Du rab de Bourgogne

C’est décidé, on opte pour le diverticule jusqu’à Mâcon, comme ça on aura du rab de Bourgogne tout en restant dans le temps qui nous est imparti, à savoir 14 jours de balade à vélos. Et ça nous permettra de passer par Cluny.

Le changement c’est maintenant

Changement de département, c’est désormais la Saône et Loire. Changement de canal aussi, c’est parti pour la voie verte qui longe le canal du Centre. C’est une voie navigable bien plus fréquentée que ce que nous avons vu précédemment. Un avantage c’est que nous avançons bien, un inconvénient c’est que c’est rectiligne et en dehors des villages, c’est toujours le même environnement. Nous croisons bien sûr des cyclistes, quelques familles avec les enfants, charriotes et tout le barda.

C’est le jour du marché de Givry. Un arrêt s’impose pour le ravitaillement. Pic nique près de la porte de l’horloge, monument classé tout comme la halle ronde construite en 1825 qui était un marché aux grains. En face la jolie fontaine au zodiaque, dommage qu’il ne fasse pas soleil à ce moment de notre passage.

Arrêt dans la petite ville médiévale de St Gengoux le National (quel drôle de nom!) nommée ainsi par les moines de l’abbaye de Cluny. Nous aurons juste le temps d’y boire un verre et de voir les gendarmes emmener un jeune enfant battu par sa grand mère 😕😱
Pour les derniers kilomètres le GPS va nous conduire bêtement à travers des chemins de terre empruntés par les engins agricoles qui mènent aux champs. 🤣😭😤 Nous sommes aussi bêtes de l’avoir écouté ! C’est le moment que choisit Irène pour crever sa roue avant !!! Seconde crevaison en une semaine, les pneus ne sont plus ce qu’ils étaient (Ce sont des Continental Double Fighter, mais nous aurons aussi plus tard une troisième crevaison avec un Schwalbe Marathon Plus).

Le bistrot du camping fera l’affaire pour notre repas du soir. La pluie s’invite à nouveau et tambourine sur la toile. 69 km au compteur, c’était une bonne étape. Le coin des lavabos est providentiel pour un petit déjeuner à l’abri le lendemain matin.

Cormatin de bon matin

Dès le début de l’étape du jour, nous faisons un arrêt pour visiter un très joli château, celui de Cormatin. On ne peut que le recommander car il est charmant, doté de son mobilier d’époque et nous avons la chance d’avoir un guide qui connait parfaitement son sujet et le restitue de manière fort plaisante, voire humoristique. Quant au jardin, c’est une merveille, on n’en a jamais vu d’aussi soigné. Il mériterait de figurer parmi les Jardins Remarquables, contrairement à un autre dont nous vous parlerons plus tard.

Cluny, enfin

Visite suivante à l’abbaye de Cluny, la Mayor Ecclesia du moyen âge. Aujourd’hui il n’en reste que quelques vestiges fort bien mis en valeur mais qui ne donnent qu’une petite idée de ce que fut la splendeur de cet édifice gigantesque. La projection d’un documentaire en 3D nous plonge sous les voutes de cette abbaye lumineuse. Les audio-guides super modernes sont décevants, ils sont sensés adapter leur discours à l’endroit où on se trouve mais dès qu’on se déplace un peu ça coupe, ça saute au sujet suivant, ça se répète, bref c’est le bazar ; ils feraient mieux de s’inspirer de ceux des Hospices de Beaune, dont le récit est bien plus vivant.

La Voie Bleue

Une fois ce lieu mythique atteint, il n’y a plus qu’à compléter la boucle jusqu’à Mâcon et ainsi rejoindre la Saône.
Ça change un peu de longer une rivière au lieu d’un canal (même s’il y a aussi quelques écluses), nous sommes désormais sur la Voie Bleue. Bleue comme le ciel, pour une fois nous plions la tente sèche, elle est moins lourde à trimballer.

Mâcon city
Mâcon city

Tournus est le seul endroit où nous ne trouvons pas de camping, ce sera donc un bivouac. Un endroit idéal près d’un plan d’eau, avec même un hangar sous lequel Irène choisit de s’installer pendant que le reste des troupes dort sous tentes. En fait l’endroit n’est pas si idéal que ça, une route à forte circulation passe de l’autre coté du plan d’eau, c’est bruyant toute la nuit. Maudites bagnoles !

Le petite ville de Tournus est agréable à parcourir, on s’abstient de ramener poêles et cafetières, bien que les usines Tefal et Seb soient la principale activité économique ici, on pourra en trouver dans le supermarché près de chez nous si on y tient (et on n’y tient pas plus que ça).

Autre avantage du parcours, c’est qu’on va de nouveau passer à Châlons sur Saône et cette fois-ci on va découvrir la ville. La semaine précédente, le circuit officiel nous avait fait bêtement passer par les faubourgs, ignorant superbement le centre historique qui a pourtant un sacré charme. Voici qui est réparé, c’est même le jour du marché, chic !

Séquence nostalgie

Revoir les panneaux de l’Eurovélo 6 ne peut que raviver les souvenirs inoubliables ramenés de notre retour de Roumanie en 2013, puisque nous avions parcouru ce célèbre parcours quasiment de bout en bout. Donc nous sommes déjà passés par là.
Sauf qu’ils ne sont pas si inoubliables que ça, les souvenirs, car on ne se reconnait aucun lieu, rien, nada. Sauf quelques jours plus tard, à Paray le Monial où des bribes de mémoire resurgiront du passé.

Le canal du Centre

Fin du diverticule, retour sur le Tour de Bourgogne via le Canal du Centre. Malgré quelques épisodes météorologiques tumultueux, nous avons plutôt bien roulé jusqu’ici puisqu’on peut arriver à notre point d’arrive et de départ, eh oui, c’est le même) par des étapes de l’ordre de 60 km, c’est tranquille.

Le passé industriel de la région transparait dans d’anciennes installations, dont certaines sont curieuses. Notamment du coté de Montceau les Mines, où il y avait fort judicieusement des mines de charbon. Aujourd’hui, mine de rien, il n’y a plus grand chose, on ne ramènera donc pas de boulets de charbon, pas plus que de cocottes en fonte du Creusot, le voyage à vélo n’est pas propice la fièvre acheteuse.

Paray le Monial

Voici pourquoi les souvenirs d’antan ressurgissent ici, le lieu est vraiment remarquable, l’abbaye romane est aussi superbe à l’intérieur qu’à l’extérieur, toute en teintes chaudes et en sobriété. C’est bien différent des cathédrales gothiques souvent froides et richement décorées, « deux salles deux ambiances ».

A noter que le camping de Paray le Monial pratique des prix exorbitants, plus de 50 € pour 4 cyclistes, donc sans véhicule ni électricité.

Un jardin remarquable (hélas)

Il a fière allure, le château de Digoine, mais il ne faut pas tomber dans le même piège que nous, à savoir se fier au classement « Jardin remarquable » décerné par le ministère de la Culture. Car la culture n’est pas le point fort des jardiniers du château, c’est sans doute pour ça qu’ils en recherchent d’ailleurs.

Le jardin est remarquablement laissé à l’abandon, les plantes souffrent de la soif, rien n’est taillé et encore moins soigné, ça fait pitié. Publicité mensongère !

Le pont canal

Il n’y en a pas beaucoup en France, celui de Digoin n’est pas le plus impressionnant mais c’est quand même épatant de voir un canal franchir un fleuve, la Loire en l’occurrence. L’avantage est que ce n’est pas bien grave s’il y a des fuites, contrairement à celui que nous avons franchi quelques jours avant à Chagny qui surplombe la voie ferrée Paris-Lyon-Marseille, mieux vaut éviter l’eau sur les caténaires.

Quand ce n’est pas plat

Longer la Loire sur l’Eurovélo 6 n’est pas aussi tranquille que sur des chemins de halage : C’est bien collineux et on transpire bien. Notamment pour faire un détour (un de plus) par Bourbon Lancy qui le mérite bien, notamment pour voir le Beurdin qui chaque heure tire la langue aux passants depuis la tour de l’horloge au coeur du centre historique.

Le canal du Nivernais

Et voilà, c’est le dernier Canal du Tour, on nous a dit que c’était le plus chouette, on va voir ce qu’il en est. Déjà ça commence bien puisque la météo est très favorable, au point même de devoir se protéger du soleil par moments.

C’est aussi l’occasion de retrouver Frédérique et Daniel, « Los Tuppinos« , que nous rencontrons de temps à autre au fil de nos pérégrinations, notamment deux fois cet hiver en Thaïlande.
Il y a, et c’est agréable, un trafic fluvial plus important que sur les canaux empruntés précédemment. Avec les bateaux de location, gros engins blancs tout en plastique véritable (l’équivalent des camping-cars mais sur l’eau), et d’autres embarcations ayant autrement plus de charme.

Nous acquérons une certaine connaissance du fonctionnement des canaux : Comment ils ont été construits (c’est une histoire souvent mouvementée au fil des régimes et révolution), d’où vient l’eau, les interactions avec les rivières, les écluses et ponts, les barrages, les tunnels (dont celui de Pouilly en Auxois, 3333 mètres de longueur), etc. Pour un petit-fils de marinier c’est passionnant.

On peut le confirmer, le canal du Nivernais est agréable avec de belles écluses (et éclusières), des activités nautiques, de la variété.

Les paysages sont sympas aussi, notamment lorsque la rivière (et donc le canal attenant) passe dans des gorges.

Auxerre, dernière station avant l’autoroute

Auxerre est notre dernière ville avant devoir reprendre la voiture pour rentrer, mais c’est aussi la cerise sur le gâteau. On arrive par les rives de l’Yonne, avec une vue magnifique sur la ville, et tout le reste est à l’avenant. Un nombre incroyable de maisons à colombages, de superbes monuments, un centre-ville agréable à parcourir, un bonheur. Enfin, presque, car certaines maisons sont en piteux état, les propriétaires ne pouvant probablement pas faire face aux travaux considérables pour les consolider. L’immobilier n’est pas cher par là-bas, si ça vous tente…

FIN

Une dernière étape pour retrouver notre voiture à Nivennes et la boucle est bouclée.
960 km en 14 jours, c’est plus que ce que nous avions prévu mais normal, avec tous ces détours, contours et tours de c..s. (dommage qu’on n’en pas fait 40 de plus, 1 000 km ça aurait eu une autre allure).
Ça s’est très bien déroulé, sans forcer et en ayant le temps de faire plein de visites, comme vous avez pu le constater. On recommande !

Et un remerciement spécial à Pierrette & Roland, de CCI (Cyclo Camping International), qui ont gardé notre voiture durant ces deux semaines, c’était très gentil.

6 Comments

  1. Bonjour à tout le monde de Rochefort sur mer
    J’aime beaucoup l’ambiance des canaux de la rive et aussi sur les bateaux !!une autre vision..Les cyclomigrateurs il va falloir prévoir un système pour fixer vos vélos sur une petite embarcation avec la force motrice de vos mollets ..s’inspirer des pédalos..ça devrait faire fureur ..à inventer et trouver l’industriel à cet effet..je délire ..Bon retour

  2. Une très belle randonnée dans notre Centre France, riche d’histoire et d’un beau patrimoine que vous nous faites redécouvrir. Merci pour ce voyage. Je connais(sais) bien le canal du Nivernais que j’ai parcouru de nombreuses fois, dans les années 70, avec mon brevet de Capitaine au long cours, entre Auxerre et Clamecy. Un petit bijou ! Je suis heureux qu’il vous aie plu. Bon retour maison et à bientôt.
    Avec toutes mes amitiés.

  3. Nous avons parcouru cet été de chalon à chalons le tour de Bourgogne à vélo nous aussi par les trois canaux ….un pèlerinage pour moi le fils de marinier …avez vous lu « les téméraires « de Bart van loo , je vous le recommande ainsi que son podcast du même titre …au plaisir de vous lire …merci pour le partage

  4. That looks like an interesting ride. Love the canals and boats. You are both looking great, the cycling must be great for health.

  5. Bonjour Irène et Joël,
    Les récits de vos aventures lointaines ou proches sont toujours très agréables à découvrir. Le bonheur des uns fait le bonheur des autres, c’est formidable. Ne changez rien !

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