Rollingstoneville

Des pierres qui roulent, du lait hydratant, plein d’eau et de poissons, un changement de cap qui ne change pas, un chameau assoiffé, etc. Un nouvel épisode où il se passe plein de choses en plein d’endroits. En route !


D’Airlie Beach à Townsville, il paraît qu’il n’y a rien à part des champs de canne à sucre à perte de vue. Bon, alors faisons le trajet en bus, puisqu’il y en a tout le long de la côte Est. Il y en a un qui part à 7:30, c’est parfait pour arriver tôt chez nos hôtes Warmshowers, pour une fois les horaires nous arrangent.

Mais ça ne va pas du tout se passer comme ça…

Nous sommes bien en avance à la station de bus, avec le temps suffisant pour préparer vélos et bagages, on a l’habitude et ça se fait vite désormais. Ce qui est curieux est qu’il n’y ait personne d’autre que nous, surtout quand approche l’heure du départ, et c’est encore plus curieux quand c’est l’heure et qu’il n’y a pas de bus… Un coup de téléphone à la compagnie nous apprend que nous ne sommes pas au bon endroit, l’arrêt a été déplacé de 800 m, près de la nouvelle marina !

L'arrêt de bus est là, derrière nous
Le nouvel arrêt de bus est là, derrière nous.

C’est embêtant, nous allons devoir prendre le bus de 20:50, et donc arriver en pleine nuit, une fois de plus.

Remontage des vélos, déballage des bagages, et nous voici avec pas mal d’heures sup’ à Airlie Beach. Nous en profiterons pour faire connaissance avec Emmie et Jason, son charmant bambin de 3 ans. Encore un hasard incroyable, elle connaît une famille portugaise qui habite à St Senoux et a des moutons ; St Senoux, c’est où, vous dites-vous ? Justement, c’est là que c’est bluffant car franchement il n’y a pas la foule dans ce village d’Ille & Vilaine mais il y a la famille Capitaine, les parents de Marie qui est partie découvrir le monde à vélo avec David (Nos fidèles lecteurs n’ont sans doute pas oublié nos retrouvailles parfois inopinées avec Marie et David depuis la France jusqu’en Croatie).

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Le soir, nous ne nous trompons pas d’arrêt pour le bus, d’ailleurs nous étions partis en reconnaissance dans la matinée pour comprendre le pourquoi de notre erreur. Et ce n’est pas (tout à fait) de notre faute, c’est ce #%*@§ Lonely Planet qui donne l’ancienne adresse, il n’a pas dû être mis à jour depuis bien des années ! (Vous verrez plus tard qu’on y trouvera une autre erreur impardonnable).

 

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Townsville

Puisqu’on arrive en pleine nuit dans cette ville dont le nom, soit-dit en passant est un beau pléonasme (Pour aller jusqu’au bout de leur logique, ils auraient même pu la nommer Townsvillecity), il ne nous reste plus qu’à trouver un endroit pour dormir. Tiens donc, il y a de magnifiques pelouses sur The Strands (le front de mer), la nuit est belle, il ne semble pas y avoir d’arroseurs automatiques susceptibles de se déclencher inopinément, donc on pose nos matelas et duvets sur un promontoire entre deux plages et voilà, pas besoin de tente (le camping serait d’ailleurs sans doute mal vu à cet endroit).

A part deux opposums qui viennent farfouiller dans les buissons, c’est une compagnie sympathique, rien ne vient troubler notre sommeil jusqu’à 6 heures où ça commence à s’activer dans le parc : Un groupe de femmes fait du yoga, deux hommes du Tai-Chi, le lever de soleil est superbe, la journée commence bien.

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Et elle se poursuit à merveille grâce à Kay, notre hôtesse Warmshowers qui habite une superbe maison à 8 km du centre-ville. Son mari Peter (Mozzie pour les intimes) n’est pas là, mais nous sommes en de bonnes mains, des mains fort talentueuses d’ailleurs car Kay excelle dans la céramique, la sculpture, le détournement d’objets.

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Kay nous met tout de suite à l’aise, elle nous ouvre sa maison en grand, on fait le tour de la cuisine, de notre chambre confortable, le jardin petit mais très bien agencé, une piscine étroite et de belle longueur, ombragée… que du bonheur. Leur maison a été en partie refaite suite aux dégâts provoqués par l’ouragan Yasi en 2011, le séjour est ouvert sur le jardin sans mur, juste des portes moustiquaires, aérée au possible sans vitre aux fenêtres, c’est génial.

Nous avons beaucoup de chance chez nos hôtes warmshowers, la cuisine y est bonne, c’est l’occasion de faire honneur au curry au poulet de Kay. Le lendemain c’est nous qui cuisineront des rillettes de saumon et un cake au basilic.

Nous avions prévu d’aller monter sur le rocher qui surplombe la ville pour assister au lever du soleil, manque de chance le ciel est couvert et bien gris, tant pis on va se rabattre sur un chiropracteur. Hein ? Quoi ? Ca n’a pas de sens direz-vous et vous avez raison. Irène a une espèce de tendinite à l’épaule droite qui monte et qui descend du coude au cou, ben v’la encore autre chose… On va avec nos vélos voir ce spécialiste qui nous recommande pour la suite de régler l’appuie tête et d’incliner plus en avant le siège ; on va faire des essais en espérant que ça passe.

Townsville ne se distingue guère des autres villes australiennes de taille comparable (140 000 h.), avec ses rues extra larges, se croisant à angle droit, mais elle a quelque chose d’un peu old fashion qui la rend sympathique.

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Il y a notamment une magnifique Art Galery qui expose des oeuvres d’artistes locaux qui nous ont beaucoup impressionnées. Une des amies de Kay y a gagné un prix.

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Autre fleuron de la ville, l’Aquarium avec un grand A car il est impressionnant avec ses 2,5 millions de litres d’eau qui hébergent une foultitude d’animaux marins ainsi que de coraux. Comme il fallait bien un record, c’est le plus grand aquarium de coraux vivants au monde, voilà qui est dit. On peut voir ici en une seule fois ce qui nécessiterait d’aller plonger moult fois et en plusieurs endroits de la grande barrière de corail (qui est tout près d’ici, troisième requin à droite).

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Le front de mer, là où nous avons dormi, est magnifiquement aménagé mais on sent que les efforts de la municipalité pour dynamiser le centre-ville ne suffisent pas à contrer la tendance générale : Les gens habitant dans les quartiers périphériques ne viennent plus en ville, ils privilégient les grands centres commerciaux climatisés près de chez eux, d’où la fermeture des petits commerces, un problème qu’on connait bien en France aussi. Il y a par ailleurs un taux de chômage élevé car un certain nombre d’industries minières ont fermé suite à la chute des cours des matières premières (explication officielle) et à une très mauvaise gestion (explication populaire), en fait probablement les deux car de bons gestionnaires auraient anticipé le risque au lieu d’empocher les bénéfices à court terme.

Nous rencontrons un jeune Mauricien qui s’est installé en Australie avec sa famille il y a trois ans, son point de vue sur l’immigration est très tranché et semble répandu : Il ne supporte pas que des réfugiés Soudanais aient été accueillis dans sa ville, sans avoir à payer de visa ni quoi que ce soit alors que lui a dû se débrouiller tout seul pour être admis et ça lui a coûté cher. « Ces gens là auraient dû être renvoyés chez eux ! », gloups, ça fait drôle d’entendre ça surtout de la part d’un immigré (ce que sont d’ailleurs tous les Australiens blancs). Et essayer de lui expliquer qu’au Soudan c’est la guerre, qu’ils n’ont plus de « chez eux », qu’une vingtaine de réfugiés dans une ville de cette taille (moins d’un pour mille) ne ressemble pas à une invasion, ça ne sert à rien. Mais bon, ce réflexe de rejet est également courant en France.

Les artistes ont la part belle un peu partout où nous sommes passés jusqu’ici et les villes exposent allègrement les oeuvres en ville, ici sur le front de mer où nous essayerons des sièges d’un genre étonnant.

Azub peut ouvrir une boutique à Townsville, nous y avons trouvé 2 futurs clients heureux comme tout de voir des Azub autrement que sur le net. Joël se fait un plaisir de faire essayer son vélo tandis qu’Irène argumente auprès de la dame sur la fiabilité, le confort et les agréments du voyage à vélo couché. Convaincue, elle dit mieux comprendre pourquoi son mari est mordu à ce point. On éclate de rire quand ils se présentent : Marie et Lucas, sauf que dans le cas présent Lucas c’est leur chien… et nous n’avons pas retenu le prénom du mari. En tout cas, ils sont très motivés, même s’il leur faut aller en Europe ou à Singapour chercher leurs vélos couchés.

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Au revoir à Kay qui nous aurait bien gardé encore avec elle en attendant le retour de Mozzie !

Changement de cap qui ne change pas

Vous ne l’aurez probablement pas remarqué, et on ne vous en voudra certainement pas, mais l’itinéraire prévisionnel (la fameuse carte Ouskivon ?) prévoyait qu’à Townsville on arrête de longer la côte Est, donc de rouler vers le Nord, pour partir vers l’Ouest afin de se diriger vers Darwin, au Nord (ça va, vous suivez, vous ne perdez pas le nord ?). Ceci était sensé se faire en train, il y en a deux par semaine, puis en bus. En effet, le trajet est carrément désertique et fait 2 500 km, ce n’est pas qu’on est pressés mais on n’a pas non plus trois ans devant nous pour parcourir ce pays.

Mais plusieurs personnes nous ont si bien vantés les charmes de Cairns qu’on décide finalement de continuer le long de la côte, à vélo cette fois-ci, et on verra bien comment on se dérouillera une fois là bas. Ça ne fait que 350 km, ce serait dommage de rater ça, surtout qu’il est peu probable qu’on revienne dans le coin avant un certain temps (une autre vie ?).

Rollingstone

Voilà un nom de commune qu’il est sympa, non ? Certes, il n’y a pas grand chose à part la boutique qui fait épicerie-station-service-bureau-de-poste mais aussi un chouette bushy camp gratuit et bien agréable pour passer la nuit.

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On apprendra plus tard par Kay que deux campeurs ont été retrouvés morts par overdose dans leur tente le lendemain de notre passage. Ce n’est pas nous, sinon on ne serait pas là pour le raconter et ce serait la fin du blog, inenvisageable…

Chouette concert avec les Stones et Police. Station est moins connu, ils auraient pu choisir Dire Straits...
Chouette concert avec les Stones et Police. Station est moins connu, ils auraient pu choisir Dire Straits

 

Voilà, c’est tout pour cet épisode, maintenant c’est à vous d’écrire, on attend vos commentaires avec impatience 🙂


Provoc’

11 Commentaires judicieux

    • Il arrive parfois que la page soit longue à charger, les diaporamas n’apparaissent alors pas et ça raconte des bêtises à propos de JavaScript. Quel dommage, alors qu’on s’est décarcassés à publier de chouettes photos.
      Ne vous laissez pas faire : Rechargez la page maintenant, ou un peu plus tard ! Merci.

    • Bonjour à tous les 2. Comme nous nous étions rencontrés à Solferino dans les Landes, (il y a… on se sait plus!), je vais prendre Solférina comme pseudo (si c’était Thierry mon compagnon qui deviendra mon mari le 18 juin, qui écrivait, il n’aurait sans doute pas écorché le nom).
      Pour ma part, je lis tous vos articles depuis quelques temps. J’avais lu un peu la suite de votre voyage en Europe, un peu l’Inde, pas trop Madagascar mais je lis tout sur l’Australie !
      Cela tient peut-être à vous et à la qualité de vos envois, et aussi à ma disponibilité qui va encore augmenter à la fin du mois : de 2 jobs, je passe à un seul !! si vous saviez mon bonheur !! Je suis sure que vous me comprenez car je pense que nous sommes à peu près dans la même tranche d’âge et « le temps nous (re)appartient ». Wouah!!!
      Votre voyage est un magnifique cadeau que vous vous offrez et dont nous nous régalons aussi. Profitez-en au maximum et ne laisser pas de vilaines réactions ronchonnes prendre, jamais, le dessus.
      J’ai adoré votre présentation de TOWNSVILLE et cela donne vraiment envie de partir à sa découverte, un jour peut-être ?
      Plein d’amitiés et d’encouragements quand vous devez affronter des côtes trop pentues, des chaleurs dont nous n’avons pas idée car nous avons vraiment un printemps très « pourri » ou bien lorsqu’il vous faut affronter de « terrifiantes » compagnies d’animaux. Coco.

  1. Coucou les cyclistes …..
    Vous semblez vous amuser ! je veu dire mais c’est tout vous attendre le bus au mauvais endroit …………….. je vous embête un peu …..j’aime bien …..lol ………….Tiens en parlant du Soudan je sais pas si ce pays crains tant que ça car plusieurs familles en tour du monde le traverse et disent que les gens sont sympa ect ect ….. qui croire ……Bonne …ou mauvaise question ….. En tout cas il y a des endroits quand même craigniosse ….( je sais pas si ce mot ce dit ou s’ecrit comme ça , on va dire que c’est un nouveau mot ….lol… Allez la suite ….vite …Lol ….Bisous Lili

  2. Super le Artistes…ils nous offrent toujours » » des grands espaces » » des espaces de LIBERTE…
    Vive la vie d’Artiste…et que ça continue!Merci

  3. Qu’est-ce que j’ai rigolé écroulée de rire 😀 avec Townsvillecity!!! Les œuvres des artistes sont magnifiques. La tortue dans l’aquarium m’a fait craquer, mimi tout plein -de litres d’eau.

  4. On vous suit jusqu’à refaire votre tracé dans google earth , des fois que vous nous racontiez des carrasbistoule 🙂 mais tous semble réel !

    Hé pas de blague Irène avec l’épaule ! on veut pas que la saison 3 s’arrête prématurément 😉

  5. Ca fait plaisir de voir ces belles œuvres ! merci . Quand aux campeurs paix à leurs âmes, Ils avaient qu’a être raisonnables….

  6. Quel plaisir de vous lire ! Et oui encore un hasard… rencontrer une personne en Australie qui connait des portugais à St Senoux …. On connait bien des Portugais mais ils élèvent quelques poules… mais pas des moutons. On va enquêter ! A cette heure Marie et David profitent de 15 jours de congés pour faire le GR en Corse ! Gros bisous de nous 2 !

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