches, les détritus divers et (a)variés, mais aussi les crachats. Et ce qui nous semblait encore plus bizarre, c’est que souvent ils crachent rouge. On sait maintenant pourquoi, ça ne rend pas la chose plus agréable mais au moins on a l’explication : Il mâchent du paan, qui est en fait une préparation à base de feuilles de bétel. Berk !

(pas de photo, on vous épargne ça)

La main gauche

Comme en Turquie, pays musulman, il faut veiller à ne pas se servir de la main gauche inconsidérément, notamment pour toucher la nourriture. Mais ce n’est pas facile, quand on mange des chapatis (sorte de pain rond plat) par exemple, les découper d’une seule main n’est pas évident ; les indiens font ça très bien, mais ils y sont habitués depuis le berceau. Nous on fait comme on peut, si personne ne nous regarde on déchire rapidement le machin avec les deux mains et le tour est joué.

Miam !
Miam !

10 Commentaires judicieux

  1. je me leve et de bon matin (il est 9h) je tombe dans votre voyage au pays des millions de personnes et autant de sourire , ca fait du bien , deja que ça fait une semaine que le soleil nous a abandoné !!!!!! Donc les velos sont au placard ! Vous avez bien raison de choisir de faire certains endroits en voiture c’est plus prudent
    Bonne continuation ……. j’attends de voir ses grosses bebettes ……………. Bisous Lili

  2. Cet épisode et les deux précédents nous replongent complètement dans l’ambiance que nous avons connue y’a 8 ans. Nous avions découvert, ressenti et testé à peu près les mêmes choses (eh oui, même le McDo à Delhi !)…. sauf l’expérience des oreilles… qui m’a bien fait marrer !!!

  3. Ah lala Irène et Joël, quel plaisir de vous lire, de vous regarder, de déguster vos commentaires et vos photos, ce reportage vient de faire remonter à la surface dans ma mémoire un livre de la collection rouge et or que j’avais eu pour un noël vers ma dixième année, c’était « Les Mahuziers en Australie » … ce n’est pas un hasard que l’image de ce livre me vienne à l’esprit maintenant, car vraiment, plus que jamais votre parcours me semble identique. Je ne doute pas une seconde que vous fassiez comme eux publier vos voyages en librairie … c’est déjà un peu fait ici … et question radiophonie, où les Mahuziers étaient interviewés fréquemment … c’est déjà fait pour vous aussi ! Et je dois dire que même sans vos vélos, je vous préfère de ce côté du monde, il est tellement différent du nôtre, tellement étonnant et merveilleux ! Bonne route … et vite, racontez-nous tout, c’est quoi ces fameuses bébêtes ? 😉

  4. L’Inde et ses couleurs!! Magnifique! J’espère qu’ils mettront encore longtemps avant de passer a l’uniformité du gris et noir de nos pays…. Et j’adore la photo d’Irène avec le groupe dur les escaliers!!! Bonne route et merci pour ces belles images

  5. Et bien on a hâte aux grosses bébêtes. Un tigre, un buffle d’eau, un singe? Que vont nous sortir nos cyclomigrateurs!! Hâte à la suite en tout cas! Ciao faites nous rêver dans ce pays que nous ne visiterons pas de si tôt (nous qui sommes en Cambodge)!

  6. Heu, dites-moi quand vous reprenez les vélo. Non parce que là, bon, enfin, quoi, hein, non mais.
    Moi j’veux voir de la chaine, du pneu, de la tente, de la sueur, des bivouacs avec 150 intouchables autours…

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