De Nazaré à Fátima

D’un lieu mythique à un autre : Nazaré est le paradis des surfeurs, Fátima celui des pèlerins. N’arrivant pas en pleine saison, nous ne verrons la foule ni des uns ni des autres. Restent les lieux, qui ne manquent pas d’autres intérêts, comme nous allons le voir.


Nazaré

Ça se mérite

Contrairement à sa presque homonyme Nazareth, la ville est située en bord de mer mais ce n’est pas une sinécure pour l’atteindre en longeant la côte, laquelle est pleine de côtes. On n’a pas idée, non plus, de vouloir rester scotchés au littoral quand il y a de si belles routes bien goudronnées avec des tas de voitures dessus. Faut savoir ce que l’on veut, et assumer…

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Nazaré

Nazaré est une petite ville côtière, toujours axée sur la pêche mais également sur le tourisme et ça se voit au nombre élevé de restaurants et de boutiques de souvenirs. Il faut dire que c’est un endroit mythique pour les surfeurs, il y a là une configuration très particulière des fonds marins qui provoque des vagues phénoménales. Pas de chance, le jour où nous y sommes la mer est aussi calme qu’un Cyclomigrateur fatigué après une journée de vélo ; tant pis pour le surf, de toute façon nous n’avons pas pris notre combinaison.

30 mètres !

En 2014, Benjamin Sanchis, un surfeur landais, a surfé sur une vague de plus de 25 mètres, peut-être 30. La hauteur d’un immeuble de 10 étages ! Dommage qu’on ne puisse en voir de semblables, il faudra revenir.

Le carnaval

Toujours aussi parfaitement organisés, nous sommes arrivés juste au moment où débute le carnaval dans de nombreuses villes portugaises, dont Nazaré. Un attroupement sur le front de mer : ce sont les enfants des écoles environnantes qui viennent de descendre des cars et qui se mettent en rang pour le grand défilé des écoles, un moment important pour tout le monde. Les enseignantes ne sont pas en reste, les costumes sont hauts en couleurs.

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Les enfants défilent dans des costumes très élaborés, on sent que la préparation a été soignée, surtout qu’il y a une sacrée ribambelle de gamins.

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Le lendemain, on s’en va à Alcobaça qui est une bien plus grande ville à seulement une quinzaine de kilomètres. Le carnaval y sera sans doute plus important, pense-ton. A tort…

Les Portugaises

On ne sait pas si les dames anciennes portugaises sont toujours vêtues comme ça, ou bien si c’est pour l’occasion du carnaval, en tout cas elles ont vêtu des costumes traditionnels avec des tabliers et des châles brodés. Les jupes sont amples et courtes au niveau du genou avec sept jupons, ça leur donne un air « ballonné » assez drôle. Le plus cocasse c’est qu’elles portent des petites chaussures sans talon et que bien souvent le pied est plus grand que la chaussure.

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Irène qui avise deux femmes joliment habillées leur demande l’autorisation de les photographier, confirmation que pour l’occasion du carnaval elles ont sorti les costumes des armoires. La plus jeune porte le plus ancien costume de la région de Nazaré, sa maman une version plus récente.

Les poissonnières

Que serait Nazaré sans ses poissons séchés au soleil ? Une tradition ancestrale qui permet de conserver le poisson, facilement et très longtemps gardant des qualités gustatives très intéressantes, que des avantages.

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Avant d’être exposés au soleil, les poissons sont ouverts, nettoyés puis salés. Pour saler le poisson, certaines personnes le plongent directement dans des bacs d’eau fortement salée ou alors ils le saupoudrent simplement de gros sel. Ils sont ensuite posés sur de grands séchoirs exposés au soleil pendant plusieurs jours. Ces séchoirs sont réalisés grâce à un cadre en bois sur lequel on accroche un vieux morceau de filet de pêche.

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Ce sont les anciens qui s’activent autour des claies en bois inclinées en direction du soleil. Ils ont lavé et salé poisson, sardines, poulpes, merlans et autres qui vont mettre au moins trois mois à se ratatiner sous les rayons du soleil. Evidemment les mouettes tournent là haut, piaillant et épiant cette nourriture inaccessible puisqu’elle est protégée par des filets tendus. Pour nous une occasion rêvée de faire des photos de « nature morte ».

Alcobaça

Nous quittons Nazaré par un petit chemin au milieu des maraichages, on aime bien zig-zaguer en dehors des sentiers battus, on est rarement déçus même si le confort d’une route roulante est appréciable. Ce qui frappe tout d’abord en arrivant, c’est taille du monastère qui se dresse sur l’immense place du 25 avril. On se laisse tenter par un moment de paresse devant cet édifice, attablés devant un « pastel de nata » et un petit café. Ah oui, il faut vous préciser que nous ne buvions pas de café, mais depuis Cuba Irène a renouvelé avec ce breuvage ! Bon renseignements pris, on ne va quand même pas laisser passer une occasion de visite d’un si grand monastère.

Eglise de la Real Abadia de Santa Maria de Alcobaça

La visite demande pas mal de temps car il y a de quoi voir. Outre l’église qui est pour le moins impressionnante ; c’est l’église cistercienne la plus grande d’Europe : 106 m de long pour 22 de large, 52 m pour le transept, le gigantesque monastère vaut largement le détour.

 

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Le réfectoire est une des pièces les plus particulières, tout y est immense. Sauf une porte remarquablement étroite, l’histoire dit que les moines qui étaient trop gros pour la franchir ne pouvaient venir manger ; un bon moyen de garder un profil raisonnable, parce que les assiettes devaient être bien garnies, si l’on se fie à la taille de la cuisine où il y avait de quoi faire cuire un boeuf entier.

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La salle des rois et entourée de statues des rois qui se sont succédé, elles furent réalisées par les moines. La partie inférieure des murs est ornée d’anciens azulejos peints à la main de couleur blanche et bleue. Une salle étonnamment belle.

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Les Tombeaux

On trouve dans l’église abbatiale les tombeaux du roi Pierre 1er (Pedro) et sa maîtresse assassinée Inês de Castro. Très jeune Pedro avait dû épouser Constanza, l’infante de Castille. Cette dernière mourut cependant peu après le mariage, ce qui permit à Dom Pedro de s’évader avec sa maîtresse dans la ville de Coimbra. Son père, le roi Alfonso IV, croyant que la famille d’Inês était une menace pour son royaume, la fit assassiner le 7 janvier 1355. Dom Pedro attendit la mort de son père et se vengea des assassins en leur faisant arracher le cœur en sa présence. Puis, il déclara qu’il avait épousé Inês lors d’une cérémonie secrète précédant son assassinat à Bragança et exhuma le corps de sa maîtresse afin qu’elle fut reconnue comme reine. Il présenta le corps embaumé d’Inês avec une couronne sur la tête et demanda que tous les courtisans s’agenouillent individuellement et baisent la main de sa reine. Aujourd’hui, leurs pierres tombales dont les décors sculptés sont d’une rare beauté, se font face dans le transept de l’église d’Alcobaça, de telle manière, dit-on, que le jour du jugement dernier, la première vision du roi Pedro soit celle de sa bien-aimée Inês. Leurs amours tragiques ont inspiré toute une tradition littéraire, depuis Luís de Camões, et Velez de Guevara, jusqu’à Henri de Montherlant avec la pièce de théâtre La Reine morte.(source wikipedia)

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Jardin des amours

Evidemment une pareille histoire d’amour aussi tragique a traversé les siècles pour aujourd’hui faire le bonheur des habitants,  des artistes ou des commerces. Nous visitons le jardin des amours ainsi nommé à la mémoire du couple royal Dom Pedro et Dame Inés. Un espace bien aménagé propice aux balades amoureuses, ça va de soit !

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Avant de quitter la ville nous succombons à la cuisine régionale à la table de Antonio Padeiro, un endroit à ne manquer sous aucun prétexte, très abordable dans un cadre intime et agréable et des assiettes copieuses.

 

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Et le carnaval dans tout ça ? En fait il ne se passe rien à Alcobaça le jour où nous y sommes, les gens sont tous partis au carnaval de Nazaré(th). C’est bête(léhem), nous n’y sommes plus…C’est vraiment pas malin ! Pas bons du tout sur ce coup là !

Leira

Il y a des endroits où on ne fait que passer, d’autres où on séjourne plus longtemps, on ne sait jamais à l’avance. Les raisons peuvent être très diverses, que l’endroit nous plaise particulièrement, qu’on ait une obligation ou qu’il pleuve tout simplement. C’est cette dernière raison qui nous cloue à Leira, mais la ville est plaisante alors ce n’est pas une contrainte ; nous y resterons 2 nuits bien abrités de la pluie.

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Fàtima, ondes positives

Ce lieu qui attire chaque année 6 millions de pèlerins n’était à priori pas sur notre parcours, si nous faisons un long crochet vers l’intérieur c’est parce que nous allons nous y recueillir Abel et Fernande habitent à proximité. Vous vous souvenez sans doute d’eux, qui nous ont accueillis à l’aéroport à Lisbonne.
On ne peut pas dire que la ville soit jolie, mais il y a cent ans ce n’était encore qu’un village jusqu’à ce que la Vierge Marie apparaisse à trois enfants. Depuis, les constructions ont poussé, Fátima déborde de pensions et de restaurants destinés aux pèlerins, et compte des centaines de boutiques remplies de statuettes phosphorescentes de la Vierge Marie et de bustes du Pape.

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Le lieu emblématique se situe au niveau de deux immenses basiliques, de part et d’autre d’une esplanade longue de 1 km. La première est moderne (Basilique de la Sainte Trinité) et ressemble plutôt à un centre de conférences en béton, avec toutefois une splendide mosaïque. La seconde, (Basilique de Notre Dame du Rosaire de Fatima) qui date de 1953, rappelle Saint Pierre de Rome.

Des pèlerins ayant fait vœu de pénitence traversent parfois à genoux la vaste esplanade, le long d’un chemin en marbre, poli par les fidèles qui les ont précédés.

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Ce doit être impressionnant au mois de mai lorsque la foule emplit les lieux. Là, sous le ciel menaçant et avec seulement quelques pèlerins, ça parait surtout gigantesque et vide.

Allo Papa Charlie Tango

Nous voici chez Abel et Fernande, leur maison est facile à repérer avec son immense antenne. C’est grâce à cette installation qu’Abel peut converser avec d’autres radioamateurs du monde entier. Evidemment nous contactons Bernard, de Rochefort, sans qui cette rencontre n’aurait pu avoir lieu. On s’en doutait un peu, mais on en a la confirmation : Les radioamateurs sont de sacrés bavards ! Et sont sympas.

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Pendant ce temps, Irène accompagne Fernande à la maison de retraite pour un carnaval apprécié par les pensionnaires qui ne voient pas tous les jours passer autant de visiteurs loufoques.

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Le prochain épisode sera culturel, on vous emmènera à l’université. Mais pas n’importe laquelle…

7 Commentaires judicieux

  1. Hello super reportage Je connais un peu la route que vous avez prise!!9″C’est un coin qui me rappelle!hi comme la chanson
    Pour ceux intéressés qui voudraient avoir un aperçu sur le radioamateurisme!
    le lien:
    https://www.r-e-f.org/
    aussi sur un moteur de recherche ..vous pouvez me découvrir un peu en tapant mon indicatif:F6BCC hi
    Je suis aussi prêt à faire des démonstrations …
    Bonne route sur les ondes!
    Bernard
    73 CT7ACP Abel et le QRA

  2. Vos commentaires nous rappellent des souvenirs au Portugal.
    Peut on savoir si nous pourrons vous rencontrer à votre retour en Bretagne….ou pourra-t-on vous inviter pour une conférence?
    Bonne suite .
    Bernard et Nadine Loire-authion (49)

  3. Quel beau pays qui malheureusemnt se vide de ses habitants et qui devient un pays de rêve pour les autres….
    Bonne continuation et bonne route
    Jeffry

  4. Toujours d’aussi belles photos, et beaucoup de bons souvenirs pour nous. Nous étions dans le coin (en voyage de noce) en 1967, ça fait un bail. A l’époque, jeune marié, je n’avais pas compté le nombre de jupons des portugaises. Je suppose que c’est Joël qui les a comptées, mais je me trompe peut-être ?
    Michel

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