Une belle à Mende

Une parenthèse d’une semaine, qui restera dans les esprits et changera le cours du voyage, au moins pour les prochains mois.

On se souviendra de la Lozère en général, et de Mende en particulier…

Samedi 17 mai.

Ouh la la, ça ne va pas bien pour Irène aujourd’hui. Rien que le fait de pousser les vélos sur le chemin, escarpé il est vrai, qui nous permet de rejoindre la route depuis notre lieu de bivouac, la voici à bout de souffle.

Départ tonique
Départ tonique

Et ça ne s’arrangera pas par la suite, la moindre montée à 2% lui semble insurmontable, elle doit s’arrêter au bord de l’asphyxie et de la route. Heureusement, nous cheminons le long du Lot, ce sont essentiellement des faux plats et on arrive à avancer ; de toute façon, il n’y a pas trop de choix, ce n’est pas en pleine vallée perdue qu’on va trouver quelque aide que ce soit. Il y a bien quelques villages, mais ils ont le mauvais goût d’être juchés sur une berge ou sur l’autre (mais pourquoi n’ont-ils pas choisi de bâtir dans le lit de la rivière, on se demande bien…).

Aussi étrange que ça puisse paraitre Irène est devant et pédale très bien , nous arrivons à Mende et sommes soulagés de trouver une pizzéria ouverte, car avec tout ça on n’a pas cassé la croûte et il est plus de 14 h. Ouf, ça va mieux du coté estomac, occupons-nous maintenant de la respiration ; direction l’hôpital local, mais le trajet proposé par le GPS pour y aller est costaud aussi, de sacrés raidillons absolument impossibles à grimper. Devant l’obstacle, demi-tour stratégique pour aller s’installer à l’hôtel qui se trouve juste avant. Par chance, il y a de la place, par contre la chambre est au troisième… sans ascenseur. Voyant le piteux état de sa cliente, la tenancière nous fait finalement héberger au deuxième, toujours ça de gagné.

Douche, changement de tenue, et c’est parti pour rejoindre les Urgences à pieds à 800 mètres de là mais très en hauteur, ce qui ne doit pas être si commun que ça. Pas de sirène, pas de gyrophare, les cyclomigrateurs font dans la sobriété et la discrétion, comme d’habitude. Point besoin non plus d’hélicoptère comme pourrait le faire accroire la photo en tête de cet article.

A partir d’ici, contrairement à notre habitude, cet article ne sera pas rédigé conjointement : Vous aurez droit à deux récits en parallèle, puisque les deux protagonistes vivent les évènements chacun de leur coté, la « malade » et l’accompagnant.

Joël, récit en direct du Centre Hospitalier de Mende :

16h30 Aux Urgences, il n’y a pas grand monde et, on ne sait pourquoi, Irène est immédiatement prise en charge par un médecin ; est-ce parce que le coordinateur a jugé son cas désespéré ? En tout cas, cette montée intense aura permis de la faire arriver à bout de souffle, elle n’aura pas eu besoin de se forcer pour montrer à quel point elle est HS.

Plus d’une heure après, une « médecine » (ou une femme médecin ?) vient me chercher et m’explique de quoi il retourne, c’est plutôt sérieux. Ils vont garder Irène en otage, et comme je ne veux pas payer la rançon ça risque de durer un peu. Une fois la victime installée dans sa chambre, je redescend dans la mienne, à l’hôtel. A vrai dire, je ne voyais pas les choses comme ça, tout à coup l’attrait de la chambre est bien diminué et le moral de même.

Irène, récit ultérieur :

La semaine passée, après Figeac, j’ai eu des douleurs matinales au mollet droit, ayant eu une période de crampes par le passé,  j’ai fait avec, surtout que dans la journée je n’avais plus aucune douleur sur mon vélo. A partir de la Malène, dans les gorges du Tarn,  jai commencé à être essoufflée (normal ça montait raide et en plus nous avons dû pousser les vélos tellement c’était pentu) toutefois sur les faux plats j’avais du mal à prendre ma respiration, bon faut dire que le vent soufflait fort et on l’avait bien entendu de face. Je ne me suis pas inquiétée, d’autant plus qu’une toux irritative avait de nouveau (pour ceux qui me connaissent de près) refait son apparition.
Ce n’est que samedi matin que j’ai compris que quelque chose ne tournait pas très rond. En effet le simple fait de pousser les vélos sur quelques mètres m’obligeait à aller chercher ma respiration très loin.
Comme on allait en direction de Mende j’ai décidé d’aller consulter en y arrivant car dès que je rencontrai des côtes ça n’allait plus du tout, plus d’oxygène !!!
Tout compte fait, et plus on avançait,  l’idée d’aller plutôt aux urgences s’imposait.
Une belle en beau lit
Une belle en beau lit
Après prise de sang, radio de mes poumons, électrocardiogramme et scanner, le diagnostic me tombe sur la tête : embolie pulmonaire probablement due à une phlébite. Voilà le pourquoi des douleurs au mollet et le souffle court !!!
Immédiatement on me gratifie d’un anticoagulant par piqûre dans le ventre et on m’en promet d’autres et même des petits comprimés de Préviscan (moi qui ne mange pas de ces petites douceurs chimiques mais suis plutôt plantes, me voilà servie !!!)
Le cardiologue m’explique bien gentiment qu’il veut me garder quelques jours, que je vais devoir attendre 3 à 6 mois avant de pouvoir monter les côtes, qu’il va ajouter une jolie paire de bas de contention à ma garde robe réduite de cyclovoyageuse, mais qu’en plus je vais devoir me rendre régulièrement en laboratoire pour faire un controle d’INR (y en a à qui ça dit quelque chose ?) parce que je vais sortir de là avec un traitement d’une durée inconnue au moment où j’écris ces lignes.

Évidemment je ne lui cache pas ma déconfiture et ma stupeur, il me répond qu’il vaut mieux être dans cet état que morte…!

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Le cardiologue et sa victime

Joël :

Pendant ce temps, voyant que la situation risque de durer quelque peu, je me mets en quête d’un autre lieu d’hébergement. Non seulement l’hôtel est assez coûteux (on n’a pas trop pris le temps de choisir, non plus), mais être tout seul là dedans est carrément déprimant. Recherche auprès du réseau des WarmShowers et CouchSurfers.

Par chance, Anaïs, une jeune femme psychomotricienne qui va bientôt partir en woofing en Amérique latine, propose une place dans son appartement ; il y a de la place pour les vélos et le barda dans le séjour. De plus, ce n’est pas très loin de l’hôpital mais, comme partout dans cette contrée, ça grimpe bien pour y aller et en revenir; comment ça, c’est pas logique : si ça grimpe à l’aller ça devrait descendre au retour ? Ben non, à Mende ça monte tout le temps, quoi qu’on fasse et où qu’on se tourne ; si vous ne me croyez pas, venez, voyez et vous serez (con)vaincus.

Anaïs, la Couchsurfeuse la plus sympa qui soit
Anaïs, la Couchsurfeuse la plus sympa qui soit

Irène :

Le lendemain de mon hospitalisation je vois arriver dans ma chambre un grand gaillard roux en blouse blanche qui regarde mon lit et me dit « Ah c’est bien Irène Connault, alors il est où ton vélo ? » Surprise je lui répond « Comment tu sais que j’ai un vélo toi ? » et voilà je vous présente Alexander, Kiné à l’hôpital. Il est inscrit sur le réseau WormShower, il n’a malheureusement pas pu répondre très vite car il était en week-end mais nous propose de venir chez lui si ça nous tente dès que je sors de là. Ce ne sera hélas pas possible, Joël ayant déjà élu domicile chez Anaïs du réseau Couch surfing.

Alexander est fort sympathique, il a un accent espagnol adorable et il vient me voir régulièrement, nous discutons vélos et de ses activités sportives, en fait c’est un funambule ce type là, il fait de l’escalade, de la highline et de la slackline. Il s’intéresse à nos vélos couchés et finira par essayer celui de Joël, il est vraiment à l’aise dans son corps et gère l’espace comme c’est pas possible. A peine monté sur l’Azub, le voilà qui file à l’aise Breizh !!!

A oui au fait je vous ai dit qu’il était Espagnol (grand brun typé, bronzé, yeux et cheveux noirs de geai….) mais il n’en a pas le type, il est originaire des Canaries mais son père est lui, Hollandais, voilà donc le pourquoi du comment.

Andi, le kiné le plus équilibré de Lozère
Andi, le kiné le plus équilibré de Lozère

C’est décidé, notre intention n’est pas de rentrer (de toute façon la maison est occupée) alors on va continuer aussi prudemment que possible jusqu’à ce que je récupère mes poumons et mes jambes (déjà que mes oreilles sont le plus souvent dans mes sacoches !).

Joël :

Me voici comme une âme en peine à la recherche d’une solution pour continuer. Une piste pourrait être un véhicule d’occasion genre Kangoo dans lequel on mettrait les vélos et on ne pédalerait que sur du plat et en étoile, mais ça ne nous branche guère : on a vendus la voiture, ce n’est pas pour en acheter une autre… et surtout, rouler comme ça va nous priver de tout ce qui nous plait : les rencontres, les imprévus, la vie dans la nature. Néanmoins, je cherche activement une camionnette, ce qui n’a rien de simple en Lozère : le peu que je trouve est situé dans des patelins éloignés, inaccessibles à vélo (toujours les fameuses côtes d’enfer) et mal ou non desservis par les transports publics. On a beau être dans une préfecture, c’est le plus petit département de France et ça se sent. De plus, les vendeurs n’ont pas l’air si vendeurs que ça, ils ne rappellent pas quand je leur laisse des messages pour voir leur véhicule ou bien ne sont pas prêts à vendre si vite. Bizarres, ces gens là.

Las de ces recherches infructueuses, nous faisons une rencontre aussi inattendue que surprenante, et qui va peut-être changer le cours de l’histoire (rien que ça !). Un soir, je reçois sur mon téléphone une photo de mon vélo garé devant l’hôpital; surpris de prime abord, je le suis encore bien plus en voyant que l’expéditeur est Philippe, de Vélofasto, le vendeur de nos vélos. Aurait-il envoyé des espions suivre tous ces clients ? A-t-il investi dans un drone qui nous survole discrètement ? En fait non, c’est un de ses clients qui a repéré le vélo, s’est bien demandé à qui il pouvait être, a longuement et vainement attendu son propriétaire deux soirs de suite avant de se décider à envoyer la photo à Philippe pour tirer ça au clair; lequel Philippe a mis quelques instants pour percuter, puis a eu le bon réflexe de venir consulter la carte Ouskison sur notre blog pour constater que nous étions en effet à Mende depuis plusieurs jours. Cette anomalie (on n’a pas l’habitude de rester en place si longtemps) plus le lieu de la photo (l’hôpital) n’ont pas manquer de le surprendre, d’où son message. Evidemment, je l’appelle aussitôt, lui explique de quoi il retourne et m’enquiert de l’identité du photographe ; il s’avère que c’est le surnommé Booktin qui sévit, comme nous et bien d’autres, sur le forum des vélos couchés. On l’appelle illico, trop tard, il est reparti de Mende ! Oui mais il est tellement motivé pour nous rencontrer qu’il fait demi tour et revient à l’hosto (il est en voiture, c’est peut-être pourquoi il n’a pas hésité à regrimper ces #$§& côtes). Et là, quand il ouvre la porte de la chambre, surprise ! On se connait, c’est Denis, qui était présent à nos cotés lors du départ du salon Randofolies, et que nous avions également hébergé dans notre tente lors de la dernière VélorizonSologne à la Toussaint avec Colette et Mado. C’est par le plus grand des hasards qu’il est intervenu comme prestataire informatique dans hôpital où Irène a trouvé refuge, et dont il ne repartira que fort tard car nous avons allègrement bavardé.
Le Booktin de service
Le Booktin de service
Et c’est de là qu’est arrivée l’idée lumineuse : Pourquoi ne pas électrifier le vélo d’Irène ? Une assistance électrique lui permettrait de monter les côtes avec la facilité d’une libellule effleurant les eaux d’un torrent impétueux, ce qui serait autrement plus agréable que se trimballer dans une boîte en fer avec des vitres et un moteur.
Inconvénient de la chose, toutefois, il nous faudra trouver chaque soir une prise de courant pour recharger la batterie : plutôt incompatible avec les bivouacs improvisés, mais ce n’est que transitoire. Quand ce sera possible, dans quelques mois, on démontera ce fourbi électrique qui va me rendre jaloux parce que je serai tout le temps derrière Irène (comme d’hab mais ça il ne s’en vante pas !!!)  à tirer la langue dans les côtes pendant que Madame sifflotera tranquillement.

Irène :

Alexander nous propose d’aller dîner, la veille de ma sortie, à La Cantine, un petit resto sympa dans le vieux Mende. Quand je demande l’autorisation au cardiologue de faire une petite escapade, il refuse mettant en avant mon taux d’INR et que ça ne serait pas « raisonnable ».

Docile j’ai enfilé mes jolis bas, avalé mon plateau repas à 18h45, ben oui on a les horaires des poules dans les hôpitaux, et  bouquiné un pavé : d’Elisabeth George « Le cortège de la mort » j’en vois d’ici qui rigolent ….

Sortie le samedi 24 mai

Résultat du scanner : RAS pas de vilaine tumeur, c’est déjà ça.
Les examens de sang sont ok, pas de cholestérol c’est équilibré.
Le fameux taux INR est à ce jour à 1,6, hier 1,7 et il faudrait qu’il soit entre 2 et 3, alors je vais me faire des piqures (dans le ventre) jusqu’à lundi où j’irai dans un labo faire un contrôle.
Je sors avec un traitement de Préviscan, pendant quelques mois, et une ordonnance pour me faire mes injections jusqu’à lundi prochain.
Le double caillot va se dégrader petit à petit grâce au traitement et s’évacuer par les reins (je vais boire maintenant que j’ai le feu vert…..de l’eau oui oui).
Ma garde robe est maintenant fournie de bas « verry attractive » jusqu’aux cuisses à enfiler dès que je pose le pied par terre (je me suis fait remonter les bretelles parce que je filais aux toilettes ou à la douche jambes non bandelées).
Bon c’est vrai que j’ai ressemblé à une momie pendant cette semaine, si je marchais j’avais tout le bazard qui me tombait sur les talons, je vous dis pas l’embarras quand j’étais dehors, un truc à se prendre les pieds dans les bandes !!! Alors pourquoi une phlébite vous direz vous ?
Plusieurs pistes, dont une possible serait une déshydratation, je n’ai pas suffisamment bu, je le reconnais.
La première partie du voyage nous avons eu un soleil de plomb avec des coups de soleils sur les jambes, ce qui n’est pas terrible pour la tuyauterie   !!! Donc la prudence s’impose désormais, je vais récupérer mes poumons petit à petit et espère reprendre à une allure normale la poursuite du voyage.

Joël

Ca a l’air bête, mais LA question qui me taraude depuis des jours est de trouver comment quitter Mende. Les gens de la SNCF ont inventé un jeu diabolique où on perd à tous les coups (ils doivent être copains avec la Française des jeux). Le but du jeu est très simple, relier Mende à Reignier, près d’Annemasse (et donc pas bien loin de Genève). A vol d’oiseau, même migrateur, moins de 400 km. Déjà, ça commence par un passage par Clermont Ferrand (où nous étions sensés passer au départ, si vous avez bien suivi) ou Nîmes. Dans les deux cas, il faut donc sacrément s’éloigner de notre destination avant d’oser espérer s’en approcher. Les plus perspicaces d’entre vous se demanderont pourquoi on ne va pas au Puy en Velay, puis Sait Etienne, ce qui est tout de même plus cohérent. Nous aussi, on se le demande, mais ce serait compter sans le machiavélisme des concepteurs du jeu : il n’y a que des cars qui font ça, pas des trains ; à ceux qui objecteront que, vu qu’il n’y a pas de rails, c’est normal, je suggère d’attendre la suite. Car (justement) si on se rabat sur des itinéraires où il y a des rails, des gares et tout ce qu’il faut pour que les trains les utilisent, ça ne le fait pas non plus… Ou bien il n’y a qu’un train tous les trente-six du mois, ou bien il y en a mais ils s’arrêtent partout sauf là ou on veut aller. Comment ça, j’exagère ? A peine : pour aller à Clermont Ferrand le week-end, il y a un superbe train qui ne demande pas mieux que de nous y emmener, sauf qu’il a son terminus deux stations avant Clermont. Après, faut se débrouiller, on va changer de région, faut pas. Mais ce serait encore trop simple s’il n’y avait une astuce que seuls les initiés peuvent connaître et que, dans notre grande mansuétude, on va vous faire partager, dès fois qu’il vous prendrait l’idée saugrenue de venir prendre le train ici : il ne faut surtout pas croire ce qui est écrit sur les jolies fiches horaires qu’on prend à la gare, ce n’est pas n’importe quoi puisque quelques informations sont exactes, mais comme on ne sait pas lesquelles on n’est pas plus avancés. Se rabattre sur le site de la SNCF réserve aussi quelques surprises, et pas du meilleur goût : certains trains se transforment en cars (mécaniquement, ça doit être intéressant de voir comment ils procèdent), d’autres qui prenaient soi-disant les vélos n’en veulent plus, d’autres se sont volatilisés dans l’atmosphère ferroviaire et quelques uns sont apparus mystérieusement. Sans doute mauvais joueur, je finis par aller à la gare muni de toutes mes pages de notes raturées et surchargées afin de tirer ça au clair. Eh bien figurez-vous que le beau trajet établi patiemment avec Lucas est presque faisable ; évidemment, tout est dans le « presque » puisque le train qui part de Mende pour La Bastide ne roule pas le samedi soir, il est remplacé par un car uniquement ce jour là. Ben pourquoi ? Ils démontent les rails tous les vendredis soirs et les remontent le lundi matin ? Ca doit bien les occuper, mais çà ne fait pas notre affaire, on va devoir faire appel à un taxi pour parcourir ces 50 km.

Le Translozérien (qu'on n'aura pas la chance d'emprunter)
Le Translozérien (qu’on n’aura pas la chance d’emprunter)

Ensuite de quoi, on espère que le train pour Nîmes n’est pas une vue de l’esprit, que l’hôtel ne sera pas virtuel, que le TGV pour Lyon ne boudera pas les deux-roues, qu’on survivra aux trois heures d’attente en garde de la Part Dieu et au dernier changement à Annemasse. Décidément, il est infiniment plus simple de se déplacer à vélos !

Recherche de voies de sortie
Recherche de voies de sortie

Reprise de la vie commune.

Nous quittons donc Mende en taxi pour la petite ville de La Bastide St Laurent, qui a le mérite d’abriter une petite gare à l’ancienne dans laquelle, ô surprise, des trains s’arrêtent parfois.

Le fourbi dans le taxi
Le fourbi dans le taxi

Le voyage ne commence donc vraiment à reprendre qu’à La Bastide, où nous remettons en place nos sacoches pour lés vélos, et où Irène enfourche le sien à nouveau, avec un pieu d’anxiété.

Maintenant, il faut charger à nouveau
Maintenant, il faut charger à nouveau

Ca se passe bien, juste quelques centaines de mètres pour rejoindre la gare et constater que les bas de contention ne sont pas d’un confort idéal, mais il faudra faire avec.

Ca rentre bien dans le TER
Ca rentre bien dans le TER

Après une nuit à Nîmes, nous prenons un TGV pour Lyon où nous profitons des presque trois heures de correspondance pour aller longer les berges du Rhône ; il fait beau, on roule dans la verdure, bien à l’écart des voitures, ça fait du bien. Après ces seize kilomètres de plaisir, retour à la gare, et là… surprise !

En arrivant devant l’ascenseur pour rejoindre notre quai, nous rencontrons deux cyclistes bretons (on ne peut pas les rater, ils arborent des Gwenn ha du partout). Il s’agit de David et Marie, qui étaient eux aussi présents à notre départ du salon Randofolies, et sont également en train (jeu de mot involontaire) en parcourir le monde. S’ils prennent ce train, c’est parce que David a un problème de santé (ça vous rappelle quelqu’un ?), une tendinite qui l’empêche de pédaler sereinement. Et, comme deux autres, ils vont faire une pause d’une semaine non loin du lac Léman. Il est bien possible qu’on se rencontre à nouveau dans les mois à venir.

Les deux couples d'éclopés
Les deux couples d’éclopés

Notre destination est  Anemasse puis Reignier, où habitent Lucas et Marie (le fils de Joël) qui nous attendent.
Comme prévu depuis longtemps, lundi nous gardons les enfants. Nous devions arriver à vélo, nous avons pris le train, mais la date est respectée, tout va bien.

Reste à nous organiser pour faire électrifier le vélo d’Irène, voir un peu comment ça se passe, et nous pourrons reprendre la route tranquillement, à un rythme adapté.
Rassurez-vous, nous resterons en Europe jusqu’à ce que tout rentre complètement dans l’ordre, il faut trouver des labos pour les fameux contrôles et c’est plus prudent que de filer vers la Turquie ou l’Iran tout de suite ; nous allons y aller piano, piano.

A bientôt pour la suite des aventures…

P.S.: La Fameuhly a proposé une autre solution pour poursuivre le voyage, on est très tentés…

La solution idéale
La solution idéale

 

 

42 Commentaires judicieux

    • Eh bien, quel périple…Courage à vous 2. Bon rétablissement à Irène. Les frayeurs font partie de l’aventure mais là quand même. Comme on dit dans le sud (avé lassent) trannnquillllllle.
      Nous espérons de tout coeur que vous puissiez continuer votre périple. Ya qu’à retourner en Gelbique s’est plus plat (les Ardennes à éviter quand même).
      Sinon ya la bonne vieille mob ou le solex…Non, on oubli s’est moins poétique à moins de se faire une perf de picon bière et de camper en haut d’un terril.
      Finalement, je crois que s’est mieux les montagnes même très lentement.
      Bises,
      Fannyoann.

  1. Coucou vous deux ! Deuxième tentative de commentaire, le premier n’est pas passé. Irène nous a fait une belle frayeur, heureusement que ça a été pris à temps et que vous n’étiez pas trop loin d’un hôpital. Prenez soin de vous, surtout Irène, et allez y doucement, c’est beau de voyager mais pas au prix de la santé. Bisous de toute la famille !

  2. Hallo
    Je suis ravie de voir ces quelques photos…mais n empeche que les choses ont change …et le monsieur Joel qui t accompagne depuis quelques annees et que je ne connais pas doit absolument veiller qur toi et ne paq laisser « le grain de folie » que je te connais t envahir davantage.
    Afin de continuer votre bonheur, il faut etre deux encore longtemps.
    soyez prudents.
    Fanfan

  3. Je suis ravie de voir que presque tout est rentré dans l’ordre et que vous avez trouvé des solutions pour continuer votre voyage. Vous m’impressionnez, vous avez une sacrée pèche tous les deux ! Reposez-vous bien, bon courage Irène … pétard, il me tarde déjà de lire la suite !!! 😉

  4. Bonjour,Je vois que les choses se sont gâtées depuis votre départ de Saint-Erblon où nous habitons.Quand vous dites que ça monte toujours en Lozère et Mende en particulier je confirme notre fille habitant la Lozère pourtant vous n’avez pas grimpé la Jalabert.
    Je vous souhaite bon courage pour la suite de votre voyage et surtout bonne santé à vous Irène. les
    St- Erblonnais

  5. Irène tu nous fait quoi!!! Enfin, on espère que tu va te réparer assez vite, on sait que Joel va te soigner… Et tu sait quoi moi aussi j’ai fait du vélo souffle coupé, j’ai même pensé à Magnum, mais ca n’était qu’une bronchite, en mai!!

  6. Bon, c’était sérieux mais les choses vont mieux à présent! Bravo pour votre optimisme! Vous êtes motivés, courageux, et solidaires!!!! c’est bo!!!! soyez prudents!

    Fanfan

  7. Lors de vacances en Lozère, j’ai pu apprécier cette belle région et comprendre pourquoi les jeunes ne voulaient pas la quitter et acceptaient des petits boulots sur place. C’est vrai que ca monte, et que ca glisse quand il pleut (il ne pleut pas qu’en Bretagne…). Irène, je suis contente de te savoir tirer d’affaires. Prend bien soin de toi surtout ; Joel on compte sur toi pour prendre soin de notre Irène !
    Gros bisous à tous les deux et à bientôt de vous lire.

  8. Ah ! Les aléas ! les allers où ? Aller doucement n’empêche pas d’arriver ! Que les lutins Confiance et Courage vous accompagnent ! Je vous les envoie tout de suite avec des grosses bises gros comme des fraises ! Marie Chiff’mine

  9. Coucou les jeunes, bon ben vous allez trouver la bonne solution, nous en sommes convaincus ! Si vous restez en Europe, nous allons peut être nous croiser quand même !
    Léo et Malo sont ok pour tirer mais sans le fouet !
    Bisous de nous 4

  10. Et bien quel aventure pas encore quitté la france ( heureusement) et deja la galére , soigne toi Irene c’est quand meme serieux , vous etes quand meme un couple super a aucun moment l’un dit stop on arrete en velo et on prends un vehicule quelques temps ça aurait pu etre pas mal , enfin faite pour le mieux et donné des nouvelles !!!! Bisous a vous 2 Lili

  11. Rien qu’à vous lire je suis fatiguée ! assise dans mon canapé ! Fais bien attention ma Irène et ne force pas et repose toi bien avant de repartir. je pense fort à vous deux. gros gros bisou. Fréddie

  12. vous démontrez encore une fois l’adage: il n’y a pas de problèmes mais que des solutions!! quelle bise vous pousse? peut être un vent d’optimisme et une confiance absolue en la vie! votre foi nous booste tous les jours! Nous vous envoyons des mégawatts d’ondes positives et que la force (électrique) vous pousse !
    Cathy et Stéphane

  13. Irène, ça doit être sympa de porter les bas de contention (ou bandes contention?) en cycliste et sandalettes 🙂 Au moins, tu n’auras pas les marques de bronzages sur les jambes! Sinon, voici quelques nouvelles du matou Apollon: hier midi il discutait avec nous, c’était très sympa. Il s’est senti vite à l’aise, et a sans doute pensé qu’on l’invitait sur notre terrasse à prendre le dessert… Il a donc passé le portail, tranquille, mais Dolphie était là qui l’attendait! Elle l’a pour-chat-cé, il s’est carapaté dans le cellier à toute vitesse (il devait être électrifié). On a réussi à sortir Dolphie rapidement du cellier, et à récupérer Apollon pour le ramener devant sa maison, côté rue, c’était plus prudent. Voilà, tout va bien maintenant 🙂 Bisous à vous 2.
    Emmanuelle.

  14. le hasard est le plus malin de tous , il a tout prévu, même les galères !

    N’oubliez jamais les migrateurs : vous avez des rendez-vous OBLIGATOIRES sur votre route, tous les événements d’un périple et de notre courte existence terrestre, sont inscrits sur le mystérieux palimpseste de notre destinée . …

    quoique vous fassiez, le « hasard »‘, précis, aiguisé comme une flèche , immuable depuis la nuit des temps, se débrouillera d’une façon ou d’une autre pour vous obliger à rencontrer les personnes que vous DEVEZ rencontrer … c’est une loi cylopédalesque incontournable !

    C’est la raison pour laquelle je ne me fais aucun souci pour vous ..; tout est écrit à l’avance dans l’invisible . J’ai eu la chance de croiser votre route et je senti instinctivement que votre voyage était placé sous une bonne étoile, la preuve : même dans les situations difficiles , la chance vous sourit !!

    VOU EMBORA !! et que la chance soit toujours à vos côtés nobles et preux chevaliers du bitume !

  15. Prends le temps de bien te soigner Irène, même si vous restez très optimistes, ce n’était pas un cor au pied … Nous tenons à toi !!!

    • j’aime beaucoup le commentaire de mariechiffmine , j’espere que vous avez reçu ces deux lutins .
      vos photos sont trés belles , dis donc irène tu as le visage trés fatigué !!!
      prends soins de toi , et toi joel bichonne la ,!!! ma soeur!!!
      bisous a vous et tenez nous au courant .
      a bientot

  16. je suis rassurée…… ne me faites plus de coup pareil malgré mon PM nouveau j’ai le coeur qui bat trop vite…. fais bien attention à toi, ne prends pas trop de risques, reste calme autant que tu peux sinon tu seras un déchet comme moi !! -bisous à vous deux.

  17. Irène, je te souhaite un prompt rétablissement. C’est bien de pouvoir réagir et rebondir de la sorte tout en restant positif comme le dis si bien Fred. Longue route à vous deux.
    Aldo

  18. Moi je trouve que Handi pour un kiné c’est bien trouvé… On parlera de vous à la galette saucisse chez PJ sameid soir… ça c’est sûr… Hummm je sent l’odeur d’ici. Électrifiez vous bien, il faut que le courant passe encore longtemps!

  19. Ce qui est extraordinaire en vous lisant, c’est que tout fait rencontre avec vous , y compris une phlébite avec un kiné ! prends soin de toi Irène.Je vous embrasse

  20. Oui, en résonnance au message de JM Argirakis…..sur le hasard bien connu de tous et au moins des voyageurs …….

    « Les gens qui veulent fortement une chose sont presque toujours bien servis par le hasard. », Honoré de Balzac

    « Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous. », Paul Éluard

    Voilà pour votre collection de citations à commenter tranquillement autour d’un verre sur une terrasse !

    Bon rendez-vous avec la vie, c’est bien parti !
    Marie

  21. bon que d’aventure en aventure mais bon !!!!!
    Un sacré moment d’émotion en lisant tout ça mais ça va s’arranger j’espère .
    Que de gens sympas et dévoués ça donne envie de partir !!!!
    Pour réussir il ne suffit pas de prévoir .Il faut aussi savoir improviser.Issac Asimov
    Petit dicton de circonstance.
    A bientôt sur le site.Et au plaisir de vous lire

  22. coucou les cyclo
    les photo super
    photo 1 irene pousse
    photo 2 irene morte l électrocardiogramme plat pas de battement de cœur
    photo 3 irene va mieux elle revient de loin
    photo 6 irene pète la forme

    bon courage bizzz

  23. Coucou du Val Froment !!! 🙂
    Vous manquez beaucoup a Dolphie, Apollon…et nous bien sur !!! Nos poussin on hate de vous rencontrez et pour l’instant s’amuse a nous picorer !!!
    Bisous bon voyage !!!

  24. C’était prévu en vélo couché, pas en-bo-lit! (Ouf, il continuent! …échappée Belle de l’hosto… et la revoilà sur la route)

    J’aime la tête d’enterrement du cardiologue rompu au rôle du rabat-joie pour le bien de ses clients prêts à refaire des bêtises.
    Et aussi son humour minimaliste mais imparable « vaut mieux être dans cet état que morte…! »
    Faut dire que dans ce cas, sa victime lui aurait filé entre les doigts….
    Allez, on lui dit un grand merci, car il est sans doute la voix de la sagesse qui parle à cette pas-trouille de têtes brûlées du bitume fumant (et il n’y a pas que le bitume ….).
    Les infusions de potion magique avec les « plantes »d’Irène le soir sous la tente, hein?

    On a bien compris que le vélo couché en tour du monde était une activité de dope-âge (mine de rien, on vise le Pakistan… hein?). Et allez, hop, à-Mende, arrestation en règle, vos papiers, détention provisoire, contrôle anti dope âge, déshootage au Préviscan (ils fournissent même les seringues!)
    Quand aux bas de contention, bravo pour l’exploit, Irène ; comme tu le dis, le moral a ses hauts et ses bas et à l’hôpital, …. j’imagine la chute en allant faire pipi….(hi, hi) . Si c’est seulement à cause de la dé-tension, il suffit d’accrocher les jarretelles…!
    D’ailleurs, je pourrais profiter de cette chute pour arrêter cette missive car je ne sais pas terminer.

    Vous non plus d’ailleurs si j’ai bien compris, et c’est pourquoi vous continuez la route?

    Alors dans ce cas, si je peux me permettre, je n’y connais rien mais quand même (Irène, retourne à ton bouquin stp)
    Un conseil dans le creux de l’oreille, cousin:
    Tu ne va tout de même pas te laisser distancer par une fée électricité toute équipée, sous prétexte qu’elle ne peut plus souffler ses bougies …et va de fait garder une éternelle jeunesse!

    PLAN N°1: Faudrait p’t être ben qu’ t’équipes tes vieux os ? Suivre Irène, c’est bien, suivre le progrès, être branché, c’est mieux! Tu pourrais même peut-être le rattraper et Irène avec!

    PLAN N°2:
    – En mettant la pédale douce sur les pizzas et les hamburger (pas facile je sais)
    … tu mettrais la pédale forte dans les côtes (pas celle des Hippopotamus), …
    – En faisant des abdos dans les descentes (profiter du nez au vent)
    … tu serais de plus en plus léger et tu aurais donc de plus en plus de courant en rab.

    Avec ce compte-courant tu pourrais réinvestir dans les Actions auprès d’Irène. Dès que son cours ralentit, tu lui fais une OPA (Opération de Pérennisation Amoureuse) en lui offrant tes batteries et en reprenant les siennes grâce aux fonds de roulement (tu suis?)
    Sinon il te faudra pousser dans les cotes et tes actions seront en chute faute de réserves….

    Bises à tous les deux (et à la petite famille de Marie et Lucas) et bonne continuation en rebondissements heureux

  25. Irène as-tu pu t’electrifier ?Cela serait mieux pour Toi et plus reposant. Sois prudente ma belle. La santé avant tout. Reposez-vous bien chez le fils à Joël avant de reprendre la route. Elle est longue la route que vous avez choisi. Mais vous y arriverez.. Je vous connaît bien.
    Bonne route et à bientôt de vous lire. Grosses bises à tous deux.Paulette.

  26. Putain c’est vraiment la loose ce qui vous arrivent ! On espère vraiment que ça va s’arranger (surtout pour Irène). Si vous comptez passer à « l’électrification » vous n’êtes « pas trop » loin de Déclic Eco, Guillaume est vraiment cool, et je pense que au vu de votre problème il pourra surement vous aider, et vous faciliter les choses.

    Bon courage encore à vous deux !

  27. Bon rétablissement a Irène .
    Votre optimisme force l’admiration .
    Par chance c’est bientôt l’été , vous pourrez rester dans le coin pendant un petit moment. Ca sera peut être l’occasion de vous croiser sur les routes
    Vous avez le temps , profitez en !

  28. Hé bé, ce n’est pas cool cette histoire… Par expérience, je sais combien les superbes chaussettes ou bas sont pénibles à porter, mais combien ils sont indispensables. Cela dit, pour vous mettre du baume au coeur, dis-toi, Irène, que le vélo est une des meilleures activités pour améliorer la circulation dans les jambes… J’en parle en connaissance de cause !

    Allez, tout cela ne sera plus qu’une péripétie dans quelques semaines, continuez à nous faire rêver avec vos belles histoires de cyclomigrateurs !

  29. Ben quelle nouvelle!!!Pénélope m’a appris cela ce soir à la sortie de l’école…bon courage à Irène et attention n’oublie pas ton préviscan…il va falloir un peu de temps pour un bon dosage donc INR obligatoire!!!!!!!!! Bon courage avec tes bas de contention….Biz à vous 2 🙂

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