L’Eurovélo 1 le long de l’Atlantique

Avis aux cyclistes tentés par les 9 000 km de l’Eurovélo 1, qui part du Cap Nord en Norvège jusqu’au sud du Portugal puis remonte le long de la côte atlantique : Entre Lisbonne et Porto elle n’existe pas mais existe quand même, et elle est superbe. Vous allez voir…


Après avoir quitté Lisbonne, tout en longeant le Tage, on passe inévitablement devant la tour de Belem. Splendide monument, très longue file d’attente pour y monter, on envoie le drone à notre place et c’est vrai que la vue est belle, portant jusqu’au « pont du 25 avril » qui n’a rien à envier au Golden Gate de San Francisco, et pour cause puisqu’il en est directement inspiré. Autre point commun avec San Francisco, la zone est à haute activité sismique, d’ailleurs Lisbonne a été quasiment rayée de la carte par un séisme suivi d’un tsunami en 1755. Le nom du pont vient de la révolution des oeillets, le 25 avril 1974. (C’était le paragraphe culturel du jour)

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Cascais

Alors qu’il n’y a pas de vent, la mer est fort agitée sur cette partie de la côte. C’est un peu déconcertant, car en Bretagne pour avoir de gros rouleaux il faut un vent à décorner les boeufs, et généralement ce n’est pas un temps à aller se dorer la pilule sur la plage. Ici, c’est différent, les gens prennent le soleil mais ne se baignent pas car les vagues sont énormes, exceptés les quelques surfeurs qui s’en donnent à coeur joie.
Enfin ! voilà une marque qu’on connait : Décathlon ! On s’y engouffre vite fait (pas de temps à perdre) pour y acheter un nouveau drap housse pour Joël dont le sien part en petit morceaux, un T-shirt pour Irène ayant enfin consenti à laisser le sien à Cuba et n’a plus que celui quelle porte tous les jours et qui commence à sentir ! Un imperméabilisant pour les vestes qui vont certainement prendre la flotte… Voilà comment nous augmentons nos dépenses journalières !!!

Sintra

Il y a des villes où on ne peut que s’arrêter, même si ça fait faire un détour, et Sintra en fait partie. Il y a là une concentration de châteaux et monuments impressionnante, issus d’une histoire fort riche.

On y arrive au terme de montées et descentes qui vous fracassent bien les cuisses. C’est le jour du marché de producteurs locaux. Parmi les joies simples : trouver du bon pain croustillant, du jambon cru délicieux, des fruits abondants, quel plaisir ! Il y a là un vendeur de jolies volailles qui nous tentent bien (surtout Irène) non pas pour les passer à la marmite mais pour le plaisir d’avoir leur charmante compagnie dans le jardin

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Grace à un jeune guide nous gravissons les pentes de cette ville en petit tuktuk électrique et partons à la découverte du patrimoine pour une visite d’une heure. On va se régaler et déjà avons envie de revenir ici et prendre la temps d’apprécier et de découvrir l’histoire de cette cité « médiévale ». C’est tout simplement enchanteur.

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Entre palais national de style mauresque et manuelin, ruines du mur d’un ancien château bâti sur la crête d’une colline, le Palacio da Pena, un des plus beaux d’Europe de couleur rouge et jaune, bâti sur les ruines d’un ancien couvent, on ne sait plus où donner de la tête, on en prend plein les mirettes !

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Les campings portuguais

Jusqu’ici on n’a pas bivouaqué, la plupart des campings étant ouverts toute l’année, pas comme en France (d’un autre coté, qui aurait l’idée d’aller dans un camping en Normandie en hiver ?). Les prix vont de 4 € (oui oui, 4 €, il ne manque pas un zéro) à 14 €, sans qu’il y ait le moindre rapport entre le prix et les prestations ; le plus cher peut ne pas avoir d’eau chaude aux lavabos ni salle où s’abriter (il fait froid le soir), le moins cher peut être très bien. Les campings municipaux peuvent être plus chers que les campings privés, ou inversement, on ne trouve aucune logique.

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Dans tous les cas, c’est très tranquille. Evidemment, vu la saison, nous sommes généralement les seuls campeurs. Par contre, l’été ce doit être l’horreur, quand on voit la densité des zones où sont installées les caravanes permanentes, les gens sont les uns sur les autres.
Le plus tranquille qu’on ait eu était normalement fermé, on a bénéficié d’une « tolérance » parce que le suivant était trop loin pour y aller à vélo, néanmoins on a payé et la douche était froide, on aurait été aussi bien à bivouaquer au bord de la plage…Tant pis ! Il faut aussi vous dire que les nuits sont bien plus fraiches que celles de Cuba, les températures nocturnes chutent et on se retrouve emmitouflés jusqu’aux oreilles dans nos duvets, toutes les ouvertures de la tente fermées (même que les fermetures éclair commencent à battre de l’aile ) !

Moulins et céramiques

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On a souvent le vent dans le nez, c’est l’inconvénient de rouler vers le nord, et les moulins confirment bien que c’est de là que ça souffle en général.
En campagne comme en ville, les céramiques sont omniprésentes au Portugal et ce n’est pas qu’une tradition, il y en a de récentes qui montrent que le savoir-faire ne s’est pas perdu.

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Ericeira

Superbe petite ville perchée sur sa falaise, Eiriceira mérite amplement la grimpette pour l’atteindre sachant que nous aurons vogué sur les montagnes russes toute la journée, n’hésitant pas à mettre pied à terre en fin de montée pour certaines… un mouchoir sur notre fierté ! Ce petit port de pêche ressemble à un village grec aux maisons blanches bordées de bleu et rues pavées.

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De nombreux français ont acheté des maisons par ici, inutile de se demander pourquoi, c’est si beau. Et, ce qui compte sans doute aussi, les prix sont bien plus abordables qu’en France. Ericeira est connue pour ses quatre kilomètres de plage dont certaines sont considérées comme les meilleurs spots de surf d’Europe. Les rouleaux aujourd’hui y sont superbes mais le meilleur moment pour les surfeurs, ce sont les périodes du printemps et d’automne.

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Les fausses gens

Curieux village où il n’y a pas foule dans les rue mais pourtant il y a du monde à tous les coins de rue :

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Ça nous rappelle un village sur l’île de Shikoku au Japon, presque déserté mais peuplé de superbes personnages de chiffon, nous avions visité la créatrice qui était ravie de montrer son travail.

L’Eurovélo 1

Alors que ce circuit est officiel et documenté, contrairement à ce qui est affirmé on ne voit aucun balisage, aucun panneau, nada. Heureusement qu’on peut télécharger les fichiers gpx pour le GPS, ce qui permet de le suivre tout de même, ça vaut la peine.
Ce n’est clairement pas pour ceux qui aiment avaler des kilomètres, ça tombe bien, on préfère la qualité à la quantité. Le parcours suit la côte au plus près, donc souvent sur la crête des falaises, offrant des vues superbes. C’est au village de Ribamar que nous allons descendre dans un premier temps sur ce fameux Euro vélo 1. Un chemin caillouteux quitte le village vers le front de mer « mais ou est-ce qu’on va ? » crie Irène « tu es sur que c’est par là ? » On freine nos montures pour quelles ne nous entrainent pas trop vite à terre. Quand on arrive enfin sur un petit promontoire nous offrant une vue superbe sur la mer. Mince qu’est-ce qui nous attend maintenant ? Une belle montée en poussant et pas d’élan possible !

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Ce n’est pas toujours goudronné, quelque passages sont un peu délicats mais rien d’insurmontable. Et quelle tranquillité ! Même en plein été, on ne risque pas d’être importunés par les voitures dans ces coins là.

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Chaque fois qu’un rio se jette dans la mer, il y a de belles descentes et d’aussi belles montées derrière, ou bien un immense détour pour contourner l’estuaire, ce qui donne l’occasion d’aller découvrir l’arrière pays.

Dans ces zones rurales les cultures varient entre choux, poireaux, oignons ; de quoi faire une bonne soupe. Les parcelles sont bien entretenues et délimitées par des murets de pierres. Cette partie du parcours de l’EV1 est vraiment très agréable. A savourer sans modération. Les zones de maraichage conservent encore quelques melons d’eau qui n’ont pas été récoltés et finissent leur cycle dans les champs… trop lourd à emporter ! Les villages isolés sont blottis à l’abri des murets de pierres aux creux des baies ou bien sur des promontoires face à la mer avec vue imprenable.

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Bancalos

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Nous allons alterner les zones de maraichage de patates poireaux et celles d’habitat plutôt luxueux et cossu aux grandes villas et des hôtels étoiles plus plus et consort « resort« . Les vignes font leur apparition, hélas trop bien désherbées, Monsanto a encore de l’avenir par ici ! Nous montons à l’assaut de côtes superbes où on rend pratiquement l’âme… C’est que nous ne sommes plus des jeunes premiers ! Le grand hôtel au sommet de côte avant la lagune de Obidos est implanté face à la mer et les aménagements futurs le long de la côte sont en chantier. Que sera le Portugal dans une vingtaine d’année si la côte continue a être bétonnée pour le tourisme à outrance ?

On s’éloigne de là un peu confus par cet endroit et descendons vers la lagune de Obidos qui nous promet des ravissements autrement bien plus bucoliques. C’est un magnifique parcours qui nous attend, nous voici avalés par la végétation en plein épanouissement printanier. Le petit chemin de terre sinueux est fort agréable. Il longe la lagune au plus près et nous pouvons observer les nombreux oiseaux. Un couple rencontré nous dit qu’ici c’est la maternité des poissons, il y en a à profusion, si nous voulons aussi des coquillages il suffit de demander aux pêcheurs sur l’autre rive. La vingtaine de kilomètres autour de ce petit paradis nous réconcilie avec dame nature, même si par endroits les passerelles ont un petit air bancale qui ajoute un peu de piment à la chose. Voilà une passerelle qui aurait bien besoin qu’on la redresse un peu ! Nous allons la franchir allègrement sans faire plouf.

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Un petit restau a le bon goût de se trouver là juste au moment où on commence à avoir la dalle. On mange quand on a faim sans vraiment se préoccuper de l’heure. Ici on va s’offrir un poisson frais pêché par les pêcheurs du coin. Le bar resto  s’appelle « La Musaraigne », ça évoque des souvenirs à notre club de randonnée acignolais.

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Nous croisons Marcel, incroyable baroudeur hollandais qui voyage depuis neuf ans ; il n’a pas de maison, ou plutôt il la trimballe avec lui puisque sa tente, son vélo et son barda sont ses seules possessions. Drôle et d’un optimisme impressionnant, il est expert dans l’art de faire beaucoup avec peu, son budget n’excède pas 10 € par jour. Avec le prix d’un plein pour une voiture, il vit deux mois !

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Nous prenons la direction de Nararé (et non Nazareth qui est légèrement plus loin), où nous arriverons juste à temps pour le carnaval. On vous racontera, d’ici là soyez sages !

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12 Commentaires judicieux

  1. Coucou les cyclomigrateurs, après Cuba le Portugal, ça sentirait-il le retour à la casa ?
    En tout cas profitez de ces beaux paysages, les belles rencontres…bisous 😘 😘 😘 😘

  2. hello ..Le drone est un bon compagnon de voyage…bien aimé les photos de la tour de Belem!! ….impresionné par la maison de marcel.. »avec ses panneaux solaires »…je viens d’écouter une émission ..on parlait de la méditerranée à vélo ..6000kms…à suivre

  3. Nous venons de réaliser des travaux et notre maçon portugais veut absolument nous prêter sa maison à Lisbonne.
    Je crois que je suis convaincu au vue de votre voyage..
    Mais avant on attend le grand jour pour notre périple…
    Continuez à nous faire réver..
    Et ne lâchez rien
    Jeffry

  4. vous m’avez fais passer un bon moment … merci…il y a un an nous étions a Ushuaia avec nos vélo …venant de Bariloche …l’envie de repartir est forte …le Portugal est splendide …enjoy

  5. Portugal looks like a great place to visit. We will have to try and visit there if we get to travel to the northern hemisphere.

  6. Rahhh ça fait bizarre de mis savoir tout proche de nous. Avant que Marie n’accouche on est également aller a Lisbonne ,Sintra er cascaies trop beau! Vous allez pouvoir nous reacclimater tranquillement avant le mariage!
    Prenez le temps de faire le point sur votre long voyage. Vous allez retourner vers des contrées familières alors savourez !
    Ciao

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