PSUGLI #1

Un PSUGLI, kekseksa ? Mais c’est évident : Un Petit Supplément Gratuit Luxueusement Illustré !

Bande de veinards, vous aviez déjà le blog le plus passionnant de l’année, maintenant il s’enrichit de suppléments. Pourquoi ça ? Parce qu’il s’agit de sujets qui peuvent éclairer notre périple dans ce pays, d’histoires ou d’Histoire que nous avons découvertes (et qui sont ignorées même de nombreux australiens) mais que nous n’avons pas nécessairement vécues nous-même. Simplement, ça nous semble intéressant, à vous de voir si ça l’est vraiment. Outre son humour irrésistible, le bouquin « Nos voisins du dessous » de Bill Bryson est une source passionnante d’infos, on ne peut que le recommander vivement.

Quant aux illustrations (luxueuses, donc), elles ont pu être récupérées sur des sites communautaires comme Wikimedia ou faire partie de nos propre photothèque (comme celle qui figure en tête de cet article, prise lors de notre premier voyage il y a dix ans), auquel cas il est simple de les reconnaître puisqu’il est écrit Cyclomigrateurs en bas.

Bon, assez bavardé, c’est parti :

Surfers Paradise

Elston fut longtemps une bourgade du Queensland paumée mais dotée d’une plage super, avec quelques petits bungalows, un hôtel assez fréquenté mais un peu ringard et quelques magasins. Et puis un jour de 1933, les édiles de la ville eurent une idée brillante. Comprenant que personne n’allait jamais parcourir des centaines de kilomètres pour venir voir un bled baptisé Elston (plus précisément, que personne ne le faisait), ils décidèrent de lui donner un nom plus swinguant, aux résonnances modernes et bien dans le coup.

Au cours de leurs recherches, leur regard s’arrêta sur l’hôtel local, le Surfers Paradise. Ils n’allaient pas le regretter.

Aujourd’hui Surfers Paradise est mondialement célèbre alors que les agglomérations voisines sont totalement inconnues hors des frontières du Queensland. Mais cela n’a aucune importance puisse qu’elles ont toutes fusionné en une sorte de conurbation assez laide qui s’allonge sur 50 km. C’est ce qu’on appelle la Gold Coast, la Floride de l’Australie.

On l’aperçoit bien avant d’y arriver, d’insolentes tours de verre et de béton se dressent en bord de mer et soulignent les courbes de la côte à perte de vue. Au début des années 70 une fièvre immobilière s’empara de la ville. La où il y avait autre fois de petits lopins de sable portant chacun un bungalow de la taille d’une boîte d’allumettes, on découvre aujourd’hui de splendides hôtels, de grandes   barres d’appartements aux balcons immenses, le dôme d’un casino, des golfs verdoyants, des Aquaparcs, des Lunaparcs, des galeries commerciales et tout le reste. On chuchote qu’une grande partie des ces réalisations proviennent de fonds d’origine douteuse, que la Gold Coast regorge d’individus assez louches, ce n’est pas le genre d’endroit où vous avez intérêt à vous amuser à cabosser une Mercedes.

La plage est superlativement belle, large, propre, ensoleillée, avec de grandes vagues mais pas trop et d’un bleu vif presque trop éclatant. Sur le front de mer, les magasins au luxe tapageur se succèdent : Prada, Hermès, Ralph Lauren. Impeccable, si ce n’est que ce n’est pas la peine de venir si loin pour contempler des serviettes de bain signées Ralph Lauren ! D’ailleurs il semble Surfers Paradise ne soit qu’une succession de boutiques vendant la même camelote : Boomerangs et didgegidoos peinturlurés, koalas et kangourous en peluche, cartes postales et souvenirs, plus des monceaux de tee-shirts.

Quant au véritable hôtel Surfers Paradise, celui des origines, il a été démoli pour faire place à une galerie marchande qui correspond beaucoup mieux à la tendance actuelle : Elle est moche et remplie de m..des hors de prix.


Train train

 

Avant 1970, pour des raisons multiples et variées mais principalement pour d’obscures histoires de rivalités en États, les voies ferrées australiennes se distinguaient par la diversité de leurs normes. En Nouvelle Galles du Sud, l’écartement des rails était de quatre pieds huit pouces et demi. Le Victoria avait opté pour la mesure plus confortable de cinq pieds trois pouces. Le Queensland et l’Australie Occidentale, plus chiches, avaient choisi une norme de trois pieds six pouces, soit une largeur à peine supérieure à celle de nos parcs d’attraction (les passagers devaient-ils voyager avec les jambes hors des fenêtres ?). L’Australie Méridionale, plus imaginative, disposait de trois mesures. Trois ou cinq fois au cours du voyage qui les emmenait d’Est en Ouest, les passagers – et le fret – devaient être débarqués du train pour être rembarqués sur un autre, opération stupide et fastidieuse.

Mais c’est de l’histoire ancienne (enfin pas tant que ça, 1970 ce n’est pas le moyen âge non plus), aujourd’hui c’est beaucoup plus simple. Enfin, pas tant que ça.

Ca peut même être assez compliqué, pas partout, mais ça peut l’être sacrément surtout pour les cyclistes. Autour de Brisbane, c’est cool : Pas cher, on monte dans n’importe quelle voiture et on met les vélos près des sièges.

Un peu plus loin, ça se corse, il n’y a quasiment pas de place pour s’engouffrer là dedans car les portes sont étroites et les couloirs à angle droit. Mais là où ça devient galère c’est plus au nord, on arrive dans les « grandes lignes » où il faut réserver pour soi-même et pour les vélos, certains trains ne les acceptent pas, en plus c’est cher… on se croirait en France, c’est tout dire.

Enfin non, c’est assez différent de la France, il faut bien le reconnaître : La grille horaire de TOUS les trains de TOUT l’État du Queensland tiendrait presque sur une carte postale mais ce serait écrit un peu petit, par contre sur une feuille A4 c’est très suffisant. Autant dire que c’est simple, une fois qu’on a compris le truc : Il n’y a que quelques trains par jour, voire même un seul, voire même seulement deux fois par semaine sur certaines sections.

Et là où ça se corse, c’est que ceux qui daignent transporter des bagages (et donc des vélos) sont carrément inexistants sur des trajets pouvant dépasser le millier de kilomètres. De plus, les restrictions concernant les bagages ressemblent à celles des compagnies aériennes : Un seul bagage « cabine » et un bagage « en soute », au delà le prix est franchement dissuasif.

Vous aurez donc compris que pour voyager en train dans ce pays, il faut être motivé, mais celui-ci a des attraits irremplaçables sur les longues distances, nous en reparlerons.

 

 

8 Commentaires judicieux

  1. Ici,on regarde passer le TGV en pensant à vous!juste pour vous dire qu’hier,ils étaient en grève et les touristes qui sont comme vous dans notre pays étaient eux aussi en galère d’après Ouest-France!!!
    Quand vous voyez des moutons néo!!!dîtes leur bonjour de Josick et Claudine et vous continuer à nous apprendre des tas de trucs!!!!
    Portez vous bien
    Les bergers de Brécé

  2. La Baule est peut-être la plus belle plage d’Europe, mais là il faut bien avouer que nous sommes battus, en longueur de plage, en hauteur d’immeubles et en nombre de magasins.
    Si non, je ne sais pas si la nouvelle vous est arrivée aux oreilles, vous pouvez prévoir votre retour en France en Baracuda !
    Renseignez-vous, je ne sais pas s’ils prennent les vélos ?
    Michel

    • Pour les sous-marins, on est au courant : les Australiens, quand ils apprennent qu’on est français, nous félicitent pour tout l’argent qu’on va leur prendre… Au début on ne savait pas pourquoi, maintenant ça y est, on percute.
      De là à envisager un retour, c’est aller vite en besogne, et dans un machin comme ça encore moins 🙂

  3. Avec votre expérience des transports en commun vantez leur le Petit Supplément Onéreux Luxueusement Équipé….. notre TGV !
    En attendant un avenir tout tracé dans les valises des diplomates et hommes d’ affaire…continuez à pédaler et à nous informer pour notre plus grand bonheur.
    Bises et bonne route.
    Evelyne

  4. Ouille! En voyant la proximité des immeubles avec l’océan qui parait-il monte on se dit que d’ici qq années il y aura bon nombre de réfugiés climatiques!!!!
    Super article! Merci et bonne suite!!

  5. Vélo « couché »…. le pari est-il tenable?

    Si j’ai bien compris, le train est le meilleur compromis pour traverser « incontinent » (grand comme l’Australie), certes.
    Et les chemins de fer oz en profitent donc pour vendre à prix d’or leurs laisser pisser pour les vélos embarqués.
    Le vélo reste en effet un concurrent : le meilleur moyen de transport quand on a des problèmes d’incontinence ou de prostate : on peut s’arrêter n’importe où avec l’assurance de ne pas faire la queue en trépignant devant les toilettes.

    Il est d’ailleurs conseillé de pisser tranquillement à vélo « couché » (= posé sur le bas côté) plutôt que de tenir l’engin en pissant …voire même de se soulager en roulant…

    En cas de « fuites » trop fréquentes, le conducteur peut aussi être couché (sponsorisé par Pampers)

    Courage et persévérance! Pensez que même si vous n’en êtes pas là, avec ou sans train, les outrages de l’âge ne sauront vous empêcher de tenir le pari.

    Bon il est tard et cela me fait penser que je devrais en profiter pour aller me coucher… (expression ambiguë et « à dormir debout » dans le cadre de votre équipée)

    Bises et merci pour les articles toujours pertinents.

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