Avec un titre pareil, il semble clair que ça se passe durant la Semaine Sainte en Espagne, ou plus exactement en Estrémadure (une des 17 communautés autonomes, située dans le sud-ouest du pays, frontalière avec le Portugal). Extremadura signifie littéralement « Extrêmement dure », on va se demander pourquoi.
En route, on vous emmène pour quelques semaines de voyage !
Valladolid, splendide
Pfuuuuu, c’est long la route pour arriver jusqu’à cette ville de Valladolid qui a un si drôle de nom. On ne l’a pas faite à vélo, pour ça on aurait dû partir il y a au moins un mois et ça caille encore pas mal en mars pour traverser les Pyrénées. Donc on a fourré les vélos dans le fourgon et nous voici arrivés à temps pour l’événement de l’année, la Semaine Sainte.
On voulait voir de belles processions, on va être servis : Le Vendredi Saint ici, c’est impressionnant !
Des cavaliers curieusement vêtus parcourent la ville pour transmettre un message des « sept mots » (on n’y comprend rien mais il y a bien plus de mots que ça) en différents endroits.
Là où ça devient encore mieux, c’est quand leur parcours croise celui d’une procession fort haute en couleurs, le genre de chose qu’on n’a pas l’habitude de voir en Bretagne (sortir dans la rue en revêtant ce genre de tenues amènerait probablement à une réaction rapide de la police). Ici les costumes et les bannières des différentes confréries font partie de l’histoire, les symboles sont nombreux et nous échappent quelque peu.
Après les pénitents revêtus de leurs cagoules rouges pointues, suivent d’autres aux couleurs différentes, puis des femmes en noir portant une coiffe (là il y a un point commun avec les Bretonnes). Tout ce petit monde progresse fort lentement, accompagné d’une musique très sonore mais néanmoins harmonieuse.
Le clou de la procession est un « plateau » sur lequel est placé un immense crucifix, véhiculé par une trentaine de porteurs car l’engin a l’air extrêmement lourd. Le déplacement se fait en cadence, ce qui provoque un léger balancement de l’ensemble, c’est très particulier. De temps à autre, les porteurs se relaient, on imagine que ce n’est pas du luxe.
Il y a aussi des militaires, on se demande pourquoi mais entre l’armée et l’Eglise il y a sans doute des connexions qui nous échappent.
Le dernier groupe de musiciens est excellent, ils sont fort jeunes pour la plupart et jouent des morceaux agréables, pas dans le style fanfare. Emilio, un monsieur aussi sympathique qu’érudit et qui parle très bien français, nous donne des informations sur tout ceci, c’est une chance de l’avoir rencontré dans un bar à tapas.
Evidemment, la foule est présente partout, aussi bien sur le passage de la procession que pour la suivre. La ville est toute décorée, déjà qu’elle est belle au départ, c’est encore plus coloré.
Salamanque, le manque (de bol)
On file à la ville suivante pour assister à une autre procession, l’idée paraissait séduisante, mais ça ne va pas marcher. Comme vous pouvez le voir sur les photos, le ciel est pour le moins chargé et ça va contrarier les événements : Après avoir attendu patiemment le passage de la procession de l’après-midi (on avait pourtant trouvé un chouette emplacement, sous un balcon), la pluie s’invite et on apprend que ladite procession est annulée, c’est la déception générale.
Visiter une ville sous la pluie, c’est normal en Bretagne, ici c’est moins séduisant, il faudra qu’on revienne à Salamanque en de meilleures circonstances.
Dernière tentative tout de même, assister à la procession de minuit. Il y a foule autour de la cathédrale, mais au bout de presque une heure d’attente, même motif, même punition : Risque de pluie, procession annulée. Caramba, encore raté !
Càceres en liesse
Encore une procession, vous allez vous dire que c’est toujours la même chose, mais pas vraiment. Bien sûr, le principe est le même, un cortège transporte son plateau avec un Christ ou une Vierge et les confréries accompagnent tout ça, plus des ensembles de musiciens.
Mais pour ce dimanche saint, la dernière journée de la semaine sainte donc, on va assister à deux processions différentes. Si celle du midi est classique, elle se démarque de celle vue à Valladolid : Le convoi passe dans des rues extrêmement étroites de cette ville médiévale (les porteurs latéraux sont obligés de se mettre sous le plateau), et comme il y a beaucoup plus de participants, le rythme est encore plus lent. Par contre la musique est plutôt martiale, les tambours résonnent incroyablement entre les vieilles parois de pierres.
Chaque confrérie a ses particularités, ici les cagoules ne sont généralement pas pointues, les musiciens portent des uniformes quasi militaires (d’où la musique qui va avec), mais le point commun est la foule qui se presse dans le moindre interstice puis suit le cortège.
Le point d’orgue de la semaine sera la dernière procession, ou plutôt les deux dernières puisque celle transportant le Christ et celle transportant la Vierge se rejoignent sur la place principale de la ville. C’est LA rencontre.
Là c’est l’enthousiasme général, la foule est en liesse quand les deux plateaux sont soulevés à bout de bras par les très nombreux porteurs, c’est impressionnant à voir. Des jets de pétales de fleurs accompagnent les plateaux dans la suite de leur parcours.
Ça a une autre allure que Pâques en France, n’est-ce pas ? Par contre le lundi de Pâques, il ne se passe rien, c’est un jour normal, les commerces sont ouverts.
La Extremadura, hourra !
A part les processions, il y a de quoi voir, les centre-ville historiques sont superbes. On se régale à flâner dans les ruelles médiévales, déguster des tapas et prendre du bon temps. Dans l’ensemble les gens sont sympas, et lorsqu’on est à vélos c’est carrément l’enthousiasme.
Hors des villes , cette région est très contrastée. Au nord c’est montagneux, il y avait même de la neige sur les hauteurs, puis c’est une immense plaine assez désertique et enfin des cultures maraîchères et fruitières grâce à l’irrigation. Cette année, la météo est plutôt contrastée aussi, on se serait presque crus en hiver, mais la semaine suivante la température atteint les 30°. Y’a plus de saisons…
Ils sont fous, ces romains !
Une ville va nous retenir bien plus longuement qu’on ne l’aurait crû, c’est Mérida, capitale de l’Estremadure. Ceci à cause des romains qui ont eu l’idée de fonder la ville il y a 2030 ans, et y s’y sont avérés être des bâtisseurs extraordinaires.

Ce qui n’est pas moins extraordinaire est l’état de conservation de très nombreux monuments, dont deux aqueducs, un pont de près d’un kilomètre de long, un immense cirque (30 000 places, comme le stade de Rennes, mais ils ne jouaient pas au foot), un magnifique théâtre et un amphithéâtre (15 000 places, plus que le Colisée de Rome), une crypte incroyable, etc.
On ne peut tout visiter en un seul jour et tant mieux, tellement c’est impressionnant. Dommage toutefois qu’il n’y ait pas de combat de gladiateurs, pourtant ça attirait les foules.
Une famille en or
Bartolomé et Albane habitent près d’un village qui leur va bien, ils y ont trouvé une tranquillité qu’ils apprécient tout autant que leurs deux petiots. Et ce sont eux qui vont nous rendre un grand service, garder notre fourgon durant la suite de notre voyage qui se fait désormais à vélos, et nous donner une information inestimable : El Roció. On vous en reparlera bientôt, promis.
Pour terminer, une charade : Mon premier n'a pas duré. Mon second met les points au dessus. Mon troisième a fait long temps. Et mon tout nous a séduit (il parait que c'est difficile, on verra bien si vous trouvez, sinon réponse au prochain numéro).






































































Great story, good to hear about your adventures near our future home.
Trop contente de vous retrouver et de lire vos récits.
Bonne suite
C’est une région que j’adore
1) court
2)i
3) feu
Je n’ y arrive pas. Le courifeux???
Bref, comme semaine religieuse, il y avait le Vatican aussi. Je dis cela, je ne dis rien…
Bon voyage les cousins!! Bisous
Le Courifeu, vraiment ? En tout cas c’est bien d’avoir essayé et ça nous a bien fait rire.
Qui n’a pas duré: Ex
Qui met les points au dessus: Trema
Qui a fait long temps: Dura
Ex Trema Dura
On est trop trop content de vous lire!!!
Continuez de nous faire rêver !!!
Et oui On a trouvé 💡 : Ex Tréma Dura
Bises à tous les deux de nous quatre
Léo, Marcel, Polo, Nastia
Alors comme ça on part en Espagne et on coupe le jus! Tout se passe bien… Si vous allez à El Rocio, c’est très beau et dépaysant, bonne continuation, bisous😘😘😘