Nagasaki

Ben dites donc, les lecteurs, c’est le titre « Hiroshima » de l’article précédent qui vous a fait peur ? Il n’y a pas eu grand monde à le lire, celui-là, mais peut-être êtes-vous trop absorbés par les préparatifs de Noël pour trouver le temps de suivre nos pérégrinations… Pour la peine, cette fois-ci vous aurez droit à Nagasaki, ça vous apprendra.

 


Quand on est au bord de la mer et qu’on veut passer à l’île suivante, généralement il n’y a pas le choix, il faut monter sur un pont ou à bord d’un bateau. Eh bien là non, on va descendre ! Il y a bien un pont, mais on va plutôt emprunter le tunnel sous-marin de Kanmon qui fait 750 mètres qui permet aux piétons et cyclistes d’atteindre l’île de Kiushu sur le détroit de Kanmon. Il paraît qu’il a inspiré Miyazaki, l’auteur du Voyage de Chihiro, que nous avons visionné quelques jours auparavant afin de vérifier. Ben c’est pas évident, certes c’est un tunnel mais de là à faire le rapprochement avec celui du film…Interdiction de monter sur les vélos pour les 750 m sous la mer.

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Les films
Il nous arrive, mais c'est rare, même pas une fois par mois, de regarder un film sur le Mac. Si c'est dans la tente on se contente de son petit écran, si on est dans un lieu avec une télé on se branche dessus. Comme on a quelques centaines de films sur notre disque dur, on n'a pas besoin de rentrer avant quelques décennies...

Nous sommes le 19 novembre, l’automne est bien là, on a ressortis les gants et les chaussettes qui étaient au fond des sacoches depuis la Nouvelle Zélande. Il fait entre 5° et 7° le matin, ça atteint péniblement 12° en journée mais ce n’est pas un problème, quand on se bouge on n’a pas froid. Par contre le plus gênant est que les jours sont courts, à 18 heures il fait nuit, ça limite le temps ‘utile’ et pour le coup les soirées sont longues.

Mojiko, ville lumières

Pour une fois on s’y est pris comme des manches. Alors qu’on a dégoté un parc en plein centre ville pour y passer la nuit et qu’on en profite pour aller visiter un peu la ville by night, on ne se rendra compte que le lendemain matin qu’on était tout près des illuminations du port, c’est ballot, non ?

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Heureusement, les arbres du parc sont beaux, on n’a pas tout faux. Et la ville est sympa, pour une fois il y a de beaux bâtiments. Cette île serait-elle différente de ce point de vue là ?

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Le ciel est dégagé ce matin mais un petit vent froid souffle. Après avoir avalé notre petit déjeuner dans la tente on va aller visiter la ville avant de partir. Il y a toute une collection de vieilles demeures à ne pas rater d’après les guides. L’Octogonal Penthouse en briques rouges qui date de 1917. La bibliothèque internationale de l’amitié « Kitakyushu », réplique de la gare Easterm en Chine, construite par les russes (non les russes n’ont pas construit au Japon mais en Chine ! (c’est assez cosmopolite, cette histoire)).

Kitakyūshū

La ville suivante surprend aussi par son audace architecturale, outre le traditionnel château (ils se ressemblent tous peu ou prou), il y a des bâtiments contemporains qui changent agréablement des gros cubes gris habituels. La route qui nous y mène est plutôt rurale et bien fréquentée mais on y est en sécurité sur les bas côtés ou les pistes cyclables.

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Et pour la cuisine, c’est pas mal non plus, la recette locale du ramen est savoureuse.

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Il y a d’ailleurs un quartier de rues couvertes où les boutiques alimentaires sont fort bien garnies (même de produits dont on se demande bien ce que ça peut être) :

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Les takoyati cuits sur place (boulettes de poulpe) sont très bons, les melons sont à des prix surprenants (18 € les moins chers), les huitres sont énormes, les champignons appétissants, les pâtisseries bizarres et les pieds de cochons (de Margoton et de Claudine, elle se reconnaitra) pas franchement attirants pour nous mais prisés des japonais.

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Le Beaujolais nouveau est arrivé

On Irène n’y a pas gouté (2 000 Yens la bouteille, 15 €), l’intérêt d’être si loin pour boire du Beaujolais n’étant pas évident. Quant à Joël, quand vous le verrez boire du vin, pensez à consulter car vous aurez certainement la berlue.

Et toujours des rencontres

Quelques moments au bord de la route, des sourires et des mots échangés, des encouragements, des poignées de mains, c’est spontané et chaleureux, c’est bon.

Le nettoyeur de vitres, le prof qui accompagne les enfants en sortie scolaire, les supporters d’une course pédestre, les écoliers, jamais les mêmes et toujours aussi souriants !

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Le soir on trouve une allée publique entre de petits immeubles où on peut poser la tente, c’est tranquille.

Fukuoka, ça déménage !

Nous voici dans la plus grande ville de l’île de Kiushu, 1,5 million d’habitants. Des autoroutes urbaines bâties sur deux niveaux qui traversent une partie du quartier au ras des barres d’immeubles, des itinéraires bien tordus si on se fie au GPS (mais on trouve bien plus simple, rassurez-vous), l’agitation de la ville, ça change de la campagne de l’île de Shikoku.

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Comme on reste plus d’une nuit, on a pris une chambre parce que ce ne serait pas pratique de camper dans un square en démontant la tente chaque matin pour la remonter au même endroit le soir. Comme d’habitude, on refait la déco bien rapidement à grand renfort de corde à linge et de vêtements mis à sécher puis on file visiter le quartier.

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La ville est entourée de montagnes et traversée par deux fleuves avec de nombreux bras et des canaux. C’est une cité agréable bâtie de façon harmonieuse, moderne avec encore de vieux quartiers dans lesquels nous allons trainer, notamment les arcades de Kawabata avec ses vieilles boutiques artisanales et ses arcades, un quartier pittoresque où il fait bon flâner et s’imprégner de l’esprit japonais.

Il y a ici un ramen particulier, le « Hakata » où les nouilles sont cuites dans un bouillon d’os de porc appelé tonkotsu. Le plat à l’odeur appétissante a un aspect onctueux et crémeux, on dit que c’est le meilleur du pays et on le croit volontiers, c’est un régal, c’est notre favori.

Le marché de Noël

Dans le quartier de la gare, c’est l’effervescence : Le marché de Noël attire la foule, ce qui est d’ailleurs curieux vu que 99% de la population n’est pas chrétienne et que cette fête ne représente évidemment rien pour les bouddhistes et les shintoïstes. Les musiques de Noël, les décos de Noël, on se croirait en Europe.

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Moi j’aime la galette, savez-vous comment ?

Il y a même du vin chaud, ils ont copié sur nos marchés de Noël. Mais là où c’est un comble, c’est qu’ils vont jusqu’à faire des galettes sur une bilig comme en Bretagne. Sauf qu’il y a de sacrés progrès à faire quand on se rend compte qu’ils cuisent chaque galette durant 5 mn (oui, vous avez bien lu, cinq minutes !!!) à feu très doux et d’un seul coté ; le résultat est assez moyen et l’efficacité carrément lamentable, s’il y a plus de deux clients c’est la cata.

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Pour finir, un petit dîner dans un resto de brochettes bien sympa, et retour dodo. Le lendemain matin, surprise au réveil, l’appareil photos (le gros) manque à l’appel ! Moment de flottement ….Grrrrr……Ah oui, c’était au resto, il est resté par terre. On y file mais c’est fermé, heureusement grâce à Yuka Mizogushi qui nous propose spontanément son aide, le resto est contacté, ils l’ont bien et il suffira de revenir à 17h le récupérer. Ouf ! C’est qui qui l’a oublié ???

Le Karaoké complètement naze

On sait qu’ici le karaoké est très populaire, les enseignes sont nombreuses, on va y aller pour voir les autres chanter, ça doit être sympa.

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Ben non, c’est pas drôle : On se retrouve dans une petite cabine pour deux, à essayer de comprendre comment ça marche, trouver quelque chose dans un catalogue gros comme un annuaire et finalement chantonner du Moustaki et Françoise Hardy tout en sirotant notre boisson sur des clips vidéo bien niais. Bien fait pour nous, on s’est fait avoir comme des bleus mais on a bien rigolé.

Les sumos ratés

Novembre est le mois des championnats de sumo, célèbres dans la région. Les « rikishi » luteurs, font le poids puisque leurs combats déplacent les foules.  Les français utilisent le terme de sumotori pour désigner les lutteurs de sumo. Profitons-en pour voir ça en vrai. Ben oui mais non, c’est si populaire qu’il aurait fallu réserver très longtemps à l’avance, ce qui n’est pas vraiment compatible avec notre façon de voyager (En fait on rencontrera des bébés rikishi dans quelques semaines, mais ce sera assez différent, vous verrez).
Bon alors allons au théâtre ou à un concert. Damned, il n’y a rien ce soir ! Tant pis, on s’en va faire pour faire un tour en ville en bus, vu qu’il pleut (encore).

Le sanctuaire Sumiyoshi

Dommage qu’il pleuve, ce joli sanctuaire shintô est situé en pleine ville, on y trouve un couple de mariés avec ses invités (ils ne nous invitent pas, on n’aurait pas refusé !) qui viennent faire leurs dévotions auprès des différentes divinités.

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Le Yusentei Park

Les cyclos que nous sommes se laissent happés régulièrement par ce qui se présente le long de la route. Nous ne sommes pas contre le fait de s’arrêter butiner et apprécier les occasions qui s’offrent à nous. Cette maison de thé à l’occasion du Momiji est charmante, située dans un petit parc où les couleurs d’automne sont magnifiques. Il y a comme ça des lieux enchanteurs, coincés entre les grands immeubles souvent fort laids, les visiteurs ne s’y trompent pas parce qu’il n’y a pas que des touristes, loin de là, il y a aussi des habitués des lieux.

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Avant de quitter définitivement la ville on fait un grand détour par un très grand parc, c’est un jour férié et il y a de nombreux coureurs. On a même droit à des encouragements.

Le p’tit resto de Tosu

Quel accueil dans ce petit restaurant familial ! Evidemment personne ne parle anglais (ni français, ni breton) mais ça n’empêche pas la convivialité. Tout sourire pour ces deux faces tannées d’européens qui ont poussé la porte de cette petite bicoque. La patronne tient à installer sur le vélo d’Irène un « koinobori », un manchon à air représentant des carpes mâle et femelle pour la célébration des enfants. Elles représentent la ténacité et la persévérance à remonter les fleuves à contre courant. Merci petite madame nous le recevons comme il se doit « Itadakimasu ».

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Comme d’habitude on bivouaque dans un square, c’est aussi un lieu de passage et ça suscite la curiosité toujours bienveillante.

La petite Mitsuki (« Jolie lune »), 11 mois, et sa maman Hiromi nous rendent visite au moment où on plie. Hiromi nous offre des friandises et nous propose de passer chez elle prendre douche (Pourquoi, on sent mauvais ?), ce que l’on décline poliment. Elle repartira avec une tasse qu’on lui offre, celle du vin chaud précédent. Comme quoi il faut toujours avoir quelque chose à offrir. Dans le cas présent ça nous arrangeait aussi parce qu’une tasse c’est du poids et du volume en plus à trimballer. Irène avait tenu à la conserver dans sa sacoche « on ne sait jamais, ça peut servir ! ». La preuve.

C’est plaisant de déambuler dans cette région jamais monotone, il y a toujours quelque chose à voir. Comme ces jours de « On-ne-sait-pas-quoi-golf », ça ressemble au « Mallet golf » vu précédemment mais c’est encore différent.

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Mer et campagne

Les environs de Shiroishi sont très maraichers, les légumes poussent bien dans ces grandes plaines dont les parcelles sont bordées de canaux d’irrigation. Il y a du monde à travailler, que ce soit pour planter ou récolter.  Les fermes sont jolies, entourées de leurs parcelles, ça forme un paysage très typique, serein loin des mégalopoles. Le Japon se décline sous une multitude de facettes.

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Outre les cultures de choux, riz et oignons, on observe avec curiosité celles de sortes de pois secs et la « moissonneuse » qui passe de parcelle en parcelle. Mais on fait un peu la tronche quand même au vu de ce qui se vaporise sur les champs de choux ou de salades….bio, organique ? non pas par içi, ou alors dans les jardins des particuliers.

Sur les bords de la rivière, dans des zones manifestement inondables, d’immenses golfs se succédant sur des kilomètres sont bien fréquentés.

Sur la cote de Nanaura, les parcs à huitres et les petits ports de pêche se succèdent, le ciel maussade sied bien à ce décor (tout comme il sied bien à la Bretagne).

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Du golf au base-ball

Pour dormir ce soir, nous avons repéré à l’écart de la ville un parc qui s’avère être un terrain de golf (encore un); c’est drôlement bien, il y a une cahute avec du chauffage, on apprécie mais c’est curieux qu’il n’y ait personne là dedans. On attend que quelqu’un vienne pour demander l’autorisation de rester. Pendant ce temps là on branche les chargeurs et on joue au Qwirkle. Comme la nuit tombe et que personne ne vient, on monte la tente. Mauvaise idée, le gardien fini par arriver et nous déloge de là, pas moyen de rester, c’est la première fois que ça arrive. Le type se confond en excuses mais nous laisse en plan devant le portail qu’il cadenasse. C’est pas lui le chef et il ne prend pas l’initiative de nous autoriser à rester. Tant pis…..

Il fait tout noir, on ne sait où aller coucher, mais il y a des lumières pas loin : Un terrain de base-ball où des gamins s’entrainent. Ce sera parfait pour la nuit, et au moins on n’est pas tout seuls comme au golf. On va faire l’attraction de la soirée, les enfants sont ravis de monter sur les vélos, les parents et entraineurs de discuter.

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Comme ça caille, on va préparer notre popote dans les sanitaires, ce n’est pas très glamour mais au moins on est à l’abri du vent. Au Japon les sanitaires on la particularité d’être parfaitement propres et hyper bien entretenus et en plus le siège de la cuvette est chauffant, quel bonheur !

Le lendemain matin nous avons de la visite dès 7h30 : Hiromi, une maman vue la veille au soir et ses enfants plus un de leurs copains (Momoka, Kenshin et Syunya) est venue nous apporter des boulettes de riz pour le petit déjeuner. Quand on vous le dit, qu’ils sont pleins de gentillesse ! Nous restons un moment à discuter avec elle, heureuse que des étrangers se soient arrêtés dans ce village de campagne et s’attardent avec eux. Ses boulettes de riz chaud sont les bienvenues, on les accueille comme il se doit avec un Itadakimatsu (« Je le reçois humblement »).

Les torii

On reprend la route ensuite pour continuer entre les parcelles maraichères et les bords de mer. Une bonne surprise en longeant la mer d’Ariake, un endroit où une série de torii dont le rouge tranche sur la mer et le ciel gris. C’est paisible et beau, il n’y a quasiment personne, on aime bien, la zénitude est ici même, on s’en imprègne du mieux possible et on se fait une sacrée série de photos.

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En train avec entrain

Nous avons l’intention d’aller à Nagasaki mais ça fait un assez long détour (le visa touche à sa fin) et il faudrait ensuite revenir sur nos traces, ce qu’on préfère toujours éviter. On va donc y aller en train, pour cela il faut qu’on trouve un endroit où laisser les vélos et bagages.

Pas de problème, le chef de la petite gare de Nishida va se plier en quatre pour nous aider : Il nous fait installer les vélos près du quai sous un abri et va cueillir des mandarines devant la gare pour nous les offrir. Comme il sera aussi de service lors de notre retour, on pourra le remercier avec un petit cadeau qu’on lui ramènera de Nagasaki.

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Nous ne sommes pas tout à fait certains que ceci eut été possible ni même imaginable avec la SNCF…

Nagasaki

Après deux heures de train, on arrive dans cette cité où on constate qu’il n’est pas vraiment approprié de se déplacer à vélos, tout est en pente raides, la ville est bâtie sur des collines.

Bien entendu, la gare est illuminée pour Noël mais rien à voir avec celle de Fukuoka, la population est plus réduite. Il y a de beaux endroits à visiter by night, notamment le pont Megane (« lunettes ») sur la rivière Nakajima, construit en 1634 par Mokusunyoujo, un moine chinois. Il fait partie des trois plus célèbres ponts japonais.

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Après l’uranium, le plutonium

Ce n’est que trois jours après Hiroshima que les Américains ont anéanti, par une seconde explosion nucléaire 75 000 personnes de plus, dont 70% étaient des enfants, femmes et vieillards.

De manière encore plus vive on peut se demander pourquoi, alors que le pays était en état de sidération après la destruction d’Hiroshima et la déclaration de guerre par les Russes dès le lendemain, ce qui conduisait de toute évidence à une reddition imminente. Comme le programme de recherche américain, qui avait englouti des fortunes, avait porté à la fois sur l’uranium (utilisé à Hiroshima) et sur le plutonium, il fallait peut-être le justifier (il fallait que ça serve) en déclenchant une seconde exposition qui aurait en outre « l’avantage » de permettre d’étudier les effets sur la population. Ce qui fut le cas.

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Le parc de paix créé en 1955 est situé près du centre, dans le quartier d’Urakami, sur une colline percée de refuges utilisés lors des bombardements.

On y trouve une multitude de monuments et statues, offertes par des pays étrangers et des villes voisines afin de renforcer l’espérance d’un monde sans nucléaire, ainsi que la fontaine de la paix en mémoire des irradiés morts en recherchant de l’eau, évoquant le flot de larmes pleurées par les victimes. Également une énorme statue de 9m70 représentant un homme assis de couleur bleue, le bras droit levé pointant du doigt le ciel, symbolisant la menace nucléaire, le bras gauche à l’horizontale représentant le désir de paix.

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La cathédrale Urakami en briques rouges a été complètement détruite avec les fidèles à l’intérieur, les pilotes du bombardier l’ayant confondue avec un bâtiment portuaire. C’était le plus grand lieu de culte catholique du Japon, elle a été reconstruite en 1959 un peu plus loin.

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Le musée est très émouvant, mêlant reconstitutions, objets retrouvés dans les décombres comme les boites de repas d’écoliers (bentos), des explications médicales sur les risques (leucémie , cancer, malformations), des témoignages vidéo des survivants. Il y a une importante section sur l’arsenal nucléaire dans le monde, les essais, les conséquences. Tristesse.

La nature, indifférente à la folie des hommes, est resplendissante de couleurs chaudes. Notamment les Gingko Biloba, arbres de jouvence, de longévité, symboles de la ville de Tokyo. Lors du largage des bombes, ce sont les seuls arbres qui n’ont pas péri.

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Déambuler en ces lieux en automne est assez particulier, la tristesse du passé se mêlant à la beauté de la végétation sans cesse renouvelée, dans une atmosphère de respect et d’espoir.

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Dejima

Le quartier Dejima est très particulier, c’est une île artificielle construite en 1634 afin de contrôler le commerce avec les portugais en premier lieu quand ils sont venus christianisé le japon, puis avec les hollandais, ce fut le seul point de contact entre le Japon et le reste du monde durant deux siècles. Remarquablement bien restaurées, les bâtisses d’époque témoignent d’un passé prospère et surprenant puisque l’architecture et le mobilier sont typiquement européens.

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Les Néerlandais n'avaient pas le droit de quitter l'île, pas plus que les Japonais d'y pénétrer sans un sévère contrôle. Lorsque les bateaux arrivaient, leurs voiles étaient saisies, ainsi que les armes et les livres religieux. L'essentiel des importations concernant la soie et le sucre, ainsi que des lainages et du verre, les Japonais exportant du cuivre et de l'argent. Le comptoir a fermé en 1857, suite à l'ouverture forcée du Japon au commerce international par les Américains.

L’île est maintenant absorbée par la ville qui s’est construite tout autour en gagnant sur la mer, quel dommage.

Les trente six martyrs

Vous avez lu plus haut qu’il était question d’une cathédrale, ce qui est assez commun chez nous mais guère au Japon. La raison en est que cette région a été évangélisée dès le seizième siècle, mais ça n’a pas été simple :

Saint François Xavier a débarqué en août 1549, à Kagoshima, afin d’évangéliser les Japonais. Avec lui, et à sa suite, de nombreux Jésuites et Franciscains réussirent à répandre le christianisme dans le pays, en même temps qu’ils créaient des écoles, des paroisses, et des hôpitaux.

Quelques décennies après, pour des motifs à la fois religieux et politiques, les missionnaires et les Japonais qui étaient devenus catholiques furent durement persécutés.

Le shogun cherchait à la fois à unifier le pays et à lutter contre les puissances religieuses locales. Il s’en prit donc aux Chrétiens qui représentaient à ses yeux une insupportable influence étrangère. Les missionnaires ayant été expulsés, le christianisme implanté devint clandestin. Mais dix ans plus tard, la persécution des Chrétiens reprit et en février 1597, vingt-six d’entre eux seront arrêtés, torturés et crucifiés.

C’est à partir de ce moment que les chrétiens durent cacher leurs croyances et pratiques, faute de quoi ils risquaient d’être tués. Nous vous raconterons dans le prochain article comment ont survécu ces « chrétiens cachés » (Comme quoi sur le blog des cyclomigrateurs on ne parle pas que de vélo, on apprend des choses).

 

Train train

Enfin on reprend le train, lequel ressemble à un car sur rails puisque le conducteur est dans sa petite cabine ouverte sur le reste du véhicule et en sort à chaque arrêt pour vérifier les tickets. C’est une voie unique qui serpente entre montagne et mer, de temps en temps c’est agréable de se laisser transporter.

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On retrouve notre chef de gare super gentil, il a mis une bâche sur les vélos, et s’empresse de les épousseter avant qu’on ne puisse repartir avec. Une fois de plus on va faire des curieux entre les jeunes lycéens curieux, désireux de s’essayer à l’anglais et surtout de nous serrer les mains, et les 3 passagers qui attendent le train suivant. On joue le jeu et les renseignons avec plaisir.

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Il fait un temps superbe ce matin, le soleil est là et les températures ont grimpé. C’est reparti sur des routes qui traversent la campagne, toujours vers le sud pour échapper à l’hiver qui arrive. Toujours la grande migration…

21 Commentaires judicieux

  1. Mais si , mais si ! On vous a bien lus mais pas beaucoup de temps pour mettre des commentaires. c’est qu’on n’est pas en balade nous ! Il faut qu’on se mette en mains, et en jambes, ces foutus Azub avant de reprendre la route dans quelques semaines. Et on se dit, si les Cyclomigrateurs arrivent à monter les côtes avec ces engins, y a pas de raison qu’on n’y arrive pas.

  2. Bonjour, effectivement on n’a même plus assez de temps pour vous lire et en plus de commenter vos magnifiques et longs reportages… les préparatifs de Noël vont bon train. Toujours aussi passionnants et que de couleurs ! Une construction rouge de Kitakyūshū ressemble un peu aux Champs Libres de Rennes ! Bizz AnnMary

  3. Bonjour,
    j’ai adoré vos 2 derniers articles beaucoup d’émotion et de beauté
    et encore bravo pour vos superbes photos …surtout ne perdez pas votre appareil
    ***Bonnes de Noël***

  4. OUI super..mes souvenirs remontent…avec le titre d’un Film »Typhon sur Nagasaki » en 1957 !!Un Film Franco-japonais !A bientôt nos Pères-Mères Noêl de l’aventure….à suivre…

  5. Avec bonheur nous suivons votre aventure. Avec impatience nous attendons la suite car nous éprouvons toujours autant de plaisir à lire vos récits. Bon Noël et Bises à vous deux.
    Les tandémistes de Saint Étienne de Montluc (près de Nantes)

  6. C’est chaque fois un régal que de vous lire ; assis à mon bureau devant le P.C., j’ai l’impression de voyager et de faire de belles rencontres grâce vous.
    MERCI.

    • entre deux paquets quel plaisir de vous retrouver avec vos belles photos ! Je fais partie de celles et ceux qui ont lu l’article précédent sur Hiroshima ! Je vois que le temps est comme en Bretagne ! Bon vent!Pascale

  7. Toujours intéressant de lire les détails de vos découvertes dans un pays si lointain. A noter qu’à Nagasaki, la statue d’origine de la Vierge en bois a été exceptionnellement rescapée du bombardement atomique et placée dans la nouvelle cathédrale d’Urakami.
    Alain

  8. TOUJOURS VERY INTERESSANT ET ENRICHISSANT DE VOUS LIRE DS VOS AVENTURES GLOBE TROTTER? EFFECT IVEMENT ON APPREND DE VOS DECOUVERTES ET ON S Y PASSIONNE !! on attend tjs la suite avec impatience! BRAVO AUATNT PR LS COMMENTAIRES QUE LES PHOTOs!

  9. Coucou mes voyageurs préférés
    ben non je vous oubli pas mais parfois mon moral est bas donc pas envi de le mettre a tout le monde ….lollllll
    Noel arrive a grand pas , je vais mettre mes petits chaussons qui sait le papa noel va m’amenée la santée déja , des sous un peu ……on y croit ….lollll
    J’oubliais je vais etre mamy …pour la 4eme fois en 2018 , un petit mec , ça fera 3 petit-fils et ma petite princesse de bientôt 12 ans c’est son papa qui va etre …papa ……pas avec sa maman ….breff trop long …..lolllllll….
    Mon petit-fils de bientôt 14 ans attends samedi avec impatience car son pote depuis la maternelle arrive du japon pour les vacances , il est parti rejoindre en septembre son papa qui travail pour quelques années , lui pas sur qu’il y reste car la france et sa maman et famille lui manque trop …..
    Je vois ,enfin je lis que vous allez pas trop mal , pas trop de conneries si ce n’es l’appareil photo oublié , la chance que c’est pas en france car vraiment pas sur de le retrouvé ……
    Je pense a vous , joyeuses fêtes …..Bisous Lili

  10. 😉 😉 je n’ai jamais commenté mais je lis tous vos articles, je vous admire, j’aime vos photos et vos commentaires pleins d’humours, je voyage a travers vos récits, je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d’année, bonne continuation.

  11. vous savez comme j’aime les trains 🙂 Alors le Japon c’est un des paradis ferroviaires, vous avez vu comme on peut facilement voir devant « la locomotive »? Il y a des milliers de vidéos sur youtube prises comme ca, dès fois que quand même il n’y aurait plus de films sur le disque dur :). Je me dis que j’en ai vues de Fukuoka, nom familier mais je sais plus pourquoi 🙂 Non, on vous lit, mais a vous lire j’ai l’impression que le blog est bien en retard par rapport à votre localisation actuelle ??? 🙂

  12. mais oui on vous lit!!! et on adore!!! fais gaffe, Irène, avec tous ces fanions tu risques de t’envoler!! Bonnes fêtes et milles bisous! A l’année prochaine!!!

  13. Ou que vous soyez le 25 ,je suis sure qu’Irène sera sur son 31,pour fêter le chiffre 1 de 2018!!
    Continuez à nous partager votre zénitude pour qu’on ne tombe pas dans l’Habitude,
    Continuez à nous faire vivre les Histoires des pays qui nous dépaysent,
    Continuez à distribuer l’Amitié des Gens visités
    Continuez à décrire la Réalité en y semant votre Humanité
    Tout simplement
    BRAVO
    Claudine et Josick

  14. Moi aussi je continue de voyager avec vous et lis vos agréables commentaires !
    Mais je fais du bénévolat pour une association (emballage paquets cadeaux entre autre).
    Demain je pars chez mes enfants, donc l’ordi sera un peu oublié, mais pas vous hihihihi…
    Joyeux Noël japonais.
    Mamie Nicole

  15. C’est un vrai bonheur de vous lire , vos récits sont passionnants et les photos vivantes et magnifiques !
    Vous m’epatez ! Merci pour ce partage , et pour la suite , belles découvertes …

  16. Salut les cousins,
    Moi aussi, j’avais lu l’article sur Hiroshima…c’est vrai que je ne laisse pas systématiquement de commentaires. Mais le 12 décembre, j’étais encore en deuil: Johnny Hallyday….
    Bon, votre dernier article était bien sympathique. Tout a l’air si calme.
    J’aimerai bien savoir si c’est cher de se restaurer dans la rue.
    Je vous souhaite une très bonne année 2918, sans soucis et en bonne santé. Portez vous bien !( Et remplumez-vous, vous avez maigri!!)

  17. ehhhhhh…
    il est chez moi dans les 23h40..
    Alors ben je sais pas dans quel coin du monde vous roulez mais ..
    Bannnnané sur vos vélos
    je vous attends un de ces 4 pour une ou ..2 soirées vélos 🙂

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