South Australia Express

8 jours. Oui, 8 jours seulement en Australie Méridionale, un record !
Alors que nous avons passé trois mois entre la Nouvelle Galle du Sud et le Queensland, puis deux mois dans le Territoire du Nord et enfin quatre mois et demi en Australie Occidentale. Il y a manifestement là une injustice criante, voyons voir pourquoi.

Dans quel État j’erre ?

Depuis que nous avons commencé à traverser le Nullarbor, les repères se sont perdus, notre rythme de tortues a été bouleversifié, la vitesse des engins motorisés a anéanti les distances, on ne s’y retrouve plus. Western Australia, South Australia, Victoria, tout ça s’enchaine et ça se déchaine… En plus ça change d’heure tout le temps, si même le temps change de val’heure comment voulez-vous qu’on s’y retrouve ?
Mais pourquoi si vite ?

Il y a de l’a bus !

Ou plus exactement des bus. En effet, nous sommes arrivés à Adelaide, la capitale, dans un petit bus avec notre groupe du Nullarbour, puis repartis dans un grand bus une semaine plus tard. Et les vélos, dans tout ça ? Ils vont bien, merci. Après plus de 1 200 km sur le toit d’une remorque, ils se sont retrouvés dans une grande soute de bus pour eux tout seuls, c’est sûr qu’en ce moment on n’use pas les pneus !
Si on a fait ce choix de la rapidité, c’est parce que notre visa n’est valable qu’un an, et si vous avez bien compté au début de cet article, nous avons déjà passé neuf mois et demi dans ce pays et on n’en a pas fini le tour. Comme on tient à aller en Tasmanie, il faut avancer un peu et zapper les passages sans grand intérêt. Tant pis pour le South Australia, on se contentera de la capitale.

Adelaide

Il est facile de circuler dans cette ville, une ligne de tram gratuite en fait le tour et permet de s’arrêter dans les quartiers à visiter, on va en profiter, mais surtout faire de la marche à pied, sac sur le dos et c’est parti d’abord pour changer un peu la « garde robe » qui commence à s’user. Nos deux culottes de cyclistes sont complètement mortes, plus d’élasticité, cuits par le soleil pour un peu on y verrait au travers ! Alors on décide de s’offrir nos cadeaux de noël respectifs ; 2 leggings avec un petit changement de taille, on a perdu sur les pistes quelques kilos de graisse mal placée et affiné nos petits muscles.

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La rue piétonne de Gilbert Street principale d’Adélaïde est bien animée en journée, on bulle devant toutes sortes de spectacles de rue, entre musiciens, humoristes ou jongleurs, et même des cochons.

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On visite les galeries d’art notamment Tandania consacrée en ce moment à une exposition sur les insulaires du Détroit de Torres de la terre d’Arnhem. On a un peu de mal à trouver l’endroit, après avoir beaucoup marché on entre enfin dans les lieux. Sans voir la pancarte CLOSED sur la porte. Tant mieux, car ladite porte se laisse franchir, mais c’est étonnant car il n’y a personne là dedans ; Il y a bien une alarme qui sonne, mais ça n’a pas l’air très efficace puisqu’il semble que les gens de la galerie ont tout simplement oublié de verrouiller la porte en partant en week-end prolongé !

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On déambule allègrement, visite sans contraintes puisqu’il n’y a que nous et un autre couple qui passait par là aussi. Si on avait voulu, on aurait pu décrocher tout ce qu’on voulait comme toiles et les emporter ni vu ni connu. Par contre, en vélo c’est encombrant, c’est bien tout ce qui nous a retenu, le risque d’aller en prison n’étant pas très dissuasif puisque nous aimons bien visiter ces endroits là.

Mégalo

C’est bizarre, il y a des enseignes « Polites » sur plein d’immeubles, dans cette ville. Qu’est-ce donc là ? Rien à voir avec le fabuleux magazine Pilote (Mâtin quel journal !) des années 70, ni avec la police. C’est le nom du propriétaire, un grec qui a fait fortune et a acheté nombre de bâtiments dans Adelaide ; et le bonhomme aime que ça se sache, même si ça lui passera bientôt vu qu’il a dépassé 91 ans.

 

Bien qu’étant la cinquième ville d’Australie, Adelaide apparait moins dynamique que d’autres, peut-être à cause de son classicisme, le schéma original étant peut-être novateur à l’époque mais est devenu un cadre un peu étriqué : Un centre ville plat constitué de rues toutes parallèles et perpendiculaires, formant un ensemble de blocs de taille égale, entouré d’une ceinture verte. Sauf qu’évidemment la ville a allègrement débordé de ces limites, les quartiers résidentiels s’étendent à perte de vue et les immeubles du centre ont poussé en hauteur comme des champignons après une averse. Et il n’y a pas, contrairement à la plupart des autres villes, de fleuve qui traverse le centre et impose ses sinuosités aux urbanistes maniaques de la règle et de l’équerre. Du coup, c’est sage et bien ordonné, mais ça manque d’attrait, d’originalité, même si certains architectes arrivent à rompre avec cette sagesse convenue.

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Et puis ne soyons pas chiens, il y a tout de même de beaux bâtiments :

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Et surtout on apprécie bien les balades surtout le long de la King William street, l’artère piétonne qui donne accès aux magnifiques musées, à la non moins magnifique bibliothèque d’État et à l’Art Galery.

 

Du coté contemporain, nous sommes bluffés par des tableaux animés réalisés par des auteurs japonais virtuoses. Désormais, le numérique a aussi sa place parmi les oeuvres d’art, mais il n’est pas certain qu’il demeure visible bien longtemps dans le futur, contrairement aux toiles et sculptures qui traversent les siècles sans dommages majeurs.

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On va revenir deux jours de suite au musée tellement il nous a fasciné, tant par sa grandeur que la somptueuse collection d’objets aborigènes collectés ou en provenance de donations. C’est fabuleux une telle richesse d’objets. Les autochtones ont été massacrés, malmenés et réduits à quitter leurs terres ancestrales, ils ont étés aussi pillés par les colons, trop contents de « récupérer » des trophées de batailles…. Ces objets sont aujourd’hui exposés ici dans ce musée pour le plus grand bonheur des visiteurs, ils sont d’une qualité et d’une minutie de travail de tissage, ont gardé toute leur magnificence notamment les ceintures d’ornements de cérémonies façonnées avec des plumes d’oiseaux. Les petits paniers de collectage de graines ou de racines du bush. Les totems en bois de cérémonies initiatiques ou mortuaires sont incroyablement fins et démontrent un savoir faire incomparable de beauté.

Ça donne des idées à Irène qui collecte toutes les plumes d’oiseaux morts qu’elle trouve le long de la route, surtout celles en couleurs, peut être pour orner son futur chapeau à l’occasion de la Melbourne Cup 2017 ???

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Toute l’aile droite du  rez de chaussée est consacré aux autochtones avec notamment des films et photos d’époque où l’ont découvre des images qui nous dérangent beaucoup, notamment celles où les femmes et hommes de couleurs ont été habillés à l’européenne, leurs regards traduisent leur profonde tristesse à travers ces mises en scène de réussite d’assimilation. Y compris des photos de mariage où ils posent exactement comme nos ancêtres, l’homme assis dans un fauteuil vêtu d’une veste à gousset et fleur à la boutonnière ; son épouse debout à ses cotés coiffée d’une « choucroute ».

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Incroyable, les Aborigènes avaient leur langue des signes : C’est ce que nous découvrons sur des écrans tactiles thématiques mis à la disposition des visiteurs. Les hommes utilisaient souvent les signes dans des situations de chasse, mais il semble bien que cette langue était très usitée par différentes populations au vu du collectage qui a été réalisé.

A la bibliothèque d’État on visite l’expo consacrée à Ferdinand Bauer, illustrateur botaniste autrichien (né en 1760) qui a accompagné Matthew Flinder. Il dessinait d’abord au crayon, sur place, puis les peignait ensuite après avoir mis au point un code couleurs ; c’est impressionnant de perfection, on aimerait avoir ce talent de dessinateur.

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A la Bibliothèque d’État il y a une formidable expo de reporters photographes, certaines images laissent sans voix, d’autres font sourire. On y passe beaucoup de temps, un moment fort de ces visites, notamment les photos prises sur terrains de guerre, celle d’un homme sur une table d’opération. L’hôpital Afghan de MSF a été bombardé par l’armée américaine le 29 avril 2016. Beaucoup de photos sur les déplacements des populations immigrantes dans les Balkans nous rappellent que l’Europe devient infranchissable pour ceux qui cherchent la sécurité loi de leurs pays en guerre.

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En train

Non, rassurez-vous, on ne prend pas le train. Il s’agit d’un Sushi train où on va déjeuner avec la famille Motte qui nous a rejoints une fois de plus. Le train en question est sympa, c’est un tapis roulant qui trimballe les assiettes de sushis devant les convives, on prend ce qu’on veut et à la fin on compte les assiettes pour savoir combien on doit payer. C’est là qu’on voit qui a été le plus gourmand…

Les sucettes à l’anis d’Annie……….

Le Central Market

En parlant de bouffe, un endroit incontournable pour les gourmets que ce Central Market qui pourrait ressembler au marché des Lices à Rennes, mais en bien plus grand évidemment. Il y a un choix considérable de produits d’une autre tenue que les cochonneries vendues en supermarchés, par exemple de vrais fromages français et non du soi-disant camembert Président fabriqué en Australie.

Nous allons y acheter nos victuailles pour le repas du 31 décembre, notamment un délicieux jambon italien à la boutique des 7 collines. Miam !

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Direction les Grampians

Qu’est-ce que c’est que ce truc là ? Aucun rapport avec de Grands Pieds, c’est un massif montagneux qui a l’avantage de changer un peu de la platitude générale dans cette région. On zappe donc l’immense plaine en partant en bus (6h de route, l’équivalent d’une semaine à vélos) jusqu’à Horsham où nous arriverons de nuit parce que le bus de jour ne prend pas les vélos (c’est pourtant le même modèle de bus que celui de nuit, allez comprendre…).

Dans le bus, Marc nous parle du festival Evandale Village Fair en Tasmanie, consacré aux grands Bi, on verra si on peut y assister, ce serait bien puisque nous avons aussi des vélos avec une roue plus grande à l’arrière qu’à l’avant.

En tout cas, on reprend le vélo et d’après la carte, l’itinéraire d’accès au massif des Grampians est plutôt sympa, mais évidemment ça ne va pas se passer comme prévu… La suite au prochain épisode.


Les bonnes résolutions 2017

ON AVAIT DIT QU’ON N’EN PRENDRAIT PAS mais quand même, juste avant de finir janvier :

  1. Être toujours à jour sur le blog
  2. Être réalistes
  3. Donc jamais plus d’un mois de retard sur le blog…

Ça va être dur, on raconte encore 2016 et on a changé deux fois d’État depuis !

7 Commentaires judicieux

  1. Si vous vous mettez a accelerer le rythme, le blog va devoir suivre…et la c’est une autre paire de manche!
    enfin bon maintenant que vous avez pris de bonnes resolutions on est tous rassures 😉

  2. Passionnant, drôle et beau!
    On est avec vous sur ce best of the blogs de voyage.
    De notre grisaille d’hiver, à la fois météorologique et politique, vous nous faites planer.
    Bravo aussi pour votre courage de vous être lancés dans cette magnifique aventure.
    Bonne continuation pour le pédalage et le blogage: bonnes résolutions mais pour le retard du blog on s’en fout, l’important c’est que ça continue!

  3. Mon coup de coeur est pour Adelaîde ..j’avais un de mes meilleures amis du monde ..John Scougall qui faisait partie de l’Alliance Française d’Adelaîde!!!Il a quitté cette planète il y a deux ans ..il parlait un français parfait..je l’ai connu par le radioamateurisme en 1975..on avait un rendez-vous toutes les semaines sur les ondes..Extraordinaire OM dans notre langage radio !Nous avons échangé beaucoup de documents ,cassettes ..sur cette ville Adélaîde …Merci pour ce clin d’Oeil…Bernard F6bcc

  4. Recevoir la description du menu du 31 décembre à fin janvier ne nous dérange pas du tout!!!
    Et puis vous tenez vos intentions puisque vous avez moins d’un mois de retard!! (Lol)
    Et j’adore me réchauffer à la vue de vos images car chez nous on patine sur les lacs!!
    Bonne suite et bisous

  5. J’avais essayé de poster un commentaire sans succès à l’article précédent, espérons que la connexion le permettra cette fois ! Nous vous souhaitons à tous les 2 une très belle année 2017 sur les routes du monde ! Pour nous c’est celle du retour alors on compte sur vous pour nous faire partager un peu de poussière dans les cheveux, d’odeurs de bivouac, de paysages grandioses et de belles histoires et rencontres. On vous embrasse !
    PS : les oeuvres d’art sont vraiment magnifiques

  6. Sublimes ces oeuvres d’arts merci pour ce partage et ce blog
    l’Australie est vraiment magnifique
    Après un froid hivernal en cet fin de janvier retour de la pluie …on en manque!!!..si si vs avez bien lu pas assez de pluie en Bretagne. …. j’attend avec impatience de lire vos prochaines aventures. ….

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