Bonjour ! Ce n’est pas encore cette fois que va souffler l’exotisme, pas de voyage lointain mais simplement une escapade bretonne en plein été indien. Le canal de Nantes à Brest a beau est un grand classique, il s’avère qu’on ne l’a jamais parcouru, si ce n’est un tout petit bout, ça commençait à faire bizarre sur la carte où on surligne nos parcours, il y a plein de stabilo partout sauf là. Malgré son nom, il est plus tentant de le parcourir de Brest à Nantes, d’abord parce que ça descend (ben oui, sur la carte ça descend quand on va du nord vers le sud 😉), ensuite parce que les vents dominants venant de l’ouest, autant ne pas les avoir en face.
Une vidéo vous attend en bas de l'article, vous pouvez y sauter directement si vous n'avez pasenviele temps de tout lire (mais vous allez rater quelque chose)
Douarnenez, pour commencer
Certains vont s’exclamer « Mais le canal ne passe pas par Douarnenez ! », ce qui est exact mais il y a deux (bonnes) raisons à ce choix : Irène fait une semaine de thalasso à Tréboul, tout près de là et puis c’est joli, j’aime bien. Donc pendant que l’une se fait poupouiller l’autre part pédaler.
Sur le pont entre Tréboul et Douarnenez, je rencontre Jacques, un sacré numéro. Il devrait se faire sponsoriser par l’Office du tourisme tellement il vend bien le canal, même si certaines de ses explications sont surprenantes. Il m’apprend aussi qu’il est né sur ce pont, l’ambulance qui emmenait sa mère à la maternité s’étant arrêtée en plein milieu au moment fatidique ; il a été néanmoins déclaré natif de Douarnenez, il fallait bien choisir.
Partant du niveau de la mer (que cette région est belle !), il faut s’enfiler quelques jolies côtes (et presque autant de descentes) pour atteindre le canal à une quarantaine de kilomètres de là, ou plus exactement la rivière Aulne , laquelle est d’ailleurs un fleuve puisqu’elle se jette dans la mer au niveau de la rade de Brest.
Chateaulin (ou l’autre)
Petite ville fort sympathique, de surcroît dotée d’une épicerie bien achalandée, de quoi faire le plein pour le bivouac. Avec en prime une chouette expo photos, comme une cerise sur le gâteau.
A partir de là ce n’est que du régal : Plus de voitures, plus de côtes (quoique… On en reparlera), rien que du calme, de beaux paysages avec des sinuosités surprenantes. Trouver un endroit pour la nuit est d’une extrême facilité, il y a moult tables de picnic et points d’eau, c’est super bien aménagé. Et c’est la tranquillité absolue, je n’ai croisé personne.
Surprises au fil de l’eau
Alors que j’imaginais un trajet en solitaire, voilatipas que le premier cycliste croisé est juché sur un vélo couché, évidemment on s’arrête et chacun s’exclame « Ça alors, qu’est ce que tu fais là ? ». Il s’agit de Régis, une vieille connaissance (il est d’ailleurs surnommé l’Ancêtre) originaire d’Alsace mais échoué en Normandie. Dommage qu’on ne roule pas dans le même sens, on aurait pu discuter un bout de temps. Mais on va se rattraper le soir même, je suis convié à rejoindre l’Ancêtre et Lisbeth chez leurs amis qui habitent près du canal, quelle chance ! Ces deux là sont également alsaciens mais échoués en Bretagne, ils ont fait le bon choix. Super soirée autour d’une bonne table, d’autant plus appréciée que totalement inattendue.
Le lendemain, autre rencontre , autre surprise : Je reçois au réveil un SMS m’informant que j’aurai une maison pour le soir. Qu’est ce que c’est que cette histoire là ? Ça vient de l’ami Pascal qui est de passage à Rostrenen pour donner un coup de main à un collègue agriculteur, lequel habite près du canal. Et hop, me voici logé pour la nuit dans une vieille maison qui fait parfaitement l’affaire, surtout qu’il ya un poêle à bois, ce que je n’ai pas dans ma tente. Et on passe évidemment une chouette soirée, c’est super de faire connaissance comme ça avec des gens si hospitaliers et intéressants.
Canal historique
C’est une sacrée histoire que la création de ce canal, qui remonte à l’union du duché de Bretagne au royaume de France. Au XVIIème siècle les routes étaient tellement pourries (ça s’est heureusement bien amélioré depuis) qu’il est envisagé de créer de nouvelles voies de communication. Mais ce sont les anglais, qui était les maîtres absolus dans le domaine maritime, qui poussent Napoléon à faire relier la Loire aux arsenaux de Lorient et Brest en aménageant 8 rivières pour les rendre navigables en les reliant entre elles à l’aide de canaux. Pontivy est le point central du dispositif stratégique de l’Empereur (Jusqu’en 1815 Pontivy s’appellera d’ailleurs Napoléonville).
La construction
Les travaux sont considérables, le sol est vallonné, les travailleurs, à l’aide de pelles et de brouettes, réalisent alors des prouesses. Ces 4 000 travailleurs appelés « les bagnards du Canal de Nantes à Brest », prisonniers de guerre, déserteurs de l’armée royale, créeront notamment l’importante tranchée de Glomel ( laquelle n’est pas drôle du tout à parcourir à vélo, le chemin de halage est dans un état lamentable, on se demande pourquoi puisqu’ailleurs il est très correct).
Grandeur et décadence
364 kilomètres, 280 écluses, lorsque le canal est inauguré en 1858 c’est l’aboutissement d’un chantier gigantesque. Mais il y a belle lurette que les anglais n’assiègent plus Brest, le canal n’a plus aucun intérêt militaire. La navigation sera majoritairement commerciale, mais la concurrence arrive avec les voies de chemin de fer qui ralentissent le nombre des activités fluviales, le coup de grâce arrive avec la construction d’un barrage hydraulique à Guerlédan en 1928, isolant alors les régions finistérienne et costarmoricaine du reste du réseau.
Aujourd’hui la section finistérienne est bien entrenue, les écluses sont fonctionnelles et les maisons éclusiéres agréablement fleuries. En Côtes d’Armor ça se gâte, les écluses ont été démantelées, et comme il n’y a plus de navigation, le canal s’envase, la végétation prend le dessus, les maisons sont abandonnées, c’est moins attrayant.
Des hauts et des bas
« Un canal c’est tout plat » pense t’on généralement. C’est vrai, sauf qu’il y a quand même du relief dans cette région, d’où le nombre impressionnant d’écluses, certaines se succédant à intervalles très rapprochés. À vélo ça se sent bien, dès qu’on arrive au col point culminant c’est la descente qui commence et ça roule bien mieux. Sauf en cas de crevaison, ce qui n’arrive jamais sauf quand il pleut (sinon ce serait moins drôle) ; paradoxalement, ce n’est pas commode de trouver de l’eau pour voir d’où vient la fuite, il y en a plein le canal mais ce n’est guère accessible.
En arrivant au niveau du lac de Guerlédan, il n’est plus question de suivre le canal puisqu’il est, avec ses sept écluses, englouti sous les eaux. C’est donc l’occasion d’emprunter des chemins différents, dont une voie verte, c’est agréable aussi, surtout avec les couleurs d’automne.
La vidéo
Pour la suite, il va y avoir un choix à faire. On en reparle très bientôt…



































Looks like a great trip Joel. I enjoyed the video.
Le monde est petit et vous finissez par connaître tout le monde, tu devrais rouler masqué autrement ça casse la moyenne.
Surtout qu’en croisant l’ancêtre (enfin mon père j’veux dire 😁) vous preniez bien le risque d’avoir un bonne paire de blagues à échanger 🤣 !
Cool cette petite virée.
À bientôt ?
Cédric
Toujours un moment d’évasion et de plaisir de lire le récit des ballades.
Merci beaucoup.
Philippe
Mais où donc est rendu ta belle manche à air rotative ?
La belle manche à air à mystérieusement disparu un jour, je sais qui en est le responsable, ce sera révélé dans le prochain article…
Ah ben non, On était à peine dans la course que déjà « suite au prochain numéro… ». C’est pas du jeu !
On attend la suite avec impatience !
Amitiés et bonne visite de la belle Bretagne.
Bonjour les voyageurs
Pas loin de Vertou, mon nouveau domicile !!!
Merci pour ces belles images de cette région que j’aime….
Effectivement. Bonne soirée avec Pascal et Joël, merci pour la visite
Bonjour,
toujours un plaisir de lire, et de voir les magnifiques photos et vidéos. Je crois avoir reconnu quelques coins! La Bretagne est très belle région, comme dit la pub : La Bretagne ça nous gagne !! kenavo