Turquie, nous voici

Mettre le pied sur le continent asiatique, ce n’est pas franchement dépaysant, surtout en venant de Grèce. Les relations passées entre les deux pays ayant été quelque peu tumultueuses, les uns comme les autres n’aimeront peut-être pas les comparaisons mais pourtant les points communs sont nombreux. Ce qui fait que, bien qu’arrivant sur le continent asiatique, on se sent plutôt en Europe, ça changera plus tard lorsqu’on se dirigera vers l’est.

La traversée vespérale entre l’île grecque de Chios et le port d’Ayvalik (sur la côte ouest de la Turquie) est agréable, le coucher de soleil est sublime.

Sur le ferry, on rencontre deux couples turcs de nos âges, on en profite pour apprendre les premiers rudiments de prononciation de la langue, ce n’est pas vraiment évident.

Premiers mots en turc
Premiers mots en turc

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Comme d’habitude, le passage en douane ne pose pas de problèmes, on passe sans contrôle alors que les bagages des autres voyageurs sont scannés, il faut dire que les douaniers n’ont pas vraiment envie de se coltiner tout notre fourbi à vérifier.
Pour cette première nuit, vu la taille de la ville et notre arrivée tardive, une chambre sera plus appropriée qu’une illusoire tentative de bivouac. L’endroit est vite trouvé, peut-être un peu cher mais nous n’avons pas encore connaissance des prix pratiqués ici (En fait, nous avons constaté depuis que c’était un tarif normal en ville).
Le premier repas en Turquie nous surprend un peu, on nous apporte d’office deux bouteilles de Pinar. On voit qu’on est dans un pays musulman !
Le pinar local
Le pinar local
La pension où nous avons trouvé refuge la veille au soir est tout près du minaret, nous sommes réveillés par le Muezzin à 6h, alors qu’on avait mis le réveil à 6h30, c’était bien la peine.
Premiers tours de roues sur le sol turc tôt le matin, c’est le ballet des autobus de toutes tailles, ramassage des travailleurs et des écoliers. Ces derniers vont à l’école en uniformes, ça doit être commode pour les repérer s’ils s’en vont trainer en dehors de leur secteur.
En longeant une école dans une petite ville, les enfants sont très intéressés, la population de la cour se déplace soudainement vers le coin où nous sommes, comme ça l’avait fait à Questembert (déjà de vieux souvenirs).

Emeute à l'école
Emeute à l’école

Premières impressions

De prime abord, nous trouvons que la Turquie est le pays le plus propre que nous ayons traversé depuis longtemps, la Suisse étant hors concours (nettoyage impeccable en ville, quelques déchets le long des routes, mais rien à voir avec l’Albanie ou la Grèce).
La police est souvent visible, et pas seulement aux terrasses des cafés, il y a des contrôles sur les routes, nous n’étions plus non plus habitués à voir ça.
Les gens sont très sympas, ils proposent leur aide spontanément et font de leur mieux pour nous rendre service. On voit que ça leur fait plaisir, c’est vraiment plaisant.

L'équipe d'un hôtel qui s'est débrouillée pour nous préparer un repas
L’équipe d’un hôtel qui s’est débrouillée pour nous préparer un repas
Contrairement à ce qu’on aurait pu penser, le poids de la religion ne se fait pas sentir, on voit que chacun fait comme il veut, comme en témoignent les tenues vestimentaires, le foulard côtoie le petit jean serré.
Chaque village a sa mosquée, parfois un peu banale et parfois très belle, mais toutes ont en commun les fameux appels à la prière ; cinq fois par jour (plus séances supplémentaires le vendredi), la voix du muezzin retentit du minaret à travers de gros haut-parleurs en ferraille qui crachent les décibels aux alentours. Et comme si ce n’était pas suffisant, il y a parfois d’autres haut-parleurs dans le village, probablement pour les durs d’oreilles. Au début, ces appels surprennent un peu, on a l’impression d’entendre quelqu’un qui se serait coincé un doigt dans une porte ; en fait non, c’est la façon de psalmodier qui est comme ça, et comme c’est de l’arabe on n’y comprend rien. Si c’était du turc on ne comprendrait pas non plus, il faut bien l’avouer, mais les sonorités sont très différentes.
L’alphabet turc est très récent puisqu’il date de 1928, auparavant c’était de l’arabe. Du fait de sa modernité, il a l’avantage d’être très rationnel, à chaque lettre correspond un son et un seul, quel que soit le contexte. Il n’y a pas ces joyeusetés du français où le C se prononce comme un K ou comme un S, le G parfois comme un J, le S comme un Z, le W comme un V, etc. Sans compter notre H qui ne sert à rien s’il n’y a pas un C devant, idem pour le Q avec le U, le K qui est carrément inutile, et le X qui sert surtout à gagner des points au Scrabble.
De plus, le turc s’écrit en phonétique et c’est bien commode, si on voit un mot écrit on peut le prononcer (nous n’en sommes pas encore là, rassurez vous). Les mots venant de l’étranger sont ainsi faciles à comprendre : Tualet, Taksi, Plaj, Duç, Polis, Otel, Butik, etc. (le U se dit OU, comme dans toutes les langues sauf le français).

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On a mis un peu de temps avant d’arriver à le retenir, celui là. Ca signifie « Petit puits »

Record battu

Pour la première vraie journée de vélo sans assistance électrique, ce fut pour le moins concluant : 99 km (oui, on aurait pu en faire un de plus pour faire joli, mais on ne triche pas). Il faut dire que tout s’y prêtait : la route est une 2 x 3 voies sans grand intérêt (bien que mentionnée comme pittoresque, on se demande pourquoi, il parait que les plages sont paradisiaques mais on ne peut y aller, faute de pouvoir traverser cette fichue route), elle est plate et on a le vent dans le dos. Enfin presque, car on l’a quittée pour aller dans une ville où casser la croûte, et au retour de ladite ville on avait le vent de face, évidemment. Cette route est importante, elle va d’Istanbul à Izmir (et inversement, c’est bien fichu), on la retrouvera plus tard.
Mais pour passer la nuit, ce n’est pas le voisinage idéal, c’est pourquoi nous poursuivons sur la péninsule sur une toute petite route qui longe la côte après Kücükuyu ; alors que nous cherchons un coin où bivouaquer, un jeune couple, dont la jeune femme se prénomme Muguet, vient nous proposer son aide, il y a des campings à 2 km, notamment le camping NIL qui va parfaitement nous convenir.
Un autre couple en voiture, à peine plus loin, se propose de nous emmener jusqu’au camping après que nous ayons décliné leur surprenante proposition de nous héberger dans la maison de leur fils qui travaille actuellement en France ; ça nous aurait fait rebrousser chemin, dommage.

Il faut le trouver, ce camping, situé au bout d’un chemin qui serpente entre les oliviers, paumé comme c’est pas croyable. Tenu par deux petites mémés, il propose une connexion wi-fi super rapide et les petites dames vont même nous apporter de quoi compléter notre repas. Nous sommes les seuls clients. Dommage que nous soyons arrivés si tard, la baignade sera pour une autre fois.

Le camping NIL, à recommander
Le camping NIL, à recommander
Le lendemain, trois cyclistes d’Istanbul en vacances nous apprennent qu’on va rencontrer des montées, et ils n’avaient pas tort, même s’ils estimaient que ce n’était pas difficile. Pour eux peut-être, ils sont jeunes, pour nous c’est plus laborieux. Ils trimballent chacun leur tente car, expliquent-ils lorsqu’on s’en étonne, ils ne sont pas gays.

Les trois cyclistes pas gays
Les trois cyclistes pas gays

Chez Hussein

Première expérience d’hospitalité turque, et ce n’est pas rien. On débarque dans un tout petit village, Bektas, en fin d’après-midi. Dans ces cas là, le lieu où se rendre n’est pas l’office du tourisme (même en ville, y’en a pas) mais le café. LE café parce qu’il n’y en a qu’un, avec les gars qui sirotent leur thé, lisent le journal, bavardent, jouent aux cartes ou au rami (ils peuvent faire plusieurs choses à la fois).

Partout ça joue
Partout ça joue
Evidemment, on commence à comprendre le truc (pas encore à comprendre le turc mais ça viendra), on nous offre le thé. Lorsque nous demandons si on peut planter la tente sur la place du village, ça suscite un certain étonnement, mais comme nous sommes arrivés sur des vélos d’extra-terrestres c’est cohérent. Et, de toute façon, c’est « no problem ».

Arrivée discrète au café
Arrivée discrète au café
Sauf que, pendant qu’on bavarde allègrement à grand coup de signes et de mimiques, un homme s’approche et nous invite à le suivre ; on se rend chez lui, c’est tout près (vu la taille du village, tout est tout près) et on comprend qu’il veut nous héberger. C’est Hussein, qui habite là avec son fils de 17 ans, Ali. Il n’y a pas de femme à la maison, et ça se voit un peu. Beaucoup, même. L’état de la salle d’eau en témoigne, le siphon au sol est bouché, on se douche au broc puis on patauge dans l’eau de lavage; quant aux toilettes, mieux vaut ne pas en parler. Mais Hussein est si gentil, si hospitalier qu’on ne peut que le prendre comme il est, il donne tout.
Le repas du soir, préparé par Irène et lui-même, sera pris sur la micro-terrasse, sur un semblant de table toute de guingois, assortie à la maison.

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Le lendemain matin, pas moyen d’échapper à la sortie à la plage, alors que nous espérions partir tôt. La plage en question n’est qu’à quelques kilomètres, mais avec 300 m de dénivelé on n’a pas envie d’y aller, pas question de remonter tout ça. Hussein a la solution: il va nous prêter sa moto ! Ah oui mais non, Joël n’a jamais conduit un tel engin, on va se gameller au premier virage, c’est sûr. Alors Irène reste à la maison (de toute façon, en Turquie les femmes restent souvent à la maison) et Hussein emmène Joël sur sa bécane vieille de 30 ans.
C'est parti pour le grand frisson
C’est parti pour le grand frisson

En fait, on n’ira pas bien loin avec, suite à un échange pour une autre beaucoup plus récente en passant devant le café. Et c’est la descente infernale qui commence, la route a dû être asphaltée il y a 30 ans aussi mais il n’en reste pas grand chose, Hussein fait de grands gestes pour montrer ceci ou cela, Joël se cramponne derrière comme une bernique à son rocher, ça bringuebale, ça secoue, ça va vite, ça n’en finira donc jamais ?

Lors du retour, c’est moins pire parce que ça monte tellement que la moto a un peu de mal (ce n’est qu’une 125), mais ça fait quand même du bien quand ça s’arrête. Plus jamais ça !
La maison d'Hussein, le mini market et les femmes
La maison d’Hussein, le mini market et les femmes
Pendant ce temps là Irène n’a pas perdu son temps, elle a descendu les sacoches et préparé les vélos sous l’oeil interrogateur et sceptique des femmes.
Elles déboulent d’un peu partout par les petites ruelles encombrées de brouettes, de paille, de poules et de chats. Les plus âgées sont vêtues du fameux saroual très coloré sur lequel elles portent tunique et long gilet de laine sans manche, sont coiffées d’un foulard et se plantent devant les vélos en se demandant comment une femme de cet âge là peut faire de pareilles acrobaties.
On repart lestés de Bektas : Coulis de tomates, boite de thon, plantes à infusions, si on avait laissé faire Hussein on aurait eu besoin d’une remorque. De plus, nous sommes invités à revenir passer un plus long séjour, comme cela se reproduira souvent par la suite, mais notre trajet ne prévoit pas de revenir sur nos pas (ou plutôt sur nos traces de roues), ou alors il faudra prévoir deux fois plus de temps…

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Les jardins sont bordés de figuiers et grenadiers, presque murs. Quelques jolies côtes jusqu’à Gülpinar, village tout en pentes et en pavés, pas franchement commode.
En faisant un petit arrêt au collège, on déclenche presque une émeute, le directeur est obligé d’élever la voix pour rétablir l’ordre et envoyer les enfants à la cantine ; ils voulaient évidemment tous monter sur les vélos, leur enthousiasme faisant plaisir à voir. Ils auront de quoi raconter en rentrant à la maison.

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Comme on a lâchement abandonné notre réchaud à bois (renvoyé en France), notre consommation d’essence pour la popote augmente, au lieu de faire le plein toutes les six semaines environ, il va falloir passer plus souvent à la pompe. Ca ne va toutefois pas nous ruiner, notre budget carburant depuis le départ doit être de l’ordre de cinq euros. Par contre, ça réveille le pompiste qui dormait tranquillement dans sa station, il faut croire que les clients sont rares.

Assos : On n’adhère pas

D’après notre guide (le bouquin, pas un guide en chair et en os, ce serait trop lourd à transporter et il faudrait le nourrir), Assos est une merveille, il faut absolument la visiter. Eh bien nous ne sommes pas tombés sous le charme. Il y a effectivement des tas de ruines, de gros blocs de pierres grises un peu partout en partant du vieux village en en descendant 300 mètres plus bas. Nous commençons d’ailleurs à descendre sur une route pavée mais au bout de quelques mètres quand on voit la pente vertigineuse qui descend au petit port, on fait demi tour, très peu pour nous ; en plus, on le saura plus tard, il n’y a que quelques restaurants et des boutiques en bas.
Des cailloux anciens
Une association de cailloux

Alexandria Troas

Encore un exemple de coup de chance, la petite route que nous empruntons passe par le site archéologique de l’ancienne cité d’Alexandria Troas (précédemment dénommée Antigone, ce qui nous rappelle vaguement quelque chose). Si le lieu ne semble pas très fréquenté et pourrait être mieux mis en valeur, il est néanmoins fort intéressant et les recherches archéologiques ont permis de mettre à jour des vestiges impressionnants ; les murs entourant la cité mesuraient 8 km, et ce n’était pas du toc, rien que de la pierre maousse costaud, idem pour les 44 tours.
Ca n’a certes pas la puissance évocatrice de Delphes, ni le même prestige, mais c’est tout de même marquant de voir ce qui fut construit dès 300 ans avant JC. Et tout ça rien que pour nous parce que nous sommes les seuls visiteurs dans ce coin complètement paumé.

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On sent que l’été tire à sa fin, dès que le soleil est couché et s’il y a un peu de vent, on ressort les petites laines. Les chaussettes sont encore au fond des sacoches, mais ça ne va peut-être pas durer longtemps ; soit dit en passant, six mois sans chaussettes, on s’y fait très bien. Idem le matin, il fait frisquet mais c’est tout de même très relatif et les journées sont fort agréables. D’autant qu’il n’est plus nécessaire de s’arrêter l’après-midi pour s’abriter de la chaleur, ce qui permet de mieux répartir la distance sur la journée.
La route qui nous fait passer par Pinarbasi est bordée d’oliviers qui ploient sous le poids des olives déjà bien grosses, cette région est très jolie, les collines ne sont pas très hautes, on aperçoit quelques vaches aux abords des fermes, des cultures de légumes, haricots verts, tomates et poivrons à profusion.
Avant la fin de la journée il faut penser au ravitaillement pour le soir, on stoppe devant la mosquée imposante de Pinarbasi, juste en face d’une boulangerie (qui fait une seule sorte de pain et qui livre les boutiques de toute la région). Un jeune homme, le boulanger, nous invite à entrer et voir le « tchaï » comme ça sent bon là dedans on s’octroie une petite pause et acceptons l’invitation. On ne sait pas comment mais arrive le grand père du boulanger, un homme jovial qui parle un peu anglais et qui nous raconte sa vie de sous marinier, nous fait visiter les arrières de la boutique, tout fier de nous dire que c’est lui qui a construit tout ça pour ses petits enfants. Il en profite pour nous faire livrer par le serveur du café d’en face une autre tournée de tchaï. Il a 75 ans et il fend encore le bois pour le four, il a des mains énormes, faudrait pas qu’il nous en colle une parce qu’on aurait la tête dévissée !!! Comme il est très volubile il en oublie son anglais et revient à sa langue  natale, ce qui fait qu’on est complètement hors circuit mais on répète après lui et on passe un bon moment de rigolade.

Le boulanger super sympa
Le boulanger super sympa
On reprend la route chargés d’un gros pain odorant bien chaud.
Nous roulons encore sur cette petite route campagnarde en laissant de côté une énorme cimenterie qui nous apparait comme une verrue dans ce paysage champêtre, avant d’arriver sur la nationale E87 en direction de Canakkale, nous ne pouvons hélas pas l’éviter et c’est bien dommage car on retrouve la circulation d’une deux fois deux voies, c’est bruyant et c’est linéaire. Nous devons avancer car demain nous avons un rendez vous important avec la ville d’Acigné et il nous faut aller jusqu’à la grande ville pour une connexion correcte.
Néanmoins on va stopper dans le village de Yeni Mahale Koyu pour trouver un endroit où bivouaquer. Quand on s’arrête dans la rue principale nous sommes devant le café, (comme d’habitude) on a à peine le temps de dire ouf que nous sommes immédiatement invités à venir manger. Mais on a rien demandé nous, on voudrait d’abord boire un coup et prendre la température ambiante…. rien n’y fait c’est la fête içi on est priés de s’installer et on nous apporte 2 assiettes garnies de riz pilaf poulet, de semoule aux raisins et de petits gâteaux au miel. Irène s’en va demander aux femmes de quoi il retourne (avec l’aide de  monsieur le traducteur de la tablette). Il est de tradition içi de fêter la prise de retraite par « un riz votif »

On ne voyage pas à Troie

 Eh non, c’est toujours à deux que nous cheminons, alors quand on passe au large de Troie on ne fait pas le détour. Il paraît que la ville n’est pas très intéressante et nous avons encore de la route à faire pour arriver à Cannakale. Tant pis, on ne vérifiera pas si la bataille homérique a bien eu lieu, mais les historiens sont très partagés sur le sujet alors ce n’est pas nous qui allons trancher. On apprendra également dans la soirée que ça grimpe d’abord avant de descendre vertigineusement dans les ruines de Troie …on l’a échappé belle, c’était en fin de journée !

Lecture attentive, nous on ne comprend pas le texte mais les images suffisent
Lecture attentive, nous on ne comprend pas le texte mais les images suffisent

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(traduction : Un détroit très étroit (treize et trois))
Canakkale est une ville portuaire importante située sur le détroit des Dardanelles qui relie la mer de Marmara à la mer Egée. Le passage est si étroit que la rive d’en face parait toute proche, l’incessant ballet des bacs qui assurent la traversée anime le port. La ville est agréable, pour un peu on y resterait bien une journée de plus mais si on fait ça partout, on va passer l’hiver en Turquie… Donc c’en sera assez de la visite durant la soirée, il y a d’ailleurs de nombreux promeneurs dans les rues et sur les quais, peut être est-ce aussi parce que nous sommes dimanche ; certains commerces sont fermés, mais tout qui sert à boire ou à manger est ouvert, plus certains magasins de fringues, chaussures, etc.
Près du port, une place accueille un superbe Cheval de Troie, c’est celui qui a servi dans le péplum hollywoodien Troie en 2004, avec Brad Pitt (mais il n’est plus dans le cheval).

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C’est à proximité que nous élisons domicile, à l’hôtel Berlin, pas cher et correct pour un usage de passage.

l'Otel Berlin de Canakkale
l’Otel Berlin de Canakkale

Et c’est de là que nous aurons notre vidéo-conférence avec Acigné, à l’occasion de « Mise en selle », manifestation fort sympathique à laquelle nous avions participé l’an dernier en arrivant tout juste de Roumanie. C’était très agréable mais aussi émouvant de revoir ces amis que nous avons quittés il y a près de six mois.

C’est aussi l’occasion d’une expérience nouvelle pour Joël, aller chez le barbier (et ce n’est pas suite aux remarques des Acignolais), comme quoi même à 59 ans il y a des choses à découvrir ; très intéressant, comme séance, outre le rasage au coupe-chou il y a des massages du visage, du cou et des épaules, et même des bras, plus un petit coup dans les cheveux. Irène a dû patienter pendant que son homme se faisait chouchouter, pour une fois, puis elle l’a récupéré tout doux et sentant bon (non, on n’ajoute pas « pour une fois »).

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Le retentissement d’une musique fort rythmée attire l’attention sur de drôles de personnages, mais rassurez-vous, ils ne sont pas tous habillés comme ça dans cette contrée :

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La ville est pleine de chats, près du port évidemment, mais aussi dans les rues ; ils attendent évidemment quelque pitance qu’on leur donnerait, mais ne sont pas embêtants du tout, ils mènent leur vie de chat et c’est tout.

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Nous avons l’occasion de poursuivre notre découverte culinaire de la Turquie avec de délicieuses pâtisseries qui n’ont l’air de rien mais sont fameuses (et sans doute bien caloriques aussi, mais ce n’est pas un problème, on se dépense).

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Petite soirée sympa pour terminer, cette ville est décidément bien sympa.

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La route pour continuer le long de la côte étant fort longue et sans grand intérêt, nous allons la parcourir en car. C’est la première fois que nous aurons affaire aux cars turcs, dont on nous dit le plus grand bien. Notre expérience confirme cette réputation, c’est le grand confort : Car Mercedes très confortable, boissons servies gratuitement à bord, connexion internet par satellite, soutes gigantesques où les vélos entrent à l’aise, le luxe ! Le prix des billets est très raisonnable, par contre pour les bagages c’est plus compliqué : Un type exige le même prix que pour nous-mêmes (50 lires), en râlant on fait vite descendre à 30 lires, évidemment en espèces et sans reçu. On ne sait pas trop quels rôles jouent chacun des types qui entourent le car, mais dès qu’un billet est encaissé il y a une répartition, on dirait des vautours. En tout cas, il y a largement la place pour les vélos et tout le barda.

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Arrivés à Bandirma, direction le « ferybot » pour Istambul, deux heures d’attente, ça qui nous laisse le temps d’aller découvrir le superbe marché aux poissons, fort c’est bien organisé ; au début on se demande ce que font les gens sur des chaises devant les étals, jusqu’à comprendre qu’ils ont passé commande et attendent que leurs poissons soient préparés. Nous ne serons néanmoins pas clients, pas envie de cuisiner du poisson ce soir.

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Surtout que nous ne savons pas où nous allons crécher car toutes nos tentatives pour trouver un hébergement WarmShower ou CouchSurfing ont échoué. Mais, comme vous vous en doutez, tout va s’arranger. Marie et David nous ont donné les coordonnées de leurs deux hôtes à Istambul, mais l’un est malade et l’autre héberge déjà un allemand. Cela ne va toutefois pas se passer comme ça, les turcs sont pleins de ressources : l’un comme l’autre vont se mettre en quête d’une solution de repli auprès de leurs amis, et vont finir par trouver. Nous passerons donc notre première nuit chez Ilke, qui habite de l’autre coté du Bosphore, ça va nous donner une petite idée de la circulation nocturne à vélo dans cette ville où tout le monde nous dit que c’est assez « spécial ».

J 163 mar 16 sept AYVALIK, Chambre
J 164 mer 17 sept 99 km KUCUKKUYU, Camping NIL
J 165 jeu 18 sept 30 km BEKTAS, chez Hussein
J 166 ven 19 sept 47 km V Max 77 km/h CAMLIK, Camping
J 167 sam 20 sept 65 km YENI MAHALLE KOYU, chez Musa
J 168 dim 21 sept 45 km CANNAKALE, Hôtel Berlin
Il y a des bretons partout !
Il y a des bretons partout !

12 Commentaires judicieux

  1. coucou Irene nous avons parle de vous lundi soir et oui les cours de peinture ont repris toute l equipe pense à vous prenez soin de vous c est toujours très agreable de vous lire merci de nous faire voyager ainsi bises à vous deux

  2. Bonsoir
    Merci toujours de nous faire partager ce voyage…c’est un peu comme si on y était..je vois que les contacts avec les Lycées à Istambul n’ont pas pu aboutir je suppose!Bon Vent Bernard F6BCC

  3. Bonjour les vélocipèdes, ça à l’air de bien aller, plus de moteur pour Irène, que les muscles ! Bravo! Vous dégagez de la joie cela fait plaisir, vos recits sont tellement vivants qu nous avons l’impression d’y être , merci denous faire voyager par procuration. Gros bisous

  4. SUper article!! C’est vrai que nous ne mettons pas assez de photos de notre vie quotidienne, genre pose des vélos dans le bus et tout ça quoi!!
    Nous adorons vous lire car vous savez tjs mettre une petite pointe d’humour dans vos aventures!!!
    Venez nous rejoindre en Géorgie, on va se faire un steack d’Ours qui sent un peu le cyclo Allemand!!
    Ciao les parents!!

  5. Eh la belle j’ai cru voir une deuxième robe … en peau de cougar, pardon de léopard !
    c’est un costume local ?

    Et mine de rien la banderole « Cyclomigrateurs » récupérée inextrémiste le jour de votre départ … aura touché beaucoup de mains inconnues !

    Gros bizhoux
    Nanou et Fred

  6. Bravo pour votre entrée sur votre deuxième continent après l’Europe ; bon courage pour la suite et soyez prudent car la situation géopolitique est plutôt instable aux frontières de la Turquie !
    Bisous
    Philippe

  7. simon veut bien lire l’article du journal du papy… sur le model 67 de chez Jaguar….

    Sim: je vois que mon doudou est en de bonnes mains!!! 😀 on peut voir en image tout ce que vous nous raconter par Skype!!! Milles bisous!!!! (le 4/10) bébé n’est toujours pas la…

  8. Bonjour les CycloMigrateurs! Comme d’hab, un vrai plaisir de vous lire, de voir que tout va bien et que vous avez toujours autant la pèche et le sens de l’humour! Au cas ou vous devez reprendre le bus en Turquie, sachez que le transport des bagages est gratuit, on ne doit donc pas vous demander un surplus pour les vélos etc. Pour nous, ce fut d’ailleurs le seul pays ou nous n’avons jamais payé de supplément. Donc insistez la prochaine fois pour ne pas payer! Et bonne route!

  9. Hollala on vous a lâché un peu le temps d emménager et s installer, même si c est loin d’être le cas.bref…on installe la chambre et on s inscrit sur le site warm shower..
    Les petites anecdotes parcourues a travers vos lignes restent de purs moments de légèreté.
    Au plaisir de vous lire …
    A plus les cyclomigrateurs..
    Les filles de ST Gin

  10. Ça y est vous avez passe une autre frontière…
    Les anecdotes a travers vos lignes sont de bons moments de légèreté..que nous parcourons le sourire aux lèvres.
    Ici c est l installation puis inscription sur le site warm shower..
    A plus
    Les filles de St Gin

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