Madagascar – Cap au Nord

Suite à une réflexion approfondie d’environ cinq minutes, c’est décidé : Après l’Ouest, ce sera le Nord.

On a un peu plus de deux semaines devant nous avant de rentrer à Tana, profitons-en pour aller découvrir ces lointaines contrées qui ne vont pas manquer de nous charmer.

Grand pays, donc longues distances, et routes en piteux état : N’ayant pas le courage de faire en taxi-brousse-boite-a-sardines les 800 km qui séparent Tana de Diego Suarez, nous choisissons l’avion. Puisqu’Air Madagascar a le monopole sur les vols intérieurs et une réputation de médiocrité qui fait l’unanimité, nous ne sommes pas surpris de rencontrer moult obstacles pour enfin réussir à avoir un billet, ici tout se mérite. L’unique Boeing de la compagnie étant tombé en marche ce jour là, nous arrivons à bon (aéro)port et découvrons une ville bien particulière avec son grand bazar (ou marché), ses petites échoppes de fruits, vêtements, viande avec mouches incorporées, ici on trouve tout ce qu’on veut même ce qu’on ne cherche pas… Le cordonnier boucher vendeur de vêtements : Plusieurs cordes à son arc est un atout pour réussir à manger le soir !

Le festival Zegny ZoJuste à temps pour le festival Zegny Zo, que nous ne voulions pas rater, surtout qu’un petit logo familier nous avait interpellé au bas de l’affiche, celui du Département du Finistère. Il s’avère que ce Conseil Général est très actif ici, avec un bureau permanent et de nombreuses actions, parmi lesquelles ce festival organisé avec l’Alliance Française, fort dynamique aussi.

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Une ambiance festive avec des marionnettes géantes extraordinaires, une parade qui réunit des milliers de personnes qui convergent dans les rues vers la place de la mairie, danses au son des percussions, jeunes filles et jeunes gens se donnent à fond, ils ont un sens inné du rythme. Nous voilà plongés en plein dans le folklore malagasy, les gens sont heureux ce soir.
La rue Colbert est l’artère principale, les hôtels, restaurants, agences de voyages et magasins à l’ancienne sont essentiellement regroupés là. Au fil des jours, nous allons connaître cette rue par coeur, à force de la parcourir d’un bout à l’autre; comme notre hôtel est au milieu, c’est pratique même si ce n’est pas vraiment calme.
Dès la fin d’après midi les bars commencent à s’animer mais donnent leur plein volume à partir de 22h, c’est un joyeux défilé de très jeunes femmes aguichantes, gare à ce vieux blanc esseulé il va se retrouver kidnappé en deux temps trois mouvement, « massage vazaha ? », « tu me paies un verre vazaha ? »

No comment
No comment

Les militaires rencontrés en début de journée sont vite repérés et font l’objet de toutes les attentions affectueuses des jolies malgaches en quête de rêve d’évasion, illusions d’une soirée, voire plus si affinités… Dans leurs yeux brillent l’éclat des diamants, des portefeuilles bien garnis et des garde robe chics…

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Si l’origine coloniale de la ville lui donne un charme désuet, l’état de délabrement des bâtiments et des rues fait pitié et complique singulièrement la vie des habitants. Sur les trottoirs il faut faire attention où on met les pieds, il y a de grands trous béants fort profonds. Les rues ne sont guère mieux, voitures et tuktuks excellant à se faufiler entre les trous. Et comme l’éclairage public brille par son absence en moult endroits, les déambulations vespérales ne manquent pas de piquant.

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Nous constatons vite que, conformément à sa réputation, Diego ne doit pas sa relative prospérité uniquement à ses commerces, mais aussi aux jeunes et aguichantes malgaches qui arpentent ses trottoirs, faisant commerce de leur charme avec un succès certain (faut surveiller Joël !) aux terrasses des cafés et restaus, on voit nombre de vieux vasahas accompagnés de ces jeunettes aux talons aussi hauts que les jupes sont courtes (et les idées longues ?).
Alors qu’ailleurs l’éclairage est chiche, vu les restrictions d’électricité, les boites de nuit brillent de mille feux et attirent une clientèle abondante. Quel contraste avec la vie rurale, à seulement quelques kilomètres !

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Diego sera notre camp de base pour une découverte des environs forte haute en couleurs.

Rouge

rouge

Puisque que nous n’avons pas pu aller voir les Tsingys de Bemaraha à l’ouest (400 km A/R de piste défoncée nous en ont dissuadés), nous n’allons pas rater les Tsingys rouges qui ne sont pas très loin d’ici. Mais que sont donc ces machins là, vous demandez-vous peut-être ? Voici l’explication qui va satisfaire votre curiosité: Ce sont des formations géologiques particulières qui forment un « tsingy » ou « forêt » d’éperons calcaires, paysage unique au monde. Tsingy vient du verbe malgache « mitsingitsingy » qui signifie « marcher sur la pointe des pied» car on ne peut y marcher normalement pieds nus, les roches étant trop tranchantes. Il s’agit ici d’une formation assez modeste, mais néanmoins fort intéressante. L’accès se fait par un parc national dans lequel de grandes superficies d’eucalyptus ont été replantées, car la déforestation est un problème préoccupant dans le pays et le trafic de bois est un véritable fléau, semble-t-il mal combattu car il bénéficie à des personnages haut placés.

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A l’entrée du parc, lorsqu’on quitte la route pour attaquer la piste, notre chauffeur nous propose d’embarquer deux jeunes filles qui s’en vont rejoindre leur famille et attendent depuis des heures. Le 4×4 est vaste, évidemment nous acceptons et lorsque nous nous rendons compte de la distance finalement parcourue, on se demande comment elles auraient pu faire tout ça à pieds. Mais ce genre d’évidence n’est pas vraie pour tout le monde, le chauffeur nous explique qu’il lui est arrivé que des clients se plaignent ensuite à l’agence, alors qu’ils ne lui avaient rien dit sur le coup ; on n’a surtout pas envie de rencontrer ce genre de clients, ils feraient mieux de rester chez eux, ceux là.

Les vazahas tomates
Les vazahas tomates

En attendant on ouvre les yeux grands comme des soucoupes tellement c’est beau, la lumière du soleil déclinant révèle des dégradés de couleurs ocres, jaunes ou roses, une rivière souterraine remonte à la surface et sillonne cet endroit majestueux, les zébus plus loin s’abreuvent de cette eau fraiche.

Nous laissons les deux jeunes filles avec une de leur parente venue les chercher depuis le village qui se situe à 4 km à pieds, c’est la première fois qu’elles y viennent, on peut dire qu’elles vont gouter à la paix et à la magnificence de ce parc. On serait bien restés nous aussi dormir dans ce coin paisible.

Grisgris

Puisque nous parlons des tsingys, abordons tout ce suite ceux du parc de l’Ankarana, même si nous n’irons que bien plus tard. Ici les roches sont volcaniques et calcaires, et particulièrement tranchantes, c’est impressionnant. Si on vous mettait les photos en noir et blanc, vous ne verriez quasiment pas la différence tellement ce paysage minéral est étrange, à certains endroits on pourrait se croire sur une autre planète. Les géologues doivent s’en donner à coeur joie dans ce paysage lunaire.

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Les arrêtes rocheuses sont incroyablement tranchantes, notre guide se fait un plaisir de dire que si on tombe là dedans, ça fera des « vazahas brochette ». Déjà qu’avec le soleil on est des « vazahas tomates », ce serait saignant…

Bleu

bleu

Bien que Diego Suarez soit un port, il faut quitter la ville pour trouver une belle plage. C’est parti pour une vingtaine de kilomètres en tuktuk jusqu’au village de pêcheurs de Ramena, et là c’est bien sympa : Il n’y a quasiment personne, le sable est clair, l’eau est si tiède qu’y entrer est un plaisir (à la limite, elle serait même trop chaude…). Le varatrasa Alizé souffle ici entre juin et octobre parfois avec de bonnes rafales et s’incruste partout. Une longue promenade sur la plage nous conduit aux limites d’un camp militaire en ruine, ne restent que des vestiges des bâtiments laissés par les garnisons françaises, dont la baie se nomme « la baie des français » et d’ou on accède à la sublime mer d’Emeraude. Nous sommes soudainement abordés par un homme en treillis qui nous dit qu’à partir de cette limite c’est interdit (on ne voit pas bien la limite sur la plage), on ouvre de grands yeux, mais que pour 5000 arias on peut y aller… ben voyons… On ne marche pas dans la combine et on fait demi tour !!!

 

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C’est cependant sur l’archipel de Nosy Hara que nous allons intégralement voir la vie en bleu en découvrant l’île maudite qui nous a tant traumatisés.

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Une des petites îles de ce Parc National nous accueille pour trois jours, après une traversée bien agréable à bord d’un boutre. Comme il n’y a pas d’eau sur place, il faut en emporter en sus des bidons d’eau potable, de la bouffe et tout ce qui est nécessaire pour faire vivre un groupe d’une quinzaine de personnes.

C’est drôlement chouette comme endroit, notre cabane dans les fourrés est confortable, nous découvrons les joies du kayak de mer et du paddle, le site est splendide et les cuisinières nous mitonnent d’excellents repas, que demander de plus ?

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Mais la grande révélation sera la découverte des coraux et des poissons multicolores, on en prend plein les yeux. Dire qu’il aura fallu attendre un tel âge pour enfin s’initier au masque et au tuba… Cela fera peut-être sourire les habitués des fonds marins, mais pour nous c’est vraiment une expérience fantastique ; comme tout le monde, on a vu mille fois ces images dans des documentaires, mais la sensation de se déplacer dans cet univers coloré est un émerveillement, c’est bien plus que de la 3D, les cinq sens sont mis à contribution d’une manière toute nouvelle. Bref, on a adoré !

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Pendant ce temps là, le groupe de jeunes grimpeurs et leurs deux profs se lancent à l’assaut de tout ce qui peut s’escalader, et pour ça aussi cette île est un paradis. De plus, leur joyeuse compagnie nous a permis de découvrir ce milieu où on parle de moulinette, 5C, 6A, dégaine, bi-doigt inversé, et autres termes abscons qui ont désormais un sens pour nous, même si nous n’envisageons certes pas de nous lancer dans ce genre d’activité.

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Quand nous sommes arrivés sur cette ile paradisiaque, Mathieu, le maitre des lieux, nous a conseillé, si nous avions de la nourriture, de la déposer côté cuisine dans une grande malle en fer à cause des rongeurs qui pourraient être tentés de nous rendre visite pendant la nuit. Ce que nous avons fait. Pourtant le jour du départ nous avons constaté que nos sandales avaient été croquées par des petites dents et étaient dans un sale état, en fait on ne pouvait plus marcher avec. Pendant ces trois jours nous n’en avions pas eu besoin, marchant pieds nus et les rats sont venus s’inviter au festin de nos odorantes chaussures, s’attaquant également aux boites en plastique et aux brosses à dents… aïe, aïe… Nous irons les faire réparer chez le « boucher-vendeur de vêtements-cordonnier » du grand marché de Diego à notre retour !!! Et nous savons maintenant quelles étaient les bestioles qu’on sentait courir sur le lit la nuit.

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Vert

vert

« Jungle Camp » est géré par l’agence New Sea Roc dirigée par Mathieu et Tina, alors après avoir bien profité du « Camp Corail » sur Nosy Hara nous voila repartis cette fois en forêt, vivre dans des cabanes construites dans les manguiers.

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A une heure et demie de Diego nous découvrons, après la piste poussiéreuse, un petit paradis niché sous de grands manguiers. Il y a une vingtaine d’années Matthieu a construit cet ensemble de 7 cabanes petit à petit avec l’aide des villageois les impliquant dans ce projet pérenne. Au début ce fut pour les amoureux de la grimpe, puis offrant d’autres activités autour de la nature, comme un parcours d’accro- branches, randonnées à la découverte des tsingys et villages pittoresques. Ce lieu est un havre de paix, les cabanes « chambres » sont superbes avec des vues imprenables sur la montagne et ses grands baobabs. Les pièces communes comme la salle à manger salon repos sont immenses suspendues entre plusieurs manguiers, on y accède par de beaux escaliers en bois et par différentes ouvertures, offrant ici et là des petits coins de repos avec hamacs ou fauteuils profonds, une bibliothèque bar. Tout l’environnement nous incite à la farniente et au repos après les balades environnantes.

La partie sanitaires SDB est absolument géniale, on prend sa douche comme si nous étions sous les arbres en pleine forêts entourés de plantes et d’arbustes en guise de rideau. Le lieu est décoré d’objets traditionnels malgaches, de statues et d’objets fait par des artisans locaux. Ce lieu allie à la fois la simplicité et le confort douillet au milieu de la nature.

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Multicolore

Les caméléons sont des bestioles rigolotes, surtout dans leur façon de se déplacer : Chaque pas semble calculé, après bien des hésitations et roulements d’yeux, deux pas en avant, un pas en arrière, ça n’avance pas bien vite ces engins là. Les yeux, justement, sont extrêmement mobiles et indépendants, le caméléon peut voir tout autour de lui à la fois, on aimerait pouvoir en faire autant.

Ces petites bestioles sont fady, on ne doit pas les tuer, ils sont considérés comme la réincarnation des ancêtres.

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Quant à la couleur, il ne faut pas croire tout ce qu’on raconte, si on les met sur une couverture écossaise ils ne deviennent pas fous.

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Nous avons découvert leurs petits copains vert fluo, les « geckos », très véloces, ils sont beaucoup plus familiers que les caméléons et s’accrochent partout grâce aux lamelles adhésives sous leurs doigts, qui leur permettent de grimper sur toutes les surfaces, y compris les plus lisses. Les forces d’adhérence sont si grandes qu’un seul doigt peut soutenir le poids complet de l’animal (on en apprend des choses sur ce blog, n’est-ce pas ?).

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Enfin, un champion absolu du camouflage, le gecko Uroplatus Sikorae, qui a le don de se rendre quasiment invisible sur les arbres :

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Avouez que ça vous en bouche un coin !

Rose

rose

On aimerait tant que les Malgaches puissent voir la vie en rose, mais hélas on en est bien loin.

La façon dont ce pays est géré est catastrophique. Rien que depuis que nous sommes arrivés, le Président a menacé de dissoudre l’Assemblée, du coup l’Assemblée a tenté de destituer le Président, tout ceci sur fond de violations de la constitution, d’accusations d’incompétence et de manipulations en tous genres, évidemment assorties de « cadeaux » en tous genre (comme des 4×4)  pour acheter les uns et les autres, et de trahisons en fonction des intérêts du moment. Une station de radio est menacée de fermeture, une députée a été agressée par la police, des milliards d’Ariarys aux origines douteuses ont été trouvés, c’est un bazar invraisemblable dans ce panier de crabes qu’est le milieu politique Malgache. Dégouté, le peuple ne se soulève pas encore, mais les événements de 2009 ont montré que des émeutes peuvent survenir à tout moment et dans ces cas là c’est extrêmement violent.

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Pendant ce temps là, le pays continue à errer comme un bateau sans capitaine au milieu des récifs, prenant l’eau de toutes parts ; les infrastructures qui n’étaient déjà pas bien brillantes se dégradent à vue d’oeil, les gens manquent de tout, les financeurs internationaux se tiennent en retrait, sans doute lassés de financer de grands projets pour lesquels une grande partie de l’argent sert à alimenter la corruption.

Par nécessité, les Malgaches font ce qu’ils peuvent pour s’en sortir, ça peut conduire à des situations surprenantes, tel ce revendeur d’informatique qui publie une annonce pour un arrivage de ciment :

Ciment USB
Ciment USB

Alors qu’en France on gaspille, on jette, on accumule, ici on fait durer, on répare, on transforme. D’un extrême à l’autre, quoi. Les uns ont trop, les autres trop peu.


 

 

Nous nous dirigeons ensuite vers une célèbre « Grande Ile », devinerez-vous laquelle ? Un indice :

L'île de ...
L’île de …

6 Commentaires judicieux

  1. Encore un superbe reportage.j attends chaque épisode avec impatience.les photos donnent envie de prendre le large et je me régale de vos commentaires

  2. La vie rêvée pour les français dans ce paysage idyllique !
    De plus j’ai découvert que Joël est un « ancien » de la marine… Vous reviendrez peut-être en Bretagne en bateau ? après l’avion, le train, le vélo, le pédibus, pourquoi pas…

    Je cherche vers qu’elle île vous pouvez vous diriger pour les petites il y a les : île glorieuse, Nosy Be, puis Maurice… c’est peut-être l’Australie!!!

    En attendant la surprise, je prépare ma valise pour ma petite escapade annuelle, même pas honte.

    Au plaisir de vous lire.

    Nicole

  3. Effectivement, c’est très haut (voire chaud, chaud, chaud….) en couleurs tant du point de vue animalier paysager, qu’humain
    Connaissant votre côté blagueur (c’est sans doute pour voir si on suit) on remarque des faux caméléons, soit des limitations d’imitations! :
    – le premier s’est fait « enguirlander » c’est clair (oui, enfin il est coloré mais cousu de fil blanc) ; il a du dire une connerie
    – le deuxième sur l’écorce de l’arbre, a du vraiment déconner, faire une imitation encore plus grave puisqu’il s’est fait coller à un arbre comme une carpette avec interdiction de faire de la couleur!!! (je serais vous, je me renseignerais sur la nature du délit…)
    Pis il y en a peut être d’autres que je n’ai pas vu ; attention à vous deux, ça ne rigole pas là bas si on manque de respect.

    Bises

  4. Bonjour les migrateurs !
    Je suis le grimpeur à l’horrible short en girafe malade. Dans un élan de brainstorming intensif j’ai pu me remémorer le nom de votre blog, pourtant pas si complexe.
    Et quel plaisir de tomber sur ce superbe article !
    Au nom de toute ma bande de fissurés de la paroi, est-il possible de récupérer vos clichés de ces trois jours sur cette île infernale ?

    Migrattez-vous bien.. et vive le bidoigt inversé !

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