Un petit coup de Porto

Porto est la ville la plus attachante du Portugal. Enfin… de celles qu’on a parcourues, parce qu’on est loin d’avoir tout vu, mais ce n’est que partie remise. Seul inconvénient pour nous, ce n’est pas une ville à vélos, mais alors pas du tout !


Les créatures

Avant d’arriver en ville, à la sortie du camping de Furadouro nous entrons dans une jolie forêt de pins sylvestres et d’acacias en fleurs.
La présence d’étranges créatures nous interroge. Que font elles là si tôt le matin ? Elles n’ont pas la tenue conventionnelle de cueilleuses de champignons, se ne sont pas non plus des gemmeuses ! En voir une à l’orée de la forêt, (elle attend quelqu’un ?) puis une autre encore plus loin (tiens c’est bizarre !) et plus tard encore une, alors là on devine que ces dames oeuvrent de bon matin sous les cimes des arbres et des rayons du soleil, un travail bucolique somme toute pour apporter au pèlerin tout le réconfort dont il peut avoir besoin. Pas de photos, désolés !

Les lavandières

Des lavoirs et du linge qui sèche dans la rue, on en avait déjà vus au Portugal, mais en arrivant à Porto on passe à la taille XXL ! Un immense lavoir, très moderne, jouxte une grande place où les fils à linge tendus à la perche sont déjà bien remplis. Et ça s’active ferme là dedans, les lavandières ne ménagent pas leurs efforts pour frotter, ceci dans la joie et la bonne humeur. Elles ne sont pas là pour le folklore, elles préfèrent venir ici que d’utiliser la machine qui ne lave pas si bien, ici le linge sent bon quand il est fini d’être lavé !

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Pour nous prouver que l’eau est parfaitement limpide et buvable, l’une d’entre elles grimpe sur un des bassins et remplit notre gourde. Avec sa copine, elles sont ravies de faire leur show avec nos drapeaux, ce n’est pas tous les jours qu’une distraction de ce genre se produit.

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On leur aurait bien proposé de laver Petit Chat et Popple (auxquels ça ne ferait pas de mal), mais Porto nous attend juste là après le virage, pas le temps de sécher, on y va. Il nous faudrait juste faire un arrêt pipi quelque part, on stoppe devant un bar. Deux femmes nous interpellent en français « C’est pas vous qui faites le tour du monde depuis longtemps ? » Ah….? « J’étais à votre départ à St Erblon ». Et voilà, c’est Stéphanie et sa nièce Lilla en vacances à Porto pour une semaine. Stéphanie travaillait à l’époque à l’office du tourisme de Rennes. C’est la seconde fois que nous rencontrons par hasard des gens qui assistaient à notre départ du salon de la rando de St Erblon en 2014. La fois précédente c’était au visitor center de Moab dans l’Utah. Incroyable, on se quitte en se donnant rendez vous le lendemain pour aller visiter les caves de Porto !!! Ça promet.

Porto allègrement

Quelle belle ville ! Et quel bel itinéraire pour l’appréhender, en longeant le Douro au bord duquel les jolis barcos rabelos se balancent mollement ; ces embarcations colorées étaient autrefois utilisées pour transporter le porto depuis les vignobles.

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Sur la rive d’en face les immeubles se superposent en une mosaïque colorée et variée ; des ponts spectaculaires dûs à Eiffel et ses élèves relient élégamment les deux rives, mais nous montrent bien qu’il va falloir grimper. Et en effet, c’est une ville sacrément escarpée, nous nous retrouvons souvent à deux pour pousser un des vélos puis revenir chercher l’autre resté en bas de la pente. En plus, les rues sont pavées, ça secoue et ça glisse.
Une chose est sûre, nous allons passer plusieurs jours dans cette ville mais la visiterons à pieds, les vélos restant sagement à l’appartement. Oui, vous avez bien lu, on a un appartement et pas simplement une chambre : Ce n’était pas plus cher et on a deux chambres (au cas où on se fâcherait), une cuisine et un séjour bien confortable ; pour un peu on s’installerait à vivre ici, d’ailleurs c’est à vendre. Cette fois les vélos sont entrés dans l’ascenseur sans passer par les escaliers !

La tour pas infernale

Haute de 76 m, la tour des Clercs domine les toits de Porto depuis le milieu du XVIIIe siècle. La vue se mérite, un escalier en colimaçon de 225 marches mène au sommet, mieux vaut y aller un jour de beau temps et de préférence quand le soleil est bas pour admirer les sublimes couleurs des façades et des toits de tuiles. On peut dire qu’on en prend plein les mirettes même si la-haut le vent ne nous fait pas de cadeau, sujets au vertige s’abstenir.

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Il y a un réseau de tramways mais, contrairement à Lisbonne, on n’en voit que très peu, il semble qu’ils aient été remplacés par des bus soi-disant écologiques parce qu’ils roulent au gaz (comme si le gaz était une énergie renouvelable…). Un autre moyen d’atteindre les hauteurs est d’emprunter le funiculaire, ce qu’on a fait, (pour cause de drone perdu !) voire même le téléphérique, ce qu’on n’a pas fait parce qu’il n’a aucun rôle utilitaire, c’est juste une attraction touristique.

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A noter qu’ici ce sont les policiers qui portent les gilets jaunes (:))

Drône incontrôlable

Ben oui, le joujou favori de Joël n’en fait qu’à sa tête ! Alors que nous venons de réserver nos entrées pour aller visiter le palais de la bourse à 16h30, on se dit avoir le temps de faire un aller retour en grimpant par les ruelles moyenâgeuses et atteindre le fameux pont Dom Luis I. C’était sans compter sur l’acharnement de Joël à vouloir faire survoler la ville et le fleuve par le drone. Au début tout se passe bien, nous le confondons même avec les mouettes qui doivent bien se demander de quel mâle il s’agit là ! Quand tout à coup il décide (le drone) de foncer à toute allure  et de se poser ailleurs que sa position de départ…. »ou est-il ? » « Je ne sais pas, je ne vois plus que les mouettes ! » « Il est là, il est là » nous montrent du doigt deux touristes qui ont suivi la course folle en pointant un balcon situé sur les remparts… Ben voyons va falloir aller le récupérer Joël !!! Par chance, le propriétaire d’un appartement voisin, joint au téléphone, accepte de venir et il attrape l’engin à l’aide d’une cane à pêche. Il explique qu’il y a énormément d’interférences dans cette zone à cause du trafic fluvial, on a eu de la chance, l’engin n’est pas tombé à l’eau.

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Le pont Dom Luìs I

Achevé en 1886, ce pont est l’œuvre de Théophile Seyrig, un élève de Gustave Eiffel qui, sur ce coup là, a dépassé son maitre. Le tablier supérieur est réservé aux piétons et à une ligne de métro. Les voitures empruntent le tablier inférieur, avec d’étroits passages pour piétons en parallèle. La vue sur le fleuve et la vieille ville est stupéfiante.

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Une ville biscornue et bossue

Contrairement à Lisbonne qui est relativement « neuve » suite à sa destruction il y a deux siècles et demi, Porto est constituée d’une myriade de petits rues tordues et pentues, de bâtiments imbriqués les uns au dessus des autres, de placettes inattendues. Le résultat est on ne plus sympathique, déambuler en ville nécessite de bons mollets mais réserve de bonnes surprises à tous moments. Nous sommes descendus du pont par une kyrielle de ruelles et de placettes où il fait bon s’attarder.

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Les azulejos, ces carreaux de faïence peints à la main, sont partout et surtout sur les églises qui peuvent en être entièrement recouvertes. Impressionnant.

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La gare São Bento

C’est avec entrain que nous découvrons cette superbe gare ferroviaire de style Beaux-Arts dont le hall principal est ponctué de fresques faites de quelque 20 000 azulejos. C’est autrement plus chouette que la gare de Rennes (même on ne sait pas à quoi elle ressemble maintenant parce que quand nous sommes partis elle était en cours de démolition pour être remplacée).

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On n’est pas perdus dans une si belle salle des pas perdus, ce doit être un plaisir de venir prendre le train ici. Pourtant à l’époque de sa construction, il y a un peu plus de cent ans,  l’architecte de l’époque (Jose Marques Da Silva) avait tout simplement oublié les guichets ! Juste une petite étourderie.

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El Palacio da Bolsa (Palais de la bourse)

La Bourse occupe un bel édifice néoclassique bâti, entre 1842 et 1910, à la gloire des financiers d’hier et d’aujourd’hui. Passé le vestibule, on avance sous la coupole de verre du Pátio das Nações (salle des Nations) où se déroulaient les opérations. Si la construction de cet édifice a duré si longtemps, c’est parce les commanditaires voulaient ce qui se fait de plus beau (et de plus cher), ce qui en dit long sur la prospérité à l’époque.
La marqueterie des sols est magnifique, comme tout le reste d’ailleurs.

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Le clou de la visite est la salle de bal, dite Salão Árabe (salon arabe). Son fin décor mauresque de stuc est recouvert de 25 kg d’or.

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Porto by night

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Puisque que c’est une ville toute en collines, les points de vue sont superbes depuis les belvédères parsemant les pentes. Pour s’y rendre, il faut emprunter un dédale de ruelles tordues et pentues, ce sont des endroits plutôt déserts, on ne s’y bouscule pas comme sur les quais en bas.

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De jour, on voit les choses différemment et pour peu qu’on prenne le temps de flâner, il y a largement de quoi en prendre plein les yeux. On s’attarde ici et là auprès des artistes de rues, on marche le nez en l’air (comme sur nos vélos), on admire les trottoirs qui sont de vrais oeuvres d’art en marbre comme ceux de la rue Catrina. Le chemin de Compostelle est bien sûr fléché. D’ici partent beaucoup d’allemands, c’est congés pour les étudiants et les profs en ce moment, alors certains d’entre eux (que nous avons rencontrés) viennent marcher 10 à 13 jours pour relier Porto à Santiago sur le Caminho Portuguès.

Les grafs

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Les murs servent de palettes pour les artistes locaux qui ont donné libre cours à leur talent parfois débridé. Il y a parmi eux des motivés qui ont dû grimper aux murs ! Les oeuvres se cachent parfois dans des endroits vraiment improbables, c’est une chance de tomber dessus !

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Hips !

Evidemment, on ne peut visiter Porto sans visiter ses caves. C’est en compagnie de Stéphanie et Lilla que nous allons nous perdre pour une visite guidée dans les chais de chez Augusto’s. On y apprend tout plein de choses sur les « ventages » et autres « assemblages » sans oublier les « LBV ». Les « vintages (ou millésimés) sont de plus en plus nombreux parce que ces dernières années l’ensoleillement a été particulièrement bon. Les caprices des saisons qui sont déplorables pour les uns seront tout bénéfiques pour les autres. Bien sûr nous terminons notre visite par une dégustation de 3 blancs et 3 rouges… sans cracher (rien de prévu pour) et c’est tant mieux : on se régale. Joël qui au départ est plutôt réticent finit par succomber aux douceurs de ce breuvage succulent (ceux qui voudront des photos, nous les demander en M.P !) Passer commande ensuite n’est qu’une formalité. Le problème, faire livrer ou ? On ne va pas en plus trimballer les bouteilles dans les sacoches, ça n’est pas sérieux !

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La librairie Lello

Les aficionados de Harry Potter reconnaitront peut-être le superbe escalier de celle librairie, puisqu’il a inspiré J.K. Rolling lorsqu’elle était prof d’anglais à Porto. Ce serait la plus belle librairie du monde, faute de les avoir toutes vues on ne peut se prononcer, mais il est vrai qu’elle est assez incroyable.

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L’endroit est si connu que c’est blindé de visiteurs qui n’ont aucune intention d’acheter des livres (savent-ils seulement ce que c’est ?), seulement de faire des selfies dans l’escalier. Ce fut un sacré jeu de patience pour réussir à photographier cet escalier sans personne dessus. On dégotte des ouvrages en français, dont une édition sympa du Petit Prince en miniature et un auteur portugais : José Saramago dont le livre « la lucidité » lui a valu d’excellentes critiques. Juste deux tailles au dessus que celui du petit prince et beaucoup plus épais. Grâce à nos achats nos tickets d’entrée de cinq euros nous sont remboursés.

Le café Majestic

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Autre institution de la ville, le Café Majestic. Il a beau être cher et bourré de touristes, il vaut néanmoins le déplacement pour venir admirer son intérieur de style Beaux-Arts, tapissé de chérubins et de boiseries précieuses  opulentes. On  prend place au milieu de ce décor étonnant qui a vu tous les artistes musiciens, écrivains ou politiciens importants de la ville y venir chercher l’inspiration. Nous on ne cherche rien, juste goûter une pâtisserie avec un verre de porto (30 ans d’âge) en regardant s’affairer les serveurs en grande tenue et sacrifier quelques instants aux photos souvenir pour dire plus tard, quand nous serons vieux « on y était » !

Les pastels de nata

Une autre « institution » se situe dans la rue Catrina au n° 499. Il n’y a pas que le Majectic café à valoir le coup d’oeil. Quelques mètres plus loin on tombe raides devant la vitrine d’un laboratoire de pastel de nata :  « le Nata Lisboa » !!! Quoi de plus attractif que de mettre les employés en vitrine au boulot en train de fabriquer ces fameuses pâtisseries ! On ne verra pas tout le processus mais suffisamment pour nous faire saliver et entrer dans la boutique en acheter pour notre petit déjeuner de demain ! Il est grand temps qu’on quitte cette ville, on va prendre des kilos vite fait…

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C’est sur ces très belles impressions ou tentations que nous quitterons cette ville, ne trimballant aucun souvenir (tout est dans l’estomac) mais de bien belles images dans la tête.

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1 Commentaire avisé

  1. AH ! Vous avez découvert Jose Saramago ! Nous n’arrêtons pas d’y penser depuis que vous nous parlez du Portugal. C’est LE grand écrivain portugais du XXème siècle. Pour nous peut-être LE plus Grand Ecrivain contemporain. La Lucidité n’est pas son meilleur roman. Le plus beau, d’après moi, c’est Le Radeau de Pierre, pour Daniel L’Elephant, non, le Dieu Manchot, mais non voyons, le Siège de Lisbonne, et puis l’Intermittence de la mort, Ah ! non je ne suis pas d’accord, c’est L’évangile selon Jesus ! Enfin, vous avez mis de l’ambiance dans les rangs. Nous avons lu et relu tous les livres de Saramago traduits en Français et sommes désolés qu’il soit décédé depuis 8 ans déjà et nous prive ainsi d’autres récits. Quel dommage que nous n’en ayons pas dans nos liseuses. Les livres de Saramago font partie des choses qui nous manquent en voyage. Bonne lecture

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