Cuba au ralenti

En temps normal, nous ne sommes déjà pas des forçats de la route, mais sur la fin de notre séjour cubain c’est carrément le ralenti. Pas du tout pressés de rentrer à La Havane, puis de quitter le pays. Les étapes sont de plus en plus courtes, comme pour faire durer le plaisir.


Pinar del Rio

Même à Pinar on ne va pas parler de vin, mais de bonne bouffe : A la casa de Nonna (ça ne s’invente pas) on déguste un poulet aux patates et ça nous réjouit. Vous pensez sans doute qu’on vous parle beaucoup de bouffe mais on est vraiment en manque de bonne cuisine dans ce pays.

C’est juste une étape, on fait un petit tour en ville pour voir à quoi elle ressemble, il y a de beaux restes du temps d’avant la révolution et de moins beaux qui s’en vont à vau l’eau.

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Il y a des fresques intéressantes sur des bâtiments qui ne casseraient pas des briques autrement. Et des bâtiments qui tombent en ruine, sans ça ce ne serait pas Cuba.

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La pharmacie dite « moderne » a les potions nécessaires aux petits problèmes, pour le reste on ne sait pas. Le coiffeur est fier d’avoir reçu Pierre Richard dans son établissement (vu sa coiffure, ce n’est pas un client facile).

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Le lendemain matin, départ de bonne heure, en même temps que les écoliers. Un type à vélo qui nous rejoint à une intersection nous indique la direction de Viñales, mais quand on lui explique qu’on préfère emprunter une route bien plus longue qui passe par la montagne, il nous prend pour des fous.

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Et pourtant c’est clairement le bon choix. La route 111, dite careterra de Luis Lazo, passe le long de petites surfaces cultivées toujours à l’aide de boeufs, des plantations de tabac, haricots, manioc. Un paysan nous explique qu’il en a pour deux jours à labourer sa parcelle, courbé sur sa charrue. Nous passons devant de jolies maisons en bois colorées, les collines sont de plus en plus accentuées, au 12ème kilomètre ça commence à monter sérieusement.

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On la sent de fort loin, on voit la fumée acre et noire, mais qu’est-ce donc ? Une unité de fabrication de goudron, dont on se demande bien ce qu’ils peuvent faire, vu l’état des routes.

 

En stoppant pour prendre une photo, Irène en profite pour demander à un homme le nom de la montagne d’en face, c’est le mont Isabella Maria. L’homme lui propose de le suivre pour boire une eau de coco. Ni une ni deux, elle le suit derrière un dédale de maisons en ayant soin de laisser son vélo au bord de la route, des fois que Joël se demande où elle a disparu. En effet Joël qui s’aperçoit qu’il n’est plus suivi par sa moitié fait demi-tour et découvre sa cycliste préférée avec tout un groupe en train de détacher les noix du cocotier. Au moment de repartir, un des hommes place d’autorité une noix de coco dans une sacoche de Joël, c’est gentil mais pas besoin de deux kilos de plus avant la grosse côte, et on n’a pas de machette pour décapiter la chose.
Plus loin, un homme est fier de montrer son coq de combat qui, bien sûr, va gagner. Les combats de coqs sont populaires à Cuba, c’est une activité réglementée mais tous ne sont pas déclarés, bien évidemment.

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Il y a un pont interdit aux poids lourds au village de Cabeza, ce que semble ignorer le chauffeur d’un camion qui transporte d’énormes grumes. Le pont ne s’est pas effondré, pas moyen de prendre une photo spectaculaire, tant pis. Les quelques camions qui passent sont fort anciens, la plupart d’origine russe.  Il y a là quelques petits commerces, dommage que le pain soit rassis, il est destiné à faire des croutons pour la soupe ou pour les animaux. Par contre, on peut acheter quelques tablettes de dulce mani, une pâte de cacahuètes délicieuse et énergétique, sans des tas d’additifs comme dans les produits industriels de chez nous.

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Pause animée

Il fait chaud, d’où une pause pic pic à l’ombre des buissons en bordure de la route, à l’entrée d’un champ. Pendant une bonne heure et demie nous allons avoir tout plein de visite alors qu’on pensait être en pleine cambrousse.

Une maman qui passe avec ses deux fillettes qui rentrent de l’école, ou vont elles ? Nous leur offrons un paquet de pain à l’ail que nous n’avons pas entamé et une boite de pâté, elles sont ravies. Il y a donc un hameau par là ? mais c’est un champ ! Une autre dame va s’arrêter pour nous faire des bisous et s’en aller dans la même direction.

Un homme qui conduit deux boeufs trainant une charrette remplie de planches, il attache ses bêtes, s’en va bien plus loin à pieds et revient avec de nouvelles planches. ll y a bien des habitants qui vivent par ici, y aurait-il des scieurs de long ?

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Deux autres hommes, machettes à la ceinture, vont traverser la prairie, passer près de nous, traverser la route et se fondre dans la végétation en empruntant un autre petit chemin vers un autre hameau sans doute. Tout le monde marche à pieds par ici et les distances sont grandes, y compris pour les enfants ; nous n’avons pas vu d’école en passant dans le hameau plus tôt, la végétation nous l’a sans doute dissimulée.

Le conducteur de boeufs va revenir plus tard, sa charrette chargée d’une citerne cette fois, il va livrer de l’eau potable au hameau… Le décor est posé.

Nous finissons par partir, nous aurions bien aimé planter la tente par ici mais l’après-midi n’est pas terminé et il nous faut désormais avancer un peu plus vite. Direction Viñales.

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Des tas de tas

Au village de Ponce (où on n’a pas vu Pierre), la route devient un peu plus large même si elle en gagne pas en qualité, trous et morceaux d’asphalte disparus mais aussi des tas de planchettes que nous devons éviter. Les camions qui les transportent ont une benne qui ne ferme pas à l’arrière. Quand l’un d’entre eux nous double on essaie de ne pas rester dans son sillage. A l’arrivée, leur chargement a dû bien diminuer ! Il doit y avoir du travail autour du bois dans la région, nous laissons une scierie et un énorme tas de sciure, non exploitée, elle pourrait être utilisée pourtant (pour nos toilettes sèches !)

Le relief s’accentue, les montagnes se rapprochent, le soleil commence à descendre et les couleurs sont belles. Nous nous arrêtons demander de l’eau au village de Cienfuegos, nous avisons des petites dames assises dans leur rocking chair… dans ce pays c’est une institution, et sommes invités à nous asseoir avec elles et leur raconter notre voyage sur leur ile.

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Un des voisins nous apporte sa contribution d’eau fraiche, puis un autre, et nous voilà en train de papoter avec ces anciens comme si nous étions de vieux copains. La petite Alina de six ans nous apprend qu’elle veut être ballerine. Déjà coquette, elle a collé à ses ongles des morceaux de papier de couleur. Quand arrive un autre homme très sûr de lui, habillé de couleur kaki et couvert d’une casquette au blason du CDR tout le monde se sépare, on s’en va nous aussi, nous avons compris… les yeux et les oreilles de Cuba….

Un homme s’occupe des tas de haricots qu’il a étendus pour les faire sécher au soleil, c’est une culture répandue dans cette région, (qu’est-ce qu’on a pu en manger dans le plat nommé congri, riz et haricots) sa femme vient nous expliquer la différence entre les noirs et les rouges. Si on les met ensemble, ça le fait pour le Stade Rennais, mais généralement ils sont séparés, les rouges sont meilleurs et plus chers.

Bivouac idéal

 

Vue depuis notre tente

Notre spot du soir va être un des plus jolis que nous ayons eu à Cuba. Nous trouvons un bout de champ plat dans cette région plutôt pentue. Abrités derrière une haie qui nous sépare de la route, nous montons la tente avant le coucher du soleil. Nous avons une vue splendide sur les champs de tabac et ceux fraichement labourés qui déclinent leur couleur ocre.

Au loin derrière les collines nous entendons les appels des villageois qui ne doivent pas être bien loin puisqu’il y a des chevaux au piquet en bas de notre champ ainsi qu’une flopée de poules et de coqs occupés à chercher leur pitance. Personne ne viendra nous déranger. Nous arrivons à manger nos pâtes en écrasant les foutus moustiques qui ont décidé de nous dévorer et nous finirons pas nous enfuir dans la tente, Joël va de nouveau porter les traces de leurs assauts pendant plusieurs jours ! Longtemps après la nuit tombée nous entendons sur la route les paysans qui entrent chez eux en conduisant leurs carrioles, certains chantant à tue tête et s’apostrophant dans la bonne humeur. Coucou, nous sommes là !

Au matin, nous ouvrons la tente un peu tardivement, le ciel est gris, le soleil ne nous a pas réveillé, même si les coqs se sont fait entendre on n’y prête plus attention. Après avoir cuisiné notre porridge en admirant cette nature brumeuse, nous plions la tente bien mouillée par une forte rosée. Le paysan arrive changer ses chevaux de pâture et nous salue au passage, peu étonné semble t-il de nous trouver dans son champ (dans le champ du gouvernement). « Vous allez ou ? Bon voyage ! »

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Nous commençons à grimper la côte de la journée que nous nous étions préparés mentalement à monter. Finalement elle va se faire sans trop de problème et en compagnie de deux hommes qui eux aussi la montent mais dans une charrette tirée par les boeufs. En plus ils ont attaché une chienne à l’arrière qui marche sur ses quatre pattes. Quand Irène leur demande pourquoi, ils ont l’air de trouver que c’est tout à fait normal. Nous allons nous doubler mutuellement, ils acceptent que nous les prenions en photo. Lorsqu’ils vont quitter la route ils stoppent à la déchèterie pour y dénicher des bouteilles en plastique. Recyclage ? Non pas du tout c’est pour y mettre de l’eau. On discute enfin des conditions de vie des travailleurs paysans cubains, ceux ci ne sont pas plus contents de leur sort que la plupart des gens que nous avons rencontré. Irène suggère enfin, avant de partir que l’un des deux marche derrière la charrette et que la chienne y monte. Ils éclatent de rire et montent la chienne avec eux …ah enfin! La nouvelle constitution va apporter du changement ? Yeux au ciel… Alors votez non ! Grand éclat de rire !!!

Arrivons en vue de Vinales et ses fameuses Mogotes qui se dessinent à l’horizon changeant radicalement le paysage. Nous allons trainer un peu tellement les panoramas qui s’étalent devant nous sont beaux. Les champs de tabac s’étalent de chaque cotés de la route et sentent agréablement bon. Les cars de touristes sont nombreux par ici. Beaucoup de randonnées pédestres, un site de grimpe, des visites de fermes à tabac….

Viñales

Il ne doit pas y avoir grand visiteur de Cuba qui ne soit passé par Viñales. Située dans l’ouest, à seulement 200 km de La Havane, c’est une étape incontournable, bien que la ville ne présente pas grand intérêt en elle-même. Non qu’elle soit laide, mais elle n’est pas du tout représentative tellement elle est consacrée au tourisme : il y a un nombre ahurissant de casas particulares et de restaurants, dans certaines rues il n’y a que ça. C’est incroyable, nous n’avions encore jamais vu ça. Nous nous en étions étonnés à Baracoa où il y en avait beaucoup, mais ici c’est un record.

Notre casa de ce soir sera à 15 $ (merci Dany et Maryse) au lieu des 25 $ généralement pratiqués. La rue est plutôt défoncée car nous sommes à l’écart du centre, mais peu importe.

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Du fait de cette manne, les maisons sont jolies et confortables, les restos ont des cartes variées et il n’est pas nécessaire de demander ce qui est disponible, ici il n’y a pas de pénuries ni de rationnement pour les touristes. C’en est choquant, quand on voit ce qu’il en est pour les Cubains qui n’ont par exemple même pas le droit de consommer les langoustes qu’ils pêchent dans la rivière toute proche, elles sont réservées aux touristes (inutile de dire que cette règle est détournée, comme les autres).

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L’intérêt est en fait dans le Parque Nacional Viñales, qui est très particulier avec ses pins majestueux et ses falaises de calcaire qui surplombent les plantations de tabac .

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Blottie dans la Sierra de los Órganos, cette vallée de 11 km sur 5 a été inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco en 1999 pour ses spectaculaires buttes de calcaire (les mogotes), mais aussi pour l’architecture de ses fermes et villages traditionnels.
Il s’agit du plus bel exemple de vallée karstique à Cuba, et elle abrite la Caverna de Santo Tomás, le réseau de grottes le plus vaste de l’île, que nous choisissons de ne pas visiter à cause de son prix exorbitant qui alimente les caisses de l’État sans bénéficier aux habitants des villages locaux. Car, si Viñales est prospère, il suffit de s’en éloigner un peu pour voir qu’il n’en est pas de même aux alentours, même si la province est bien moins pauvre que celles de l’Est, la culture du tabac expliquant sans doute cette différence.

La propriétaire de notre casa a beau affirmer avec fierté que « À Cuba nous sommes tous égaux », ça demeure plus un slogan révolutionnaire qu’une réalité.

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La région se prête bien aux balades à vélo dans les vallées où les paysages sont extrêmement plaisants. On en profite avec joie, doublés par les nombreux cars qui trimballent leurs passagers d’un site à l’autre. L’un d’entre eux, le « mirador », est carrément caricatural, avec son immense parking, le groupe de musiciens, le bar, les stands de souvenirs et même le tour de la place juché sur un boeuf placide pour la modique somme de 1$. Le temps que nous étions là, quatre clients sont montés sur le boeuf, on se dit que ce monsieur gagne bien sa vie avec son animal en fin de vie.

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La vue est certes magnifique, mais elle le serait tout autant sans tout ce bazar. On ne peut toutefois pas en vouloir aux cubains, ils ne font que répondre à une demande. A deux pas de là se dresse un superbe hôtel où on peut se rincer l’oeil sur les corps huilés des touristes sur leurs transats… Tout le monde n’a pas les moyens de faire du vélo !

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Nous allons avoir bien du mal à trouver des provisions pour nos prochains bivouacs et picnics. Sur trois magasins en ville, un seul nous propose des pâtes et des conserves de thon, c’est la station service en direction de la Havane. Les autres n’ont pratiquement rien sur les étagères. On va acheter des sandwichs dans un restaurant pour le midi, ca sera toujours ça de pris.

 

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Après la très belle région de Viñales, il n’y a plus grand monde sur la route, cette partie de la côte est peu visitée, les circuits touristiques passent à toute allure par l’autoroute de l’autre coté des montagnes. En fait, les étrangers qui passent par là sont surtout les cyclistes, ce qui fait bien peu. Toutefois on va trouver encore des casa particular sur les dix kilomètres parcourus en quittant la ville, cette fois en pleine campagne dans un décor des plus beaux qui soit.

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Encore des rencontres

En direction de Baya Honda nous rencontrons Victor qui travaille dans un champ de tabac, il vient vers nous alors que nous prenons des photos. Il est tout heureux de répondre à nos questions même si nous ne comprenons pas grand chose à ce qu’il raconte, un vrai gars du terroir celui là. On se fera traduire l’enregistrement parce que ce type était vraiment chouette, une belle rencontre.

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Les gars utilisent de grandes triques en bois pour y déposer les feuilles de tabac fraichement coupées, après un premier séchage dans le champ elles sont ramassées sur les charrettes a boeufs pour finir de sécher dans les grands baraquements en bois durant trois mois, ensuite de quoi un inspecteur viendra pour déterminer leur qualité et donc leur prix.

Plus tard ce sera une pause en compagnie des maitresses et des élèves d’une école qui attendent les parents. Nous leur apprenons quelques mots de français qu’ils répètent en coeur et leur laissons en souvenir une petite tour Eiffel, c’est la dernière du stock.

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On va boulotter nos sandwichs sous un abribus près d’une colline de palmiers majestueux. Arrive un drôle d’équipage, un char à boeufs sans roue, sur lequel est installé un rocking chair avec un homme handicapé dedans. Il a fait un AVC il y a sept ans, son fils s’occupe de lui, c’est dur.

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Plus loin, une jeune fille vend des ananas à 5 pesos (0,20 €) ainsi que des légumes. Elle est payée 15 pesos par jour (0,60 €) . Elle a fini ses études, son avenir n’est pas brillant si elle reste ici, mais que peut-elle espérer d’autre ? Nous lui souhaitons le meilleur avenir possible. Un gamin nous accompagne sur son vélo rudimentaire, il n’a pas besoin de dérailleur pour nous dépasser à vive allure, mais il ne traine pas 40 kg et plus de 62 ans, lui.

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Palma Rubia

Il n’y a pas grand chose là, à part l’embarcadère pour la petite île de Cayo Levisa qui est fort prisée. Mais à 35 $ par personne pour la traversée, on trouve que ça frise l’escroquerie et on renonce, se contentant d’un aller retour sur la jetée.

Sur le bord de la route au retour c’est Pedro, le chef cuissot d’une bicoque resto, qui nous appâte avec des bananes, et ça mord. Il faut dire que nous sommes les deux seuls clients de la journée. Lui aussi déplore la situation dans son pays, ses maigres ressources lui permettent tout juste de vivre, aucun extra n’est possible. Il aimerait qu’on lui envoie un vélo de France pour son fils qui va avoir 11 ans en mai, c’est loin d’être aussi simple qu’il le croit. Pedro a un caractère joyeux et prend la vie du meilleur côté possible.

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Les visiteurs ne se bousculent pas par ici, du coup on bénéficie d’une casa pour 25 $ tout compris : Dîner, chambre et petit déjeuner. Pour ça on n’a même pas eu à négocier, le type a proposé spontanément parce qu’il se doutait que sinon on irait camper dans le coin, mais on ne doit pas dire aux autres quel prix on a obtenu. Isabelle et André de Berk, profs qui voyagent à vélos durant toutes leurs vacances et logent là aussi, ne le sauront donc pas… sauf s’ils lisent ces lignes ! Salut à vous !!!

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En approche du village de La Mulata l’eau est livrée par le livreur d’eau potable qui marche près de ses boeufs qui traînent une charrette avec une citerne. Il s’en va de maison en maison, les habitants qui ont besoin d’eau ont déposé leur bidon de 20 litres devant chez eux. L’eau est gratuite mais il y a deux pesos pour le livreur.

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La Mulata a un petit port situé à 3 kms du bord de la route principale,  nous allons y faire un petit tour et rencontrer les pêcheurs de pargos.

La pêche est visiblement terminée pour l’instant, pas d’autres bateaux en approche. On discute un peu avec les hommes présents dont certains s’en vont avec leur poisson.

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De fil en aiguille certains vont s’approcher de nos vélos et finalement la conversation s’engage sur le tour de Cuba, ses routes chaotiques. Un des pêcheurs nous demandent si nous avons une pompe : son vélo est à plat. C’est parti pour finalement changer la chambre à air que Joël a sorti de sa sacoche en voyant l’état de la chambre à air crevée.

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Nous avons passé un bon moment dans la bonne humeur avec ces gens qui étaient heureux de pouvoir échanger avec nous. Ils garderont un bon souvenir de ces deux français sur des vélos « où on dort ! »

 

On va grignoter nos restes de gâteau sec acheté il y a deux jours à un marchand ambulant et s’octroyer une petite sieste près des collines où paissent des vaches sous les palmiers géants. On ne voit pas ce genre de paysage en bretagne c’est certain ! Il y a peu de voitures à passer et les quelques carrioles tirées des par les chevaux nous tirent de notre torpeur ; ces jolis trotteurs ont une cadence caractéristique que l’on reconnait de loin sur la route, en plus ils sont beaux à voir.

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À Las Posas, un monsieur répare tout ce qui a un trou ou est décousu, sombreros, chaussures, tout ce qui peut se recoudre. Il a une licence pour ça, évidemment. Ses outils sont fait à partir de rayons de vélos, on lui en offre un neuf pris sur notre stock ; en échange, il nous donne deux de ses outils dont on ne sait que faire mais qui finiront par faire le bonheur d’un autre type quelques jours plus tard.

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Baya Honda, circulez y’a rien à voir

Autant il y a des étapes remarquables et mémorables, autant celle-ci peut être vite oubliée. Un type qui nous guettait à l’entrée de la ville (qui l’a prévenu de notre passage ?) nous accompagne à vélo jusqu’à la casa de sa tante, laquelle a pour principale particularité d’être parfumée au cochon (la maison, pas la tante, quoique…) ; derrière la terrasse, dans un local si petit qu’on dirait qu’il a été construit autour de lui quand il était encore goret, un énorme porc grogne et pue tant qu’il peut.

Nous bénéficions d’une petite chambre près de celle du cochon pour un petit prix et allons diner dans le seul resto de la ville pour la modique somme de 4 $ pour deux. Devinez quoi ? Nous avons mangé une fricassée de cochon. Irène qui croyait avoir commandé du boeuf : « j’ai comme l’impression de manger du cochon ! ». On ne gardera pas un souvenir ému de cette casa si ce n’est le souvenir de la grand-mère et son port de tête, ce fut sans aucun doute une belle femme.

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Région rurale s’il en est, le lendemain matin ce sont les tracteurs tirant leurs bétaillères qui assurent le transport des travailleurs. Autre véhicule étrange, surnommé « le chameau », une espèce de grande remorque-bus tirée par un camion, ça date de l’ère soviétique.
Nous voyons arriver un autre couple de cyclistes « dans nos âges » chargés de quatre sacoches chacun pour un mois à Cuba, deux cyclistes britanniques qui ne voyagent pas léger. Nous allons faire un petit bout de chemin ensemble nous retrouvant pour des pauses. Madame a envie d’être à la Havane ce soir pour ne pas avoir à se lever avant 6h tous les jours. Ils auront 100 bornes à faire pour y arriver, mais la pluie est annoncée ! Nous nous séparons dans la petite ville de Cabanas où nous décidons de nous sustenter un minimum. Notre choix va se porter sur une pizza à emporter sur un morceau de papier. Elle n’a de pizza que le fait de combler notre faim, les morceaux de chorizo roses qui garnissent celle d’Irène vont finir dans l’estomac du chien qui nous fait les yeux doux, ça fait au moins un heureux !

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Regonflés après ces « agapes », nous repartons sous les gouttes de pluie, nous devrons stopper bien vite sous un abri sous peine de prendre une bonne douche.

Le déluge

La météo cubaine n’est pas réputée pour être très fiable (comme le reste) mais pour une fois elle avait raison : On se fait prendre sous un tel déluge qu’il est impossible de continuer, fort heureusement un abribus opportun nous abrite le temps que ça se passe un peu. Faute de rayon de soleil, c’est l’occasion de changer les deux rayons de Cake qui ont lâché ce matin, heureusement que c’est vite fait sur le bord de la route ; c’est toujours sur la roue arrière, la plus chargée, ce ne sont pas moins de douze rayons qui auront cassé en quelques mois, à force ils seront tous neufs.

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On repart sous une éclaircie de courte durée jusqu’à Quibra, le patelin suivant où nous arrivons trempés comme des canards, et découvrons qu’il n’y a pas de casa particular ; ce n’est pas surprenant, aucun touriste sensé ne songerait à s’arrêter dans ce trou, pourtant il faut qu’on trouve une solution, on ne peut tout de même pas monter la tente sur un trottoir sous les trombes d’eau. Un homme compatissant nous aide à trouver refuge auprès d’une famille qui est ravie de nous prêter la chambre parentale, notre contribution de 15 $ permettra de quasiment doubler le salaire du mois.

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Car ce n’est pas la richesse là dedans, le toit fuit et il y a des gamelles pour recueillir l’eau, par contre il n’y a plus d’eau courante dans la maison depuis des temps immémoriaux. Pour la vaisselle, la douche et les toilettes, c’est au seau et au broc. Pas de meubles, pas de jouets ni livres pour les enfants, les vêtements posés sur une valise ou suspendus à des cintres, c’est triste. Nous préparons notre soupe et nos pâtes sur notre réchaud et sous l’oeil attentif du gamin qui refuse de partager notre repas (on ne sait pas où est partie sa mère). Il n’aime que les spaghettis et nous mangeons des « nouilles ». Cette famille a dormi à trois dans le même lit pour pouvoir nous en laisser un. En repartant le lendemain on leur laisse le peu qu’on avait en nourriture dans nos sacoches, (dont un sac de spaghettis !) ainsi que le reste d’articles d’hygiène qu’on avait acheté pour les offrir.

Baracoa, bis

Passage à Mariel, ville portuaire et industrielle qui a vu l’exode de 125 000 Cubains en 1980, des soi-disant contre révolutionnaires ; d’autres exodes ont suivi, notamment 30 000 balseros (boat people) en 1994. Difficile de trouver à manger dans cette ville que l’on va arpenter pour atterrir sur un petit marché avec quelques étals de fruits et de légumes. Des bananes feront l’affaire pour l’instant parce qu’on est parti le ventre vide ce matin. On va finir par mettre la main sur une minuscule boutique (parce qu’on a vu une « cola » à l’extérieur) avec des biscuits, pas d’eau potable. On s’enfuit d’ici, tout comme le firent les Cubains, sauf que c’est par la route et non par mer.

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Nous allons longer une longue zone en bordure de mer qui est constellée de miradors militaires, est-ce pour prévenir une hypothétique invasion ou pour surveiller les Cubains qui voudraient s’enfuir ?

Nous sommes surpris de retrouver le nom de Baracoa sur cette côte, à plus de 1 000 km de la ville éponyme qui nous avait tant plu dans l’est. Ici c’est Playa Baracoa, avec en effet une plage, mais c’est bien le seul point commun. Alors que nous ne sommes qu’à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de la capitale, le lieu aurait tout pour attirer les citadins car la côte est plutôt jolie.

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Mais c’est sans compter avec les tas d’ordures qui jonchent les rues, les bennes ne sont visiblement jamais vidées, ça s’envole partout sur la plage, spectacle désolant. De plus, les infrastructures sont en profond état de décrépitude, depuis le cyclone Matthew en 2016 tout est resté à l’abandon. Il y a mieux comme lieu de villégiature, même si dans notre casa vit un Canadien qui passe là quatre mois chaque hiver depuis quinze ans, il trouve aux Cubaines des attraits qui expliquent son attachement. Il nous en apprend beaucoup sur la vie à Cuba et les privilèges de certains.


Le lendemain nous serons de retour à La Havane, on vous raconte ça très bientôt parce que depuis nous avons quitté le pays, il faut qu’on se mette un peu à jour.

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7 Commentaires judicieux

  1. Toujours aussi bien détaillées et commentées les photos.
    Vrai reportage sociologique sur la réalité cubaine et pourtant malgré le manque de tout tous les cubains ont l’air heureux sur les photos.
    Comme disait un certain « Coluche » dis moi ce dont tu as besoin et on t’appredra à t’en passer ……
    Pour le reste bonne continuation et surtout ne lachez rien.
    A très bientôt pour la suite
    Jeffry

  2. Bonsoir…Cuba se conjugue à tous les temps,en même temps »..présent..parfait..imparfait! »!Aussi hors du temps et temps de pluie…..temps des rencontres authentiques…bravo ..merci pour ce nouveau partage!

  3. Pas de soucis pour les rayons, je crois ! Vous en avez une source à présent avec tout ce que vous connaissez maintenant et nous aussi, un peu mieux grâce à votre rayonnement ! Merci ! Lectrice de votre vie cycliste, je ne m’en lasse pas. Vous en connaissez un rayon sur cul bas ! Normal, vélo couché oblige, Cuba ou pas !

  4. Coucou les jeunes……. Ma fille est passée aussi a Vinales, ont dormis … Je pense c’est la qu’ils ont le mieux aimer, mais elle retournerais pas dans ce pays…C’est triste de voir ses gens en manquent de tout et on ce plaint enfin pas moi pourtant je vis avec très peu mais j’ai un toit, chauffage ect…. Je mange a ma faim…… Et vous êtes ou maintenant ???? Mystère…. Lollll….. Bisous a vous 2

  5. heureusement que vous nous faites parvenir ces belles images, car perso ai une connaissance qui y est allée mais elle n’a pas bougé de l’hôtel car elle avait la trouille!!!! bonne suite et à bientôt en Europe?????
    bisous

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