San Francisco, une maison bleue…

Ça y est, nous voici débarqués à San Francisco, impatients de découvrir cette ville mythique. Fondée en 1776, c’est la ville de la naissance du jean Levi Strauss, aujourd’hui ce sont les hautes technologies qui s’y développent. Ville très particulière, favorite des hippies et des mouvements gays et lesbiennes, décontractée, fantaisiste et colorée, on va sans aucun doute beaucoup aimer.

Temps de lecture : 17 mn


The Embarcadero

Grâce au ferry, nous l’avons approchée lentement avec une vue extraordinaire sur le Oakland Bay bridge, ses immenses quais et ses quartiers quadrillés bâtis jusque sur ses collines.

Allez c’est parti. Nous arrivons en plein coeur du marché des producteurs locaux, avec un peu de difficultés à pousser nos vélos pour sortir des allées encombrées de piétons. Juste le temps pour nous de savourer couleurs et odeurs et de nous donner envie de circuler nous aussi devant tous ces étals.
Nous allons laisser les vélos attachés et partir à la découverte de ce lieu prisé des touristes et qui longe la baie. Un bon bain de foule plus tard et un petit plat acheté sur le pouce on récupère nos montures et longeons cette fois les quais jusqu’à la porte du Rock, d’où l’on peut prendre le bateau pour un lieu célèbre que tout le monde connait au moins de nom : Alcatraz , la prison d’où on ne s’évade pas ! Al Capone a goûté à l’inconfort de ses cellules.

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Nous sommes interpellés par un monsieur allemand à vélo, lui est un passionné de vieilles voitures, il est ici pour en voir une mais finalement ne va pas l’acheter… Elle ne correspond pas à ses critères de sélection. Un spectacle de rue avec de jeunes artistes nous retient un peu plus loin, une belle prestation d’équilibristes.
Beaucoup de touristes à pied ou à vélo le long de la baie. Nous sommes régulièrement interpelés par des familles françaises en vacances et nous passons pas mal de temps finalement à papoter ; un petit air de vacances pour nous aussi.

Dès le départ nous avons un aperçu des magnifiques maisons victoriennes qui composent la ville, qui ne ressemblent en rien aux autres villes américaines que nous avons parcourues jusqu’ici.

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Brouillard brouillard

Quand on arrive enfin en vue du Golden Gate, nous n’en apercevons que deux pilliers tellement il est entouré de brouillard. Eh oui, San Francisco à la particularité d’être dans le brouillard en juillet et août, surtout sur ses hauteurs. Non seulement ça bouche sérieusement la vue, mais ça explique aussi les températures autrement plus basses qu’à l’intérieur du pays : Il peut faire moins de 18° ici quand il fait plus de 40° à cinquante kilomètres de là.

Nous qui sommes venus sur la côte pour y fuir la chaleur, nous allons être servis, au point de sortir les doudounes le soir et remettre des chaussettes. Nous entendrons souvent cette citation de Marc Twain : « L’hiver le plus froid que j’ai connu fut l’été que j’ai passé à San Francisco » !

Cable cars & Street Cars

Tout le monde connait les cable cars, ces petits tramways qui grimpent vaillamment les rues pentues de San Francisco grâce aux câbles insérés sous les rails. Suite au grand tremblement de terre de 1906 et à la concurrence des bus, il n’y en a plus que trois lignes qui ont été sauvegardées malgré les nombreuses tentatives de suppression complète. Véritables icônes de la ville, elles sont utilisées essentiellement par les touristes. Grâce à notre ami Timothy on ne fera pas la queue avec les autres touristes, nous irons prendre le câble car un peu plus loin.

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Autre curiosité, les street cars sont de vieux tramways qui ont été rénovés et circulent certaines lignes conjointement avec des trams modernes. Ils ont un charme certain, chacun portant les couleurs de sa ville d’origine car à l’époque ils avaient un tel succès qu’ils ont été en service dans de nombreux endroits du pays et même à l’étranger. San Francisco a fait le choix de les collecter et les mettre en valeur, belle idée qui sied bien à la ville.

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Chez Timothy

Tomithy est un hôte Warmshowers qui habite sur une colline (et ce n’est pas ce qui manque à San Francisco, il y en a une cinquantaine !) et dont l’appartement a une vue splendide sur la ville. Quand on arrive tout essoufflés chez lui, après moultes rues pentues, il est aussi surpris que nous de constater que nous sommes à vélos couchés alors que lui aussi en a deux dans son garage, plus un vélomobile.

Timothy a déjà parcouru plusieurs fois la mythique course Paris-Brest-Paris et compte bien y participer aussi l’an prochain. A son palmarès figurent également nombre d’autres courses aux USA (la vallée de la mort)  et ailleurs dans le monde, comme quoi on peut aller vite à vélo couché, et pas seulement lentement comme on le fait (mais on est chargés, nous…).

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En trophée dans son entrée, un patchwork réalisé par sa maman qui y a cousu les T-shirts de ses courses ; une belle idée de travail manuel. Nous avons d’autant plus de chance d’être chez Timothy que c’est un week-end, il prend plaisir à nous guider à travers la ville. Nous commençons par le quartier Castro, tout proche, où nous rencontrons trois Suisses en vadrouille : Gogo, Vanille et Gunter, du coup on forme un groupe et passons le reste de la journée ensemble à visiter différents quartiers sous la houlette de Timothy.
Après cette journée découverte, nous retournerons visiter ces rues étonnantes et hautes en couleurs pour s’imprégner de l’atmosphère  car nous sommes emballés par cette ville qui mérite qu’on y passe du temps.

 

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Au total nous passerons quatre nuits chez Timothy, donc autant de soirées qui seront l’occasion de faire des crêpes, aller jouer au billard, dîner dans un bon restau où les burgers n’ont rien à voir avec ceux insipides de chez MacDo, que du bonheur !

Nous nous quittons avec la promesse de nous revoir l’an prochain à l’occasion du Paris-Brest-Paris (Timothy sur son vélo couché, nous sur le bord de la route avec des galettes-saucisses pour le doper).

Chez Alexis et Tim

C’est sur une colline encore plus haute, à Twin Peaks, que nous sommes hébergés chez Alexis qui n’est pas Warmshowers mais connaît bien le Val Froment et sait même où est notre maison ! Elle a été stagiaire à la ferme chez nos voisins et néanmoins amis Michel et Edith, il y a bien longtemps de cela, mais y est retournée avec son mari Tim (un autre Timothy) il y a peu de temps ; Michel et Edith vont d’ailleurs venir en Californie en Septembre, nous sommes en quelque sorte en reconnaissance et pouvons confirmer que la maison est hautement recommandable et la cuisine y est excellente.

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Être accueillis avec l’odeur du bon pain, c’est déjà tout un programme, et tout le reste est à l’avenant dans cette maison rigolote des années 20 où on se sent tout de suite bien. Nous vous recommandons la sublime salade de nectarines avec du poivre kampot, vinaigre balsamique et parmesan, accompagnée de vin mexicain et suivie de biscuits au chocolat. Un régal.

Une grande antenne, la Sutro Tower, haut de 298 mètres surplombe la ville sur le mont Sutro. Cette grande antenne de communication est impressionnante, nous l’avions déjà aperçue de chez Timothy, chaque jour avec une vue différente selon la quantité de brouillard, un grand squelette blanc et rouge qui joue à cache cache avec les nuages et qui interroge forcement quand on l’a voit apparaître subitement dans le paysage.

Le quartier est ancien (au sens américain du terme donc pas plusieurs siècles quand même) et les maisons plutôt petites et compactes, même les rues ne font pas des dizaines de mètres de largeur. Ce quartier est un grand village avec ses maisons toutes différentes. La brume est ici impressionnante, donnant des allures fantomatiques à l’environnement, c’est très curieux, ceci pendant les deux mois d’été, et le brouillard se dissipe vers 10/11 heures selon les jours pour laisser la place au soleil, mais il revient inévitablement vers 17 heures, la petite laine est recommandée.

La prochaine fois que vous passerez par le Val Froment, Alexis et Tim, arrêtez vous à la maison. Si toutefois nous y sommes…

Chez Kevin

Noter dernier hôte sera Kevin, le papa d’Alexis, qui habite plus bas dans la Noe Valley qui est, paradoxalement, plus ensoleillée. Kevin est un entrepreneur qui a rénové nombre de maisons à San Francisco, y compris la sienne qui est superbe et spacieuse. Merci Kevin pour cet hébergement fort confortable et pratique (un tram passe dans la rue), on a même eu droit à du pain frais d’Alexis fort apprécié au petit-déjeuner.
Nous bénéficions de la chambre de sa locataire turque, laquelle est en ce moment en Europe. Quand les voyageurs se croisent…

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A noter que la ville souffre d’un problème préoccupant avec une hausse vertigineuse des prix de l’immobilier due à une demande importante et une offre réduite ; les salaires élevés des employés de la Silicon Valley provoquent cette gentrification qui chasse les plus modestes des quartiers populaires, les conduisant à habiter toujours plus loin.

 

Nous vous emmenons maintenant baguenauder en notre compagnie dans différents quartiers lesquels ont chacun une personnalité bien affirmée. On y trouve un patchwork de populations à nul autre pareil, la fantaisie et la décontraction sont réjouissantes.

Castro

C’est dans ce quartier qu’à débuté la lutte pour la reconnaissance des homosexuels, la communauté gays et lesbienne y est toujours importante. Ce qu’on ne peut ignorer avec l’omniprésent drapeau arc en ciel adopté par la communauté LGBT en 1978 pour la Freedom Parade. Même les passages piétons sont arc-en-ciel.

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Icône du quartier, Harvey Milk, homme politique et militant pour les droits des homosexuels américains, il fut le premier conseiller municipal ouvertement homosexuel de la ville de San Francisco. Il fut assassiné avec le maire en 1978, à le climat nettement homophobe de cette époque a permis à leur meurtrier de ne passer que cinq ans en prison. Si le quartier s’est « assagi », il n’en reste pas moins fréquenté par la gente masculine blanche et reste un symbole de la lutte pour la reconnaissance de l’identité et des droits de la communauté LGBT.

Castro Theatre

Un édifice est repérable par son enseigne rouge, c’est le théâtre Castro, emblème du quartier. Un vieil édifice construit en 1922 de style baroque superbement conservé. C’est aujourd’hui un cinéma, et il y a a queue en pleine journée, il aurait une contenance de 1 400 places et est classé monument historique, dommage nous ne verrons pas l’intérieur, pas envie de faire la queue.

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Timothy nous a emmenés dans une boutique populaire, Hot Cookie, près du carrefour de Market street, qui s’inscrit bien dans le thème du quartier : Si les cookies y sont bons, leur forme est assez particulière (il y en a des ronds aussi pour ceux qui préfèrent les classiques). Aucun complexe par içi que de manger ces cookies, aucun complexe nulle part en ville d’ailleurs, on va en faire l’expérience à plusieurs reprises.

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Mission

S’il est un quartier coloré, c’est bien celui là. Résolument populaire, le plus ancien de SF, il est constitué de maisons parfois superbes, souvent modestes et un peu délabrées mais décorées d’une manière impressionnante.

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Nous sommes agréablement étonnés et frappés par l’appropriation des murs du quartier par les artistes de tout poil. Outre la langue espagnole parlée dans tous les commerces et par tous les vendeurs de rue, nous sommes déjà au Mexique. Les devantures des boutiques aux couleurs latines, odeurs de viande grillée et de maïs pour burritos. Dans la Baimy Alley, mais aussi dans tout le quartier, les fresques murales sont d’une beauté remarquable et témoignent d’un combat permanent contre la spéculation immobilière, les violences policières, les injustices, les inégalités.

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C’est aussi le quartier de Santana, les plus jeunes ne connaissent sans doute pas mais les amoureux de la guitare ne peuvent oublier ses rythmes envoutants. Nous allons passer un temps fou à sillonner ces ruelles à la recherche de ces fresques en prenant le temps de les admirer et d’y comprendre leurs sens. Notre collection de photos va s’agrandir considérablement !!! « c’est trop beau, c’est magnifiiiiiiiiique » . Selon les rues où nous nous trouvons, ou plutôt les blocs où nous nous trouvons, l’habitat n’est plus le même, un bloc peut avoir de jolies maisons victoriennes et le bloc suivant est fait de vieilles maisons ou de boutiques qui n’ont rien de victorien, mais sont plutôt en décrépitude pour certaines, avec des rideaux qui pendouillent aux fenêtres aux carreaux cassés. La pauvreté est présente et même omniprésente.

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Un autre vieux cinéma attire notre attention, curieusement le hall est décoré d’affiches de films de Bruce Lee en français :

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Mission Dolores

C’est en arrivant à San Francisco que nous découvrons ce que sont les missions qui sillonnent la « Pacific Coast Highway » que nous allons prendre à vélo. Entre San Francisco et San Diego il y en a 21 espacées d’environ 50 km.

Ces missions sont à l’origine de la naissance des villes que nous allons traverser sur le Camino Real « le chemin du roi », nommé ainsi en l’honneur du roi d’Espagne Charles II. Chemin bien répertorié sur notre carte puisqu’il est suivi par la Highway.

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 L'histoire commence d'abord en 1492, ça date un peu on vous l'avoue, quand Christophe Colomb débarque sur les côtes de l'ile de Guanahani connue aujourd'hui sous le nom de San Salvador. Quand tout un tas de petits hommes ont exploré la région : colons et religieux sans oublier l'armée, ils ont été cordialement accueillis par les tribus amérindiennes qui n'étaient pas belliqueuses à l'époque. Des années plus tard, ne trouvant pas l'or espéré, la mission première des colons et des religieux était simple : Convertir les nouveaux peuples, et par là étendre les colonies et l’emprise espagnole sur ses terres nouvelles. C'est ainsi qu'entre 1769 et 1823, 21 Missions surgirent de terre, édifiées par les Dominicains, les Franciscains et les Jésuites. C'est surtout le père franciscain Junipero Serra qui impulsa la construction des premières missions et qui a joué un rôle primordial dans l’implantation de la religion catholique en Californie et de son histoire globale. Bien entendu les amérindiens ont été conviés à participer aux travaux et à se convertir moyennant quoi ils devenaient citoyens de la couronne d'Espagne. Et puis de toute façon ils n'avaient pas le choix, s'ils s'enfuyaient parce que les règles étaient trop strictes , ils étaient poursuivis par l'armée et ramenés à la mission. Aujourd'hui seules deux missions sont encore gérées par les Franciscains, Santa Barbara et San Miguel. Certains édifices sont protégés pour leur importance historique et archéologique, tandis que d’autres ont dû être entièrement reconstruits après avoir été endommagés par des tremblements de terre ou des incendies

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La Mission Dolores que nous allons visiter a été  fondée en 1776, elle est la seule mission toujours intacte à avoir été établie par le père Junipero Serra. Nous la découvrons en arrivant sur les hauteurs du parc du même nom qui a été construit sur un cimetière juif. Le parc est bien investi aujourd’hui, il est rempli de monde assis sur des couvertures, des amoureux, des groupes de jeunes, des sans abris sur leurs duvets et avec leur caddies, des mamans avec les enfants en poussettes. C’est ici que le grand incendie de 1906 a été éteint. La vieille église de la mission Dolorés a donc été épargnée, c’est le plus ancien édifice de la ville.

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Une vieille église qui n’a pas encore 250 ans, pour nous c’est une jeune église comparée à nos vieille chapelles. Pour la petite histoire, certains d’entre vous se souviennent de la venue du Pape Jean Paul II en septembre 1987, il est venue dans la basilique de Mission Dolores et a embrassé un enfant malade du sida pendant que manifestait la communauté gay hostile à la position de l’église face à l’homosexualité. A l’époque les soignants portaient des gants et des masques pour ne pas être contaminés. Il est vrai que la communauté gay avait payé un lourd tribu à cette maladie dans les années 80.

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Une autre adresse incontournable dans le quartier, plus tournée vers les satisfactions charnelles : Tartine Bakery, 600 rue Guerrero et angle 18° rue. La devanture ne paye pas de mine, 3 tables dehors sur le trottoir et quelques unes à l’intérieur. Il y a une queue incroyable dehors, c’est bon signe. En effet on choisi un gâteau au chocolat et une tarte au citron à tomber à la renverse ! Mark Bittman, chroniqueur, l’a déclarée boulangerie préférée aux USA. A tous ceux qui passent par là nous vous recommandons cette adresse testée et approuvée !

ChinaTown

Comme dans toute grande ville américaine, il y a un quartier chinois, celui-ci est très important à S.F.
Il a été recréé après l’incendie de 1906 suite au tremblement de terre, c’étaient des quartiers pauvres à l’époque.
Il y a de l’ambiance, c’est festif avec les dragons qui défilent, la musique et les tambours, les façades sont colorées et les lampions rouges sont suspendus dans les rues, on est en Asie c’est certain, on y retrouve les fruits mangés en Corée comme les petits melons coréens sucrés et juteux. Les pêcheurs vendent à même le trottoir leurs poissons découpés dans des sacs en plastique, et ça s’achète ; nous adorons le poisson, mais là ça ne nous tente pas vraiment.

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C’est l’occasion de déguster des Dim Sum (des raviolis fourrés) dans un petit établissement qui ne paie pas de mine mais où la clientèle asiatique locale afflue, ce qui est bon signe. C’est super bon et pas cher du tout (c’est dans la Stockton Street, si vous passez par là), alors qu’au n° 1030 il y a une queue pas possible de touristes car l’établissement est dans les guides.

 

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On continue notre balade culinaire par la Ross Alley, une autre petite boutique asiatique dont la réputation n’est plus à faire tellement elle a du succès. Il y a une longue queue dans la rue, (encore) c’est la Fortune Cookies Factory ; seulement trois femmes fabriquent ces milliers de petits biscuits un peu secs contenant un petit papier promettant prospérité, santé et amour (voire même les trois si vous en mangez beaucoup), évidemment on a fait la queue gourmands !

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Les quartier européens

Plutôt chic, le quartier français, les prix des restaurants et cafés sont assez dissuasifs et de toute manière on n’est pas venus si loin pour se retrouver comme chez nous (Quoique, de temps en temps, un peu de cuisine française est fort appréciable).

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Tout près de là il y a le quartier italien, bien plus vaste et animé, d’où s’échappent de délicieuses effluves méditerranéennes, ça sent bon. Les poteaux sont aux couleurs du drapeau italien, il y a de la musique, des clubs branchés et des bars. Et une belle fresque de musiciens à l’angle de Broadway et Grand Ave au 666.

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On entend de la musique dans l’église du quartier, on y entre, c’est l’heure de la messe, nous sommes surpris d’y voir autant de monde en cette fin d’après midi. La communauté religieuse est pratiquante par içi.

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La  Haight Street

Quand le pouvoir de l’amour surpassera l’amour du pouvoir, le monde connaîtra la paix.
Jimi Hendrix
Un an avant mai 68 en France c’est içi qu’en été  1967 des jeunes étudiants se sont retrouvés dans ce quartier pour un « summer of love », traduisons par « été de l’amour ». Environ 100.000 jeunes qui voulaient découvrir l’amour, la drogue et vivre en paix mais surtout s’affranchir des contraintes sociales et faire bouger la société conservatrice de l’époque. Le Golden Gate Park qui jouxte cette rue en a vu de toutes les couleurs, un été où on a vécu d’amour et d’eau fraiche, d’herbe et autres drogues, un été pacifiste. La Haight street conserve encore quelques jolies boutiques de cette époque révolue comme la Piedmont boutique qu’on ne peut pas rater avec une paire de jambes aux bas résilles et chaussures rouges qui sortent de la fenêtre, des magasins de disques et de bouquins et aussi de vêtements indiens et les parfums qui vont avec. Un saut 40 ans en arrière à l’époque des « pattes d’eff » qui nous rappelle notre jeunesse hélas….

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La Lombard street

On en avait entendu parler mais on était loin de s’imaginer cette rue citée comme la plus sinueuse des Etats Unis. En fait la partie sinueuse est très courte, elle fait un bloc, elle se situe entre Hyde Street et Russian Hills. C’est une série de 8 virages très serrés que les voitures et 2 roues peuvent emprunter dans le sens de la descente. Elle est pavée de briques, donc un peu casse gueule ! Nous y avons vu dans les rues adjacentes les voitures pare choc contre pare choc pour y accéder, et encore ça n’était pas un jour de grosse affluence, juste pour le fun de la descendre. Initialement elle avait été construite avec une pente à 27% dans les années 20. Aujourd’hui elle en fait 16%, pas facile à vélo d’autant plus qu’elle est pavée et de toute façon interdite à la montée. Un passage permet aux piétons de monter ou de descendre. Les maisons sont très belles et joliment mises en valeur par des splendides bougainvillier fushia et des parterres  de plantes soigneusement entretenus. En bas de la rue on est cueillis par un agent qui fait la circulation, attention de ne pas rester sous les roues des voitures ! Nous sommes un peu surpris qu’elle soit aussi célèbre, jolie d’accord mais au point de causer des tas de nuisance aux riverains, à tel point qu’elle est fermée à la circulation pendant les vacances scolaires avec interdiction de stationner dans le quartier, mieux vaut donc y venir à pied.

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Les gens

S’il y a un endroit où tout est possible, c’est bien celui là. Il y a un moment où on ne s’étonne même plus, surtout que les gens au look pas possible font souvent preuve d’un sacré humour.

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Un cycliste vêtu seulement de son casque et ses chaussures (pas eu le temps de prendre une photo, trop rapide le mec), un autre à pieds et pas plus vêtu sauf qu’il porte un sac en bandoulière, des gens au look incroyable, tout se croise .

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On croise aussi des prédicateurs de fin du monde prêchant dans la rue, des gens complètement déjantés (pas moyen de comprendre un mot de ce qu’ils disent), une femme déculottée qui est tellement ivre ou droguée qu’elle ne s’en rend pas compte, (Irène va se charger de lui remonter les bretelles, les mecs d’en face se rinçaient l’oeil) ce n’est pas toujours gai ni insouciant, loin de là. Il y a l’excentricité choisie et assumée, et celle subie, et là ce n’est pas drôle.

Dans certains quartiers la pauvreté est omniprésente, il y a de nombreux sans abris, des gens qui font les poubelles et ramassent ce qu’ils peuvent. Le revers de la médaille…

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La maison bleue

« C’est une maison bleue, adossée à la colline, on y vient à pied, on ne frappe pas, ceux qui vivent là ont jeté la clé… ».

Cette maison bleue, chantée en 1972 par Maxime Le Forestier dans sa chanson « San Francisco »sur l’album « Mon frère », nous l’avons trouvée. Mais si un commerçant du coin ne nous l’avait pas indiquée on serait passés devant sans le savoir. Toujours dans le quartier Castro, elle se situe  au 3841 de la 18e rue. Une plaque en français explique que Maxime s’est inspiré de cette maison pour composer sa chanson, mais la maison n’est pas franchement bleue, nous en avons vu des bleues beaucoup plus probantes.

L'histoire de cette maison : Maxime et sa soeur Catherine on gagné un concours musical en 1971. Avec l'argent et sur les conseils d'un ami, ils décident de faire un voyage à San Francisco. Ils sont accueillis dans une communauté de hippies nommée  Hunga Dunga. Ils vont y rester plusieurs semaines. Cette communauté rassemble des homosexuels, et aussi des déserteurs du Vietnam. Une fois de retour en France Maxime a reçoit une lettre en anglais et des dessins de ses nouveaux amis. Pas bon en anglais, il décide de leur répondre en écrivant cette chanson qui traversera l'atlantique, c'est devenu le succès qu'on connaît. A l'occasion des 40 ans de carrière de Maxime, sa maison de disques propose aux propriétaires de la maison (une dame qui travaille aux impôts) de lui redonner sa couleur bleue (elle était peinte en vert, sacrilège !). Le , le chanteur donne le dernier coup de pinceau et le , une plaque y est apposée.

Cette chanson a bercé notre jeunesse, on est tout contents de voir où elle se trouve, elle n’a plus rien d’une communauté et se confond sobrement avec ses voisines.

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Le Golden Gate

S’il est un emblème de la ville, c’est bien ce fameux pont, on ne pouvait manquer d’aller pédaler dessus même si ça ne se trouve pas sur notre itinéraire. On se prend donc un ferry vers Sansalito, qui passe tout près d’Alcatraz.

Nous attaquons ensuite la montée vers le Golden Gate jusqu’à Vista Point où il y a foule pour prendre des photos. Le vent très fort, il fait même basculer l’appareil photos sur son trépied, heureusement une dame avisée le rattrape au vol. On a tout le même le temps de sortir nos mascottes et le Gwen ha Du, mais il faut sacrément retenir tout ça pour que ça ne s’envole pas.

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La traversée du pont à vélos n’est en revanche pas une expérience fantastique, c’est long (2,7 km) et venteux, on ne voit pas trop grand chose parce qu’il faut faire attention à avancer droit et on ne peut guère s’arrêter car il y a des cyclistes qui arrivent en face. Ce doit être mieux à pieds, mais ressenti comme encore plus long… L’avantage dans les deux cas est qu’on n’a pas à passer par le péage.

Prison d’Alcatraz

Prison militaire puis prison d’État, elle a été fermée en 1963 parce quelle tombait en décrépitude et aurait nécessité trop de millions de dollars à dépenser, qui plus est le fait de l’isolement total de l’île nécessitait des coûts de fonctionnement pour le transport des denrées, des passagers mais aussi de l’eau sur ce vieux caillou (ça revenait plus cher d’y garder des prisonniers que dans un hôtel de grand luxe). On a lu aussi que les étudiants Amérindiens de plusieurs tribus avaient occupé l’île fin 1969, Ils revendiquaient notamment la construction d’un centre culturel, ils ont tenu l’île un an et demi et ont fini par en être expulsés. C’est aujourd’hui un site qui se visite et d’où on peut observer les oiseaux moyennant une réservation plusieurs mois à l’avance, ou bien de faire la queue très tôt le matin afin de bénéficier d’un billet qui aurait été annulé, nous avons reculé devant les tarifs mais on se rattrape un peu en la longeant de très près.

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Les dealers

Avant de quitter la ville, nous allons nous livrer à un trafic louche dans la gare de Oackland: Rencontre d’un type bizarre, flacons de substance louche, seringue, tout ceci par dessus la barrière en échange d’une poignée de dollars.

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La substance en question est fort rare, bien que licite : C’est de l’huile pour nos moyeux Rohloff que l’on vidange tous les 5 000 kilomètres. Le type bizarre est revendeur de vélos couchés, il n’y en a pas des masses en Californie, d’où la transaction assez originale mais efficace.


Nous avons ADORE cette ville qui a encore tout plein de trésors à nous dévoiler, on y reviendra c’est promis !

Après avoir passé neuf jours à San Francisco, vers où allons-nous nous diriger maintenant ? Vous le saurez dans le prochain épisode. D’ici là, bonne rentrée à tous !

9 Commentaires judicieux

  1. Excellent cette visite de San Fransisco!
    je me demande par contre pourquoi vous n’avez pas mis la photo de Joel pedalant avec sa tenue HotCookie 😉

    Bises des Motte

    • Genial l’humour des Mottes!!! J’adore ! Faudra au retour (si un jour vous décidez de revenir…) qué vous organisiez une rencontre de vos fans!! Ce serait genial….
      Bizz

  2. Merci pour cette bien belle découverte de San Francisco. On n’aurait pas imaginé cela !
    Et je note qu’ici, les champignons sont légions (j’ai vu des burgers qui en débordent), pas comme chez nous dans les bois…

    Bonne route, bon voyage, étonnez-nous toujours !
    Amicalement

  3. San Francisco semble être une ville très attachante avec beaucoup de diversités. Elle est sur notre liste pour le jour où nous visiterons les États Unis et si nous obtenons un visa (visa iranien dans notre passeport).
    (La suite du commentaire fait l’objet d’une réponse privée)

  4. Bonjour Sam Francisco…..super ballade .Impressionnant votre nombre de rencontres…votre passeport doit être « vos vélos-couchés ».ça rappelle toute une époque que les moins de vingt ans !!etc…Merci

  5. Bjr aux cyclomigrateurs, Dans un de vos derniers articles aux States,vous vous interrogiez sur le nom d’une magnifique fleur d’un bleu moyen très intense et lumineux. Il s’agit d’une fleur d’un arbuste appelé TIBOUCHINA nain. Il vient d’arriver dans les jardineries françaises grâce au producteur breton (!) KERISNEL de Saint-Pol-de Léon. Je viens d’en planter un dans mon jardin. Il a fleuri tout l’été alors que nous avons eu vraiment un été très ensoleillé. Je « pédale » avec vous vers le sud et j’ai hâte d’en savoir plus sur vos prochaines découvertes. Col.

    • Bjr les cyclomigrateurs, Vous vous interrogiez sur le nom d’une magnifique fleur d’un bleu moyen, intense et très lumineux que vous avez vue aux States. Il s’agit d’un arbuste nommé TIBOUCHINA nain, introduit récemment dans les jardineries françaises par un producteur breton (!) KERISNEL de saint-Pol-de-Léon. J’en ai planté un cet été dans mon jardin et il a fleuri malgré l’ensoleillement continu.
      Je « pédale » avec vous vers le sud et attend avec impatience de lire vos prochaines découvertes. Col.

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