Vous reprendrez bien un peu de désert ?

Entre Broome, à la fin du Kimberley et Port Hedland, au début du Pilbara, devinez ce qu’il y a ? Le Great Sandy Desert ! Pour ceux qui ont tout oublié de leurs cours d’anglais au collège, c’est le Grand Désert de Sable. Ca veut dire qu’il n’y a rien (sinon ce ne serait pas un désert), que c’est plein de sable, et que c’est grand (600 km).
Bon, ben quand faut y aller, faut y aller, en route…


Comme on peut s’en douter, la route toute rectiligne n’est pas vraiment passionnante, mais de menus arrêts agrémentent la journée.

  • Saul le cycliste, pas tout jeune non plus (en tout cas moins que nous), qui se dirige vers Brisbane. Sauf que ce n’est vraiment pas la bonne direction, mais ce n’est pas grave, il y sera l’année prochaine ou bien la suivante, il n’est pas pressé… Il apprécie les fruits que nous lui proposons, comme tous les cyclistes.

  • Nita station, c’est la que nous avions repéré un enfant scolarisé à la School of the Air de Derby, on aurait aimé rencontrer cette famille mais la grille qui mène à la homestay est fermée et il est indiqué qu’on ne peut entrer sans avoir téléphoné au préalable. Dommage qu’ils aient oublié de mettre le numérote de téléphone…
  • La Sandfire roadhouse est une étape appréciée,  l’occasion de se dégourdir les jambes dans un décor comme ils les aiment ici. Elle a été bien déglinguée lors d’un cyclone (des vents soufflant à 225 km/h ont explosé la vitre d’un road train) puis reconstruite en attendant le prochain.

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  • La Eighty Miles Beach, que nous longeons depuis belle lurette sans jamais la voir, est une plage immense avec ses 130 km de sable blanc (Nos plages vendéennes font figure de bac à sable, à côté) qui font le bonheur des pêcheurs, même les plus farfelus. Nous rencontrons le médecin de la communauté Aborigène de Wilma, il est en vacances avec son épouse et il nous invite à venir les voir quand nous serons dans les parages (900 bornes d’ici)… On verra si on fait le crochet parce que Wiluma est un village très isolé au Nord Est de Perth mais ça nous intéresse bien pour deux raisons : Il parle correctement français et on a envie d’en savoir davantage sur les problèmes sanitaires de la communauté aborigène locale.

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Mais bon, on ne va pas tout parcourir d’une traite, faut pas exagérer, une halte au bord de la De Grey River s’impose après 600 bornes aujourd’hui ; ça faisait bien longtemps qu’on n’avait pas parcouru une si longue distance en une seule journée. Contre toute attente, l’endroit s’avère agréable, c’est un freecamp qui s’étend le long de la rivière (quasiment à sec) depuis la hiway jusqu’à une voie de chemin de fer ; en se rapprochant de cette dernière on n’entend plus le bruit de la route. Mais, allez vous penser, on se rapproche du bruit des trains. Bien vu, sauf qu’on est pas des bleus, on a vérifié, les rails sont rouillés : Dans une région aussi désertique où il ne pleut quasiment jamais, c’est clair, aucun train ne passe plus par là depuis des mois, on peut dormir tranquilles (En Bretagne les rails rouillent en trois jours…).

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Une petite balade le lendemain matin nous permettra de découvrir les abords de notre camp et faire connaissance avec des grands échassiers (dont on ne connait pas le nom, à part les aigrettes blanches). Ils sont nombreux dans la région et malgré le petit bouquin informatif remis au centre touristique de Broome, nous sommes bien incapables de les reconnaitre.

Port Hedland express

Toujours aussi monotone, la route nous conduit enfin à Port Hedland. Chic, une ville, ça va être chouette à visiter. En fait, pas tant que ça… Avant même d’atteindre la ville, on se rend compte que ça va être vachement industriel, et ça l’est. Des installations industrielles, des lignes électriques à haute tension, de gros cargos aux abords de la côte, des road trains à gogo, quel contraste après ce qu’on a parcouru depuis Darwin !

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Cette ville de 13 000 habitants est effectivement bien industrialisée. Ces énormes cargos que nous voyons transportent du minerai principalement vers la Chine. Au Visitor Center sont affichées les heures de départ de chaque bateau et leur destination. Le centre ville ne tient qu’à une seule rue commerçante avec beaucoup de cases vides à louer ou à vendre, c’est un peu triste comme ambiance. On se réfugie dans un des deux bars de la rue pour y casser la croute et avaler, on vous le donne en mille : Purée saucisse et… choux fleurs (presque comme au pays), les seuls clients sont des hommes qui travaillent au port.

Il y a toutefois en ville quelques efforts pour humaniser un peu tout ça, un peu de douceur dans un monde de brutes.

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Nous visitons le petit musée qui abrite aussi une belle galerie d’art et on s’engouffre à l’office du tourisme pour y envoyer et consulter nos mails…. Là il y a un peu de vie, mais où donc vivent les habitants de cette ville ?

On va le découvrir 7 kilomètres plus loin en allant prendre une douche gratuite  à Pretty Pool (indiquée dans Wikicamp). Les lotissements construits ici au bord de la mer sont plutôt spacieux et les maisons qui y sont blotties sont cossues avec grands garages à bateaux et 2 places pour les voitures. Tout aux alentours est fait pour que les résidents se sentent bien dans leur environnement. Les équipements publics sont bluffants, immenses comme il se doit, parcs avec BBQ et toilettes, play ground pour les enfants à faire baver d’envie nos petites localités françaises, la ville est donc si riche ? On comprend bien que les mineurs travaillant dans la région on besoin de confort et de distraction loin de la poussière et du bruit des mines.

Malgré tout, on n’a pas envie de s’éterniser et on quitte Port Hedland sans avoir la moindre envie d’y passer la nuit, mieux vaut s’en aller dans la cambrousse le bush.

La Pewah River

Pas terrible comme endroit, juste au bord de la hiway avec les road trains qui passent toute la nuit sur cette unique route qui relie Perth au Kimberley et donc approvisionnement tous les commerces et entreprises (C’en est à se demander pourquoi il leur a fallu si longtemps pour transporter une poignée d’amortisseurs qu’on a attendus à Broome). Mais bon, on ne peut pas avoir des bivouacs idylliques toutes les nuits non plus.

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Roebourne aller & retour

Dans le genre ville de passage, celle ci est exemplaire : Une route, pratiquement aucun commerce, circulez y’a rien à voir. Ah si, il y a une sorte d’anomalie qui saute aux yeux quand on arrive, de vieilles bâtisses de pierre dont l’usage n’est pas évident. En fait, il s’agit de la prison, que l’on peut visiter (il n’y a plus de prisonniers depuis qu’ils ont fait une opération portes ouvertes) et c’est fort intéressant.

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Evidemment, les pensionnaires étaient aborigènes, ce qui explique les anneaux dans le sol pour y accrocher les chaines, car rien ne leur était épargné. Ils étaient enchainés par le cou et les chevilles les uns aux autres. Cet endroit est très poignant et nous remue beaucoup car autant de cruauté envers un peuple qui ne demandait qu’à vivre tranquille sans être asservis par des blancs conquérants….

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On repassera plus tard par Roebourne, sans s’y arrêter car on a tout vu, mais pour le moment nous filons vers une ville de mineurs toute proche,  Wickam, où se dressent une locomotive ancienne et un camion-benne de chantier minier impressionnants: La camion peut transporter 500 tonnes de minerai (et encore, c’est un « petit »), et la locomotive trimballait 230 wagons de minerai, soit un train de 2,5 km de long. Ça, la SNCF ne sait pas faire…

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On s’attarde pour pic niquer et prendre quelque photos. Beaucoup de trucks et road trains croisés ici transportant leur chargement vers Port Hedland. Ici aussi, le centre-ville  est pratiquement inexistant, les lotissements sont éloignés et construits sur la route qui mène vers Port Samson, petite cité balnéaire très chic et jolie.

La ville fantôme

Cossack est une « ville fantôme », selon les brochures de l’office du tourisme, ça fait venir du monde mais en fait ça ne ressemble en rien à ces villes du Far West où les baraques en bois et en tôles ont des portes qui claquent au vent et des toiles d’araignées partout.
Au départ, c’était le berceau de l’industrie perlière de l’Australie occidentale et le foyer de la flotte perlière jusqu’aux années 1880 avec l’aide de la main-d’œuvre autochtone, y compris les femmes et les enfants (pas toujours volontaires). L’industrie perlière a également attiré une grande population asiatique. Le nombre élevé de japonais, chinois et maltais a conduit à la création d’un quartier connu sous le nom « Chinatown ». En 1881, un cyclone a endommagé la ville, et tous les navires ont sombré ou se sont échoué. Coriaces, ils n’ont pas baissé les bras, en 1885 quarante quatre navires étaient encore en activité. Mais les huitres perlières sauvages arrivant à épuisement, l’activité a fini par cesser et la ville par péricliter.

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De grands édifices sont construits en pierre, ce qui change du bois et de la tôle ondulée omniprésents partout ailleurs, et de ce fait sont en très bon état et ont fait l’objet de belles restaurations (en fait, à l’époque ce n’était pas si chouette que ça, des baraques en tôle étaient bien là, mais au fil des cyclones tout s’est débiné). Un café-hôtel occupe la plus belle place, c’est carrément charmant comme endroit. Les environs ne sont pas crados non plus, avec un promontoire qui offre une vue à 360° sur la côte et les îles proches, incluant celle où les lépreux, aborigènes bien sûr, étaient exilés. Et pour couronner le tout, la plage des colons (Settlers Beach) permet une baignade bienvenue.

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Ceci fait, il est temps de reprendre la route pour s’en aller vers une nouvelle région à découvrir : Le Pilbara. Et ce n’est pas vilain du tout, comme vous le découvrirez dans le prochain épisode, bande de veinards.

 

 

5 Commentaires judicieux

  1. Je pense que ce n’est pas la région la plus « belle » que vous découvrez, il ne vous en restera pas un souvenir grandiose !
    Quelle maigreur cette vache : elle doit être anorexique !!!
    Bises ensoleillée de Bretagne.

    Mamie nicole

  2. Je vois que petit chat se porte bien et fait toujours parti du voyage… dans deux jours c’est la reprise de l’école, on verra si nos petits écoliers sont toujours curieux.

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