Entre université, terre, mer et tripas

On avait promis de vous emmener à l’université, nous y voila. Un peu de culture ne saurait nuire, n’est-il pas ?
Et puis allons aussi découvrir les coutumes culinaires de la région, ça fait aussi partie de la culture, ainsi que de drôles de pratiques.


Coimbra

Coimbra est née à partir du 12 ème siècle autant dire que c’est une sacrée vieille grand mère moyenâgeuse. Elle est bordée par les rives du Rio Mondego et s’étale entre le haut et la basse ville. Le haut conserve ses ruelles médiévales pavées (impossibles à monter à vélo) car même à pieds elles demandent un bon entrainement. Des escaliers ont été construit pour en faciliter la montée on les appelle  les « escadas de Quebra-Costas » : « escaliers brise-dos »). Coimbra fut la capitale du Portugal entre 1143 et 1255. Riche en histoire et en vieilles pierres, on va aller voir si elle a de beaux restes.

On ne pourra pas dire qu’il s’agit d’une ville haute en couleurs, car il pleut et c’est tout gris rendant les pavés glissants. Mais c’est bien aussi, ça permet de faire des photos différentes. A ce sujet, nous faisons la connaissance de José qui est professeur d’art et photographe aguerri, il nous montre de superbes clichés qu’il a réalisé, c’est remarquable. Comme il parle parfaitement français, nous pouvons communiquer aisément et en apprendre beaucoup sur la vie au Portugal, laquelle n’est pas si simple qua ça, notamment à cause du niveau des salaires qui pousse les jeunes à s’exiler. Le salaire minimum est en effet de l’ordre de 600 € et les retraites sont très basses.

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Nous avons rencontré José alors qu’il était attablé à l’abri de la pluie à la pasteleria Briosa, ouverte en 1955 (une institution) ; nous avons partagé la même table et dégusté un chocolat où la cuillère tenait toute seule debout ! La pluie cessant nous avons repris notre visite de la ville qui ne manque pas de charme, loin de la ! Nous avons laissé nos vélos à l’auberge de jeunesse. Les mettre à l’abri a été un peu scabreux, nous avons du les monter par une volée de marche, un couloir étroit, la salle à manger, la cuisine, une autre volée de marches et finalement ils sont dehors sur une terrasse et sous un oranger. C’est certain qu’il faut être motivé pour venir les piquer à cet endroit. Pas pris de photos parce qu’on était mouillés comme des pingouins, mais promis, si la situation se renouvelle on immortalisera l’instant.

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L’Univers Cité

La première université du Portugal repose sur la colline d’Alcaçova qui surplombe la ville. Quand on y arrive on vient de gravir d’impressionnantes marches et entrons par la porte Ferrea qui date de 1634, du bel ouvrage. Nous avons l’impression d’arriver dans la cour d’un palais. Y trône une énorme statue de Jean III, qui a rapatrié définitivement l’université de Lisbonne à Coimbra en 1537. La tour de l’horloge date de 1728, érigée au motif qu’il ne saurait y avoir d’ordre sans horloge (il faudrait expliquer ça au gouvernement français, mettre des horloges partout serait la solution). Les étudiants la surnomment « la cabra », la chèvre qui les appelle au cours.

Les étudiants ici ont beaucoup d’allure, les capes noires volent autour de nous. On ne sait pas très bien si c’est une obligation ou une tradition. En tout cas les garçons sont en costume noir, chemise blanche et cravate et portent la cape noire. Les filles sont en tailleur noir, vêtues d’une cape elles aussi. Des rubans de couleur les distinguent selon leur discipline : violet pour la pharmacie, jaune pour la médecine, bleu pour les lettres, rouge pour le droit.

 

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L’ancien Palais royal est aujourd’hui le palais des écoles. Il abrite des salles prestigieuses dont la sala dos capelos, une salle d’examens privés, impressionnante, avec les portraits des recteurs qui se sont succédés à la tête de l’université. Cette salle est aujourd’hui utilisée pour des cérémonies académiques. Durant la soutenance de thèses, le doctorant reçoit des mains du recteur la borla (coiffure symbolisant l’intelligence) et le capelo (courte cape de soie et de velours symbolisant la science). Tout est dans la tradition et le protocole.

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Ambiance des films de Harry Potter : un dédale de salles somptueuses pas forcément confortables au vu des amphis aux sièges en bois (sans coussins !), des escaliers gigantesques décorés d’azulejos. Une visite où on va prendre tout notre temps et nous délecter tellement c’est beau.

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La bibliothèque Joanina, construite sur l’ancienne prison de l’université, est un vrai trésor sur deux étages, elle abrite 60 000 ouvrages du 16ème au 18ème siècles, tous consultables principalement dédiés au droit, à la théologie, aux lettres et à la philosophie. Un colonie de chauve-souris se chargeait de boulotter les vers qui dévorent les livres pendant que des chats s’occupaient des souris, qui aiment les livres également. Maintenant, c’est plus technique, les livres sont enfermés régulièrement pendant 21 jours dans une chambre sans oxygène afin de détruire toute forme de vie.

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Au second étage trois salles en enfilade superbement décorées, une rouge, une verte, une dorée. Au centre de chacune trônent des tables en bois précieux du Brésil et de Chine. Les étagères en chêne supportent les livres jusqu’au plafond. On reste bouche bée devant tant de belles choses. Ici les murs sont d’une épaisseur de 2 mètres et la porte est en bois tropical très dur. Ce trésor est préservé à une température et humidité constante.

Nous ne pouvons pas nous éterniser longtemps dans cette pièce, notre petit groupe doit quitter les lieux, vous en avez assez vu comme ça ! Il est interdit d’y prendre des photos , ce qui est bien dommage parce que c’est sublime. Irène a toutefois volé une photo par le trou de la serrure (quel acharnement !)

Mira, l’église des pêcheurs

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José nous a montré une magnifique photo de la chapelle de Mira, laquelle se reflétait dans l’eau. Pas de pot, si l’on peut dire, il ne pleut pas, donc la grande flaque d’eau en question n’existe plus et la chapelle s’avère bien là mais entourée d’immeubles tous plus banaux les uns que les autres. Bon, elle est jolie quand même avec ses rayures et son intérieur marin. A proximité se trouve l’église, une horreur en béton, on vous épargne les photos qu’on n’a pas prises de toute façon.

Au camping municipal où on a piqué la tente, l’accueil est frais, tout comme la soirée et la nuit. Il est beaucoup plus cher que le précédent, 10,50 € au lieu de 4 €, certaines municipalités sont plus gourmandes que d’autres. Les prestations sont inégales, jamais de PQ dans les municipaux mais on a de l’eau chaude pour la douche c’est déjà pas si mal ; c’est qu’on deviendrait exigeants !

Déambulations entre terre et mer

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C’est dans une région où terre et eau sont entremêlées que nous déambulons avec ravissement et en petite vitesse. De petits chemins longeant des plans d’eau ou des lagunes, des routes tranquilles, quelle merveille !

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C’est si tranquille que des écrevisses téméraires (et stupides) traversent sans regarder des deux cotés, certaines se font écrabouiller par les quelques voitures qui passent par là. Irène en sauve quelques unes, non pas en les ramassant pour se les mettre sous la dent, mais en les balançant sans plus de manière dans leur élément naturel, la flotte  :   pas sûr que les autres retiennent la leçon.
Plus loin ce sont des gens qui se livrent à une curieuse activité aquatique, ils semblent ramasser quelque chose qu’ils mettent dans un filet, il s’avère que ce sont des coques. Dur labeur, ils ont adopté les combinaisons de plongées parce qu’ils patouillent frénétiquement dans l’eau.

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Arrivés à Paria da Vaguera on passe le pont pour changer de rive après avoir échangé avec un couple d’autocaristes originaires de Lanvallay (ceux qui connaissent le 22 et la région de Dinan situeront), les bretons sont partout c’est bien connu, de grands voyageurs n’est-ce pas ? Nous allons longer le Canal de Mira qui est pris d’assaut par un nombre impressionnant de cormorans en train de faire sécher leurs plumes ; un petit vol de drône va mettre une belle pagaille dans les rangs ! On s’installe devant ce décor de madame nature (mieux qu’à la télé) pour l’instant précieux du pic-nic à la sardine, à l’abri du vent qui commence à nous e……er un peu trop. Les abords de ce canal sont super bien aménagés, sans doute à cause des nombreux touristes l’été. Des passerelles en bois surmontent les bords du canal en évitant ainsi la route alternant avec des portions de pistes cyclables.

Ce littoral est le résultat de négociations ancestrales entre la mer et la terre, le partage s’est fait de manière floue et harmonieuse ; l’homme n’étant pas encore intervenu dans l’affaire, ça reste d’une beauté sauvage et paisible.

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Les oiseaux ne s’y trompent pas, surtout les cormorans comme on vient de le dire, mais pas que. On regrette de ne pas avoir une paire de jumelles pour observer toute cette faune à plumes de plus près. Il nous faudra revenir, à l’occasion d’une réincarnation cormoranesque ?

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Du côté villages, ou plutôt hameaux, c’est très tranquille aussi et plutôt ravissant. Ce n’est pas par ici qu’on va trouver les grandes enseignes ni même les panneaux publicitaires, et tant mieux. Certaines maisons sont hélas à l’abandon, elles conservent néanmoins de belles façades décorées de faïences.

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Nous suivons une ancienne voie ferrée entre eucalyptus, sapins et acacias en fleurs. Les jonquilles et les arums ont décidé de donner de la couleur à notre chemin ; le printemps est déjà bien installé, il sent bon, ça nous convient bien.

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Les maisons en pyjama

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C’est une curiosité locale que ces maisons à rayures verticales à Costa Nova, bâties selon l’architecture des anciennes cabanes de pêcheurs. Seul un irréductible a choisi des rayures horizontales et un toit plat, le résultat détonne un peu. Ça a l’air très riche par ici, ce n’est pas dans ce coin que nous allons pouvoir bivouaquer.

Quand on se barra à Barra

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Tout au bout de cette longue langue de terre, la ville de Barra n’offre guère d’attraits avec ses barres d’immeubles et ses avenues, tout est neuf et sans l’âme des petits bourgs. Le bâti a été fait pour le confort du toursite. Il y a bien un phare, mais ce qui nous a guidé là est plutôt l’existence d’un camping, lequel est pratique mais c’est bien son seul avantage. Un camping en pleine ville, ce n’est guère bucolique mais l’accueil est chaleureux. L’avantage de l’inconvénient est qu’il y a un arrêt de bus juste devant , ce qui va nous permettre d’aller visiter Aveiro sans avoir besoin de se coltiner à vélo des rocades et échangeurs sans intérêt, qui plus est nous allons pouvoir rentrer de nuit. Alors nous partons visiter Aveiro.
La contrariété au retour est que, une fois de plus, des chats ont pissé sur la tente. Sales bêtes, les mâles dominants ont marqué leur territoire !

Aveiro

Surnommée « La Venise du Portugal », cette ville de 54 000 habitants est en effet assez particulière avec ses canaux qui sillonnent une immense lagune, laquelle abrite de nombreux oiseaux, ce qui explique peut-être le nom de la ville issu du latin Avarium qui signifie Volière.

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« Port prospère au début du XVIe siècle, Aveiro connut dans les années 1570 une violente tempête. Celle-ci barra l’embouchure du Vouga, empêchant les navires de rejoindre l’océan et transformant l’estuaire en marécages infestés par le paludisme. Au cours des deux siècles suivants, la population d’Aveiro diminua de trois quarts. Toutefois, le canal de Barra, creusé en 1808, rouvrit un passage vers la mer. En l’espace d’un siècle, Aveiro a retrouvé sa prospérité. Le sel récolté ici était envoyé à Terre-Neuve pour conserver le cabillaud qui revenait ensuite au Portugal sous forme de bacalhau (morue). »

Il n’y a maintenant plus que trois marais salants en activité, contre plusieurs centaines antérieurement.
Les moliceros sont ces bateaux aux jolies proues qui servaient à la récolte des algues. Il y en a maintenant une quarantaine, qui servent à la récolte des sous des touristes, et ça marche bien. On va en faire un tour, passant dans le quartier des pêcheurs et des baraques étroites au toit pointu où étaient stocké le sel, puis celui plus moderne où les bâtiments contemporains ont remplacé les nombreuses faïenceries qui ont fermé ; seule une briqueterie a été conservée, elle est magnifiquement restaurée, et l’architecture moderne qui l’entoure est fort belle aussi, l’ancien et le nouveau s’entendent à merveille.

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Les vieux pont de pierres sont peut être moins célèbres que ceux de Venise mais tout aussi charmants. Un groupe d’étudiants se produit sur un quai, leur musique traditionnelle est fort agréable à écouter et leurs voix tout autant. Il s’agit du « Tuna Academica Enfermagem » de Porto, ils sont talentueux et sympas ces p’tits jeunes, l’un d’eux esquisse des pas d’une danse dont nous n’avons pas retenu le nom sacré non d’un chien !

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On mange quoi ce soir ? La spécialité locale est un plat d’anguilles, mais les prix prohibitifs nous dissuadent d’y gouter, d’ailleurs tout est hors de prix dans cette ville, particulièrement dans le centre historique. Quand on s’en éloigne, c’est comme partout, les prix deviennent abordables. On dégotte un petit troquet familial et commandons une sorte de pot au feu de poisson « comme les voisins », heureusement que nous n’avons commandé qu’un plat pour deux, il y avait largement assez, les portions portugaises sont toujours très généreuses.

Los Tripas

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Quand on n’est pas averti, ça surprend de voir une enseigne « Kreps & Tripas« . Déjà, écrire crêpes avec un K, c’est bizarre, mais y associer des tripes, ça ne fait pas du tout envie (ni pour l’un, ni pour l’autre, l’un étant particulièrement difficile (:)) En fait, les tripas sont des sortes de grandes gaufres fines et rondes, toutes molles, faites à partir d’une  de pâte à crêpes à l’eau donc sans lait, puis garnies d’une crème de jaunes d’oeufs au sucre et roulées. Bonjour les calories !
Une seule pour deux suffit à bien caler, c’est bon mais on n’y reviendrait pas trop souvent. Et ça ne vaut pas les crêpes bretonnes, mais rien ne vaut les crêpes bretonnes….

Les gourmandises

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La Praria de Fudadouro

Un superbe petit port au bord de la lagune, endroit propice pour un picnic à l’abri du vent et prendre des photos, c’est facile quand le lieu s’y prête si bien. On va buller un peu ici, blottis contre un muret, toujours à l’abri du vent, laissant libre cours à notre imaginaire et savourant les scènes de vie du quotidien des locaux qui se promènent en ce dimanche après midi.

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Des pêcheurs travaillent à l’entretien de leurs filets, pour un peu on les soupçonnerait de s’activer pour faire joli sur les photos, ça fait carte-postale.

 

Les Portugais s’y entendent pour concocter de chouettes parcours pour les cyclistes et piétons dans cette région, on se régale. Lorsque c’est nécessaire, ils construisent des passerelles en bois qui permettent de traverser des marais, notamment à Esmoriz, c’est superbe.

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On ne rencontre guère de cyclistes pour autant, mais en été ce doit être plus fréquenté. Nous sommes toujours plus ou moins sur l’Eurovélo 1, qui n’est pas balisée, mais peu importe, c’est tout bon. A noter qu’il y a aussi beaucoup de forêts d’eucalyptus, ce qui flatte les narines nous voilà télé-transportés instantanément en Australie. Ils sont cultivés pour produire du papier, dont le Portugal est grand exportateur ; l’inconvénient majeur est que ces arbres sont un excellent combustible pour les nombreux incendies dont est victime le pays, la tendance est à la réduction de leur nombre avec une gestion des forêts se tournant plutôt vers le sapin.

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Et voilà, nous sommes en vue de Porto. Un vent à décorner les boeufs, un soleil éclatant, ça s’annonce bien.

 

4 Commentaires judicieux

  1. Bonjour Le Portugal
    Bien aimé votre visite à l’Université de Coimbra ……Bien documentée ..mais tout est intéressant…on apprend toujours des choses au hazard de vos rencontres …c’est ça qui fait le charme!BON VENT
    merci

  2. Excusez moi pour Hazard je pensai à un joueur de Football Belge International hi »Eden HAZARD »
    Correction hasard ….

  3. Olá meus amigos, adorei conhecer-vos. O vosso blog é excelente. Espero que tenham gostado do meu país. Um dia, se conseguir, vou visitar-vos. sejam sempre felizes, .

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